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Publié le 15 Mars 2015

Une musique qui sort des sentiers battus

Qui ne revêt ni conformisme, ni commémoration

La lignée des fleurs vient de l'envol, vous comprenez ?

SEULE LA VOIX DEMEURE

 

Pourquoi je devrais m’arrêter, pourquoi ?

Les oiseaux ont filé vers les côtes bleues

L’horizon est vertical

L’horizon est vertical, et le mouvement une eau jaillie

Aux limites de la vision tournent les planètes lumineuses

La terre dans les hauteurs se répète

Les puits d’air se métamorphosent en tunnels communicants

Et le jour est une étendue qui dépasse les idées du ver à journal

 

Pourquoi je devrais m’arrêter ?

Le chemin traverse les vaisseaux de la vie

L’environnement au creux de l’utérus de la lune

Tuera les cellules contaminées

Et dans l’espace chimique de l’aube

Seule la voix demeure

Seule la voix attirera les particules du temps

Pourquoi je devrais m’arrêter ?

 

Qu’est-ce qu’un marécage

Sinon une frayère d’insectes corrompus

Des têtes gonflées des cadavres sortent les pensées de la morgue

Le lâche dissimule sa lâcheté dans le noir

Et quand c’est le cafard qui parle pourquoi je devrais m’arrêter ?

L’œuvre des lettres en plomb est vaine

Elle ne sauvera pas de la médiocrité

Je viens des arbres

Respirer l’air vicié me rend malade

L’oiseau qui mourait m’a laissé un conseil

Me souvenir de l’envol

 

Le but de toute force

Est de fusionner avec l’essence du soleil

De se couler dans l’intelligence de la lumière

Les moulins à vent se détraquent en toute logique

Pourquoi je devrais m’arrêter ?

Mes seins nourrissent les grappes vertes du blé

La voix, seule la voix demeure

La voix du désir limpide de l’eau à couler

La voix de l’étoile dans sa profusion lumineuse

Sur la paroi féminine de la terre

La voix concevant l’embryon du sens

Et l’expansion du partage de l’amour

La voix, la voix, seule la voix demeure

 

Au pays des nains

La mesure tourne toujours

Dans l’orbite du zéro

Pourquoi je devrais m’arrêter ?

J’obéis aux quatre éléments

Et le gouvernement local des aveugles

N’a pas à dicter le règlement de mon cœur

 

Que gémisse sans fin la sauvagerie

Dans le sexe de l’animal me laisse indifférente

Que remue sans valeur le ver

dans le vide de la chair me laisse indifférente

J’ai la lignée des fleurs dans le sang qui m’exhorte à vivre

La lignée des fleurs, vous comprenez ?

 

 

 

Forough Farrokhzad (1935-1967, Iran)

Avec beaucoup d'amour pour .... tout ceux qui donnent leur amour

Ceux qui combattent les silences

qui tendent les mains au quotidien

à ceux qui ont loupé un train

à ceux qui embrasse les lendemains

à ceux qui souffrent de ce mal incurable

à ceux qui font l'amour avec l'espoir ..

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 1 Février 2015

TOUT LE SANG DU MONDE

Tu m'as à peine frappé, 
Au fond, c'est ton métier 
Et tu en as reçu l'ordre... 
Et moi, j'ai fabriqué comme un pauvre couillon
Ces lois inouïes, 
Ma prison 
Car je suis noir, 
Je suis arabe –n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien.. 
Car je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien. 

Et toi, le magistrat, 
Tu m'as condamné plus 
Pour faire un exemple 
Que pour mon délit... 
Et je cuis ton pain
Et je presse ton vin 
Pas tout seul, c'est certain
Je ne suis qu'un pantin
Et puis je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde mais pas l'italien.. 
Et puis je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien.

Et toi ma bonne dame, 
Tu peux m'insulter, 
Tu as acheté le droit de blesser et d'humilier.. 
Et je paie l'amour si je ne peux pas faire sans 
Dans cette ruelle qui est moins sale 
C'est certain que ta conscience
Car je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien.. 
Je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien..

Pourtant quand vous êtes venus 
Dans mon pays
Vous m'avez colonisé
Moi, je veux juste manger 
Et aujourd'hui, comme hier, 
C'est vous qui nous tuez 
Et nous qui avons laissé
Notre été pour votre hiver.
Et puis je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde mais pas l'italien.. 
Je suis noir, 
Je suis arabe – n'est-ce pas.
Tout le sang du monde 
Mais pas l'italien.

Mon pays est celui 
dont je mange le pain 
Où l'amour est un fruit que je cueille 
Quand j'ai faim 
Si j'en apprends la langue, 
Et si j'en cultive les plantes, 
Mes yeux restent 
Ceux d'un émigrant 
Car nous sommes tous noirs 
et tous nous venons d'ailleurs 
nous sommes les travailleurs 
Car nous sommes tous arabes 
Nous sommes tous des émigrés 
Nous sommes la richesse 
Nous sommes les oubliés. 
Car nous sommes tous noirs 
Et tous nous venons d'ailleurs 
Nous sommes les travailleurs 
Car nous sommes tous arabes 
Nous sommes tous des émigrés 
Nous sommes la richesse 
Nous sommes les oubliés.

 

 

 

 

 

MALATESTA

 
Dors dors Malatesta
car l’histoire continue de tourner
comme un corbeau à la lune déclinante
dors dors dans ton lit
de cette caisse en zinc
on te surveille de près
dans la nuit scellée

Dors dors Malatesta
car ici tout va bien maintenant
chaque nuit on se réveille
chaque chose avec son prix
la justice est un uniforme
on l’enfile avant de partir
l’égalité est un bien énorme
on l’a même cotée en bourse

On l’a même cotée en bourse…

Dors dors Malatesta
gratte-ciel de douleur
élevés comme des pierres
sur le cœur
de ce chaos si malade que nous appelons notre vie
dans la pensée que la joie soit l’énième blessure

Dors dors Malatesta
les dirigeants penseront à diriger la fête
à digérer jusqu’aux fragments
de la terre rude tassée essoufflée
tandis qu’un bourreau qui ne faiblit pas(1)
te garrotte encore un tour

Te garrotte un autre tour…

Dodo dodo Malatesta tu vois que tout va bien
sur le précipice du futur
l’obligation des chaînes
on ne devrait jamais y penser
celui qui en part ne revient pas
dans cette solitude ultramoderne

Réveille-toi réveille-toi Malatesta, Pietro Gori, Bakounine
au son de la trompette faites naître le matin
chefs de bonne espérance pour doubler la passion
prisonniers dans une chambre bientôt une révolution

Bientôt la révolution…

 

 

 

 

 

 

La tombe de Bakounine

Je repose à l'ombre du silence que maintenant j'entends
je repose à l'ombre du béton
je repose à l'ombre du pouvoir plus absolu
celui que j'ai toujours combattu
je repose à l'ombre de votre condition d'esclaves
qui vous a toujours agenouillés
et c'est vous les portes, et vous n'avez pas les clés
je repose à l'ombre de l'état

Pour la liberté seule
je suis né un jour et ai vécu
j'ai luté et ai perdu.
Pour la liberté seule
je suis né un jour au milieu de gens
qui ne veulent rien entendre
Pour la liberté seule
j'ai mis sur pied la révolte
sur chaque route et à chaque virage.
Pour la liberté seule.

Je repose à l'ombre de mes compagnons tués
du temps qui ensuite nous a divisés
de votre regard qui se pose sur le mien
sur quelque photo poussiéreuse.
Je repose à l'ombre de votre oubli blême
je repose toujours sans paix :
toujours des patrons et toujours quelque dieu
pour opprimer un peuple qui se tait !

Pour la liberté seule
j'ai toujours couru de par le monde
sans l'ombre d'un remords.
Pour la liberté seule
j'ai refusé maison et or
le pouvoir et le travail.
Pour la liberté seule
d'un monde qui n'en voulait pas
mais qui - enchaîné - la pleurait.
Pour la liberté seule.

Je repose à l'ombre de ceux qui croient que j'ai été
un rêveur ou un exalté
de ceux qui croient qu'aujourd'hui tout va bien :
démocratie et nouvelles chaînes.
Je repose à l'ombre de ceux qui lisent un de mes traités
au lieu d'occuper les rues
et moi qui hurle, moi qui ai couru, moi qui ai lutté
je repose dans les librairies.

Pour la liberté seule
j'ai écrit, aimé et lutté
et non pour être étudié
Pour la liberté seule
si je ne pouvais lancer des pierres
j'ai fait de nouveaux pas
Pour la liberté seule
contre toute forme de pouvoir
et pour ne pas devoir vendre
ma chère liberté...

Ma chère liberté
un haillon rouge, sanglant
d'un état plus intrigant.
Ma chère liberté
vendue comme une putain :
liberté américaine.
Ma chère liberté
devenue un mot
qui s'étrangle dans la gorge.
Pour la liberté seule.

Je repose à l'ombre, à l'ombre sombre, obscure
je repose à l'ombre et à la peur
je repose à l'ombre qui se fait toujours plus noire :
hiver sans printemps..
...pourtant il y en a encore pour lutter dans cette salle
pour demander, pour en vouloir !
Et alors un rayon lumineux d'espoir
me fait reposer au soleil...

Me fait reposer au soleil !



Taken from http://lyricstranslate.com/fr/la-tomba-di-bakunin-la-tombe-de-bakounine.html#ixzz3QPqgGQjX

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 1 Janvier 2015

Publié le 31 Décembre 2014

 

 

Chanson pour Howard Zinn

 

 

Dans le cœur des hommes j’ai vu,

 

Une harpe celtique se cambrer sur  la lande

Des griffes rouges et noires se tapir dans l’ombre

Des pantalons cocarde démolissant les murs

Une chèvre des montagnes secourir des moutons

Un large sombrero chevauchant les sierras

Des épis de maïs qui voulaient partager

Une steppe toute entière qui s’est mise à gronder

Et un brin de jasmin défié le Sirocco

Un peuple de criquets qui marché longtemps

Et ce chien catalan qu’on avait amputé

Ces plumes qui chantaient dans les grandes prairies

Et leur écho de pagnes qui gagnait les rivages

Des ébènes superbes aux mâchoires enchainées

Une belle rose noire s’asseyant dans un bus

Deux énormes cigares faire trembler un chapeau

Et des fourches de bois à l’assaut des donjons

Des figues qui volaient, bien plus dure que l’acier

Et de tendres cerises humilier les fusils

 

Des vagues qui roulaient perdues dans l’océan

Un peuple de marée à jamais déferlant

 

Hobo-Lullaby

 

 

 

 

 

 

"Alors j’ai voulu regarder l’histoire économique d’un point de vue différent, celui des ouvriers et dire l’histoire de leurs luttes et de la résistance qu’ils firent dans les grèves, boycotts et de la façon dont les gens faisaient face au sheriffs, à la garde nationale, parce qu’autrement, si vous ne savez rien de tout cela, vous continuez à penser que la journée de travail de huit heures est venue simplement parce que le congrès passa une loi en 1938, c’est l’histoire standard. On fait penser aux gens que Oh, ceci s’est produit parce que le congrès a soudain eu l’illumination et qu’il a pensé: “nous devons aider ces pauvres gens”, Non. Les réformes ne viennent qu’après des décennies d’âpres luttes sociales. Les huit heures par jour sont le résultat de luttes et de grèves qui ont commencées dès 1886. Alors oui, les intérêts de classes ont dominé l’histoire que je voulais raconter".

Howard Zinn

 

Source ; http://resistance71.wordpress.com/2013/11/29/lhistoire-contre-lhistoire-verite-contre-propagande-howard-zinn/

 

L'histoire est une armure protectrice contre la duperie

L'histoire est une armure protectrice contre la duperie

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Publié le 21 Décembre 2014

La maison ne reculant devant aucun sacrifice,

Deux morceaux de douceur pour un même dimanche ...

Eleggua est l’orisha (divinité Yoruba, peuple d’Afrique de l’ouest) des carrefours, maître des routes et des portes en ce monde, dieu de la chance mais aussi des accidents.

 Orisha majeur, il a les clefs du destin et ouvre les portes du bonheur ou du malheur. Il personnifie le hasard et la mort. On l’identifie avec un enfant car il est espiègle, moqueur et capricieux mais il travaille beaucoup pour aider ceux qui l’ont reçu et croient en lui.

Il a vingt-et-un coquillages (cauris) avec lesquels il parle et il a aussi vingt-et-un chemins différents. Ses couleurs sont le rouge et le noir et son chiffre est le 3. On s’occupe de lui, de préférence les lundi et les trois de chaque mois.

Source : http://www.santeria.fr/2012/05/31/le-pantheon-des-orishas-elegguaeshu/#sthash.t1ZSs0Hu.dpuf

 

Ces chants originaires d’Afrique ont traversé l’esclavage pour renaitre en Amérique 

 

 

♪ ♫ ♪♫ ♪ ♪♫ ♪♪♫ ♪ ♪♫ ♪♪♫ ♪ ♪♫ ♪♪♫ ♪ ♪♫ ♪

Réponse à la question "Le rap peut-il se sublimer ?" ...

 

L'amour, l'amour,
Nous serions le groupe jouant l'amour,
Des papillons s'envolent de moi,
J'attends patiemment, a travers portes et fenêtres
Jouer me fait croire
Alors que mes larmes coulent sur ma poitrine
Je ne pourrais pas respirer si je ne t'entendais pas
Il ni y a jamais eu un halo aussi bleu que ça
Une attitude que je ne peux qu'aimer
Rien ne peut mesurer l'amour que j'ai pour toi
Il ni a pas d'espace ou de temps compatible
Qu'est-ce que je dois faire ?
Mes amis disent que je tiens trop à toi
C'est vrai, mais il ni a rien d'autre dans ce monde que je préfèrerais faire
Il n'y a que toi
Je veux faire l'amour à ton existence
M'imprégner des couleurs de ton énergie pour les masturber dans mon esprit
Je veux me perdre en toi
Jusqu'à ce que tu me trouve, que tu me saisisses, pour la liberté de ta prison
Etre présent au même endroit, au même moment, combiné
Jusqu'à ce que tes pensées se mélangent doucement aux miennes, combinés
Jusqu'à ce que tes pensées se mélangent doucement aux miennes, combinés
Jusqu'à ce que tes pensées se mélangent doucement aux miennes, miennes
Je veux boire la sueur de ton esprit
Et voir la lumière de ta passion descendre le long de mon cou
Caresser ta présence sans aucune question
Déshabillés, nus jusqu'à l'amour, l'AMOUR PURE...
Je veux faire l'amour à mon âme sœur
Mon âme sœur
Faire l'amour à mon âme sœur
Mon âme sœur
Faire l'amour à mon âme sœur
Je me demande ce que ça fait de faire l'amour à son âme sœur
C'est comme écrire une poésie jusqu'à l'extase
Jusqu'à ce que le lieu et le temps se mélange
Et nous prenons un chemin divin, dis moi est-ce-que tu aimerais ça ?
Est-ce que tu aimerais ça ?
Dis moi est-ce-que tu aimerais ça ?
Est-ce que tu aimerais ça ?

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 13 Décembre 2014

                                              Odeur,

 

rebelle,

 

animale

 

                             de l’amour dans la poésie                                           

 

                   

                      des corps mêlés                                            

                   

                    au sommeil d’orage                                           

                   

                      Solidarité minérale                                           

                   

                      aux portes pleines de vents                                           

                   

                      Interroger les énigmes                                           

                   

                      de l’âge ultime                                            

                   

                      de l’âge du délabrement où tout                                            

                   

                      se lézarde,                                            

                   

                      s’effrite,                                                                  

                   

                      croule,                                                                  

                   

                      s’éboule                                                                  

                   

                      orgueil affaissé                                            

                   

                      en dormition au lit clos de la résignation                                            

                   

                      d’entrailles et d’esprit.                                           

                   

                      Retrouver le temps des horloges                                             

                   

                      les écouter confesser leur fatigue de sonner l’âge tombal                                           

                    les fatals accomplissements des utopies et des chimères                                            

             des chevaux éblouis                                           

                   

                   qui ne vont plus à la mer dans l’ombre

 

douce des chemins creux.

 

.

 

XAVIER GRALL

 

 

 

Cheval couché

Merci Erwan pour cette belle découverte

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 2 Décembre 2014

 

Révolte

Je déteste ce soir les timides nuances,
Le ton mineur des voix, les airs désabusés.
Je voudrais, de l'éclair d'un cri strident, percer
L'étoffe grise et flasque et lourde du silence.

Je voudrais déchirer et mordre entre mes dents
Le sourire obstiné qui suinte à ma bouche,
Étouffer ma douceur entre deux bras farouches,
Lever ma veulerie aux pointes d'un trident.

Je voudrais revêtir mon corps de rouges loques
Dont la barbare odeur grise mon coeur dolent,
Et sentir là-dessous que les rêves sanglants
Et somptueux entre mes côtés s'entrechoquent;

Descendre dans la rue ainsi qu'un spadassin
En rasant la muraille et le poing à la lance,
Entendre se briser les carreaux du silence
Et la nuit qu'on égorge hurler : À l'assassin!

 

Marie Le Franc - 1923

 

 

Révolte

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

Publié le 30 Novembre 2014

Ecrit par Jean Genet en 1942, à la mémoire de Maurice Pilorge, assassin de vingt ans.

Mis en musique par les Têtes Raides en 2013 ...

 

 

Le condamné à mort

 

Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglotte accroché dans un arbre,
La colonne d’azur qu’entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.

Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d’un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l’azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.

Ce visage plus dur et plus léger qu’un masque,
Et plus lourd à ma main qu’aux doigts du réceleur
Le joyau qu’il convoite; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.

Ton visage est sévère: il est d’un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d’une morte et tes yeux sont des roses,
Et ton nez d’un archange est peut-être le bec.

Le gel étincelant de ta pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d’acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l’a fondu si ton visage chante?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D’un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d’un sourire de deuil?

Ne chante pas ce soir les <>!
Gamin d’or sois plutôt princesse d’une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand’hune.

Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nus tête
L’ave maris stella. Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.

Et c’est pour t’emmancher, beau mousse d’aventure
Qu’ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m’ouvriront ce ciel où tremble la mature

D’où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L’épouvante, les morts dans les fleurs de violette….
La mort avec ses coqs; Ses fantômes d’amants…

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu’on s’évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.

O la douceur du bagne impossible et lointain!
O le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes,
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,
O les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin!

Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l’Univers mais le corps taché d’ombres
Qui nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d’or, sur son ventre fumant,

Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d’œillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.

Tristesse dans ma bouche! Amertune gonflant
Gonflant mon pauuvre cœur! Mes amours parfumées
Adieu vont s’en aller! Adieu couilles aimées!
O sur ma voix coupée adieu chibre insolent!

Gamin ne chantez pas, posez votre air d’apache!
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n’as de peur l’enfant mystérieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.

Enfant d’honneur si beau couronné de lilas!
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute il te raconte,
Ton amant l’assassin sa geste en mille éclats.

Il chante qu’il avait ton corps et ton visage,
Ton cœur que n’ouvriront jamais les éperons
D’un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds!
Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge!

Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef d’œuvre avec les morts cueillies
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent…

Les matins solennels, le rhum, la cigarette…
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m’étreint
Le spectre d’un tueur à la lourde braguette.

«

La chanson qui traverse un monde ténébreux
C’est le cri d’un marlou porté par la musique.
C’est le chant d’un pendu raidi comme une trique.
C’est l’appel enchanté d’un voleur amoureux.

Un dormeur de seize ans appelle de bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé.
Un enfant reste droit contre le mur collé.
Un autre dort bouclé dans ses jambes noués.

«

J’ai tué pour les yeux bleus d’un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m’adorant.

Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime.

Apparaîtra sur terre un chevalier de fer,
Impassible et cruel, visible malgré l’heure
Dans le geste imprécis d’une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout, devant son regard clair.

Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l’amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d’étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.

Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t’allonge tranquille au bord de sa fontaine.

Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l’enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve,
Suce son membre dur comme on suce un glaçon.

Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise sa tête enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d’un seul coup.
Ètrangle-toi d’amour, dégorge, et fais ta moue!

Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu’aux larmes
Mon sexe qui te romp, te frappe mieux qu’une arme,
Adore mon bàton qui va te pénétrer.

Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme
Penches un peu la tête et le vois se dresser.
L’apercevant si noble et si propre à baiser
Tu t’inclines très bas en lui disant: « Madame »!

Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours, nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au Ciel, Dame de la merci!

Appelez le soleil, qu’il vienne et me console.
Étranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.

«

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Et les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.

O viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

O traverse les murs; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.

«

Les assassins du mur s’enveloppent d’aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.

Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s’est roulé sur ma paille pourrie
A l’instant du réveil d’amis se souvenant?

Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu’à la ceinture, et des frocs résédas
Tire d’étranges fleurs dont l’odeur me foudroie.

Arrache on ne sait d’où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.

O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.

Un clop mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d’être sacré l’époux.

Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dan le soir tirent d’un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus élégant et pur qu’une émouvante bite.

Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S’apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.

T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,

Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,

Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.

Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D’un évadé du bagne, au fond d’une vallée
Mort, sans penser à toi, d’une balle aux poumons.

Élève-toi dans l’air de la lune ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roûle de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.

Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D’enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t’enfile jusqu’au cœur.

Oh vise-le dresé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J’en ai pour peu de temps,
Si vous l’osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles

Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j’ai taillé dans la vie
Mais la beauté Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d’émoi.

Les coqs du poulailler, l’alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l’air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
C’est le luisant joyeux sur la prison d’ardoise.

Messieurs je n’ai pas peur! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche,
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet….

Attention! Roi tragique à la bouche entr’ouverte
J’accède à tes jardins de sable, désolés,
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés,
D’un voile de lin bleu ta tête recouverte.

Par mon délire idiot je vois ton double pur!
Amour! Chanson! Ma reine! Est-ce ton spectre mâle
Entrevu lors des jeux dans ta prunelle pâle
Qui m’examine ainsi sur le plâtre du mur?

Ne sois pas rigoureux, laisse chanter matine
A ton cœur bohémien; m’accorde un seul baiser…
Mon Dieu je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine!

«

Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m’envoler du beau pays de France,
N’est-ce pas assez monseigneur pour aller me coucher
Trébuchant d’espérance.

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obcurs, je sais encore prier.
C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel, au dieu qui me protège
Hermès au tendre piéd!

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Les chants des Séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d’immobiles landes.

Ce n’est pas ce matin que l’on me guillottine.
Je peux dormir tranquille. A l’étage au dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon jésus,
S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine
A mon crane tondu.

«

Il paraît qu’à côté vit un épilectique.
La prison dort debout au noir d’un chant des morts.
Si des marins sur l’eau voient s’avancer les ports
Mes dormeurs vont s’enfuir vers une autre Amérique.

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 2 Novembre 2014

 

 

 

Entre berceuse et ballade, en compagnie des bergers et des troupeaux à travers le monde ...

 

 

Parfois ils nous arrivent avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s´allongent les jours
Ou brûlés par l´été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes s´arrêtent pour nous boire de l´eau
Se mettent à danser à l´ombre d´un pipeau
Les bergers

Entre eux l´en est de vieux, entre eux l´en est de sages
Qui appellent au puits tous les vieux du village
Les bergers
Ceux-là ont des histoires à nous faire telles peurs
Que pour trois nuits au moins nous rêvons des frayeurs
Des bergers
Ils ont les mêmes rides et les mêmes compagnes
Et les mêmes senteurs que leurs vieilles montagnes
Les bergers

Entre eux l´en est de jeunes, entre eux l´en est de beaux
Qui appellent les filles à faire le gros dos
Les bergers
Ceux-là ont des sourires qu´on dirait une fleur
Et des éclats de rire à faire jaillir de l´eau
Les bergers
Ceux-là ont des regards à vous brûler la peau
A vous défiancer, à vous clouer le cœur
Les bergers

Mais tous ils nous bousculent, qu´on soit filles ou garçons
Les garçons dans leurs rêves, les filles dans leurs frissons
Les bergers
Alors nous partageons le vin et le fromage
Et nous croyons une heure faire partie du voyage
Des bergers
C´est un peu comme Noël, Noël et ses trésors
Qui s´arrêteraient chez nous aux équinoxes d´or
Les bergers

Après ça ils s´en vont avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s´allongent les jours
Ou brûlés par l´été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes ont fini de nous boire notre eau
Se remettent en route à l´ombre d´un pipeau
Les bergers, les bergers, les bergers

 

 

 

 

 

 

Les tourbillons dansent dans la poussière

Le soleil joue dans l’éclat des pierres

Et, fasciné par la magie des chemins

Va le berger, va le berger

 

Son poncho dans le vent est un drapeau de brume

Les flûtes de la lande le saluent

Avec fierté, sur le sentier des collines

 

Les peines et les vachettes

S’en vont par le même sentier

Les peines sont à nous

Les vachettes sont à d’autres

 

Le crépuscule lui offre un soleil égorgé

Les lumières du pierrier se sont endormies

Entrainant le troupeau. Allez !  Allez !!

Va le berger, va le berger

 

Ah !  Si la nuit m’apportait le souvenir

Qui rendrait moins pesante ma solitude

Comme une ombre dans l’ombre de ces collines

Va le berger, va le berger

 

Les peines et les vachettes

S’en vont par le même sentier

Les peines sont à nous

Les vachettes sont à d’autres

 

Et, fasciné par la magie des chemins

Va le berger, va le berger

 

 

 

 

 

 

 

Comme j’étais à cheval, un matin, pour le plaisir,

J'ai remarqué un jeune cow-boy à cheval.

Son chapeau était jeté en arrière et ses éperons faisaient des cliquetis,

Et tout en chevauchant, il chantait cette chanson.

 

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;

C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons

Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.

 

Quand le printemps arrive, nous regroupons les taurillons,

Nous les marquons et nous leur nouons la queue,

Nous ramenons les égarés, pour compter le troupeau,

Et dès le lendemain, nous sortons sur la piste.

 

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;

C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons

Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.

 

Nous montons dans les prairies, traversant les larges rivières

Et à travers les plaines où il n'y a jamais de ville.

Nos chevaux sont las, nous sommes fatigués et nous avons faim;

Ne bougés plus taurillons, arrêtez de musarder.

 

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;

C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons

Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.

 

La nuit est venue et les taurillons sont désorientés.

Ils sont loin de chez eux que ce qu'ils ont été.

Allez, ptits taurillons, il est temps de rouler.

Lorsque nous arriverons au Wyoming, nous ne roulerons plus.

 

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;

C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.

Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons

Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.

Merci Anne-Marie !

 

 

Un bâton à la main
Une herbe entre les dents
Un vieux reste de foin
Dans ses cheveux tout blancs
Il est redescendu
Parmi les étrangers
Il est redescendu
Hier, le vieux berger

Il nous a demandé
Et du pain et de l'eau
Mais il a refusé
De lire les journaux
Il a dit «Les étoiles
M'aident à m'endormir
Gardez votre journal
Ça peut toujours servir»

Quelqu'un lui dit alors
«Le temps doit être long
Prenez ce transistor
Pour la morte saison
Vous verrez, la musique
Ça fait passer le temps»
Il a dit «Magnifique !
Moi, j'écoute le vent»

«Berger, si vous aviez
Une petite auto
Plus vite vous iriez
Rejoindre le troupeau»
Mais lui, dans un grand rire
Puissant comme la mer
«Je ne veux pas finir
Si vite au cimetière»
On lui parla crédit
Gadgets et standing
De la mode maxi
Et même du bowling
Il écoutait tout ça
En plissant ses yeux bleus
La tête dans les bras
Le regard malicieux

Ses deux pains sous le bras
Sa cruche sur le dos
Les ayant plantés là
Il grimpa le plateau
Chacun se répandit:
«Mon Dieu, qu'il a changé !»
Seul un enfant a dit
«Moi, je serai berger»

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