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Publié le 27 Août 2013

Pourtant

je ne veux être que de votre race
ouvriers paysans de tous les pays...
ouvrier blanc de Detroit péon noir d’Alabama
peuple innombrable des galères capitalistes
le destin nous dresse épaule contre épaule
et reniant l’antique maléfice des tabous du sang
nous foulons les décombres de nos solitudes
Si le torrent est frontière
nous arracherons au ravin sa chevelure
intarissable
Si la Sierra est frontière
nous briserons la mâchoire des volcans,
affirmant les Cordillères
et la plaine sera l’esplanade d’aurore
où rassembler nos forces écartelées
par la ruse de nos maîtres
Comme la contradiction des traits
se résout en l’harmonie du visage
nous proclamons l’unité de la souffrance
et de la révolte
de tous les peuples sur toute la surface de la terre
et nous brasso
ns le mortier des temps fraternels
dans la poussière des idoles.

Jacques Roumain (poète Haïtien)

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 24 Août 2013

Ecrit sur un tronc d’olivier

Tawfiq Zayyad

Parce que je ne file pas de laine
Parce que je suis chaque jour
Aux mandats d’arrêts
Et ma maison exposée
Aux descentes de police
Aux perquisitions
Aux « opérations de nettoyage »
Parce que je suis dans l’impossibilité
D’acheter du papier
Je graverai tout ce qui m’arrive
Je graverai tous mes secrets
Sur un olivier
Dans la cour de ma maison
Je graverai mon histoire
Et les volets de mon drame
Et mes soupirs
Sur mon jardin
Et les tombes de mes morts
Et je graverai
Toutes les amertumes
Qu’effacerai le dixième des douceurs futures
Je graverai le numéro
De chaque arpent spolié de notre terre
L’emplacement de mon village, ses limites
Les maisons dynamitées
Mes arbres déracinés
Chaque petite fleur écrasée
Les noms de ceux qui ont pris plaisir
A détraquer mes nerfs et mes souffles
Le nom des prisons
La marque de toutes les menottes
Fermées sur mes poignets
Les bottes de mes gardiens
Chaque juron
Versé sur ma tête
Et je graverai
Kafr Qassem
Je n’oublierai pas
Et je graverai
Deir Yassine
Ton souvenir me dévore
Et je graverai
Nous avons atteint le sommet de la tragédie
Nous l’avons atteint
Je graverai tout ce que me dévoile le soleil
Me murmure la lune
Ce que me narre la tourterelle
Sur le puits
Dont les amoureux se sont exilés
Pour que je m’en souvienne
Je resterai debout à graver
Tous les volets de mon drame
Et toutes les étapes de ma défaite
De l’infiniment petit
A l’infiniment grand
Sur un tronc d’olivier
Dans la cour
De ma maison

Extrai de Enterrez vos morts et levez-vous.

« Palestine et Palestiniens ». Ramallah, 2003.

 

 

 

Ecrit sur un tronc d’olivier

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 7 Août 2013

 

 

M …

 

M comme aime

M comme Maquisard

M comme Métisse Bamiléké

M comme Minéral

M comme Mexique zapatiste

M comme tes jolis Mots

M comme Mal logés

M comme Maison

M comme Militant

M comme Massacrée

M comme Mis en garde à vue

M comme Muselée

Nous sommes tes S

Le pluriel de ton singulier combat

Les S de la Solidarité

M nous t’aimons

Merci à toi … avec un grand M

 

Hobo-Lullaby

 

Le site de soutien à m : http://soutien-m.over-blog.com/

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 18 Juillet 2013

 

 

Cette semaine, dans La minéralité expliquée aux cailloux, Roger Colombier nous dessine un sentier qui mène vers un ailleurs qui préfère le devenir à l'histoire ...

... Une bonne idée, non ?

 

Ils vont revenir chez eux

Chargés de semences

Et faire flotter la pierre

Sous le fil de l’eau.

 

 

La suite : ici

 

 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 17 Juin 2013

 

Un clin d'œil à mes amis de l'Orchestre Poétique d'Avant-guerre (O.P.A)

Que vous pouvez retrouver ici : http://www.opa33.org/

Avec un texte superbe tiré de leur recueil

Merci à eux pour ce partage

Pour stopper la radio blues cliquez sur le petit carré !

Avec une bise à m ...

 

 

 

 

 

 

m.

 

De la poussière et du sable

 

 

textes pour l’expo photo Palestine avec François Xavier

Octobre/Novembre 2009

Nous vivons une époque de poussière et de sable dans lesquels nous ne pouvons même plus imprimer l’empreinte de nos êtres pour dire ce que nous fûmes, ici, sur cette terre en don reçue et que nous quittons sans mot dire.

Avant, nous marchions côte à côte, nous rêvions ensemble.

Nous pensions toujours pouvoir fouler de nouveau le sol de la naissance.

Mais au fil du temps, le lien s’est dilué et aujourd’hui, la poussière et le sable recouvrent une mémoire qui se déforme.

Il existera cette légende de la terre natale dont le sein nous a nourris et dont notre âme s’est imprégnée sans savoir.

Aujourd’hui, dans le sel des larmes se découpent des paysages lunaires, des déserts de nostalgie qui nous soudent.

Comme l’oubli semble nous reconnaître et nous appeler, nous scrutons vers l’Occident, vers l’Orient, l’écho.

Mais dans ce temps de poussière et de sable que nous vivons, les heures tombent, le voile s’épaissit et nous voilà rendus au seuil de nos dernières espérances.

Si vous passez la première route, vous tomberez sur un amas de pierre, comme une cicatrice, c’est ici.

Jadis, le soleil se levait en face et se couchait juste là, derrière le mur.

Sa course allait du matin au soir sans obstacle, il ne butait sur rien, inondait tout et se plaisait à faire de l’ombre sous les oliviers.

Maintenant, vous verrez, lorsqu’il décline, comme il se heurte, sa lumière se brise avant d’avoir éclaboussé le ciel.

La beauté ne résiste pas aux hommes de granit.

Enfant, j’avais cent ans et je faisais semblant d’être un petit garçon.

Parfois, bien sûr, je me prenais à mon propre jeu et je me surprenais à faire comme si de rien n’était, m’amusant sans y penser, comme rendu tout d’un coup à mon âge, proche de ce qui me fuyait.

Mais dans ces moments de répit, la nuit ramenait toujours les peurs anciennes et je me réveillais l’air grave, l’oeil noir et le ventre noué.

L’enfance, ce merveilleux jardin, était pour moi un paradis perdu.

Que personne ne s’étonne aujourd’hui si, quand je regarde bien en face, mon regard porte toujours plus loin.

Que se passera-t-il une fois que tu auras parcouru de ton regard le parchemin de mon visage ?

Sera-t-il assez fort pour s’imprégner en toi et pour te tourmenter ?

As-tu suffisamment senti, à mes yeux sombres, l’effroi ?

Ai-je l’air assez las ?

As-tu pu deviner, en plongeant vers moi, à quel point j’avais soif de t’entendre ?

As-tu vu, au travers de mon être, le tréfonds de mon âme ; as-tu vu ce que même les yeux fermés je ne puis m’empêcher de voir ?

Le parchemin de mon visage retient les souvenirs et les tisse, peuplant mes fondations chancelantes de rêves incertains où je t’appelle encore.

Je t’appelle par tous les noms que je connais, dans toutes les langues que je parle et dans toutes celles que j’invente.

Je t’appelle le jour, la nuit, dans ces rêves incertains, dans ces après-midi de poudre.

Dans la quiétude-même des instants de bonheur volés, je sais que je t’appelle encore, par tous les noms que je connais.

Et maintenant, je tiens ton regard dans le mien.

Tu peux me scruter sans délicatesse car dans l’enchevêtrement des souvenirs tissés, il y aura, si tu le veux, une ride qui me ressemble au parchemin de ton visage.

Quand nos fils partent et ne reviennent pas, nous savons maintenant que nous ne devons plus les attendre.

En ces temps oubliés où nous n’avions pas de chaînes, quelqu’un avait écrit :

« Voici la terre.

Ici, le ferment de nos origines palpite comme un coeur qui bat et nourrit nos visions.

Comme nos racines nous portent, nous soutenons l’avenir sans préjugé, la poitrine ouverte, prêts au bouleversement.

Nous savons que le sillon est infini, que nous serons le passage et qu’après nous, la descendance, celle-ci, puis celle qui ne saura même plus qu’elle nous ressemble.

Nous entrevoyons des fleurs aux larges corolles, embaumant, des oasis quiets sous la voûte d’un ciel clair, des silences sans pesanteur.

Car voici la terre. »

Mais ces mots avaient été écrits avec de la poussière et du sable et aujourd’hui, dans le sel des larmes se découpent des paysages lunaires, des déserts de nostalgie qui nous soudent.

Parfois, des rires d’enfants se faufilaient entre les rues désertes, glissaient sur les pavés sablonneux, couraient le long des rigoles asséchées et venaient éclater sur les murs zébrés des maisons.

Dans ces moments, alors que tout jusqu’alors paraissait figé, le temps semblait reprendre sa course et l’on ouvrait les volets qui étaient restés clos pour se protéger du soleil.

Les femmes, étonnées, sortaient sur le pallier et, mettant leurs mains en jumelle, elles fouillaient l’horizon au plus loin.

Les hommes, convaincus pourtant qu’il ne se passait rien, pointaient le bout de leur nez aux fenêtres, humaient l’air sec à la recherche de senteurs nouvelles puis retournaient d’un pas las se rasseoir dans des fauteuils usés.

Alors, les rires se faufilaient de nouveau, quittaient la ville, abandonnaient l’innocence des heures au vertige de l’immobilité et disparaissaient sans écho.

Il ne restait plus à la nuit qu’à balayer les rues désertes pour que s’en efface, tout à fait, le souvenir des années tendres.

Palestine,

Nous avons gravé ton nom dans nos coeurs, au plus profond de notre âme et nous te portons, à chaque pas, dans ce Chaos.

Nous avons rêvé, nous rêvons encore mais à se tendre vers toi, dans ce Chaos, chaque pas devient plus difficile et la poussière et le sable s’accrochent à nos semelles comme du plomb.

Nous avons hélé, appelé jour et nuit, crié jusqu’à perdre la voix mais de l’Occident à l’Orient, c’est le silence.

L’ombre nous recouvre, le néant nous engloutit et nous ne pouvons plus écrire l’Histoire car plus rien ne dépend de nous, car tout nous échappe tandis que l’Ogre dévore nos enfants.

Nous peinons maintenant à t’imaginer, n’ayant presque plus à portée le souvenir que nos pères avaient de tes formes.

Nos colères cloisonnées se disloquent, se dispersent sans efficacité et le destin se moque, s’élabore loin de nous et se décide sans indulgence.

Nous prions un ciel qui semble vide, nous prions.

Et tous les mots que nous lançons vers lui portent en eux notre terre.

Palestine,

Dans nos coeurs, dans le plus profond de nos âmes, à chaque pas dans ce Chaos, nous te portons.

 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 8 Juin 2013

Cette semaine, les cailloux s'imprègnent de gypse Indien ...

Nous sommes tous dans le même bateau ; le riche, le pauvre, l’homme rouge, blanc, noir, brun ou jaune. Nous sommes une seule et même famille humaine. Nous partageons une responsabilité envers notre Mère la Terre et tous ceux qui y vivent et y respirent.

Je crois que notre tâche sera inachevée tant qu’il restera un être humain affamé, battu, une seule personne contrainte de mourir sur un champ de bataille, un seul innocent en prison, un seul homme persécuté à cause de ses convictions.

J’ai foi en la bonté de l’humanité. Je crois que le bien peut prévaloir, mais seulement au prix d’un réel effort. Cet effort, c’est à nous tous de l’accomplir. Chacun d’entre nous, vous et moi. Léonard Pelletier

La suite : ICI

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 11 Avril 2013















La paix



Le rêve de l'enfant, c'est la Paix,
Le rêve de la mère, c'est la Paix,
Des mots d'amour sous les arbres, c'est la Paix.
 
Le père qui rentre le soir un long sourire dans les yeux
Dans ses mains un panier rempli de fruits
Et sur son front des gouttes de sueur qui ressemblent
Aux gouttes d'eau gelées de la cruche posée sur la fenêtre...
C'est la Paix....
 
Quand se referment les cicatrices sur le visage blessé du monde
Et que dans les cratères creusés, on plante des arbres;
Quand, dans les coeurs carbonisés par la fournaise,
L'espoir fait ressurgir les premiers bourgeons
Et que les morts peuvent enfin se coucher sur le côté
Et dormir sans aucune plainte, assurés que leur sang
N'a pas coulé en vain...
 
La Paix, c'est la bonne odeur des repas,
Le soir quand l'arrêt d'une voiture sur la route
Ne provoque aucune peur,
Et que celui qui frappe à la porte, ne peut être qu'un ami
Et qu'à n'importe quelle heure, la fenêtre ne peut s'ouvrir
Que sur le ciel et laissant nos yeux refléter comme une fête
Des cloches lointaines de ses couleurs...
 
Quand les prisons deviennent des bibliothèques
Et que de porte en porte, une chanson s'en va dans la nuit...
Quand la lune du printemps sort des nuages semblables
A l'ouvrier qui le samedi soir sort fraîchement rasé
De chez le coiffeur du quartier, c'est la Paix.
La Paix, ce sont des meules rayonnantes dans les champs de l'été
C'est l'alphabet de la beauté sur les genoux de l'aube.
Quand tu dis, mon frère, demain, nous construirons,
Quand nous construisons et que nous chantons, c'est la Paix...
 
Quand la nuit ne prend que peu de place dans le coeur
Et que les cheminées nous montrent du doigt le chemin du bonheur,
Quand le poète et le prolétaire peuvent à égalité
Respirer le parfum du grand oeillet du crépuscule, c'est la Paix.
 
Mes frères, c'est dans la Paix que nous respirons à pleins poumons
L'univers entier avec tous ses rêves...
Mes frères, mes soeurs, donnez-vous la main, c'est celà la Paix.



Yannis Ritsos



 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 6 Avril 2013





Fils de la guerre
 
    
La guerre est en nous
avec ce feu qui nous hante
ces lueurs qui mordent
ces cris ces mots
à travers nos dents serrées
et toute cette colère qui flamboie (…)
Dix ans bientôt
que défilent sous mes yeux
ces imbéciles multicolores (…)
ceux qui ne peuvent pas oublier l’ivresse du sang
Ils sont tous là
déjà rassemblés avides
le signal qu’ils attendent
leur paraît lent à être donné
Faut-il donc que nous mourrions jusqu’au dernier
pour que la soif de la terre soit enfin apaisée
puisque nous tuons pour la liberté la gloire la vérité
vieille mythologie en aluminium redoré (…)



Philippe Soupault




 







Aux Assassins les mains pleines
 
Suis-je un assassin
Je n’ai qu’à fermer les yeux
pour m’emparer d’un revolver
ou d’une mitraillette
et je tire sur vous
vous tous qui passez près de moi
 
Je ferme les yeux
et je tire
à perdre haleine
de toute mes forces
et je vous atteins tous
connus et inconnus
tous sans exception
 
Je ne sais même pas si vous mourrez
je ne vous entends pas
je tire en fermant les yeux
et vous tombez sans un cri
et vous tombez nombreux comme des souris
comme des poux
je vous abats
car je tire dans le tas
vous n’avez même pas le temps de rire
je tue tous ceux qui se présentent
sans même savoir leurs noms
ni apercevoir leurs visages
je tue tout le monde sans distinction
La nuit m’appelle à l’affût
je n’ai même pas besoin de bouger
et toute la compagnie dégringole
je tue aussi un à un
ou deux par deux
selon les nuits
ou lorsqu’il fait très noir
mais je ne me tue jamais
j’écoute les coups de revolver
et je continue
je ne rate jamais personne
et je ne perds pas mon temps
je ne vois pas le sang couler
ni les gestes des moribonds
je n’ai pas de temps à perdre
je tire et vous mourez


Philippe Soupault




 








 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 16 Mars 2013





Indiscipline.
 
 
L’ivrogne laisse derrière lui les maisons stupéfaites.
 
C’est que n’importe qui ne se hasarde pas à se promener ivre
 
en plein jour, au soleil. Il traverse la rue calmement,
 
et pourrait s’enfiler dans les murs, car il y en a des murs.
 
Seuls les chiens se promènent ainsi mais un chien s’arrête
 
quand il sent une chienne et il la flaire avec soin.
 
L’ivrogne ne regarde personne, et même pas les femmes.
 
Dans la rue, suffoqués de le voir, les gens ne rient pas
 
et voudraient qu’il n’y ait pas eu d’ivrogne, mais tous ceux
 
qui trébuchent en le suivant des yeux, regardent à nouveau
 
devant eux en jurant. Quand l’ivrogne est passé,
 
la rue tout entière se meut plus lentement
 
dans la lumière du soleil. Un homme qui repart
 
aussi pressé qu’avant, ne pourra jamais être l’ivrogne.
 
Les autres regardent, sans les distinguer, les maisons et le ciel
 
qui sont toujours là, même si personne ne les voit.
 
L’ivrogne ne voit ni le ciel ni les maisons mais il les connaît
 
car d’un pas chancelant il parcourt un espace
 
aussi net que les franges de ciel. Embarrassés, les gens
 
se demandent à quoi servent les maisons,
 
et les femmes s’arrêtent de regarder les hommes.
 
Tous ont peur, dirait-on, que soudain la voix rauque
 
éclate en un chant et les suive dans l’air.
 
Chaque maison a sa porte mais il est inutile d’y entrer.
 
L’ivrogne ne chante pas, mais il suit un chemin
 
où il n’y a pas d’autre obstacle que l’air. Heureusement
 
qu’au-delà il n’y a pas la mer, car l’ivrogne
 
en marchant calmement, entrerait également dans la mer
 
et, une fois disparu, il suivrait sur le fond toujours la même route.
 
Et dehors la lumière serait toujours la même.
 
1933.
 
Cesare Pavese (San Stefano Belbo, 1908 – Turin, 1950), Indiscipline, Ville à la campagne, in le recueil Travailler fatigue.







À l'intérieur d'une horloge brisée,

Déversant le vin avec tous les chiens de pluie,

Taxi, on préfère marcher,

Emboucher une entrée avec les chiens de pluie,

Car je suis chien de pluie, aussi


 


 
 
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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 13 Mars 2013





Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés
 
Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
 
Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête
 
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
 
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.



Paul Eluard
Au rendez-vous allemand, "Comprenne qui voudra" (1944)
En ce temps là, pour ne pas châtierles coupables, on maltraitait des filles.On allait même jusqu’à les tondre.



 


 

 







 
 





 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie