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Publié le 1 Octobre 2015

 

 

Ritournelle pour Charles, Nadine et Jean-Marie

 

Je ne suis pas Français

Je ne suis pas de race blanche

Je ne crois pas en quelque dieu que ce soit

Je suis né dans les montagnes

Je chéris mes frères qui ont les pieds dans l’eau

Je crois en la solidarité

Je crois au partage

Je suis du peuple qui se tient debout

Je suis du peuple qui tend la main

J’aime la désobéissance

Je n’ai pas honte

Je suis juste un humain

 

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 17 Septembre 2015

 

 

 

S’il suffisait d’une photo

 

Je marche dans le jour

Eclairé par un soleil minuté

Sur un sentier que je creuse moi-même

Un sentier quotidien qui finit par m’user

 

Ivre de fatigue je me déleste en chemin

De mon enfance d’abord

De mes rêves petit à petit

De mon amour, sans remords

De ma liberté inexorablement

 

Qu’importent mes pensées

Je brade mes espérances

Pour consommer des promesses

Pour prêcher les experts

Pour renier mes remords

 

Je me surprends à bêler

Sans pourtant m’affoler

Et je noie dans la masse

Ma culpabilité

 

Est-ce parce qu’il est mort

Qu’un enfant sur la plage

Me sort de ma torpeur ?

Que ne m’a-t-on suggéré

De clamer mon horreur

Quand sur une plage de Gaza

Un autre enfant est mort ?

 

Hobo-Lullaby

Gaza 16 juillet 2014

Gaza 16 juillet 2014

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Palestine

Publié le 5 Août 2015

Au rythme des matins

 

Au rythme des matins,

Mes paumes caressent les rails qui tendent leurs mains au ciel

Cligne le sourire des toits qui tiennent la barbiche à de jeunes nimbus

Les ballons se sont tus dans l’indigo mutisme et l’interminable assidu

Les agates se perdent dans les courbes des arbres qui posent des questions

Déçues par la rumeur qui monte des cours faisant tomber la nuit

S’écoulent dans les gorges les amères salives et les espoirs perdus

Les étoiles s’éteignent dans les pleurs des enfants qui ne rêvent plus

 

Alors, au rythme des matins,

Je chéris mon échelle quand elle fait de moi

Un simple étancheur qui rend leurs ballons aux enfants

 

Hobo-Lullaby

Au rythme des matins

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 26 Mai 2015

Je pleure car mon peuple n’a pas de cœur pour pleurer :
je vous ai vus dans votre laideur, ignobles dans votre arrogance
une foule assemblée, une pré-nation
– nation dépourvue d’hommes-frères, d’unité, de compassion,
dépourvue d’amour humain.
Ma patrie, dont je porte la honte, m’est devenue étrangère
et je suis devenu étranger à mon peuple
je suis hargneux et querelleur
fielleux et vaincu. Dégoûté de moi-même.

Vous êtes revenus d’exil au pays abandonné de vos ancêtres
– et vous chasseriez les rescapés de l’épée ?
Vous vous êtes fiés à votre épée, avez abondé en atrocités,
vos oreilles refusent d’entendre la clameur des dérobés
– Et le pays ? Le posséderez-vous en entier ?

Et voilà que vos jours arrivent.

 

Rami Dizani - Poète Israélien

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Palestine

Publié le 21 Mai 2015

Sécheresse

 

Cette année est difficile,

L'automne ne nous a rien promis,

Nous n'avons pas attendu les messagers

Et la sécheresse est telle qu'en elle-même : une terre souffrante

Et un ciel doré.

Que mon corps soit mon temple.

 

...À toi d'atteindre le pain de mon âme

Pour te connaître toi-même. Et je suis sans limites,

Si je le désire :

Avec un épi, j'agrandis mon champ.

Et j'élargis cet espace avec une tourterelle.

Que mon corps soit mon pays.

 

La sécheresse scrute le fleuve,

regarde les palmiers,

Mais elle ne remarque pas mon puits profond.

Et par toi je suis infini...

L'automne, le ciel est authentique.

 

Imagine-toi, ne serait-ce qu'une fois, femme,

Et tu verras ce que je vois.

Mon corps est mon maître.

 

La sécheresse est toujours là. Chaque fois

Qu'une idée tarit, fleurit le chœur

Des flatteurs : Que d'eau, que d'eau!

Qu'ai-je besoin de la prophétie ? Alors que les anges

Bons sont les hôtes du nuage des rêveurs ?

Qu'ai-je besoin de ton livre, quand ce qui est en toi est en moi ?

Mon corps éclôt dans mon corps.

 

Et la sécheresse fait ses adieux aux années maigres.

Il faudra une trêve dans la ville,

Des chèvres qui broutent l'herbe

Dans les livres des Babyloniens ou des autres

Pour que le ciel devienne authentique...

Éclaire donc de ton vin mon obscurité et mon sang

Et élis demeure avec moi dans mon corps !

 

Mahmoud Darwich - La terre nous est étroite et autres poèmes, 1966-1999

 

 

 

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Publié le 18 Mai 2015

 

 

 Credo 

Je crois en l’homme, cette ordure

Je crois en l’homme, ce fumier,

Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme, ce tordu,

Cette vessie de vanité.

Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,

Ce boute-feu, ce fouille-merde.

Je crois en l’homme, ce lèche-sang.



Malgré tout ce qu’il a pu faire

De mortel et d’irréparable.

Je crois en lui

Pour la sûreté de sa main,

Pour son goût de la liberté,

Pour le jeu de sa fantaisie.



Pour son vertige devant l’étoile,

Je crois en lui

Pour le sel de son amitié,

Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,

Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui

Pour une main qui s’est tendue.

Pour un regard qui s’est offert.

Et puis surtout et avant tout

Pour le simple accueil d’un berger.

        Lucien Jacques 
        (extrait de « Florilège poétique » -Éditions Les Cahiers de l’Artisan)

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique

Publié le 10 Mai 2015

 

 

 

Ils peuvent même faire mouche
Mais nous pouvons aussi
Les voir s’enfuir
Ces histoires sans beauté
Où l’esprit se consume

Peuple
J’entends d’ici ta plainte
Ainsi que tes paroles
Toi qui frappe du pied comme un enfant
Toi qui te prends pour ta propre légende
Allons à compter de ce jour
Porter quelque chose de nouveau

Attendre était mon chant
Je n’ai rien fait pour l’abolir
Aujourd’hui une musique inconnue
Peut bien suffire
A faire s’enfuir les rois

Ecrits
Lois
Croyance en la toute puissance des rois
Revenons faire quelque chose
Avec une autre lumière

Il faut créer pour l’homme
Un chant de haute renommée
Un chant jamais entendu
Mais connu de tous
Un chant qui par lui-même chante
Sans besoin de grelots
Et autre fanfreluches

Nous verrons
Je vous l’assure
Flamber les châteaux
Et les casquettes galonnées
Voici que coule ce matin
La fontaine 
Indomptée

 

Norbert Paganelli  -  Discours, extrait de "Canta à i sarri" (Chants aux crêtes)

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique

Publié le 18 Avril 2015

  Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés !

 

    Vos religions sont subterfuges des Anciens.

 

    Ils disent que le Temps mourra bientôt,

 

    Que les jours sont à bout de souffle.

 

    Ils ont menti – ils ignorent son échéance.

 

    N’écoutez pas ces champions de fourberie.

 

    Les gens voudraient qu’un imam se lève

 

    Et prenne la parole devant une foule muette.

 

    Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,

 

    Notre guide de jour comme de nuit.

 

    Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens

 

    qui procurent la terreur à l'aide de versets,

 

    Comme d'autres dans les tavernes

 

    Procurent le plaisir.

 

    Les lois divines ont semé parmi nous la rancune

 

    Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,

 

    Les corps vont à la poussière.

 

    Aucun savant ne sait où va l'âme.

 

    Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,

 

    Et mon voyage est pour un monde ailleurs.

 

    Cela malgré moi aussi, et Dieu m'en est témoin !

 

    Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,

 

    A accomplir une tâche,

 

    Ou suis-je libre de mes choix ?

 

    Raison - demeures laissées à l'abandon

 

    Ignorance - solides demeures habitées.

 

    La religion - commerce de morts.

 

    Pour cette raison, c'est un objet invendable

 

    parmi les vivants.

 

    L' égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.

 

    Malheur à lui ! Quel homme n'a pas connu l'impiété ?

 

    Le Livre est devenu trompettes des égarés,

 

    Et les versets, mélodies.

 

    Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,

 

    Les ont agitées comme des épées

 

    Sur l'homme paisible qui veille

 

    Au clair de lune.

 

    Je ne blâme pas l'athée?

 

    Mais plutôt celui qui, craignant l'enfer,

 

    Persiste dans sa furie.

 

    La raison ne peut que s'étonner des lois,

 

    Qu'elles soient païennes, musulmanes,

 

    juives ou chrétiennes.

 

    Vos temples et vos bordels se valent.

 

    Loin de moi, Ô genre humain!

 

    Puissé-je rester sous terre et ne pas me lever

 

    Quand Dieu vous appellera à la résurrection!

 

    Quant à la certitude, elle n'existe pas.

 

    L'apogée de mes efforts se trouve

 

    Dans l'intuition et les pressentiments.

 

    J'ai poussé loin mes recherches

 

    Et mes investigations.

 

    J'affirme, malgré cela,

 

    Que je suis perdu et ignorant.

 

    Le mensonge a détruit

 

    Les habitants de la terre.

 

    Leurs descendants se sont groupés en sectes

 

    Qui ne peuvent fraterniser.

 

    Si l'inimitié n'avait été dans leur nature,

 

    Dès l'origine,

 

    Mosquée, église et synagogue

 

    N'auraient fait qu'une.

 

    La vérité est soleil recouvert de ténèbres -

 

    Elle n'a pas d'aube dans les yeux des humains.

 

    La raison, pour le genre humain

 

    Est un spectre qui passe son chemin.

 

    Foi, incroyance, rumeurs colportées,

 

    Coran, Torah, Évangile

 

    Prescrivant leurs lois ...

 

    A toute génération ses mensonges

 

    Que l’on s’empresse de croire et consigner.

 

    Une génération se distinguera-t-elle, un jour,

 

    En suivant la vérité ?

 

    Deux sortes de gens sur la terre :

 

    Ceux qui ont la raison sans religion,

 

    Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.

 

    Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,

 

    Toutes les religions se valent dans l'égarement.

 

    Si on me demande quelle est ma doctrine,

 

    Elles est claire :

 

    Ne suis-je pas, comme les autres,

Un imbécile ?

 

Abu-l-Ala al-Maari Poète Syrien  973 – 1057

 

Les rets d'éternité

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 14 Avril 2015

Avec la rage au cœur

Femmes arméniennes d'autodéfense pendant les massacres hamidiens, 1894-96

 

 

 

 

 

Avec la rage au cœur

 

Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur

C'est ma manière d'avoir du cœur à revendre

C'est ma manière d'avoir raison des douleurs

C'est ma manière de faire flamber des cendres

A force de coups de cœur à force de rage

La seule façon loyale qui me ménage

Une route réfléchie au bord du naufrage

Avec son pesant d'or de joie et de détresse

Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

 

A fond de cale à fleur de peau à l'abordage

Ma science se déroule comme des cordages

Judicieux où l'acier brûle ces méduses

Secrètes que j'ai draguées au fin fond du large

Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

 

Là où les hommes nus n'ont plus besoin d'excuses

Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire

Ils m'ont dit des paroles à rentrer sous terre

Mais je n'en tairai rien car il y a mieux à faire

Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

 

Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur

Avec la rage au cœur aimer comme on se bat

Je suis impitoyable comme un cerveau neuf

Qui sait se satisfaire de ses certitudes

Dans la main que je prends je ne vois que la main

Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne

C'est bien suffisant pour que j'en aie gratitude

De quel droit exiger par exemple du jasmin

Qu'il soit plus que parfum étoile plus que fleur

De quel droit exiger que le corps qui m'étreint

Plante en moi sa douceur à jamais à jamais

Et que je te sois chère parce que je t'aimais

Plus souvent qu'a mon tour parce que je suis jeune

Je jette l'ancre dans ma mémoire et j'ai peur

Quand de mes amis l'ombre me descend au cœur

Quand de mes amis absents je vois le visage

Qui s'ouvre à la place de mes yeux - je suis jeune

Ce qui n'est pas une excuse mais un devoir

Exigeant un devoir poignant à ne pas croire

Qu'il fasse si doux ce soir au bord de la plage

Prise au défaut de ton épaule - à ne pas croire...

 

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris

De mes amis coupent la quiétude meurtrie

Pour toujours - dans ma langue et dans tous les replis

De la nuit luisante - je ne sais plus aimer

Qu'avec cette plaie au cœur qu'avec cette plaie

Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

 

Grenade désamorcée la nuit lourde roule

Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente

Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle

Je pense aux amis morts sans qu'on les ait aimés

Eux que l'on a jugés avant de les entendre

Je pense aux amis qui furent assassinés

A cause de l'amour qu'ils savaient prodiguer

 

Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur

 

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

 

ANNA GREKI

 

 

 

Kobané 2015

Kobané 2015

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

Publié le 9 Avril 2015

 

 

Quand on a que

 

J’aurais tant aimé être un fasciste

Ou peut-être même un journaliste

Faire croire que je renie mon père

Quand mes actionnaires se désespèrent

 

J’aurais tant voulu cracher ma haine

Que mon hypocrisie ne soit pas vaine

Faire croire aux gens quand ils espèrent

Que l’amour est une vipère

 

Mais c’est foutu que voulez-vous

Je pisse sur la propagande

Les nazis et leur sarabande

Et puis le buzz et tout et tout

 

Je tends mon cœur aux feuilles mortes

Car elles ne m’ont jamais trahi

Mes yeux ne seront jamais ébahis

Par le manque que la foule exhorte

 

 

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique