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Publié le 21 Mai 2014

Cette semaine, la minéralité expliquée aux cailloux se souvient d'il y a 20 ans au Rwanda

Prends ta machette

Et coupes-leur la tête.

J’ai du sang sur les mains

Mais de remords aucuns !

la suite : http://caro.hobo.over-blog.com/

La minéralité expliquée aux cailloux

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Publié le 3 Mai 2014

Speak white (en français : « Parlez blanc ») est une injure proférée aux Canadiens français par les Canadiens anglais lorsqu'ils parlaient français en public

 

L'insulte speak white est une injonction raciste permettant d'agresser ceux qui appartiennent à un groupe minoritaire, et qui se permettent de parler une autre langue que l'anglais dans un lieu public. Dans le contexte colonial du Canada et des traites négrières de l'époque, l'injure signifie qu'un esclave ne peut parler sa langue et doit adopter celle de ses maîtres. Au Québec, l'usage de cette insulte a continué jusque dans les années 1960, moment où elle a diminué avec la prise de conscience qui a accompagné la Révolution tranquille.

 

Source : wikipédia

 

 

 

Speak white

 

Speak white
il est si beau de vous entendre
parler de Paradise Lost
ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare

nous sommes un peuple inculte et bègue
mais ne sommes pas sourds au génie d'une langue
parlez avec l'accent de Milton et Byron et Shelley et Keats
speak white
et pardonnez-nous de n'avoir pour réponse
que les chants rauques de nos ancêtres
et le chagrin de Nelligan

speak white
parlez de choses et d'autres
parlez-nous de la Grande Charte
ou du monument à Lincoln
du charme gris de la Tamise
de l'eau rose du Potomac
parlez-nous de vos traditions
nous sommes un peuple peu brillant
mais fort capable d'apprécier
toute l'importance des crumpets
ou du Boston Tea Party

mais quand vous really speak white
quand vous get down to brass tacks

pour parler du gracious living
et parler du standard de vie
et de la Grande Société
un peu plus fort alors speak white
haussez vos voix de contremaîtres
nous sommes un peu durs d'oreille
nous vivons trop près des machines
et n'entendons que notre souffle au-dessus des outils

speak white and loud
qu'on vous entende
de Saint-Henri à Saint-Domingue
oui quelle admirable langue
pour embaucher
donner des ordres
fixer l'heure de la mort à l'ouvrage
et de la pause qui rafraîchit
et ravigote le dollar

speak white
tell us that God is a great big shot
and that we're paid to trust him
speak white
parlez-nous production profits et pourcentages
speak white
c'est une langue riche
pour acheter
mais pour se vendre
mais pour se vendre à perte d'âme
mais pour se vendre

ah !
speak white
big deal
mais pour vous dire
l'éternité d'un jour de grève
pour raconter
une vie de peuple-concierge
mais pour rentrer chez nous le soir
à l'heure où le soleil s'en vient crever au-dessus des ruelles
mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
chaque jour de nos vies à l'est de vos empires
rien ne vaut une langue à jurons
notre parlure pas très propre
tachée de cambouis et d'huile

speak white
soyez à l'aise dans vos mots
nous sommes un peuple rancunier
mais ne reprochons à personne
d'avoir le monopole
de la correction de langage

dans la langue douce de Shakespeare
avec l'accent de Longfellow
parlez un français pur et atrocement blanc
comme au Viêt-Nam au Congo
parlez un allemand impeccable
une étoile jaune entre les dents
parlez russe parlez rappel à l'ordre parlez répression
speak white
c'est une langue universelle
nous sommes nés pour la comprendre
avec ses mots lacrymogènes
avec ses mots matraques

speak white
tell us again about Freedom and Democracy
nous savons que liberté est un mot noir
comme la misère est nègre
et comme le sang se mêle à la poussière des rues d'Alger ou de Little Rock

speak white
de Westminster à Washington relayez-vous
speak white comme à Wall Street
white comme à Watts
be civilized
et comprenez notre parler de circonstance
quand vous nous demandez poliment
how do you do
et nous entendez vous répondre
we're doing all right
we're doing fine
we
are not alone

nous savons
que nous ne sommes pas seuls.

 

Michèle Lalonde

 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 1 Mai 2014





    Poème-manifeste

Nous ne voulons plus de leçons de morale

de pas cadencés de bals décadents

de mascarades de la Saint-Jean

de drapeaux qui flottent joyeusement sur la flicaille

de populace acclamant ses exploiteurs

d’exploiteurs qui triomphent devant la populace

nous ne voulons plus de toi Louis XVI

nous te l’avons déjà signifié très clairement

en des termes plutôt tranchants
de toi non plus pape nous ne voulons plus

vieille baderne vieil épouvantail d’un autre temps

vieux crabe qui brandis le jugement de Dieu

tremble qu’il ne s’abatte sur ta tiare de riche

pour ces millions d’enfants qui crèvent de ta bêtise

parce que des malheureux te prennent pour un dieu

nous ne voulons plus de lois de contraintes de règlements

nous n’avons pas besoin de cloisons pour survivre

seulement du respect de la vie de la mort

toute loi uniformise tout uniforme est roi

assez de lois de flics de gratte-papiers de soldats

nous ne voulons plus de vous législateurs

renvoyez vos exécuteurs et vos jurismenteurs

à présent nous avons des montres nous savons l’heure

nous ne voulons plus des dynasties des grandes fortunes

des privilèges de l’or des surjouissances de naissance

nous ne tolérons plus que les uns se privent pour que d’autres se gavent

nous ne voulons plus d’emplois nous ne voulons plus d’argent

l’or n’est plus qu’un métal le papier du papier

et tout redevient cendre épée cuiller ou clé

nous voulons notre temps nous voulons notre espace

nous voulons avancer vouloir savoir aimer

nous ne voulons plus de pensées profondes d’idées creuses

de mots qui font le vide

de slogans de publicités d’élections

de promesses d’avenirs meilleurs de bonheurs de paradis d’amour infini

c’est maintenant que nous sommes c’est aujourd’hui que nous voulons

assez de chefs de curés de leaders de guides de patrons

assez de dictateurs de tireurs embusqués d’attentions empressées

assez de sang de rêves préfabriqués de songes et de mensonges

nous ne voulons plus de vous conquérants de nos tombes

héroïques bouchers médaillés et maculés de gloire

vampires enivrés d’une planète exsangue qui meurt sous nos pieds

nous ne voulons plus de pays de patries de nations

nous n’avons plus foi en la démesure nous voulons

des quartiers des villages des communes des îles

nous ne voulons plus de vous pantins de la démence

présidents ministres planificateurs cadres encadrés banquiers

que de temps d’énergie de vies perdues brûlées pour le progrès des ventes

valeurs fictives conventions unanimes

nous ne voulons plus vivre dépossédés de nos vies mêmes

toujours contraints de reporter de différer d’attendre

nous ne voulons plus être raisonnables dans la déraison

compréhensifs devant l’incompréhension

nous voulons notre part de soleil et d’eau douce

d’amours de vins de nourritures de saisons
nous ne voulons plus de toi démocratie traîtresse

gouvernement du peuple exploité par le peuple

condamné qu’on enivre et qui choisit ses bourreaux

gouverner c’est dominer diriger c’est mener
cette folie nous mène tout droit en enfer

nous ne voulons plus de députés de délégués de décideurs

nous voulons décider nous-mêmes de notre sort

nous voulons notre temps nous voulons notre espace

nous voulons nous trouver nous prendre nous donner

nous ne voulons plus apprendre les bonnes manières

comment s’habiller manger maigrir s’entraîner jouir réussir

nous savons nos limites nous les revendiquons

nous ne voulons plus nous astreindre aux tâches inutiles
qui flattent l’orgueil de sous-chefs imbéciles

nous refusons de gaspiller nos vies si courtes pour des futilités

nous avons déjà tant semé tant et tant espéré

nous ne regardons plus le parquet d’une bourse sans rire de tous ces agités

nous ne voulons plus de ce théâtre de la cruauté où les victimes sont bien réelles

assez de savants procédés pour nous piller nous enchaîner
on n’a jamais vu le mortel à qui la terre fut donnée

la planète ne vit que par la vie des êtres qui l’habitent

nous ne voulons plus de ceux qui l’assassinent

nous voulons de l’espoir pour nos enfants à naître.


                    © Pascale (Alain) Cormier, septembre 1996

 

 

Un très bel entretien avec cette poètesse transsexuelle québécoise :

 

http://lunefunambule.com/2012/11/25/poesie-et-transsexualite-deuxieme-partie-pascale-cormier/

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 14 Avril 2014

Un poème d'Eugène Bizeau, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron, chansonnier et poète mort en 1989 à l'age de 106 ans

 

LUTTER

Lutter, puisque la vie est une âpre mêlée

Où l’on se bat sans fin contre plus fort que soi,

Et marcher le front haut sous la voûte étoilée

Sans se décourager des coups que l’on reçoit.

Lutter de tout son cœur et de toute son âme,

Sur tous les points du globe, et par tous les moyens,

Contre la renaissance et le retour de flamme

De ce qui reste en nous de préjugés anciens.

Lutter contre la peur, contre la maladie,

Contre la profondeur de l’égoïsme humain,

Contre la pauvreté d’un peuple qui mendie,

Contre le désespoir, la misère et la faim.

Lutter contre le joug des maîtres de la terre

Masquant leur dictature en tapageurs discours ;

Contre les trublions, les criminels de guerre,

Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours…

Lutter contre les fous qui jouent à pigeon vole

En jetant vers le ciel d’affreux engins de mort…

Et, sans cesse assoiffés de gloire et d’auréoles,

Enchaînant l’avenir au culte du veau d’or.

Lutter pour le succès des causes généreuses,

Pour l’idéal de paix dont on a la fierté,

Pour le destin meilleur des plèbes douloureuses,

Pour le bonheur du monde et pour la liberté.

Lutter jusqu’à la fin du rève ou du poème

Qui soutient notre cœur et l’enflamme en secret…

Et quant on n’est plus rien que l’ombre de soi même,

Sourire à la jeunesse et partir sans regret ! ».

 

 

Eugène Bizeau

 

Lutter

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 17 Février 2014

 

Interprétation du poème de Mahmoud Darwich: "Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie"

Vidéo réalisée en juin 2013 dans le cadre de l'atelier vidéo mené par Regarde à vue et Primitivi au centre culturel: Laylac, dans le camp de réfugié de Deisheh, Palestine.
La musique et la voix ont été interprété par Murad Owda dans le studio d'enregistrement du camp: Haida.
L'interprétation en langue des signes palestinienne, par Halimah et Aminah Sarabtah.

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Palestine

Publié le 11 Février 2014

La minéralité expliquée aux cailloux

Cette semaine,la minéralité expliquée aux cailloux vous emmène sur des sentiers parfumés de genêts et de châtaigniers ...

j’aimerai y croquer ma part de nature

recueillir dans ma main la farine de châtaigne

la lave basaltique en faire mon chemin de vie

et me délecter enfin du miel des genêts diluant les folies.

La suite ici

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Publié le 3 Février 2014

 

 

Si j’avais un banjo, je serais le prince des vagabonds

Avec une  paire de chaussures à deux dollars qui me tuerait les pieds

J’irai user la piste qui longe la légende de Joe et Woody

J’irai chanter le long des voix ferrées,

Dans les meetings des Industrials workers,

Dans la poussière des dust bowl.

Je porterai José Marti sur mes épaules pour lui faire voir les sourires de l’Hudson river

Verser ma Guajira hors de mon âme et partager le sort des plus pauvres

J’irai détrousser les idées courtes et botter le cul des nantis

Mettre en joue les banquiers, traquer les inégalités

Avec comme seul arme un banjo et un putain d’sourire d’ado

Si j’avais un banjo, je l’aiderai à choisir les mots

Pour faire de mon chant une lullaby

Et chier dans les bottes de Mac Carthy

Je voyagerais de Greenwich village à Vladivostok, de Sidney à Buenos Aires

Pour  apprendre et partager, pour chanter le malheur de mes frères

Si j’avais un Banjo, il pleurerait comme un indien

Il danserait comme un masaï

Il aurait le sourire d’un mexicain devant un épi de maïs

Je lui apprendrais les chansons du peuple

Celles qu’on chante dans les champs de coton

Sur les chantiers de chemins de fer ou tout en haut des buildings

Celles que chante le berger à ces taurillons

Les chansons de la peine,  les chansons du partage

Si seulement j’avais un banjo, je le baptiserai dans un concert

Je lui donnerais pour nom Seeger

Pour rendre hommage à mon pote Pete

Qu’avait pour seul arme un banjo

Et un putain d'sourire d’ado

 

 

Hobo-Lullaby

 

 

Cette machine deteste la haine et la force à se rendre

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Publié le 21 Janvier 2014

Allez-y sans haine et surtout sans crainte !

 

 

 

 

 
 
 
"Arc de Triomphe", sérigraphie (1971) de Manuel Boix 




« Le monde est fatigué de la haine. » Ghandi
 
C'est de cette pensée que me vient l'idée d'une anthologie contre la haine.
Car haïr c'est détruire, supprimer, effacer, assassiner, pire peut-être car la haine se nourrit sans cesse d'elle-même pour détruire.
 
Car haïr c'est être intolérant, raciste, sexiste, c'est être enfermé dans une pensée et en supprimer tout mouvement et de manière récurrente
 
Car haïr est pervers, car c'est un moyen de prendre le pouvoir et
d'asservir : le discours haineux abolit l'autre, tente de le
dépersonnaliser et de le déstructurer jusqu'à l'exclusion, en ce sens elle n'est pas seulement le contraire de l'amour, ouvert, chaleureux, libre et vivant, elle est aussi manipulation, et elle est le terreau de l'intolérance, du fanatisme, de la torture et du meurtre.
 
Ce sont les risques de notre époque,
Oui le monde est fatigué de la haine.
 
Si vous vous sentez concernés par cet appel, envoyez un texte court, un poème, destiné à la publication.
 
Texte d'une page maximum
Avec votre nom, prénom et autorisation de publier.
 
Envoi à : nicole.barriere@gmail.com.
 
Date butoir 1er mars 2014
 
Nicole Barrière. Tél : 06 77 33 35 06
 
 
 
Merci à André chenet pour l'info : http://poesiedanger.blogspot.fr/

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 20 Janvier 2014

Un texte magnifique signé m pour l'Orchestre Poétique d'Avant-guerre

 

 

La poésie n'est pas ce qui dorlote l'âme.

Elle prend là, aux tripes, pour les tordre, les nouer, les dénouer, pour les déposer plus loin, pour les soustraire, les arracher de l'ombre.

Fondant et confondant nos sens, mêlant à l'univers nos particules éphémères, reliant l'un à l'autre, l'autre à l'un, liant, déliant, désarmant le malheur têtu, armant le bonheur têtu, vêtant de soie la soie des peaux, la soie des peaux à lisser, à glisser contre d'autres peaux, renouant avec le sacré, désacralisant les nœuds, au fond de la gorge, au fond du ventre, au fond du cœur, les nœuds à desserrer, relevant la tête, relevant les défis, relevant les erreurs, révélant les horreurs, triant dans les décombres, fouillant les combles au comble de la barbarie, cherchant les nouveaux mondes, les mondes neufs où éclore, où clore les chapitres, où tourner la page, trouvant dans l'égout le goût de l'ego, trouvant dans l'égout l'écho sain où s'épanouit l'espoir, où se fonde l'espoir, où se garde l'espoir, où se poursuit l'espoir, où s'écrit l'espoir, où se dit l'espoir, où se crie, dans la marge, dans la rage, dans la furie, où se crie l'espoir, la poésie est là.

m. pour O.P.A

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 2 Janvier 2014

Cette semaine, La minéralité expliquée aux cailloux apporte son soutien et sa solidarité fraternelle à Georges Ibrahim Abdallah ...

Elle avait mérité

de se consumer enfin sur ses terres

au milieu des figuiers parfumés

et des jasmins de la patience

qui attendaient son retour

comme on attend

celui du feu prodigue.

La suite : ici

La minéralité expliquée aux cailloux

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté