Articles avec #poesie tag

Publié le 13 Novembre 2013

Nous n’habitons nulle part nous ne brisons de nos mains

rouges de ressentiment que des squelettes de vent
nous tournoyons dans un désert d’images diffusées par les
invisibles ingénieurs du monde de la séparation permanente
retranchés dans les organismes planétaires planificateurs
infatigables du spectacle
nous ne sommes rien nous ne sommes qu’absence
une brûlure qui ne cesse pas nous n’embrassons nulle bouche
vraie nous parlons une langue de cendres nous touchons
une réalité d’opérette
nous n’avons jamais rendez-vous avec nous-mêmes
nous nous tâtons encore et toujours
nous errons dans un magma de signes froids nous traversons
notre propre peau de fantôme
le soleil du mensonge ne se couche jamais sur l’empire de
notre néant vécu atrocement au carrefour des nerfs
nous n’avons ni visage ni nom nous n’avons ni le temps
ni l’espace des yeux pour pleurer trente-deux dents
totalement neuves pour mordre
mais mordre où mais mordre quoi
de fond en comble toutes les chaînes
autour desquelles s’articulent nos chairs nos pensées
d’aujourd’hui
jusqu’à ce qu’elles cassent dans un hourrah de lumières de
naissances multiples
décrétons le refus global
les jardins des délices tremblent et éclairent au-delà
la révolte met le feu aux poudres
taillez enfants aux yeux d’air et d’eau les belles allumettes
dans la forêt des légitimes soifs
taillez les belles allumettes pour que flambe le théâtre d’ombres universel.

André Laude (In Testament de Ravachol)

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 10 Novembre 2013

Cette semaine, la minéralité expliquée aux cailloux regarde la vie au travers d'un prisme d'opale ...

J’attendais le jour où la nature en son sein

accueillerait enfin ma joie d’aimer au rythme de ses jours

S’il est un chez moi, il n’est pas dans ce monde

Mais la vie et la terre ont domptés mon futur.....

La minéralité expliquée aux cailloux

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Publié le 3 Novembre 2013

Chanson écrite en 1970 dans en Quebec en crise ...

 

 

L'alouette en colère

 

J'ai un fils enragé

Qui ne croit ni à dieu

Ni à Diable ni à moi

J'ai un fils écrasé

Par les temples de la Finance

Où il ne peut entrer

Et par ceux des paroles

D'où il ne peut sortir

 

J'ai un fils dépouillé

Comme le fut son père

Porteur d'eau, scieur de bois,

Locataire et chômeur

Dans son propre pays

Il ne lui reste plus

La belle vue sur le fleuve

Et sa langue maternelle

Qu'on ne reconnaît pas

 

J'ai un fils révolté

Un fils humilié

Un fils qui demain

Sera un assassin

 

Alors moi j'ai eu peur

Et j'ai crié "À l'aide

Au secours quelqu'un"

Le gros voisin d'en face

Est accouru armé,

Grossier, étranger

Pour abattre mon fils

Une bonne fois pour toutes

Et lui casser les reins

Et le dos et la tête

Et le bec et les ailes

Alouette ah..........

 

Mon fils est en prison

Et moi je sens en moi,

Dans le tréfonds de moi

Pour la première fois, malgré moi,

Entre la chair et l'os

S'installer la colère.

 

Félix Leclerc

(1914-1988)

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 28 Octobre 2013

 

 

Prière à l'inconnu

 

 

Voilà que je me surprends à t’adresser la parole,
Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existes
Et ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes.
Je regarde les autels, la voûte de ta maison,
Comme qui dit simplement: voilà du bois, de la pierre,
Voilà des colonnes romanes.
Il manque le nez à ce saint.
Et au-dedans comme au-dehors, il y a la détresse humaine.
Je baisse les yeux sans pouvoir m’agenouiller pendant la messe,
Comme si je laissais passer l’orage au-dessus de ma tête.
Et je ne puis m’empêcher de penser à autre chose.
Hélas ! j’aurai passé ma vie à penser à autre chose.
Cette autre chose, c’est encore moi.
C’est peut-être mon vrai moi-même.
C’est là que je me réfugie.
C’est peut-être là que tu es.
Je n’aurai jamais vécu que dans ces lointains attirants.
Le moment présent est un cadeau dont je n’ai pas su profiter.
Je n’en connais pas bien l’usage.
Je le tourne dans tous les sens,
Sans savoir faire marcher sa mécanique difficile.
Mon Dieu, je ne crois pas en toi, je voudrais te parler tout de même.
J’ai bien parlé aux étoiles, bien que je les sache sans vie,
Aux plus humbles des animaux, quand je les savais sans réponse,
Aux arbres qui, sans le vent, seraient muets comme la tombe.
Je me suis parlé à moi-même, quand je ne sais pas bien si j’existe.
Je ne sais si tu entends nos prières, à nous les hommes,
Je ne sais si tu as envie de les écouter.
Si tu as, comme nous, un coeur qui est toujours sur le qui-vive
Et des oreilles ouvertes aux nouvelles les plus différentes
Je ne sais pas si tu aimes à regarder par ici.
Pourtant je voudrais te remettre en mémoire la planète terre
Avec ses fleurs, ses cailloux, ses jardins et ses maisons
Avec tous les autres et nous qui savons bien que nous souffrons.
Je veux t’adresser sans tarder ces humbles paroles humaines
Parce qu’il faut que chacun tente à présent tout l’impossible.
Même si tu n’es qu’un souffle d’il y a des milliers d’années
Une grande vitesse acquise
Une durable mélancolie
Qui ferait tourner encore les sphères dans leur mélodie
Je voudrais, mon Dieu sans visage et peut-être sans espérance
Attirer ton attention parmi tant de ciels vagabonde
Sur les hommes qui n’ont pas de repos sur la planète.
Ecoute-moi ! Cela presse. Ils vont tous se décourager
Et l’on ne va plus reconnaître les jeunes parmi les âgés
Chaque matin, ils se demandent si la tuerie va commencer.
De tous côtés, l’on prépare de bizarres distributeurs de sang de plaintes et de larmes
L’on se demande si les blés ne cachent pas déjà des fusils.
Le temps serait-il passé où tu t’occupais des hommes ?
T’appelle-t-on dans d’autres mondes, médecin en consultation,
Ne sachant où donner de la tête
Laissant mourir sa clientèle ?
Ecoute-moi ! Je ne suis qu’un homme parmi tant d’autres.
L’âme se plait dans notre corps,
Ne demande pas à s’enfuir dans un éclatement de bombe.
Elle est pour nous une caresse, une secrète flatterie.
Laisse-nous respirer encore sans songer aux nouveaux poisons
Laisse-nous regarder nos enfants sans penser tout le temps à la mort.
Nous n’avons pas du tout le coeur aux batailles, aux généraux.
Laisse-nous notre va-et-vient, comme un troupeau dans ses sonnailles,
Une odeur de lait frais se mélant à l’odeur de l’herbe grasse.
Ah ! si tu existes, mon Dieu, regarde de notre côté.
Viens te délasser parmi nous.
La terre est belle, avec ses arbres, ses fleuves et ses étangs,
Si belle, que l’on dirait que tu la regrettes un peu
Mon Dieu, ne va pas faire la sourde oreille
Et ne va pas m’en vouloir si nous sommes à tu et à toi
Si je te parle avec tant d’abrupte simplicité.
Je croirais moins qu’en tout autre en un Dieu qui terrorise.
Plus que par la foudre, tu sais t’exprimer par les brins d’herbe
Et par les jeux des enfants et par les yeux des ruisseaux.
Ce qui n’empêche pas les mers et les chaînes de montagnes.
Tu ne peux pas m’en vouloir de dire ce que je pense
De réfléchir comme je peux sur l’homme et sur son existence
Avec la franchise de la terre et des diverses saisons
Et peut-être de toi-même dont j’ignorerais les leçons
Je ne suis pas sans excuses
Veuille accepter mes pauvres ruses
Tant de choses se préparent sournoisement contre nous
Quoi que nous fassions, nous craignons d’être pris au dépourvu
Et d’être comme le taureau
Qui ne comprend pas ce qui se passe
Le mène-t-on à l’abattoir
Il ne sait où il va comme ça
Et juste avant de recevoir le coup de mort sur le front
Il se répète qu’il a faim et brouterait résolument
Mais qu’est-ce qu’ils ont ce matin avec leurs tabliers pleins de sang
A vouloir tous s’occuper de lui ?

***

Jules Supervielle (1884-1960) La Fable du monde (1938)

 

 

Prière à l'inconnu

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 1 Octobre 2013

Quelques mots d'André Laude qui vont si bien à m ...

 

 

 

si j’écris c’est pour que ma voix vous parvienne
voix de chaux et sang voix d’ailes et de fureurs
goutte de soleil ou d’ombre dans laquelle palpitent nos sentiments

si j’écris c’est pour que ma voix vous arrache
au grabat des solitaires, aux cauchemars des murs
aux durs travaux des mains nageant dans la lumière jaune du désespoir

si j’écris c’est pour que ma voix où roulent souvent des torrents de blessures
s’enracine dans vos paumes vivantes, couvre les poitrines d’une fraîcheur de jardin
balaie dans les villes les fantômes sans progéniture

si j’écris c’est pour que ma voix d’un bond d’amour
atteigne les visages détruits par la longue peine le sel de la fatigue
c’est pour mieux frapper l’ennemi qui a plusieurs noms.

In Œuvre poétique, Vers le matin des cerises, p.267

 

 

 

Quelques mots pour  m ...

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

Publié le 13 Septembre 2013

Cette semaine, la minéralité expliquée aux cailloux rend hommage à Pablo ...

 

D’un coup les rimes fleurirent sous le lait du copihue, la farine et le miel

Je mordais à pleines dents l’écume de son océan

Et d’un pas hésitant j’abordais les pentes rocailleuses de la Cordillère

 

 

 

 

 

 

La Minéralité expliquée  cailloux

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 8 Septembre 2013

Cette semaine, dans la minéralité expliquée aux cailloux,

 

Françoise Michel nous invite dans son univers poétique ...

 

 

 

Que savons-nous du moment présent

Nous nous pensons infiniment grands

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 27 Août 2013

Pourtant

je ne veux être que de votre race
ouvriers paysans de tous les pays...
ouvrier blanc de Detroit péon noir d’Alabama
peuple innombrable des galères capitalistes
le destin nous dresse épaule contre épaule
et reniant l’antique maléfice des tabous du sang
nous foulons les décombres de nos solitudes
Si le torrent est frontière
nous arracherons au ravin sa chevelure
intarissable
Si la Sierra est frontière
nous briserons la mâchoire des volcans,
affirmant les Cordillères
et la plaine sera l’esplanade d’aurore
où rassembler nos forces écartelées
par la ruse de nos maîtres
Comme la contradiction des traits
se résout en l’harmonie du visage
nous proclamons l’unité de la souffrance
et de la révolte
de tous les peuples sur toute la surface de la terre
et nous brasso
ns le mortier des temps fraternels
dans la poussière des idoles.

Jacques Roumain (poète Haïtien)

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 24 Août 2013

Ecrit sur un tronc d’olivier

Tawfiq Zayyad

Parce que je ne file pas de laine
Parce que je suis chaque jour
Aux mandats d’arrêts
Et ma maison exposée
Aux descentes de police
Aux perquisitions
Aux « opérations de nettoyage »
Parce que je suis dans l’impossibilité
D’acheter du papier
Je graverai tout ce qui m’arrive
Je graverai tous mes secrets
Sur un olivier
Dans la cour de ma maison
Je graverai mon histoire
Et les volets de mon drame
Et mes soupirs
Sur mon jardin
Et les tombes de mes morts
Et je graverai
Toutes les amertumes
Qu’effacerai le dixième des douceurs futures
Je graverai le numéro
De chaque arpent spolié de notre terre
L’emplacement de mon village, ses limites
Les maisons dynamitées
Mes arbres déracinés
Chaque petite fleur écrasée
Les noms de ceux qui ont pris plaisir
A détraquer mes nerfs et mes souffles
Le nom des prisons
La marque de toutes les menottes
Fermées sur mes poignets
Les bottes de mes gardiens
Chaque juron
Versé sur ma tête
Et je graverai
Kafr Qassem
Je n’oublierai pas
Et je graverai
Deir Yassine
Ton souvenir me dévore
Et je graverai
Nous avons atteint le sommet de la tragédie
Nous l’avons atteint
Je graverai tout ce que me dévoile le soleil
Me murmure la lune
Ce que me narre la tourterelle
Sur le puits
Dont les amoureux se sont exilés
Pour que je m’en souvienne
Je resterai debout à graver
Tous les volets de mon drame
Et toutes les étapes de ma défaite
De l’infiniment petit
A l’infiniment grand
Sur un tronc d’olivier
Dans la cour
De ma maison

Extrai de Enterrez vos morts et levez-vous.

« Palestine et Palestiniens ». Ramallah, 2003.

 

 

 

Ecrit sur un tronc d’olivier

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 7 Août 2013

 

 

M …

 

M comme aime

M comme Maquisard

M comme Métisse Bamiléké

M comme Minéral

M comme Mexique zapatiste

M comme tes jolis Mots

M comme Mal logés

M comme Maison

M comme Militant

M comme Massacrée

M comme Mis en garde à vue

M comme Muselée

Nous sommes tes S

Le pluriel de ton singulier combat

Les S de la Solidarité

M nous t’aimons

Merci à toi … avec un grand M

 

Hobo-Lullaby

 

Le site de soutien à m : http://soutien-m.over-blog.com/

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie