Publié le 24 Novembre 2012
Paul Fort
Donnez moi la vie que j'aime le long de ma route un ruisseau donnez moi le ciel joyeux et le chemin de traverse ...
Publié le 24 Novembre 2012
Publié le 7 Novembre 2012
Publié le 5 Novembre 2012
Publié le 30 Octobre 2012
Publié le 28 Octobre 2012
On percevait son souffle oui
Mais il n’était plus comme avant
Le ciel s’était rasséréné
L’air s’était adouci
Et un parfum d’automne s’échappait de la mousse
C’est ainsi
Même la pierre devient poussière
Chez nous
Comme ailleurs
L’eau sa cousine peut vous le dire
Allez donc le lui demander
Et ce jour qui finissait
Inondait de paix
Le grand univers
Paix pour toi ô monde obscur
Afrique de nos origines
Monde excommunié et rebaptisé
Vendu et échangé
Blanchi et rincé
Sali et nettoyé
Paix pour toi Palestinien
Ecorché de l’Histoire oublieuse
Abandonné sans habit
Dans le gel d’un feu
Sans fumée
Paix ô Juif
Marqué de loin
Ecartelé de près
Ruiné d’être ce que nous sommes
Paix pour vous traîtres et assassins
Voleurs sans mobile
Norbert Paganelli - Fatigue (extrait) tiré du Chant des Crêtes
Publié le 27 Octobre 2012

La femme qui casse des briques
La femme casse les briques assise sur un trottoir,
La femme au sari rouge casse les briques,
Sous le soleil brûlant,
La femme couleur de bronze casse les briques.
A vingt et un ans, elle en paraît plus de quarante,
Et sept enfants l’attendent là-bas, à la maison.
La femme casse les briques toute la journée,
En échange de quoi elle recevra dix takas, pas un de plus.
Dix takas ne suffisent pas à la nourrir, ni elle ni les sept autres.
Pourtant, jour après jour, la femme casse les briques.
L’homme assis près d’elle casse aussi les briques,
Abrité sous une ombrelle.
Il touche vingt takas par jour,
Vingt par jour parce que c’est un homme.
La femme a un rêve, elle rêve d’avoir une ombrelle.
Un autre de ses rêves serait, par un beau matin,
De devenir un homme.
Vingt pour les hommes, le double pour les hommes.
Elle attend que son rêve se réalise, mais rien ne la fait
Devenir un homme,
Rien ne lui fait avoir une ombrelle,
Pas même une ombrelle déglinguée.
On construit de nouvelles routes et d’immenses tours avec les
briques qu’elle a cassées, mais le toit de sa maison s’est envolé
avec la tempête l’an dernier, depuis l’eau goutte à travers une tenture,
elle meurt d’envoie d’acheter un toit en tôle.
Alors elle hurle dans tout le voisinage,
Les gens s’esclaffent, oh la la, disent qu’il lui faudrait
De l’huile pour les cheveux, de la poudre pour le visage.
Les sept enfants doivent être nourris,
La peau de la femme s’assombrit de jour en jour,
Ses doigts deviennent durs comme des briques,
La femme elle-même devient une brique.
Plus dur que les briques, le marteau peut casser une brique mais ne peut pas casser la femme.
Rien, ni la chaleur, ni le ventre vide, ni le regret de ne pas voir un toit en tôle,
Rien ne peut la briser.
Taslima Nasreen (poète du bengladesh, en exil depuis 1994) tiré de Femmes, poèmes d’amour et de combat, 2003
Publié le 22 Octobre 2012
Deleature
Ils triturent les lunes
écorchent des orchidées
incarcèrent les sources
Ils mentent brisent écartèlent
ils cachent des crocs d'acier
derrière d'hermétiques protocoles
ils ont a leur disposition
des milliers de bras qui broient
ils ne rêvent que de puissance
et de richesses illimitées
en élevant le meurtre
au rang de Bien suprême
Ils éclaboussent la terre
avec du sang et de la chair
ils achètent leurs esclaves
sur des marchés spécialisés
déclarent à l'abris de leurs forteresses
des guerre obscènes, des guerres sans fin
Ils humilient torturent égorgent
arrachent des yeux et des sexes
avec les outils savants de saintes inquisitions
ils pillent dévastent s'approprient
élaborent d'ignobles stratégies
en accusant d'hérésie
les quelques individus
rebuts d'humanité
capables encore de leur résister
et de se lever à voix nues
Ils accusent créent les conditions
de violences extrêmes
en s'arrangeant toujours entre eux
dans le plus grand secret
des conventions et des traités qu'ils ratifient
pour faire disparaître les preuves
de leurs méfaits et de leurs crimes
sous les apparats de la civilisation
Ils prostituent leurs progénitures
sous les prétextes fallacieux
de la bien-séance et de la bonne éducation
ils destituent la mémoire vive
des générations sacrifiées à leurs vilains jeux
L'art n'est pour eux qu'un faire-valoir
une garantie du pouvoir qu'ils exercent
mécènes débiles, criminels et psychopathes
ils ressemblent aux créatures dévoyées
qui hantent leurs "cauchemars climatisés".
Ils ont des armes démentes
des armes monstrueuses
pour éradiquer la vie.
Châteaudun, le 27/12/09
André Chenet
Publié le 17 Octobre 2012
Publié le 16 Octobre 2012
Publié le 11 Octobre 2012