Publié le 2 Septembre 2012
Publié le 2 Septembre 2012
Madame,
Je tiens tout d'abord à vous remercier de l'attention que vous avez bien voulue porter à mon courrier et d'avoir pris la peine de me répondre.
Je suis conscient des efforts éffectués par l'équipe municipale de Vénissieux, la votre comme celles de vos prédécesseurs, Marcel Houel et André Gerin. Vénissieux est depuis longtemps le parent pauvre de l'agglomération Lyonnaise. Je me souviens des années soixante dix, de la construction des Minguettes. L'arrivée d'une population immigrée, l'intégration qui se faisait tant bien que mal. Et petit à petit de cette explosion démographique qui a abouti à un phénomène de Ghetto avec pour point d'orgue les évènements du début des années 80, orchestrés par les médias qui stygmatisaient la mairie communiste, les journalistes qui glissaient un billet aux gamins pour qu'ils mettent le feu aux voitures, de cette image médiatique dont Vénissieux a mis longtemps à se débarrasser. Et pourtant, petit à petit, la municipalité a redressé la barre, en faisant preuve d'une politique volontaire, et d'une lutte quotidienne avec peu de moyens. Je me souviens aussi des premiers arretés municipaux contre les expulsions locatives, de l'opposition de la préfecture. des efforts incessants de la municipalité pour sauvegarder l'emploi au sein de la commune. Mais je me souviens aussi de ces bons riverains de Parilly comme d'autres quartiers pour qui les Roms sont les Bougnoules d'aujourd'hui. La mendicité agressive (bel oxymore aux accents de langue de bois) est le reflet d'une délinquance qui ne peut qu'exister dans un milieu social défavorisé. Je ne dis pas que la tâche de la municipalité est aisée, et il n'a pas à Vénissieux que des habitants qui soutiennent le Maire.
Vous avez déclaré le 10 novembre 2011 :
"Depuis 2 ans, je demande l’organisation d’une table ronde, placée sous l’égide du Préfet, avec toutes les villes de l’agglomération, le Conseil général et le Grand Lyon, afin d’apporter aux 800 personnes Roms, en errance dans l’agglomération, une réponse décente et digne. Aujourd’hui se renvoyer la patate chaude ne sert à rien, ne sert personne, ni les associations, ni les villes, ni l’État et encore moins ces familles."
Le problème, c'est que tout le monde dit exactement la même chose et personne ne fait rien. Donc les démantèlements de campements et autres squats ne servent à rien. On prend alors pour prétexte l'hygiène et la sécurité et on envoi la police. Ce que je voulais vous dire, et peut être n'avez vous pas saisi le sens profond de ma lettre, c'est que cette abberation n'est pas digne d'un Communiste. Je ne veux pas vous donner de leçon d'humanisme, mais simplement vous sensibiliser sur le fait qu'une expulsion constitue un remède pire que le mal ! Vous pourrez en prendre conscience en lisant ce tweet envoyé à Valèrie Trierweiller par un petit garçon rom de 7 ans : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article129416 , dont voici un extrait :
"Mardi matin, j’ai été expulsé « d’un campement insalubre » en application d’une décision de justice. Je ne sais pas pourquoi cette expulsion a eut lieu au mois d’août. Le jugement et le commandement de quitter les lieux ont été notifiés au mois de mai.
De mauvaises langues disent que monsieur Valls à attendu le milieu de l’été pour expulser tout le monde en même temps dans l’espoir que cela passerait inaperçu.
Toute la journée, nous avons dû marcher parce que la police nous empêchait de nous reposer et de poser nos affaires. « Ce sont les ordres » disait le chef de la police. Une voiture de policiers en civil nous a suivis partout. On s’est sentis traqués comme des bêtes.
Le soir, nous avons trouvé un endroit au milieu de nulle part. Il y avait déjà des Roms qui venaient d’un autre campement expulsé. Nous avons construit des abris de fortune avec des bouts de bois et des branches. La nuit je n’ai pas dormi. J’avais peur. Il y avait beaucoup de bruits étranges. Avant nous, il y avait d’autres animaux qui occupaient cet endroit. Ils ne devaient pas être très contents que nous soyons ici. Plus personne ne veut de nous.
Le lendemain matin, des policiers en civil sont venus nous dire de partir. Nous avons dit que nous avions le droit de rester parce que les premières personnes étaient arrivées ici il y a une semaine. Le chef de la police à appelé quelqu’un au téléphone et puis au bout d’une heure, il nous a dit que non, qu’il fallait partir tout de suite ou alors qu’il appellerait des renforts.
Nous avons refusé. Des dizaines de CRS sont arrivés. Ils nous criaient dessus : « Dégage », « Retourne dans ton pays », « Si ça ne tenait qu’à moi, je les mettrais tous dans un train et direction, la Roumanie ». Je ne comprends pas pourquoi ils nous parlent comme ça. Mon pays c’est la France, je vais à l’école, je parle français et je n’ai jamais mis les pieds en Roumanie."
Ce que je ne considère pas comme "Un combat Communiste, combat pour une digne vie" J'ajouterai que la seule façon d'intègrer cette population réside dans la scolarisation des enfants, chose irréalisable dans de telles conditions.
Je ne veux pas rejetter sur vous la responsabilité de cette situation. Il est évident que dans cette affaire, le gouvernement ne tient pas ses promesses électorales et que l'union Européenne néglige le problème. Est ce pour autant que les collectivités locales doivent fuir certaines responsabilités ? Vous avez mis à disposition des bungalows dans le cadre du plan grand froid; N'y a t'il pas quelques budgets à amputer pour une mise à disposition plus longue (en attendant mieux) ? Vous avez aussi un droit de réquisition de logements ou d'entrepots. Même s'il faut passer devant une commission, même si la réquisition concerne les personnes en situation régulière ( les roms ne sont pas tous en situation irrégulière) . Vous avez aussi la possibilité de réquisitionner du matériel ( de btp en particulier). Cela n'empèche pas dans un même temps d'organiser une manifestation regroupant les populations locales solidaires et volontaires ( Lyon et agglo) le roms, les associations et d'investir le siège de la région, la préfecture ou le siège de la Courly ( le Grand Lyon comme on dit maintenant) . Vous réclamez une table ronde, peut être faut il que ce soit le peuple qui l'exige ! Ce sont peut être des solutions toutes faites, mais si de vraies solutions doivent être trouvées, elles ne peuvent l'être qu'avec un peu de volonté, en réveillant notre conscience humaine.
Fraternellement
Serge
Publié le 30 Août 2012
Voici la réponse, recue par mail, de Michèle Picard Maire de Vénissieux à ma lettre ouverte ...
Monsieur,
A vous lire, je constate que vous parlez d’une situation que vous ne connaissez pas. D’une part, celle du squat qui a été démantelé à la demande d’un propriétaire privé, situé à proximité de la place Grand Clément (Parilly) à Vénissieux, de leurs occupants et des riverains, et d’autre part, celle qui concerne l’investissement du Maire et des services de la ville sur cette question.
Vénissieux mène, dans ce domaine, une politique volontaire et cohérente, dans la limite de ses compétences. Elle est la seule commune à avoir mis en place un dispositif pour prévenir les risques et mettre en sécurité les occupants de squats et les riverains. En 2010, nous avons eu un incendie à l’intérieur d’un squat avec, à proximité, des bouteilles de gaz qui aurait pu engendrer un drame. Dorénavant, les services municipaux font le tour quotidiennement des squats, le service communal d’hygiène et de santé, assure un suivi médical sur chaque site, en relai avec la Protection Maternelle Infantile et Médecins du monde, et les enfants sont vaccinés. Le service éducation veille à la scolarisation des enfants dans les différents groupes scolaires. Nous travaillons en lien avec les associations d’aide à ces populations. Quand les conduites d’eau ont gelées cet hiver, nous avons fourni aux occupants des bouteilles d’eau, répondant ainsi à l’urgence. Quand la ville a été sollicitée par le Préfet pour l’installation de mobil homes sur la commune dans le cadre du dispositif Grand froid, nous avons été une des premières communes à accepter et nous avons largement communiqué pour faire savoir que ce dispositif concernait également les Roms.
Nous traitons la question des squats, à notre niveau, avec humanité. L’Etat et l’Union européenne laissent les collectivités gérer seules les problèmes d’hygiène, de sécurité et les risques sanitaires encourus par les conditions de vies précaires de ces populations. L’errance des Roms est une question nationale qui doit être traitée au bon niveau, sinon nous en serons réduits à mettre des pansements sur une jambe de bois (+ de 1000 Roms errent sur l’agglomération). J’ai plusieurs fois alerté le Préfet et demander une table ronde avec tous les acteurs pour traiter avec dignité et décence ces populations.
Chaque squat a ses propres problématiques. Nous avons eu à gérer en même temps sur la ville jusqu’à cinq squats. Jamais nous n’avions connu autant de nuisances que celui de Parilly. Les agents de la ville ou du Grand Lyon se faisaient agresser lorsqu’ils géraient l’évacuation des déchets (15 mètres cubes étaient évacués par semaine). Les habitants et les voisins étaient confrontés à une mendicité agressive que nous n’avions connue sur aucun autre squat. Le trouble à l’ordre public à proximité du squat était permanent et la population était exaspérée. Le maire ne peut pas faire la sourde oreille et se doit de l’entendre. Il faut à la fois tout tenir, le droit à une vie digne pour ces populations et la sécurité et à la tranquillité pour les habitants. Je me refuse à accepter des bidonvilles et la misère, c’est le sens de mon engagement sur ma ville. Vénissieux comporte plus de 53 % de logements sociaux et nous sommes confrontés chaque jour aux difficultés de vie de nos administrés : difficultés à se loger, à se nourrir, à se soigner. La dernière étude Compas a révélé que Vénissieux se trouvait à la 14ème place sur cent communes, avec un taux de pauvreté de 32 %. Ce n’est pas une surprise pour nous qui voyons chaque jour l’aggravation du niveau de vie des vénissians (3912 foyers touche le RSA sur la ville). Si vous consultiez mon site, vous verriez toutes les actions, initiatives que je mène pour lutter contre la pauvreté sur la ville. Je pense notamment aux arrêtés contre les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’énergie, à la commission de lutte contre la grande pauvreté pour une vie digne, mise en place en 2008 et qui travaille avec les associations pour répondre à l’urgence sociale et au travail considérable des services sociaux de la ville (l’aide sociale a progressé de 20 % en un an, les réductions de cantine dans la même proportion). Mais accompagner la misère ne suffit pas, il faut aussi la combattre. C’est ce que je fais au quotidien, en dénonçant et en alertant sur une situation qui ne cesse de s’aggraver. Je n’ai donc en matière d’humanisme aucune leçon à recevoir.
Vous proposez un centre, un local pour installer des populations Roms et vous avez une solution toute faite : annuler des projets de la ville, des actions culturelles. Sachez que les vénissians ont élu l’équipe municipale sur un programme et que nous veillons à respecter cet engagement. Les vénissians ont aussi droit au « beau », à des équipements, à la culture…tant il est vrai que l’éducation la culture, le sport participent à la lutte contre l’exclusion et favorisent l’intégration. Dans un contexte où les budgets des collectivités sont restreints (dotations et subventions en baisse, transfert de charges sans contreparties financières), bien que nous soyons souvent confrontés à des choix cornéliens, nous gardons, à Vénissieux, le cap d’une politique sociale forte et ambitieuse.
Vous faites référence au communisme et à ses valeurs, il est évident que les Roms sont aussi des victimes du capitalisme. Mais le vrai sujet n’est pas de laisser les maires seuls gérer ces situations sur leurs territoires, mais bien de porter politiquement le débat au niveau national et européen, une union européenne ultra libérale plus soucieuse des capitaux que des peuples qui la compose. Dénoncer, agir, c’est le rôle du parti communiste et des forces de gauche. En tant que militante, je porte aussi ce débat dans mon parti. Il n’y a pas de fatalité à la misère. Le combat communiste, c’est le combat pour une vie digne.
J’espère que ces éléments vous permettront d’être un peu plus objectif sur l’action de la ville de Vénissieux et de son maire.
Recevez Monsieur mes salutations.
Michèle Picard
Maire de Vénissieux
http://www.michele-picard.com
Hôtel de Ville
5 avenue Marcel-Houël - 69200 VENISSIEUX
Tel : 04.72.21.45.20
Fax : 04.72.2145.15
Michèle, je vous remercie de l'attention que vous avez porté à mon courrier, je vais prendre le temps de vous répondre, car il y a deux trois ptites choses qui me turlupinent. Je souhaite le faire dans un état d'esprit constructif, tout simplement.
Amicalement
Serge
Publié le 26 Août 2012
Pour l'ensemble de nos langues nous ne pouvons pas communiquer,
Avec des promesses de paradis et des cadeaux de perles et de couteauxmissionnaires et pionniers sont des soldats déguisés
Sauveurs et conquérants, ils nous font attendre,
les pêcheurs d'hommes agitent leur vérité comme appât
Avec la touche d’une innocente main étrangère qui tourne à la honte,
l'esprit qui les habitait dort maintenant sous la pluie
Pour l'ensemble de nos langues nous ne pouvons pas communiquer,
pour l'ensemble de nos langues maternelles, nous sommes tous ici des indigènes,
Les cicatrices du passé sont lentes à disparaître,
les cris des morts sont toujours à nos oreilles,
seul le sage peut parler du bien et du mal,
Parmi ceux qui ont été forcés de choisir,
il y en a qui choisissent de combattre.
Pour l'ensemble de nos langues que nous ne pouvons pas communiquer.
Publié le 25 Août 2012
On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.
On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.
On supprimera la Charité
Au nom de la Justice,
Puis on supprimera la justice.
On supprimera l‘Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.
On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.
On supprimera le Sens du Mot
Au nom du Sens de mots,
Puis on supprimera le sens des mots.
On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.
On supprimera les Écrits,
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.
On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.
On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.
On supprimera l’Esprit
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.
AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L’HOMME.
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L’HOMME:
IL N’Y AURA PLUS DE NOM
NOUS Y SOMMES.
***
Le Programme en quelques siècles - Armand Robin (1912-1961) – Poèmes indésirables (1945)
Publié le 24 Août 2012
1 Théorie
Publié le 24 Août 2012
Remember when you were young
Souviens-toi quand tu étais jeune
You shone like the sun
Tu brillais comme le soleil
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
Now there's a look in your eyes
Maintenant il y a un regard dans tes yeux
Like black holes in the sky
Pareil à des trous noirs dans le ciel
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
You were caught on the crossfire
Tu as été emporté à la croisée
Of childhood and stardom
De l'enfance et de la célébrité
Blown on the steel breeze
Soufflé dans la brise d'acier
Come on you target for faraway laughter
Viens, toi la cible des moqueries
Come on you stranger, you legend, you martyr, and shine
Viens, toi l'étranger, toi la légende, toi le martyr, et brille
You reached for the secret too soon
Tu as découvert le secret trop tôt
You cried for the moon
Tu as pleuré pour la lune
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
Threatened by shadows at night
Menacé par les ombres la nuit
And exposed in the light
Et exposé à la lumière
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
Well you wore out your welcome
En fait tu as épuisé ta capacité à accueillir
With random precision
Avec une précision aléatoire
Rode on the steel breeze
Tu chevauchais la brise d'acier
Come on you raver, you seer of visions
Viens, toi le divagant, toi le visionnaire
Come on you painter, you piper, you prisoner, and shine
Viens, toi le peintre, toi le joueur de flûte, toi le prisonnier, et brille
Nobody knows where you are
Personne ne sait où tu te trouves
How near or how far
Si tu es loin ou si tu es proche
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
Pile on many more layers
Atteins un niveau supérieur
And I'll be joining you there
Et c'est là que je te rejoindrai
Shine on you crazy diamond
Brille, toi le diamant fou
And we'll bask in the shadow
Et nous nous prélasserons à l'ombre
Of yesterday's triumph
Du triomphe d'autrefois
And sail on the steel breeze
Et voguerons sur la brise d'acier
Come on you boy child, you winner and loser
Viens, toi le gamin, toi le vainqueur et le perdant
Come on you miner for truth and delusion, and shine
Viens, toi le quêteur de vérité et d'illusion, et brille
Publié le 23 Août 2012
Publié le 22 Août 2012
Lettre ouverte à Michèle Picard, maire de Vénissieux
Madame,
Je voulais réagir au courrier que vous avez adressé au préfet du Rhône
http://pcf.venissieux.org/lettre-ouverte-de-Michele-Picard,1248.html
Je tiens tout d’abord à vous préciser que j’ai grandi à Lyon 8e, pour vivre ensuite à Vénissieux que j’ai quitté depuis quelques années. Je ne suis pas membre du PCF , même si j’ai souvent voté pour les candidats de votre parti, en particulier aux municipales de Vénissieux et aux législatives de la 14e circonscription du Rhône.
J’ai relu plusieurs fois votre courrier auquel je fais allusion. Ce qui m’a fait réagir, c’est que je me suis dit qu’en le mettant tel quel sur internet, en changeant le nom de l’auteur et en disant qu’il s’agit d’un élu du Front National, beaucoup auraient été outrés, et que ceux qui se prétendent de gauche et qui ne seraient pas tombés dans le panneau lèvent le doigt ! Preuve en est : cette lettre a été rendue publique sur le blog de la section Vénissieux du PCF le 23 juin avec cette précision : «Par souci de ne pas laisser place aux récupérations politiciennes pendant la campagne électorale, celle lettre n’avait pas été rendue publique. » Ce que je considère comme un aveu d’hypocrisie.
Dans votre courrier, vous opposez dans un premier temps la quiétude de vos administrés à l’insalubrité et la délinquance latente des Roms. Je sais que Vénissieux est depuis longtemps une terre cosmopolite avec toutes les difficultés que cela peut engendrer. Toutefois, je vous opposerai le cas du quartier de la Guillotiére à Lyon, ou la cohabitation est loin d’avoir pris les proportions que vous décrivez, si j’en juge par les pancartes accrochées aux fenêtres des habitants de la rue Montesquieu lors de l’expulsion d’un squat occupé par des Roms : « Laissez-nous vivre ensemble » source : http://www.libelyon.fr/info/2012/08/les-roms-de-la-rue-montesquieu-%25C3%25A0-lyon-en-sursis.html . Ce qui prouve bien qu’une cohabitation est possible ! Le quartier de la Guillotière est un quartier populaire au même titre que Vénissieux. Pourquoi cette solidarité ne pourrait pas exister en terre Vénissiane ? Pourquoi un élu local défendant les idées de Marx, ne considère-t-il pas les Roms comme des victimes du capitalisme au même titre qu’un travailleur ou qu’un chômeur ? Les Roms cumulent les problèmes de patrie, de précarité, de logement de travail et de délinquence. Ils sont plus que tout autres les « damnés de la terre » que doivent défendre ceux qui se prétendent Communistes et fiers de l’être ! Lénine prônait la solidarité prolétarienne précisait : « la lutte de classe prolétarienne, exige que nous n’observions jamais une attitude purement formelle envers la question nationale, mais que nous tenions toujours compte de la différence obligatoire dans le comportement du prolétaire d’une nation opprimée (ou petite) envers la nation qui opprime (ou grande). » Le Problème est que les Roms n’appartiennent à aucune classe au sens Marxiste du terme et la question est : doit-on les intégrés dans le système capitaliste que nous combattons et sont-ils intégrables dans un système Marxiste qui prend le travail comme valeur ? La réponse n’est elle pas de les intégrer Humainement et socialement en respectant leurs différences. Le mot Humanité n’est il pas le titre du quotidien Communiste et donc une valeur du Communisme. Dans les camps de concentration, les prisonniers portaient des insignes suivant leurs origines et leurs appartenances, pendant que les communistes portaient un triangle rouge, les Tsiganes arboraient un triangle vert ! Pourquoi ces frères du passé sont ils devenus les expulsables d’aujourd’hui ? Car dans la suite de votre courrier vous exiger du préfet du Rhône qu’il fasse respecter l’arrêté d’expulsion rendu par le tribunal ! Faisant ainsi allegence à une autorité que vous devriez combattre. « Résister c’est créer, créer c’est résister » a dit Stéphane Hessel, cet homme pour qui désobéir avait un véritable sens. Vous dites que ce n’est pas aux collectivités locales de résoudre le problème des Roms mais à l’état en espérant des financements que vous n’aurez jamais. Voir cette lettre sur votre blog : http://www.michele-picard.com/la-politique-de-lautruche-doit-cesser-5934/ Et pourtant, ne serai-il pas révolutionnaire de trouver d’autres solutions. Un site, un local respectant des règles d’hygiène, un centre valorisant la culture Rom comme trait d’union entre population. Face aux rejets de cette société capitaliste, pourquoi ne pas opposer un véritable projet de résistance voir de désobéissance populaire comme Howard Zinn en aurait rêvé ? Les financements ? Le projet de réaménagement de la place jeanne d’Arc oû squataient les Roms va couter 900 000 euros à la collectivité, les concerts des Estivales à Vénissieux coutent 300 000 euros et pour un projet culturel ou autre des subventions peuvent être allouées.
Depuis votre courrier, les Roms de Grandclément ont été expulsés, leur problème n’est pas résolu mais simplement déplacé. Au lieu d’avoir montré un véritable visage révolutionnaire, vous avez maintenu cette volonté électoraliste qui vous éloigne de vos idéaux et néglige le Peuple. Vous vous entêté dans ce grand écart à vous en faire péter les adducteurs. Ce grand écart que vous avez commencé en baissant votre culotte devant Mitterrand lorsqu’il vous a trahi sur les nationalisations prévues au programme commun, que vous continuez aujourd’hui en demandant l’expulsion des Roms sans que cela vous fasse pour autant reprendre des voix au Front National. Ce grand écart qui fait que vos militants les plus convaincus, ceux qui sont sur le terrain, ont plus d’espoir dans leurs idées que dans la direction de leur parti. Ce grand écart qui fait qu’ils baissent les bras car ils se sentent trahis. Ce grand écart qui tourne le dos au peuple tandis que l’on bat des records d’abstention à chaque élection. Ce grand écart qui me fait penser à cette lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat : http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-perriraz/290412/lettre-jean-ferrat-par-philippe-torreton
Texte magnifique, mais écrit par quelqu’un qui soutien Ségolène Royal et la constitution Européenne de Giscard, qui fait référence à la Commune sans pouvoir donner la définition du mot révolte !
Vous aurez peut être trouvé certains mots un peu crus, mais c’est juste pour vous dire sans haine et sans crainte : « Michèle, réveilles toi ! »
Et si le prisme poètique de Paul Eluard peut vous aider, je dirai en le paraphrasant :
Sur le fronton de ma mairie
Sur les roulottes tsiganes
Sur les platanes des cours d’écoles
J’efface ton nom
Sur les avenues du Charéard
Sur la place de Parrilly
Sur le plateau des Minguettes
Au cœur du Moulin à vent
J’efface ton nom
Nous étions fait pour te chérir
Nous étions fait pour te nommer
Liberté
Amicalement
Serge
Publié le 21 Août 2012