Publié le 18 Mars 2012

 
 
Juste quelques questions
 
 
Un jour j'ai demandé:
"Grand-père, où est Dieu?
Il me regarda d'un oeil triste
Et ne me répondit rien.
 
Mon grand-père mourut dans les montagnes,
Sans prières, ni confession,
Et c'est les indiens qui l'enterrèrent,
Flûte indienne et tambour.
 
Un autre jour, j'ai demandé:
"Père, qu'est-ce vous savez de Dieu?
Il me regarda d'un oeil triste,
Et ne me répondit rien.
 
Mon père mourut dans les mines,
Sans prières ni confession.
Couleur de sang de mineur,
Voilà la couleur de l'or du patron!
 
Mon frère vit dans les montagnes,
Et ne connaît pas la fleur.
Sueur, serpent et malaria,
C'est la vie du bûcheron.
 
Et que personne ne le demande,
S'il sait où est Dieu:
Par sa maison n'est pas passé
De monsieur aussi distingué...!
 
Je chante par les chemins,
Et quand je suis en prison,
J'entends la voix du peuple,
Qui chante mieux que moi.
 
Il y a une chose dans la vie,
Plus importante que Dieu:
C'est que personne ne crache du sang
Pour qu'un autre vive mieux.
 
Que Dieu aide les pauvres?...
Peut-être que si..., ou peut-être que non...,
Mais il est certain qu'il déjeune
À la table du patron!
 
 
Atahualpa Yupanqui
 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 5 Mars 2012

  
 
   Puisque on a fêté Brassens pour le trentième anniversaire de sa mort en 2011,
Qu'on l'a exposé à la cité de la musique et qu'on l'a célèbré jusque devant les
commissariats et mantenant devant les tribunaux
 
   Je vous propose un petit tour du monde en musique.
Une petite sélection de quatorze morceaux aussi étonnants et attachants les uns que les autres.
 
 
On commence avec une traduction et interprètation en russe du "vieux Léon" par
Alexandre Avanessov. Le charme de la langue et la nostalgie de la musique collent parfaitement au morceau...
 
 
 
 
 
"Mourir pour des idées", toujours en russe et toujours par Alexandre Avanessov, avec une animation de grande qualité ...
 



 
 
 
Direction les Etats unis avec un groupe réputé de Country fondé en 1970 à Austin, dans une version anglaise des "copains d'abord"...

 




L'interprête est Suèdoise, la version anglaise et le concert a lieu sur les pentes de la Croix Rousse à Lyon. La chanson : "Pauvre Martin" ...



 
 
 
Plus surprenant, cette version japonaise de "Les Amoureux des Bancs publics" avec une petite touche tango par Koshiji Fubuki ...

 







Une version en Français de "Pauvre Martin" par une artiste vagabonde s'il en est. Née à Buenos aires elle vit désormais à Madrid après avoir résidé aux Pays bas, en Espagne, au Portugal, en Grèce et à Paris !  Maria Lavalle ...


                         




 
 
 
"Les trompettes de la renommée" Par le Pete Seeger Algérien, le célèbre chanteur humaniste Kabyle Idir ...

 




 
La canne à swing, groupe jazz manouche de Tours ...






 
 
 
 
Une vision Africaine de Brassens avec deux clips dont une interview intérressante du chanteur Franco-Camerounais Kristo Numpuby ...

 
 
 







God save the Gorille grâce aux Brassens not dead, groupe punk Toulousain.
Une version à décoiffer la moustache du grand Georges ...





 
 
 
La Banda de musica municipal de Santiago de Cuba transporte "Les passantes" dans un décor mexicain de western...

 








Une  autre version, Italienne cette fois, des "passantes" par celui qui chantait l'amour, le pacifisme et la défense des opprimés, des valeurs chères à Brassens : Fabrizio De Andre ...








 
Encore un peu d'exotisme avec cette version Créole des "copains d'abord" : L'anmitié solid
Par Sam Alpha, une voix proche de celle de Brassens ...

 











Quelle est belle cette version de la mauvaise réputation par Paco Ibanez, lui qui a chanté "La poèsie est une arme chargée de futur" avant de pouvoir retrouver l'Espagne. N'est ce pas Mr Franco ?





 
 
 
Et pour finir, "La mauvaise herbe"  qui le symbolise tant, par Brassens ...

 

 

 
 

 

 
 
 
 
 
 

 

 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 18 Février 2012

 
 
 
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Harriet Tubman est née esclave dans le Comté de Dorchester dans le Maryland autour de 1820
À l'âge de cinq ou six ans, elle fut louée à une femme nommée "Miss Susan" chez laquelle elle fut quotidiennement victime de mauvais traitements. Sa mission consistait à veiller sur un bébé pendant son sommeil ; lorsqu’il s'éveillait en pleurant, elle était fouettée, ce qui produisit un jour cinq fois avant le petit déjeuner. Un autre jour, menacée pour avoir volé un morceau de sucre, Tubman se cacha dans la porcherie d'un voisin pendant cinq jours, se battant avec les animaux pour les restes de nourriture. Affamée, elle dut retourner chez Miss Susan où elle fut lourdement frappée. Elle porta les cicatrices de ces sévices pour le restant de sa vie.
  
  
 
  
LE BLUES DU DÉSESPOIR
[THE WEARY BLUES]
 
Fredonnant un air syncopé et nonchalant,
Balançant d'avant en arrière avec son chant moelleux,
J'écoutais un Nègre jouer.
En descendant la Lenox Avenue l'autre nuit
A la lueur pâle et maussade d'une vieille lampe à gaz
Il se balançait indolent...
Il se balançait indolent...
Pour jouer cet air, ce Blues du Désespoir.
Avec ses mains d'ébène sur chaque touche d'ivoire
Il amenait son pauvre piano à pleurer sa mélodie.
O Blues !
Se balançant sur son tabouret bancal
Il jouait cet air triste et rugueux comme un fou,
Tendre Blues !
Jailli de l'âme d'un Noir
O Blues !
 
D'une voix profonde au timbre mélancolique
J'écoutais ce Nègre chanter, ce vieux piano pleurer –
« J'n'ai personne en ce monde,
J'n'ai personne à part moi.
J'veux en finir avec les soucis
J'veux mettre mes tracas au rancart. »
Tamp, tamp, tamp ; faisait son pied sur le plancher.
Il joua quelques accords et continua de chanter –
« J'ai le Blues du Désespoir
Rien ne peut me satisfaire.
J'n'aurai plus de joie
Et je voudrais être mort. »
Et tard dans la nuit il fredonnait cet air.
Les étoiles disparurent et la lune à son tour.
Le chanteur s'arrêta de jouer et rentra dormir
Tandis que dans sa tête le Blues du Désespoir résonnait.
Il dormit comme un roc ou comme un homme qui serait mort.
 
 Langston Hughes
 
 
 
 
Après des années de traitements inhumains, Harriet Tubman réussit à s'échapper.
Elle fut assistée dans sa fuite par des sympathisants Quakers et d’autres membres du mouvement abolitionniste, Noirs comme Blancs, qui avaient organisé à un vaste réseau d’évasion connu sous le nom de Chemin de fer clandestin (Underground Railroad).
On croit que le début de cette activité remonte à 1787, lorsque Isaac T. Hopper, un quaker, commença à monter une organisation pour cacher et aider les fuyards. Les opposants à l'esclavage mettaient leur domicile, appelé Station, à la disposition des fugitifs. Ils y trouvaient abri, de quoi se restaurer et un peu d'argent pour poursuivre leur route. Les différentes routes traversaient quatorze états du Nord et du Canada. On estime que vers 1850, environ 3000 personnes travaillaient pour l'Underground Railroad.
 
 
Les propriétaires des plantations étaient contrariés par le grand nombre d'esclaves qui avaient réussi à s'échapper vers le Nord. Aussi, Firent-ils pression pour faire passer la loi sur les fugitifs (1850). Dans le futur, tout marshall fédéral qui n'appréhenderait pas un fugitif serait passible de 1000 dollars d'amende. Toute personne fournissant aide à un fugitif, soit en l'abritant, soit en lui pourvoyant de la nourriture ou quelque forme que ce soit d'assistance, serait pénalisé par 6 mois d'emprisonnement et 1000 dollards d'amende.
 
 
 
 
Parmis les "conducteurs", Harriet Tubman, est certainement la plus réputée, elle effectua 19 périples secrets dans le Sud au cours desquels elle mena plus de 300 esclaves vers la liberté. Harriet Tubman était percue comme une telle menace par les esclavagistes que les propriétaires des plantations avaient offert 40000 dollars de récompense pour sa capture.
Décèdée en 1913, elle est désormais inscrite au National Women's Hall of Fame.

 

 

 

 

 

 

 Comme quoi, dans les sociètés injustes, la désobéissance est un guide vers la Liberté !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 13 Février 2012

 
 
 
 
 
à quand la déclaration des devoirs de l'être humain
abolition des inégalités
liberté
harmonie
partage
  
  
 La plus étrange des créatures
Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau,
Dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.
Tu es terrifiant, mon frère,
Comme la bouche d’un volcan éteint.
Et tu n’es pas, hélas,
Tu n’es pas cinq,
Tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand l’équarisseur lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus étrange des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s’il y a tant de misère sur terre
C’est grâce à toi, mon frère,
Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.
***
Nazim Hikmet
 
 
 
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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #errances

Publié le 9 Février 2012

 
 
 
 
 
 
 
The Negro Speaks Rivers
 
 
J'ai connu des fleuves:
J'ai connu des fleuves anciens comme le monde et plus vieux
que le flux du sang humain dans les veines humaines.
Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves..
Je me suis baigné dans l'Euphrate quand les aubes étaient neuves.
J'ai bâti ma hutte près du Congo et il a bercé mon sommeil.
J'ai contemplé le Nil et au-dessus j'ai construit les pyramides.
J'ai entendu le chant du Mississippi quand Abe Lincoln descendit
à la Nouvelle-Orléans, et j'ai vu ses nappes boueuses transfigurées
en or au soleil couchant.
J'ai connu des fleuves:
Fleuves anciens et ténébreux.
Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.
 
Langston Hughes (1er février 1902 — 22 mai 1967)
 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #errances

Publié le 7 Février 2012

 
Petite ballade dans l'ouest Irlandais ...
 
 
 
 
beara map
 
 Située au bout de la péninsule de Beara, à une heure de Glengarriff, l’île de Dursey est l’île habitée la plus à l’Ouest de l’Irlande. Elle ne compte qu’une dizaine d’habitants, et est réputée pour son calme. Les vacanciers y viennent pour se reposer loin des foules de certains grands sites irlandais.
 
 
dursey-pan1
 
 
"Je suis sûre que vous n'aimeriez pas passer l'hiver ici. C'est un triste endroit en hiver, rien d'autre que la plaisante musique de la mer déchaînée et le vacarme du vent, mais c'est pour tout ça que je l'aime parce que, mon cher ami, rien ne vaut son chez-soi. Ma petite maison au pied de la montagne, et le jour où je devrai la quitter ne sera pas pour moi un jour plaisant. Je pense que ce jour-là mon cœur se brisera."
 
Elisabeth O'Sullivan - Lettres de la Grande Blasket
 
 
 dursey-pan2
 
 
Le plus simple est de s'y rendre à pieds ...
 dursey panneau
 
 
Afin de rallier le territoire principal d’Irlande, un Téléphérique fut donc construit en 1969. Ce Téléphérique présente la particularité d’être l’unique téléphérique de tout le pays. Le ticket aller/retour ne coûte pas très cher environ 4€ pour une personne adulte. Le Téléphérique est dimensionné pour une capacité de six personnes ou de trois personnes et une vache. A la réalisation de cet appareil, plusieurs vieilles personnes habitant furent sceptiques à la sur ce Téléphérique. Certains le surnommèrent une canette suspendue à des câbles téléphoniques. Cependant à l’inauguration, en la présence du Premier Ministre Irlandais de l'époque, tout se passa bien et les personnes dans l’assistance furent surpris de ne pas voir la cabine plonger dans l'océan.
 Le téléphérique n’est pas un appareil luxueux mais un moyen pratique de rejoindre le territoire principal d’Irlande. Les locaux qui l’empruntent régulièrement de notre jours disent qu’ils voyagent dans une « grosse boite à biscuits » ou alors qu’ils « traversent dans un placard ». Le Téléphérique est pratiquement ouvert toute l’année dès que les conditions météorologiques le permettent. Toutefois il existe un régime spécial sur cet appareil. Les insulaires sont prioritaires quand ils ont besoin d’emprunter cet appareil. Les touristes pourront quand a eux admirer la cote sauvage ainsi que certains vestiges historique comme l’ancien château des O’Sullivan .
 
 
dursey5 dursey1
 Vous ne trouverez ni hébergements, ni magasins, mais vous pourrez y faire de superbes promenades, et trouverez facilement un endroit où camper. Enfin, l’île est aussi un paradis pour les observateurs d’oiseaux.
 
 
macareux moine
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #voyage

Publié le 6 Février 2012

 
 
Kateb Yacine, instruit dans la langue du colonisateur, considérait la langue française comme le « butin de guerre » des Algériens. « L’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français », déclarait-il en 1966. Considéré comme l’un des fondateurs de la littérature maghrébine moderne en langue française, Kateb Yacine, militant anticolonialiste, a également écrit en arabe et en berbère. Il a, dans son œuvre, voulu traduire l’identité et les aspirations profondes de son peuple.
(source Afrik.com)
 
 
 
 
POUSSIÈRES DE JUILLET
 
Le sang
Reprend racine
Oui
Nous avions tout oublié
Mais notre terre
En enfance tombée
Sa vieille ardeur se rallume
 
Et même fusillés
Les hommes s’arrachent la terre
Et même fusillés
Ils tirent la terre à eux
Comme une couverture
Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir
 
Et sous la couverture
Aux grands trous étoilés
Il y a tant de morts
Tenant les arbres par la racine
Le cœur entre les dents
 
Il y a tant de morts
Crachant la terre par la poitrine
Pour si peu de poussière
Qui nous monte à la gorge
Avec ce vent de feu
 
N’ enterrez pas l’ancêtre
Tant de fois abattu
Laissez-le renouer la trame de son massacre
 
Pareille au javelot tremblant
Qui le transperce
Nous ramenons à notre gorge
La longue escorte des assassins.
 
 
Kateb Yacine
 
 
Au poing tendu de l'âge tendre
A la frimousse des héroïnes en herbe
A l'école de la belle étoile
A la cinquième année du massacre
 
La bannière étoilée a retrouvé ses origines
C'est l'Algérie plus libre que jamais
Elle a toujours été libre
Ironiquement souveraine
Armée par l'ennemi
Prisonnier de ses propres pièges
 
Devant ce peuple matinal
Les abattoirs promènent
Des légions de chiens ivres
 
Il y aurait de quoi pleurer
N'étaient les yeux qui s'ouvrent
N'était la grève des larmes
 
Ce n'est pas la lligne Morice
Qui tue
C'est le mortier bien nourri
Les grottes flamboyantes
Les caravanes de la nuit
C'est le sourire au combat
Et la Joconde ignorée
 
Visages
Quel feu vous créa
Si cruellement confiants !
Ce feu
C'est le secret de tous les sacrifices
 
Partout déferle
Et se révèle
L'armée inespérée
Des paysans sans terre
Et le vieillard sort de ses ruines
Pour offrir son dernier mouton
 
Ce soir on danse à la lueur
Des lendemains de combat
Ce feu
C'est le secret de tous les sacrifices
 
Le jour se lève
Oublier la misère
Les loques
La main tendue
Les souliers qui font mal
Oublier l'âge des cavernes
Et soulever toujours le poing du peuple
Dans le crépitement du brasier souterrain
 
.
 
KATEB YACINE
 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 29 Janvier 2012

 
 
Né en 1955 à Cincinnati, Ohio, KC Elstun alias Cincinnati Slim
joue de la batterie à 8 ans, de l'harmonica à 12.
professionnel en 1977, il fait la première partie
de BB King et des Fabulous Thunderbirds en 1985.
 
Il vit maintenant en région Rhône Alpes
 
Petit compte rendu du concert qu'il a donné le 15 janvier 2012
au "Mi" Lieu du Blues à Ampuis ...
 
 

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Publié dans #musique

Publié le 29 Janvier 2012

 

Communiste révolutionnaire Libanais

Militant pour une Palestine libre et démocratique

Détenu en France depuis 1984 ...

 

georges ibrahim abdallah

 

                         ... Libérable depuis 1999 !

 

   

  Ancien patron de la DST et ancien député UDF, le préfet Yves Bonnet réclame la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique de France, détenu à Lannemezan. Il dénonce une « vengeance d'état ».    Interview.

 

"Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n'ont jamais été punis. Et aujourd'hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu'elle a libéré Maurice Papon ? J'aimerais rappeler aussi qu'on a remis en liberté l'assassin de Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l'Iran, avait décapité l'ancien Premier ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est plus mal traité qu'un serial killer alors qu'il a commis des actes politiques.

 

S'agit-il alors d'une vengeance d'état, contre Georges Ibrahim Abdallah ?

 

Je pense que oui et c'est absolument lamentable, d'autant plus qu'il a déjà eu un avis favorable de libération localement. C'est Paris qui refuse par rapport à ses alliés. Je demande à ce que la justice m'entende dans ce dossier."

       

Lire la suite :

 

http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/07/1255561-yves-bonnet-raconte-les-dessous-de-l-affaire-abdallah.html

 

 

  Georges Ibrahim Abdallah a déposé une nouvelle demande de libération il y a une dizaine de jours

Souhaitons que celle ci (la neuvième) soit la bonne !

 

Tout les détails sur le site de son comité de soutien  :   http://liberonsgeorges.over-blog.com/articles-blog.html

 

 

Et pour ceux qui veulent manifester leur soutien, une pétition en ligne émise par le Rassemblement des démocrates Libanais et Amis du Liban  : http://www.petitionpublique.fr/?pi=cauchy49

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 29 Janvier 2012

 
 
Le procès d'Angye Gaona a débuté le 23 Janvier.
 
 
 
Lettre à un juge qui inculpe la poésie
 
« Trafiquante de mots »
 
Monsieur le juge de la « trafiquante de mots » Angye Gaona.
 
Soyez bien conscient que Angye s’adonne au trafic des mots. Peut-être elle est fatiguée des mots qu’on entend tous les jours. En Colombie, les mots les plus fréquents sont « inculpé, » « victime », « déplacé », « disparu », « exilé », « arrêté », « emprisonné », «justiciable», « armée », « condamnation », «  mort », « juge », « police », «  persécution », « assassinat », «embuscade », « attentat » et tant d’autres âpres termes que désignent notre temps obscur : là, où le mot « prison » a été écrit, Angye a écrit le mot « oiseau ».
        Jugez par-vous même, car vous jugerez la Poésie si jamais le mot « condamnation » a un sens. Avec cette grammaire nous allons chaque jour à notre travail, en marchant entre les lignes de cette langue nommant abymes et atavismes deuils et misères.
 
Là où était le mot barreau Angye écrivit le mot rêve, et ce jour-là a commencé son procès.
Nous sommes de ceux qui pensent que le monde a aussi été crée pour la célébration de la vie et pour la vie, nous, nous pensons en d’autres termes, dans une réalité autrement définie, dans une autre écriture, dans une autre société où les rêves sont encore possibles. Et avec Angye nous invoquons d’autres mots qui ouvrent des fenêtres sur l’obscurité de notre monde et qui conjurent l’obscure grammaire de la haine et de la peur. En un chœur désobéissant, avec Angye nous, nous disons « mer » et nous disons « plaine », nous disons « sable », « montagne » et « cordillère » et nous nous rebellons contre les mots de la nuit ; nous n'acceptons pas cette nuit imposée. Et nous écrivons des phrases issues d’un monde caché, comme Angye qui écrit « ce que j’apporte c'est la mer », et elle écrit « lisière lumineuse » et d’autres expressions douloureuses telle que « le soleil thésaurise dans les voûtes», «le chemin du sternum ». Peu importe que l’on comprenne ou non, on le dit. Et ne comprend on pas qu’une poète de sa trempe s’efforce d’arracher des étincelles à la lumière là où il n’y a que de la nuit ? Puis nous nous rebellons contre la nuit, et nous disons Soleil des voûtes, tu n’es pas notre soleil ! Soleil des cendres, nous te voulons dehors, libre des prisons qui s’érigent pour cacher le jour aux yeux des humains !
 
Qu’on veuille remettre Angye en geôle ? Vous ne comprenez pas, les oiseaux de la nuit ne connaissent pas le vol léger des oiseaux du jour.
 
Monsieur le Juge, il n’est pas possible d’emprisonner la rébellion du vent.
 
Álvaro Marín
 
Écrivain, poète, essayiste
 
Traduction française : Cristina Castello
Révisée par André Chenet
 
 Pour plus d'informations suivre :  http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com/
 
 
liberté d'expression
 
 
les oiseaux dans leurs cris de détresse empruntent à la violence musicale. Les plus beaux chants sont des chants de revendication. Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations. A l'école de la poésie, on n'apprend pas: on se bat.
 
Place à la poésie, hommes traqués! Mettez des tapis sous ses pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire, donnez-lui un bol de riz, un verre d'eau, un sourire, ouvrez les portes sur ce no man's land où les chiens n'ont plus de muselière, les chevaux de licol, ni les hommes de salaires.
N'oubliez jamais que le rire n'est pas le propre de l'homme, mais qu'il est le propre de la Société. L'homme seul ne rit pas; il lui arrive quelquefois de pleurer.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres.
Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du désespoir, je voudrais que ces quelques vers constituent pour les hommes libres qui demeurent mes frères un manifeste de l'espoir.
 
Léo Ferré
 
 


 
 
 
 
"Les questions retentissent,
claquements dans les tympans officiels.
S’éveillent les noms harcelés,
les écartelés sans sépulture,
occultés sous la fange impunie.
Les noms se raniment dans les voix ;
les murs des prisons peuvent s’effondrer,
les trônes peuvent être pris,
les frontières se diluent,
si on invoque ces noms.
Aucune arme, aucun affront, rien,
ne devra répliquer à ces noms calcinants."
 
Angye Gaona
Extrait du poème Le volcan parle
Traduction française de Pedro Vianna
 
  angye-gaona-2.jpg
 

 

                             LIBERTE POUR ANGYE GAONA

 

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