Publié le 14 Mai 2015
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Publié le 30 Avril 2015
Si Freddie Gray n'avait pas été assassiné par le police, on aurait pu lui demander son avis ...
Publié le 14 Avril 2015
Avec la rage au cœur
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
C'est ma manière d'avoir du cœur à revendre
C'est ma manière d'avoir raison des douleurs
C'est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d'or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse
A fond de cale à fleur de peau à l'abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l'acier brûle ces méduses
Secrètes que j'ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre
Là où les hommes nus n'ont plus besoin d'excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m'ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n'en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C'est bien suffisant pour que j'en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu'il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m'étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t'aimais
Plus souvent qu'a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l'ancre dans ma mémoire et j'ai peur
Quand de mes amis l'ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s'ouvre à la place de mes yeux - je suis jeune
Ce qui n'est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu'il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule - à ne pas croire...
Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours - dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante - je ne sais plus aimer
Qu'avec cette plaie au cœur qu'avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet
Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu'on les ait aimés
Eux que l'on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l'amour qu'ils savaient prodiguer
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
A la saignée des bras les oiseaux viennent boire
ANNA GREKI
Publié le 17 Janvier 2015
Jean-Luc Danneyrolles, agriculteur de Provence et Carlos Pons, réalisateur Espagnol, organisent un voyage vers Grenade à la rencontre du mouvement social alternatif, entre agro-écologie et changement de paradigme. Ils partent lors des grands froids de février 2012, avec pour tout moyen d'échange et seule richesse des semences paysannes.
Publié le 1 Janvier 2015
Publié le 24 Décembre 2014
Myriam,
En ce jour, 24 décembre 2014, notre chère patrie unie et indivisible s’apprête à célébré Noël. Noël et sa couronne accrochée sur la porte, « Soyez les bienvenus chez nous », Noël et cette majorité de nos chers compatriotes qui s’apprêtent à célébrer dans l’abondance la naissance d’un homme qui disait « Aimez-vous les uns les autres », en s’offrant au passage le derniers CD des enfoirés pour se donner bonne conscience. Ils évoqueront avec nostalgie devant leurs enfants ce jour magique oû enfants eux-mêmes, ils ont franchi pour la première fois la grande porte de cette école au fronton de laquelle il est gravé dans la pierre cette devise de la république « LIBERTE EGALITE FRATERNITE »
Myriam, la décision de justice concernant les accusés du DAL33, m’a révolté, mais j’ai aussi lu dans Sud-ouest, la réaction de certains lecteurs et cela m’a écoeuré. Ecoeuré, car ce sont les mêmes qui vont ce soir fêter leur égoïsme en se cachant derrière un sapin joliment décoré. Révolté parce que les juges agissent en leur âme et conscience. Oû sont les âmes, oû sont les consciences, quand l’esprit de propriété devient plus fort que la fraternité, quand on en arrive à faire passer la propriété avant la mort potentiel d’un sans-abri ?
Alors, non Myriam, se révolter n’est pas un crime, la désobéissance civile n’est pas un problème. Le véritable criminel est celui qui est coupable de non-assistance à être humain en danger, et le véritable problème est notre obéissance.
Alors en ce jour, pour te témoigner mon soutien, pour te dire que la lutte continue, je t’offre ce poème que Bobby Sands a écrit en prison :
Il est une chose inhérente à chaque être humain
Connais-tu cette chose mon ami ?
Elle a enduré les coups durant des millions d'années
et résistera jusqu'à la fin des temps.
Elle est apparue quand le temps n'avait pas de nom
Elle a pris vie et grandeur
tranchant les liens du mal
d'un couteau à la lame acérée, impitoyable.
Depuis le début des temps
Elle a allumé des feux quand le feu n'existait pas
brûlant les esprits des hommes
et trempant en acier leurs coeurs lourds comme le plomb.
Elle a versé des larmes sur les rives de Babylone
et poussé un cri d'agonie et de colère
quand tous les hommes furent perdus.
Elle a saigné sur la Croix.
Par le lion et l'épée
elle périt à Rome
sur la Voie Appienne,
revêtue d'une armure de cruauté et de défi ,
aux côtés de Spartacus
quand le mot d'ordre était la mort.
Elle marcha avec les plus miséreux
gravée dans leurs regards
où étincelait la mort comme vivante,
effrayant Seigneurs et Rois.
Elle a souri en toute innocence
face aux anciens conquistadors
docile, soumise et si inconsciente
du pouvoir mortel de l'or.
Elle explosa dans les rues misérables de Paris
et prit d'assaut la vieille Bastille.
Elle écrasa à coups de talons la tête des serpents.
Elle est morte dans le sang des plaines de Buffalo
Elle est morte de faim sous la lune et la pluie
son Coeur fut enterré à Wounded Knee
mais un beau jour elle renaîtra.
Genoux à terre elle a hurlé de toutes ses forces
près des lacs de Kerry.
Elle est morte fièrement, emplie de défi
alors qu'ils l'assassinaient froidement.
On la trouve dans chaque lueur d'espoir
Elle ne connaît ni entraves ni limites
Elle a grandi dans le coeur des rouges, des noirs et des blancs
Elle est dans toutes les races.
Elle repose dans les coeurs des Héros morts
Elle brille dans les yeux des tyrans
Elle a atteint des sommets aussi élevés que les plus hautes montagnes.
Tel l'éclair elle déchire les cieux.
ELLE ILLUMINE LES MURS DE CETTE CELLULE
Elle exprime sa puissance en tonnant.
Cette chose est un sentiment inébranlable mon ami
qui te fait dire "JE SUIS DANS LE VRAI"
Avec amour et Fraternité
Serge
Publié le 2 Décembre 2014
Révolte
Je déteste ce soir les timides nuances,
Le ton mineur des voix, les airs désabusés.
Je voudrais, de l'éclair d'un cri strident, percer
L'étoffe grise et flasque et lourde du silence.
Je voudrais déchirer et mordre entre mes dents
Le sourire obstiné qui suinte à ma bouche,
Étouffer ma douceur entre deux bras farouches,
Lever ma veulerie aux pointes d'un trident.
Je voudrais revêtir mon corps de rouges loques
Dont la barbare odeur grise mon coeur dolent,
Et sentir là-dessous que les rêves sanglants
Et somptueux entre mes côtés s'entrechoquent;
Descendre dans la rue ainsi qu'un spadassin
En rasant la muraille et le poing à la lance,
Entendre se briser les carreaux du silence
Et la nuit qu'on égorge hurler : À l'assassin!
Marie Le Franc - 1923
Publié le 1 Décembre 2014
Maître Charles Merlen / Lille - France
1er prix, grand prix de la Ville de Caen et du Mémorial de Caen
concours de plaidoiries des avocats 2013
Bradley Manning a été condamné à 35 ans de prison en 2013
Publié le 23 Novembre 2014
Le massacre de Tlatelolco a eu lieu dans l'après-midi et la nuit du 2 octobre 1968 sur la place des Trois Cultures à Tlatelolco au Mexique, dix jours avant la célébration des Jeux olympiques d'été de Mexico.
Source Wikipédia ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Tlatelolco
Judith Reyes
Le deux octobre est arrivé tout pacifiquement
Lors d'un rassemblement à Tlatelolco
Ils étaient quinze mille
Dans cette année soixante-huit
Dont je me souviens à peine
La place était bondée
Vers six heures
Des groupes de travailleurs sont arrivés
Et les étudiants de l'enseignement conscient
Avaient atteint un beau contingent.
Tout à coup le ciel se raya de quatres feux de Bengale
Apparurent de nombreux visage de gant blanc
Et de mauvais hommes faisaient bourdonner les balles meurtrières
La panique se propagea rapidement
Cherchant refuge dans la foule
Levant les yeux au ciel
Ils virent un hélicoptère
Puis sur Tlatelolco
S’abattit une forte pluie de feu
Et une marée de chars
Armant les militaires
Désarmant les civils
Un gamin de douze ans
Tomba mort à mes côté
Et le ventre d’une femme enceinte
Fut pénétré d’une bayonette
Ils blessèrent Oriana Fallaci
Voix de la presse étrangère
parce qu'elle a rencontré la culture
Qui gouvernement cette terre.
Elle a bien vu que nous sommes unis
Les étudiants avec le peuple
Contre un système corrompu
Et la tromperie d'un gouvernement.
Que sanglante fut cette tuerie
Toutes ces belles créatures
Qui s’égouttèrent comme le sang
Sur la Place des Trois Cultures
Et parce qu'ils sont morts pour cela
Ces femmes et Ces hommes du peuple
Le président l'augmentera
Le salaire de l’armée
Tlatelolco 68
Il y a longtemps que l'histoire s'est passée,
Les gens qu'on ne peut pas oublier
Dans le sang de Tlatelolco
Reliant avocats qui savaient la vérité.
Et l'injustice envers le pays secoué,
Mais personne ne pourrait l'en empêcher
Les forces armées et le gouvernement
Contrôlent directement l'ordre de tirer pour tuer.
Ils étaient des avocats
Appelant à la justice pour tous
Qui se sont battus pour un idéal,
Mais le gouvernement a toujours été injuste
Et assassina la protestation.
Trois lumières rouges ont traversé le ciel
Portant la mort derrière elles
Les mains couvertes de gants blancs
Se démarquant pour commencer à tuer.
Le massacre s’est passé à Tlatelolco
Hommes et femmes tués par gouvernement,
Les illusions et les attentes de l'homme son vaines,
Il ont été tués et leur idéal a été perdu.
Ils étaient des avocats
Appelant à la justice pour tous
Qui se sont battus pour un idéal,
Mais le gouvernement a toujours été injuste
Et assassina la protestation.
Publié le 11 Novembre 2014
Les Mutins de 1917
Vous n'êtes pas aux Monuments aux Morts
Vous n'êtes même plus dans les mémoires
Comme vos compagnons de la Mer Noire :
Vous êtes morts et deux fois morts.
A vos petits enfants l'on ne répète
Jamais comment finit leur grand-papa :
Il y a des chos's dont on ne parle pas,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Sur votre dos, les Joffre et les Nivelle
Faisaient carrièr' dans les états-majors,
Leur humeur décidait de votre sort :
Aujourd'hui qui se le rappelle ?
Au lieu de s'emmerder en garnison,
Au lieu de piétiner au même grade,
C'était le temps béni de l'empoignade,
Vous parlez d'un' belle occasion...
Vous aviez fait tant d'assauts inutiles,
Juste pour corser le communiqué,
Vous vous sentiez tellement cocufiés,
Telle'ment pris pour des imbéciles,
Que vous avez voulu que ça s'arrête,
Cet abattoir tenu par la patrie,
Cette nationale charcuterie,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Avant l'attaque arrivaient les cercueils
Et vous coupiez votre pain sur leurs planches,
Tout juste si le crêpe à votre manche
N'annonçait votre propre deuil.
Par malheur, la France n'était pas prête,
Se révolter lui paraissait énorme,
Ell' bavait encore devant l'uniforme,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
L'Histoir' vous a jetés dans ses égouts,
Cachant sous les flots de ses Marseillaises
Qu'un' bonne moitié de l'armée française
Brûlait de faire comme vous.
Un jour, sortirez-vous des oubliettes ?
Un jour verrons-nous gagner votre cause ?
J'en doute, à voir le train où vont les choses
Mutins de mil neuf cent dix-sept,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Paroles et musique de Jacques Debronckart 1967





