Articles avec #poesie tag

Publié le 6 Mars 2013




Freud voit dans le lapsus un symptôme important de l'émergence de désirs inconscients...







Sans commentaires !


 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 28 Février 2013





La grande humanité

 
 
La grande humanité voyage sur le pont des navires
Dans les trains en troisième classe
Sur les routes elle marche
La grande humanité
 
La grande humanité s’en va au travail à huit heures
Elle se marie à vingt ans
Meurt à quarante
La grande humanité
 
Sauf à la grande humanité le pain suffit à tous
Pour le riz c’est pareil
Pour le sucre c’est pareil
Pour le tissu pareil
Pour le livre pareil
Cela suffit à tous sauf à la grande humanité.
 
ll n’est pas d’ombre sur la terre de la grande humanité
Pas de lanternes dans ses rues
Pas de vitres à ses fenêtres
Mais elle a son espoir la grande humanité
On ne peut vivre sans espoir.
 
Nâzim Hikmet








 






 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 27 Février 2013





Je m'appelle personne



Je n'ai pas de nom. Je m'appelle Personne.
Les riches ont l'or,
mes maigres mains creusent le rio.
Mes maigres mains creusent un sillon de mort.
 
J'ai enterré tant d'enfants que ma mémoire
est une encre sauvage.
 
Je n'ai plus de mains. Je n'ai plus d'âge.
J'ai la sagesse des grands arbres brisés par les Américains.
 
Je suis un Peau-Rouge. Jamais je ne marcherai
dans une file indienne.
 
J'ai très mal au coeur, au sexe, aux entrailles.
Je prie. Je suis Sioux.
Je prie. Je crois à la revanche.
Je suis celui qu'on ne peut pas tuer au coeur de la bataille.
 
André Laude






 

  
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 19 Février 2013






Révolution





Assez

D’instinct je dis assez

A tout ce qui bourdonne dans ma tête

A tout ressac

A toute marée

A toute sieste de la justice

Et à toute cicatrice qui me lie aux révoltes du monde

Nous sommes dans l’antichambre des humains

Et le crime continue

Le ciel se décolore

Nos voix piétinent toute tendresse fausse

Piétinent les frontières

Grattent l’obscurité où flambent les suppliciés

Assez

La douleur nous épingle

Nous empaille

Nous lape

Broie les os même du malheur

Et tout le monde sait que ce monde est trop lourd

Que la terre s’empoisonne

Que tout explose

Assez de vos verdicts

Assez de vos diktats

Assez des vies volées

La vie est en chômage

La vie est insolvable

Et de partout les Indignés hurlent à l’Apocalypse

La vie n’est pas un abattoir

Ni une ardoise de sang qu’on efface

Assez

Nous sonnons la trompette du printemps

Nous n’avons plus rien à perdre

Nous ne nous résignons pas

Nous avons un cœur d’homme

Mais ne vous trompez pas d’homme

Il y a quelque part une révolution qui amasse sa colère

Un torrent qui se lève

Une place qui fait peuple à l’ombre d’une colère

Un peuple qui chante

 

Révolution

Révolution

Révolution à temps complet

 

Ernest Pépin

Faugas/Lamentin

Le 21 novembre 2011

 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 18 Février 2013




      Le Rythme du Temps

Il ya une chose intérieure en chaque homme,
Savez-vous ce truc mon ami?
Il a résisté à des coups de millions d’années,
Et le fera jusqu’à la fin.

Il est né quand le temps n’existait pas,
Et il a grandi hors de la vie,
Il terrasse les vignes du mal,
Comme un brûlant couteau tranchant.

Il a allumé des feux quand il n’y en a pas,
Et brûlé l’esprit de l’homme,
Au cœur d’acier tempétueux et amaigri,
Depuis le temps que le temps a commencé.

Il pleurait par les eaux de Babylone,
Et quand tous les hommes ont été une perte,
Il hurla en se tordant agonie,
Et il était suspendu saignant depuis la Croix.

Il est mort à Rome par le lion et l’épée,
Et dans l’assemblée cruelle et provocante,
Lorsque le mot mortel a été « Spartacus »
Le long de la voie Appienne

Il marcha avec le pauvre de Tyler
Et le seigneur et roi effrayé,
Et il a été décoré dans leur regard mortel,
Comme s’il était une chose vivante.

Il sourit en sainte innocence,
Avant les conquistadors de jadis,
Ainsi doux, docile et inconscient,
De la puissance mortelle de l’or.

Il éclata dans les rues pitoyables de Paris,
Et pris d’assaut la vieille Bastille,
Et marcha sur la tête du serpent,
Et l’écrasa de son talon.

Il est mourut dans le sang sur les plaines de Buffalo,
Et affamés par des lunes de pluie,
Son coeur fut enterré à Wounded Knee,
Mais il viendra pour se relever à nouveau.

Il a crié à haute voix par les lacs de Kerry,
Comme il était agenouillé sur le sol,
Et il mourut en grande résistance,
Alors qu’ils l’abattirent froidement.

Il se trouve dans chaque lueur d’espoir,
Il ne connaît ni frontières ni espace
Il s’est élevé dans le rouge noir et blanc,
Il est là dans chaque quête.

Il se trouve dans le cœur des héros morts,
Il crie dans les yeux des tyrans,
Il a atteint le sommet des hautes montagnes,
Il arrive brûlant à travers les cieux.

Il éclaire l’obscurité de cette cellule de prison,
Il tonne de toute sa puissance,
Il est « la pensée que l’on ne peut décourager », mon ami,
Cette pensée qui dit « j’ai raison! »

Bobby Sands



sands.jpg



Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 11 Février 2013






 
 
 
De deux choses lune
 
l'autre c'est le soleil
 
les pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses
 
leur soleil c'est la soif la poussière la sueur le goudron
 
et s'ils travaillent en plein soleil le travail leur cache le soleil
 
leur soleil c'est l'insolation
 
et le clair de lune pour les travailleurs de nuit
 
c'est la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis
 
et quand le travailleur s'endort il est bercé par l'insomnie
 
et quand son réveil le réveille
 
il trouve chaque jour devant son lit
 
la sale gueule du travail
 
qui ricane qui se fout de lui
 
alors il se lève
 
alors il se lave
 
et puis il sort à moitié éveillé à moitié endormi
 
il marche dans la rue à moitié éveillée à moitié endormie
 
et il prend l'autobus
 
le service ouvrier
 
 
 
et l'autobus le chauffeur le receveur
 
et tous les travailleurs à moitié réveillés à moitié
 
endormis traversent le paysage figé entre le petit jour et la
 
nuit
 
le paysage de briques de fenêtres à courants d'air de corridors
 
le paysage éclipse
 
le paysage prison
 
le paysage sans air sans lumière sans rires ni saisons
 
le paysage glacé des cités ouvrières glacées en plein été comme au cœur de l'hiver
 
le paysage éteint
 
le paysage sans rien
 
le paysage exploité affamé dévoré escamoté
 
le paysage charbon
 
le paysage poussière
 
le paysage cambouis
 
le paysage mâchefer
 
le paysage châtré gommé effacé relégué et rejeté dans l'ombre
 
dans la grande ombre
 
l'ombre du capital
 
l'ombre du profit
 
Sur ce paysage parfois un astre luit
 
un seul
 
le faux soleil
 
le soleil blême
 
le soleil couché
 
le soleil chien du capital
 
le vieux soleil de cuivre
 
le vieux soleil clairon
 
le vieux soleil ciboire
 
le vieux soleil fistule
 
le dégoûtant soleil du roi soleil
 
le soleil d'Austerlitz
 
le soleil de
Verdun
 
le soleil fétiche
 
le soleil tricolore et incolore
 
l'astre des désastres
 
l'astre de la vacherie
 
l'astre de la tuerie
 
l'astre de la connerie
 
le soleil mort.
 
Et le paysage à moitié construit à moitié démoli
 
à moitié réveillé à moitié endormi
 
s'effondre dans la guerre le malheur et l'oubli
 
et puis il recommence une fois la guerre finie
 
il se rebâtit lui-même dans l'ombre
 
et le capital sourit
 
mais un jour le vrai soleil viendra
 
un vrai soleil dur qui réveillera le paysage trop mou
 
et les travailleurs sortiront
 
ils verront alors le soleil
 
le vrai le dur le rouge soleil de la révolution
 
et ils se compteront
 
et ils se comprendront
 
et ils verront leur nombre
 
et ils regarderont l'ombre
 
et ils riront
 
et ils s'avanceront
 
une dernière fois le capital voudra les empêcher de rire
 
ils le tueront
 
et ils l'enterreront dans la terre sous le paysage de
 
misère et le paysage de misère de profits de poussières et de
 
charbon ils le brûleront ils le raseront et ils en fabriqueront un autre en chantant
 
un paysage tout nouveau tout beau
 
un vrai paysage tout vivant
 
ils feront beaucoup de choses avec le soleil
 
et même ils changeront l'hiver en printemps.
 
 
 Jacques Prevert










  
 
 
 
 
 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 6 Février 2013




 Ode à l’homme simple



Je vais te raconter en secret
qui je suis, moi
comme ça, à voix haute
tu me diras qui tu es,
combien tu gagnes,
l’atelier où tu travailles,
la mine,
la pharmacie,
j’ai une obligation terrible,
celle de le savoir,
de tout savoir,
nuit et jour savoir
comment tu t’appelles,
voilà mon métier,
connaître une vie
ne suffit pas,
il n’est pas nécessaire non plus
de connaître toutes les vies,
tu comprends
il s’agit de fouiller,
de racler à fond,
et tout comme dans une étoffe
les lignes ont occulté
par la couleur la trame
du tissu,
moi j’efface les couleurs
et je cherche jusqu’à trouver
le tissu profond,
c’est ainsi que je trouve aussi
l’unité des hommes,
et dans le pain
je cherche
au-delà de la forme :
j’aime le pain, je le mords,
et alors
je vois le blé,
les champs de jeunes pousses,
la verte forme du printemps,
les racines, l’eau,
à cause de çà,
au-delà du pain
je vois la terre,
l’unité de la terre,
l’eau,
l’homme,
et ainsi je goûte les choses,
et en chacune
je te cherche,
je marche, nage, navigue
jusqu’à te trouver,
et alors je te demande
comment tu t’appelles,
ta rue et ton numéro,
pour que tu reçoives
mes lettres,
pour te dire
qui je suis et combien je gagne,
où j’habite,
et comment était mon père.
Tu vois si je suis simple,
si tu es simple,
il ne s’agit pas
d’une chose compliquée,
moi, je travaille avec toi,
toi, tu vis, tu vas, tu viens,
d’un côté, de l’autre,
c’est tout simple :
tu es la vie,
tu es aussi transparent
que l’eau,
et je le suis aussi,
voilà mon obligation :
être transparent,
chaque jour
je m’éduque,
chaque jour je me peigne
en pensant comme tu penses,
et je marche
comme toi tu marches,
je mange, comme tu manges,
je tiens mon aimée dans mes bras
comme toi ta fiancée,
et alors
quand tout cela est clair,
quand nous sommes les mêmes,
j’écris,
j’écris avec ta vie et avec la mienne,
avec ton amour et les miens,
avec toutes tes douleurs,
et alors,
alors nous sommes différents,
parce que, la main sur ton épaule,
comme de vieux amis,
je te dis à l’oreille :
ne souffre pas,
le jour arrive,
viens,
viens avec moi,
viens avec tous
ceux qui te ressemblent,
les plus simples,
viens,
ne souffre pas,
viens avec moi,
parce que même si tu l’ignores
moi je le sais,
je sais où nous allons
et voici la parole :
ne souffre pas,
parce que nous gagnerons,
nous gagnerons, nous
les plus simples,
nous gagnerons,
même si tu n’y crois pas,
nous gagnerons.
 
 
Pablo Neruda (1904-1973) – Odes élémentaires (Odas elementales,
1954)









 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 5 Février 2013





Vous, les pauvres,
 Dites-moi
 Si la vie
 N'est pas une garce!
 
 Ah! Dire que
 Vous êtes les indispensables!...
 
 Ouvriers, gens modestes
 Pourquoi les gros
 Vous étouffent-ils en leur graisse
 Malsaine de profiteurs?
 
 Ouvriers,
 Les premiers à la tâche,
 Les premiers au combat,
 Les premiers au sacrifice,
 Et les premiers dans la détresse...
 
 Ouvriers,
 Mes frères au front songeur,
 Je voudrais tant
 Mettre un juste laurier,
 
 A vos gloires posthumes
 De sacrifiés.
 - La grosse machine humaine
 A beuglé sur leurs têtes,
 Et vente à leurs oreilles
 Le soupir gémissant des perclus !...
 
 Au foyer ingrat
 D’une infernale société,
 Vous rentrez exténués,
 Sans un réconfort
 
 Pour vos cœurs de « bétail pensif »…
 Et vos bras,
 Vos bras sains et lourds de sueur,
 Vos bras portent le calvaire
 De vos existences de renoncement !
 
 
Kateb Yacine   -    Soliloques












 
 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 19 Janvier 2013








Je refuse


Je refuse de vivre dans un pays soumis, vassalisé, cassé, conquis
Un pays de Disneylands, de luge-lands, de no man's lands, de mort lente
Je refuse la haine, l'exclusion, la ségrégation, la soumission, la démission,
l'expulsion
Je refuse les ruines, les combines, l'intérim,
Je refuse l'Europe du fric et de la trique
Je refuse de léguer à mon enfant un avenir de décombres
De tôles rouillées, de portes fermées entre l'errance,
l'espoir d'une vague saison
et le petit boulot à trois mois d'espérance de vie
Je refuse que mon pays devienne un désert de friches, d'artifices,
de cicatrices, un parking de chômeurs au pied d'une montagne de luxe,
le royaume de la triche, du temporaire, du précaire et de la mort en blanc
Je refuse l'avenir à tiers temps
J'aime la dignité, la liberté, la solidarité
J'aime la vie
 
 
 
MICHEL ETIEVENT










 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 12 Janvier 2013





La symphonie errante

Je cherche mes rallonges telluriques,
Mes incommensurables sphères
Dans les dilatations de l’exil,
L’ombre ivre de ma soif
Dans la sècheresse de l’arôme somnambule.
Je cherche mes imprécations
Creusant les sillons du retour
Contre les serres des vautours,
Ton ombre aux aguets
De cet éveil cinglant
Erection du soleil
A la symphonie errante du dromadaire !
Je cherche le râle éclaté
De mes vertèbres lyres en délire,
S’étouffant de leurs notes déportées,
Mes soupirs tonnant de bleus fuyants
Dans l’inatteignable voyage
De ce papillon qui s’éreinte
En poursuites trébuchantes,
Au-delà de ses rêves brisés !
Je rêve de comètes,
D’astres flamboyants,
De méduses lunes
Ouvertures transparentes
Des inextinguibles profondeurs !
Je rêve, muet,
Dans la soif de tes pas,
Sur les sables du voyage
Auquel je t’invite vers les prairies rouges
Et leurs feux bleus !
Ô muse de mon départ !
Astre scintillant
Sur les lèvres ouvertes des vagues !
Il n’y a plus de toits !
Pluie d’encens rouge
Sur tes seins embaumés
Dans le linceul de l’extase des rencontres crépusculaires !
Viens de mes reviens fatigués !
Je te prêterai les ailes immaculées
De mes Icare exilés.
Je te montrerai
L’axe de l’impact pluriel,
L’agonie du cogito carnivore,
Ce manteau d’erreurs spectrales !
Viens !
Accroche-toi aux tiges sans amarres
De cette forêt éclatée !
Reviens de mes viens
Qui valsent dans l’aube
Des intraduisibles fermentations !
Nous écrirons la grandeur du menu moineau
Echeveau des sens triangulés !
Cet azur qui nous appelle
Nous retrace dans nos fibres de nouveau-nés !
Reviens
Au commun des immortelles mésanges assoiffées.
Je te composerai,
Sur le clavier des escaliers,
Une symphonie qui te mènera
Jusqu’à mon perchoir d’exilé !
 
 
 
 
 Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


Le site de l'auteur  : http://mokhtarives.blogspot.fr/









 
 
 
 

Voir les commentaires

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie