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Publié le 14 Avril 2014

Un poème d'Eugène Bizeau, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron, chansonnier et poète mort en 1989 à l'age de 106 ans

 

LUTTER

Lutter, puisque la vie est une âpre mêlée

Où l’on se bat sans fin contre plus fort que soi,

Et marcher le front haut sous la voûte étoilée

Sans se décourager des coups que l’on reçoit.

Lutter de tout son cœur et de toute son âme,

Sur tous les points du globe, et par tous les moyens,

Contre la renaissance et le retour de flamme

De ce qui reste en nous de préjugés anciens.

Lutter contre la peur, contre la maladie,

Contre la profondeur de l’égoïsme humain,

Contre la pauvreté d’un peuple qui mendie,

Contre le désespoir, la misère et la faim.

Lutter contre le joug des maîtres de la terre

Masquant leur dictature en tapageurs discours ;

Contre les trublions, les criminels de guerre,

Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours…

Lutter contre les fous qui jouent à pigeon vole

En jetant vers le ciel d’affreux engins de mort…

Et, sans cesse assoiffés de gloire et d’auréoles,

Enchaînant l’avenir au culte du veau d’or.

Lutter pour le succès des causes généreuses,

Pour l’idéal de paix dont on a la fierté,

Pour le destin meilleur des plèbes douloureuses,

Pour le bonheur du monde et pour la liberté.

Lutter jusqu’à la fin du rève ou du poème

Qui soutient notre cœur et l’enflamme en secret…

Et quant on n’est plus rien que l’ombre de soi même,

Sourire à la jeunesse et partir sans regret ! ».

 

 

Eugène Bizeau

 

Lutter

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 17 Février 2014

 

Interprétation du poème de Mahmoud Darwich: "Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie"

Vidéo réalisée en juin 2013 dans le cadre de l'atelier vidéo mené par Regarde à vue et Primitivi au centre culturel: Laylac, dans le camp de réfugié de Deisheh, Palestine.
La musique et la voix ont été interprété par Murad Owda dans le studio d'enregistrement du camp: Haida.
L'interprétation en langue des signes palestinienne, par Halimah et Aminah Sarabtah.

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Palestine

Publié le 11 Février 2014

La minéralité expliquée aux cailloux

Cette semaine,la minéralité expliquée aux cailloux vous emmène sur des sentiers parfumés de genêts et de châtaigniers ...

j’aimerai y croquer ma part de nature

recueillir dans ma main la farine de châtaigne

la lave basaltique en faire mon chemin de vie

et me délecter enfin du miel des genêts diluant les folies.

La suite ici

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Publié le 3 Février 2014

 

 

Si j’avais un banjo, je serais le prince des vagabonds

Avec une  paire de chaussures à deux dollars qui me tuerait les pieds

J’irai user la piste qui longe la légende de Joe et Woody

J’irai chanter le long des voix ferrées,

Dans les meetings des Industrials workers,

Dans la poussière des dust bowl.

Je porterai José Marti sur mes épaules pour lui faire voir les sourires de l’Hudson river

Verser ma Guajira hors de mon âme et partager le sort des plus pauvres

J’irai détrousser les idées courtes et botter le cul des nantis

Mettre en joue les banquiers, traquer les inégalités

Avec comme seul arme un banjo et un putain d’sourire d’ado

Si j’avais un banjo, je l’aiderai à choisir les mots

Pour faire de mon chant une lullaby

Et chier dans les bottes de Mac Carthy

Je voyagerais de Greenwich village à Vladivostok, de Sidney à Buenos Aires

Pour  apprendre et partager, pour chanter le malheur de mes frères

Si j’avais un Banjo, il pleurerait comme un indien

Il danserait comme un masaï

Il aurait le sourire d’un mexicain devant un épi de maïs

Je lui apprendrais les chansons du peuple

Celles qu’on chante dans les champs de coton

Sur les chantiers de chemins de fer ou tout en haut des buildings

Celles que chante le berger à ces taurillons

Les chansons de la peine,  les chansons du partage

Si seulement j’avais un banjo, je le baptiserai dans un concert

Je lui donnerais pour nom Seeger

Pour rendre hommage à mon pote Pete

Qu’avait pour seul arme un banjo

Et un putain d'sourire d’ado

 

 

Hobo-Lullaby

 

 

Cette machine deteste la haine et la force à se rendre

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Publié le 21 Janvier 2014

Allez-y sans haine et surtout sans crainte !

 

 

 

 

 
 
 
"Arc de Triomphe", sérigraphie (1971) de Manuel Boix 




« Le monde est fatigué de la haine. » Ghandi
 
C'est de cette pensée que me vient l'idée d'une anthologie contre la haine.
Car haïr c'est détruire, supprimer, effacer, assassiner, pire peut-être car la haine se nourrit sans cesse d'elle-même pour détruire.
 
Car haïr c'est être intolérant, raciste, sexiste, c'est être enfermé dans une pensée et en supprimer tout mouvement et de manière récurrente
 
Car haïr est pervers, car c'est un moyen de prendre le pouvoir et
d'asservir : le discours haineux abolit l'autre, tente de le
dépersonnaliser et de le déstructurer jusqu'à l'exclusion, en ce sens elle n'est pas seulement le contraire de l'amour, ouvert, chaleureux, libre et vivant, elle est aussi manipulation, et elle est le terreau de l'intolérance, du fanatisme, de la torture et du meurtre.
 
Ce sont les risques de notre époque,
Oui le monde est fatigué de la haine.
 
Si vous vous sentez concernés par cet appel, envoyez un texte court, un poème, destiné à la publication.
 
Texte d'une page maximum
Avec votre nom, prénom et autorisation de publier.
 
Envoi à : nicole.barriere@gmail.com.
 
Date butoir 1er mars 2014
 
Nicole Barrière. Tél : 06 77 33 35 06
 
 
 
Merci à André chenet pour l'info : http://poesiedanger.blogspot.fr/

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 20 Janvier 2014

Un texte magnifique signé m pour l'Orchestre Poétique d'Avant-guerre

 

 

La poésie n'est pas ce qui dorlote l'âme.

Elle prend là, aux tripes, pour les tordre, les nouer, les dénouer, pour les déposer plus loin, pour les soustraire, les arracher de l'ombre.

Fondant et confondant nos sens, mêlant à l'univers nos particules éphémères, reliant l'un à l'autre, l'autre à l'un, liant, déliant, désarmant le malheur têtu, armant le bonheur têtu, vêtant de soie la soie des peaux, la soie des peaux à lisser, à glisser contre d'autres peaux, renouant avec le sacré, désacralisant les nœuds, au fond de la gorge, au fond du ventre, au fond du cœur, les nœuds à desserrer, relevant la tête, relevant les défis, relevant les erreurs, révélant les horreurs, triant dans les décombres, fouillant les combles au comble de la barbarie, cherchant les nouveaux mondes, les mondes neufs où éclore, où clore les chapitres, où tourner la page, trouvant dans l'égout le goût de l'ego, trouvant dans l'égout l'écho sain où s'épanouit l'espoir, où se fonde l'espoir, où se garde l'espoir, où se poursuit l'espoir, où s'écrit l'espoir, où se dit l'espoir, où se crie, dans la marge, dans la rage, dans la furie, où se crie l'espoir, la poésie est là.

m. pour O.P.A

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 2 Janvier 2014

Cette semaine, La minéralité expliquée aux cailloux apporte son soutien et sa solidarité fraternelle à Georges Ibrahim Abdallah ...

Elle avait mérité

de se consumer enfin sur ses terres

au milieu des figuiers parfumés

et des jasmins de la patience

qui attendaient son retour

comme on attend

celui du feu prodigue.

La suite : ici

La minéralité expliquée aux cailloux

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

Publié le 31 Décembre 2013


 

 

Epopée du thym de Palestine

 

 

J'embaumais collines et plaines
Nourri de l'éclat de la lumière
Et tenais compagnie aux pas des errants
Dans le sacré de la terre
Tous ces dômes clochers et temples
Offrandes pour mille prières

Cette pluie soudaine pour mêler
Mes fragraances à l'endurance des pierres
Toujours aux aguets des fissures béantes
Les roches retenant mes chutes
Au crépuscule des siècles qui se couchent
Dans la fosse de l'Histoire

Je t'aimais rumeur de la mer si près
Qui consolait me frémissements
Alliés aux flûtes bercées par les oliviers solaires
Ils sont venus de nuit avec leurs chars
Reptiles aux chenilles aiguisées raser mes brins
Piliers du songe bâti comme une rivière

Et je n'oublie pas la course du vent
Pour éteindre vos torches sans génie
Dans la farine les fusées dans la cuisine
Quand les lits sont éventrés sur les corps
Endormis les seuil souillés par l'infamie

Comment ne pas vous voir chauves-souris
Dans la cécité de la nuit
Bottes conquérantes qui marchent sur mes étés
Lavés de citronniers séculaires
Comment ne pas vous reconnaître corbeaux
Dans les drones sans cerveaux

Et l'hiver couvert par les pleurs des sirènes
Les maisons comme des tombes sans sépultures
Parmi les cris sombres parmi les décombres
Je consolais les étoiles réveillées en sursaut
Affolées par les traînées de vos poudres
Mes feuilles tendres martyres de vos incendiaires

Je vous le dis le thym c'est pour parfumer
Le pain à l'huile d'olive pétri de mes feux
Non pour allumer les brasiers
Ni le romarin compagnon de mes cyprès
Ni l'eau détournée de sa source
Ne pardonneront à votre mémoire ses trous

Je vous le dis le thym c'est pour les chemins
Augustes et fiers non pour les vautours
Le thym c'est pour le repos des oiseaux
Libérés de leur peur et de leur détresse
Non pour affamer les arbres et les nids
Non pour punir les mères et leurs berceaux

Je vous défie hyènes et vous casques
Le thym même cerne par le Mur
Percera la mer le ciel et la terre
Tant d'armées pour une herbe
Ne pourront empêcher mes arômes
D'être dédiés aux humains à bras ouverts

 

Tahar Bekri

Publié dans  Salam Gaza - carnets. Editions Elyzad, Tunis. 2010

 

 

 

Epopée du thym de Palestine

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Liberté

Publié le 8 Décembre 2013

La minéralité expliquée aux cailloux

Cette semaine, La minéralité expliquée aux cailloux, vous invite à fermer les yeux et à poser vos oreilles contre la Terre ...

Nuages de pensées, tissage de fils d’argent

Filandreuses racines, chevelure sépulcrale

Désert fissuré, sel aux multiples propos

Glaciers au dialogue de gel, banquise australe

Silhouette géante, cordillère d’ombre et de lumière

La suite : ICI

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Publié le 3 Décembre 2013

Deux dictions du chef d'œuvre d'Arthur Rimbaud

Celle de Léotard n'est elle pas parfumée d'embruns ?

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur,

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie