Révolte

Publié le 2 Décembre 2014

 

Révolte

Je déteste ce soir les timides nuances,
Le ton mineur des voix, les airs désabusés.
Je voudrais, de l'éclair d'un cri strident, percer
L'étoffe grise et flasque et lourde du silence.

Je voudrais déchirer et mordre entre mes dents
Le sourire obstiné qui suinte à ma bouche,
Étouffer ma douceur entre deux bras farouches,
Lever ma veulerie aux pointes d'un trident.

Je voudrais revêtir mon corps de rouges loques
Dont la barbare odeur grise mon coeur dolent,
Et sentir là-dessous que les rêves sanglants
Et somptueux entre mes côtés s'entrechoquent;

Descendre dans la rue ainsi qu'un spadassin
En rasant la muraille et le poing à la lance,
Entendre se briser les carreaux du silence
Et la nuit qu'on égorge hurler : À l'assassin!

 

Marie Le Franc - 1923

 

 

Révolte

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

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B
C'est fort , intense , je l'ai trouvé beau ce poème - merci pour la musique et les articles que j'apprécie - merci également pour la visite qui m'a été faite - bonne journée Serge inconnu :-)
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H
Bonsoir Blanche

La simplicité en poésie est souvent synonyme de beauté.
Merci à toi, pour ton appréciation et ta visite

à plus tard donc

Serge
C
Bonjour Serge,

C'est beau et je lisais ce texte pensant à un texte d'homme et j'ai été surprise de voir que c'était d'une femme, le vocabulaire m'a trompée.

Bises

caro
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H
Bonsoir Caro

Je ne sais si le vocabulaire possède un sexe. En tout cas, au vue de sa vie ( http://www.everyoneweb.fr/marielefranc), Marie Lefranc était une femme qui en avait !

Bises
Serge