Publié le 22 Février 2013
Publié le 19 Février 2013
Révolution
Assez
D’instinct je dis assez
A tout ce qui bourdonne dans ma tête
A tout ressac
A toute marée
A toute sieste de la justice
Et à toute cicatrice qui me lie aux révoltes du monde
Nous sommes dans l’antichambre des humains
Et le crime continue
Le ciel se décolore
Nos voix piétinent toute tendresse fausse
Piétinent les frontières
Grattent l’obscurité où flambent les suppliciés
Assez
La douleur nous épingle
Nous empaille
Nous lape
Broie les os même du malheur
Et tout le monde sait que ce monde est trop lourd
Que la terre s’empoisonne
Que tout explose
Assez de vos verdicts
Assez de vos diktats
Assez des vies volées
La vie est en chômage
La vie est insolvable
Et de partout les Indignés hurlent à l’Apocalypse
La vie n’est pas un abattoir
Ni une ardoise de sang qu’on efface
Assez
Nous sonnons la trompette du printemps
Nous n’avons plus rien à perdre
Nous ne nous résignons pas
Nous avons un cœur d’homme
Mais ne vous trompez pas d’homme
Il y a quelque part une révolution qui amasse sa colère
Un torrent qui se lève
Une place qui fait peuple à l’ombre d’une colère
Un peuple qui chante
Révolution
Révolution
Révolution à temps complet
Ernest Pépin
Faugas/Lamentin
Le 21 novembre 2011
Publié le 18 Février 2013
Le Rythme du Temps
Il ya une chose intérieure en chaque homme,
Savez-vous ce truc mon ami?
Il a résisté à des coups de millions d’années,
Et le fera jusqu’à la fin.
Il est né quand le temps n’existait pas,
Et il a grandi hors de la vie,
Il terrasse les vignes du mal,
Comme un brûlant couteau tranchant.
Il a allumé des feux quand il n’y en a pas,
Et brûlé l’esprit de l’homme,
Au cœur d’acier tempétueux et amaigri,
Depuis le temps que le temps a commencé.
Il pleurait par les eaux de Babylone,
Et quand tous les hommes ont été une perte,
Il hurla en se tordant agonie,
Et il était suspendu saignant depuis la Croix.
Il est mort à Rome par le lion et l’épée,
Et dans l’assemblée cruelle et provocante,
Lorsque le mot mortel a été « Spartacus »
Le long de la voie Appienne
Il marcha avec le pauvre de Tyler
Et le seigneur et roi effrayé,
Et il a été décoré dans leur regard mortel,
Comme s’il était une chose vivante.
Il sourit en sainte innocence,
Avant les conquistadors de jadis,
Ainsi doux, docile et inconscient,
De la puissance mortelle de l’or.
Il éclata dans les rues pitoyables de Paris,
Et pris d’assaut la vieille Bastille,
Et marcha sur la tête du serpent,
Et l’écrasa de son talon.
Il est mourut dans le sang sur les plaines de Buffalo,
Et affamés par des lunes de pluie,
Son coeur fut enterré à Wounded Knee,
Mais il viendra pour se relever à nouveau.
Il a crié à haute voix par les lacs de Kerry,
Comme il était agenouillé sur le sol,
Et il mourut en grande résistance,
Alors qu’ils l’abattirent froidement.
Il se trouve dans chaque lueur d’espoir,
Il ne connaît ni frontières ni espace
Il s’est élevé dans le rouge noir et blanc,
Il est là dans chaque quête.
Il se trouve dans le cœur des héros morts,
Il crie dans les yeux des tyrans,
Il a atteint le sommet des hautes montagnes,
Il arrive brûlant à travers les cieux.
Il éclaire l’obscurité de cette cellule de prison,
Il tonne de toute sa puissance,
Il est « la pensée que l’on ne peut décourager », mon ami,
Cette pensée qui dit « j’ai raison! »
Bobby Sands

Publié le 17 Février 2013
Thomas Pitiot, une belle découverte faite récemment chez Cathy Garcia : http://delitdepoesie.hautetfort.com/
Tous les gens que tu as connusSont rentrés au pays ou sont mourus,Aujourd’hui ils appartiennent à l’ancien siècle.Tout seul Mamadou tu es resté,Dans la petite chambre au foyer ;Là-dedans, tu te sens quand même un peu chez toi.Là-dedans, tu te sens quand même un peu chez toi.Tes enfants, tu les as connusTout petits mais si peu vus,Aujourd’hui ils sont grands et toujours au village.Ta femme qui était si belleA de moins en moins de tes nouvelles ;Pour elle et les autres, tu continues à envoyer de l’argent.Pour elle et les autres, tu continues à envoyer l’argent.Mamadou tu sais que beaucoup t’envient,La France a tellement d’amis,Tu aimerais conseiller de pas voyager ici ;Mais Mamadou, tu es toujours grand et fier,Ils ne sauront pas comme tu as pleuréEt que depuis tout ce temps tu es toujours étranger.Et que depuis tout ce temps tu es toujours étranger.La femme de l’administration t’a dit :« Comment ça, vous n’écrivez pas le Français ?Pourtant vous êtes ici depuis les années soixante... ».Mamadou tu parles toutes les langues de l’AfriqueTu n’as jamais humilié personne,Tu souris en disant « Madame attends je t’explique »Tu souris en disant « Madame attends je t’explique ».Comme les vieux ouvriers français t’as misLe costume bleu de travail comme un ami ;Le soir tu te reposes dans le boubou de bazin.Les gens sont moins curieux qu’avant,Les petites françaises font des tresses,Derrière ton grand sourire se cache ta détresse.Derrière ton grand sourire se cache ta détresse.Quand tu repasses près du chantier,Tu repenses à toutes ces années ;Le patron portugais était gentil, un peu...Tu te disais qu’il a oubliéQue son père à lui même avait étéAutrefois Mamadou comme toi un étrangerAutrefois Mamadou comme toi un étranger.Comme famille ici tu n’as plus qu’un frèreMarié à une fille de Montpellier ;Il se fait appeler Zan-pierre, tu as bien rigolé.Un jour quelqu’un t’as emmenéEn Bretagne et tu as vu la mer,L’eau était si froide sur tes pieds, tu ne t’es pas baigné.L’eau était si froide sur tes pieds, tu ne t’es pas baigné.Mamadou autrefois tu as connuUne française qui t’aimait bien ;Elle est partie pour un autre, tu as eu beaucoup de chagrin.Les jeunes garçons au foyer,Souvent ramènent des prostitués ;Les yeux fermés, tu les entends rire sans pouvoir dormir.Les yeux fermés, tu les entends rire sans pouvoir dormir.Et quand tes rêves te conduisentA la terre rouge de l’enfance,Tu te dis qu’ils ont menti et en silence,Tu déroules ta vie sans colèreLe front sur le tapis de prière,Pour ton ancien colon, tu es resté l’étranger.Pour ton ancien colon, tu es resté l’étranger.
Publié le 16 Février 2013
Excusez-moi de vous déranger...
Eduardo Galeano
Traduit par Thierry Pignolet
Edité par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي
Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête.
Elle est juste, la justice? Elle tient debout, cette justice du monde à l'envers? Le zapatista1 d'Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration? Qui est le terroriste? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé? N'est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l'appliquer ?
Sont-ils coupables les paysans d'Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre? Si la terre est sacrée -même si la loi ne le dit pas-, ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi?
Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent?
Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un œil ? Wal Mart, l'entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald's aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ?
Où sont les justes, et où sont les injustes? Si la justice internationale existait vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants? Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés ?
Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n'est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ?
Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles.
Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s'arme jusqu'aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ?
Pourquoi les fervents de la peine capitale n'exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu'être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n'a rien n'est rien ?
Et pourquoi n'introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l'extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d'anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants.
Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d'une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.
Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d'avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l'ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l'unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu'il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l'Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?
Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ?
Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ?
Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l'avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints2 ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l'avortement ? Serait-ce parce qu'il cesserait alors d'être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ?
Peut-être n'est-elle pas, comme l'avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l'héroïne consommée dans le monde provient d'Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N'est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s'attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu'elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d'offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?
Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l'industrie prospère de l'automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n'est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?
La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des Merveilles : -Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.
Au Salvador, l'Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d'avance, par délit de naissance.
Le résultat des élections récentes au Salvador n'est-il pas, d'une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l'archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l'injustice ?
Parfois les histoires de l'Histoire terminent mal; mais l'Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n'est qu'un au revoir.
NdT
[1] Par l'utilisation du terme zapatista, Eduardo Galeano réalise en espagnol un jeu de mots intraduisible en français. Par là, l'auteur adresse un clin d'œil à la filiation en espagnol du mot zapatista avec zapato, en français chaussure -le lancer de chaussures sur Bush-, tout se référant à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale -en espagnol Ejército Zapatista de Liberación National ou EZLN-, groupe révolutionnaire symbole de la lutte altermondialiste basé au Chiapas, Etat du Mexique.
[2] L'adjectif « enceint » semble ne pas exister en français. Serait-ce que la langue française est plus machiste que
l'espagnole ?
Source Tlaxcala : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9187
Publié le 15 Février 2013
Publié le 14 Février 2013
Construire la solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah
Le 21 novembre 2012, un tribunal français avait finalement ordonné la libération de Georges Abdallah et son retour
immédiat dans son pays d’origine, le Liban. Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, avait jusqu’au 14 Janvier 2013 pour signer les papiers de la déportation de Georges, ce qu’il a
refusé de faire jusqu’à ce jour.

Rassemblement de solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah, devant l’ambassade de France à Beyrouth - Photo : Haytham
al-Moussawi
Pour sa part, le ministère de la Justice avait fait appel le jour même, en demandant que la libération d’Abdallah soit annulée en raison du fait que toutes les conditions de sa libération ne seraient pas réunies. Le juge d’appel avait répondu le 10 janvier 2013, s’en tenant à la date de libération fixée au 14 janvier 2013.
Le ministre de la Justice a refait appel, cette fois devant le tribunal de grande instance, qui n’a pas encore fixé une date pour l’audience. Des sources diplomatiques et journalistiques pensent que l’audience aura lieu vers la mi-mars. Cela signifie que l’audience prévue pour statuer sur l’expulsion d’Abdallah, prévue pour le 28 février, est dénuée de sens.
Ce jeu d’appel et de report des audiences, combiné avec les interventions des ministères de l’Intérieur et de la Justice pourrait très bien prolonger la détention d’Abdallah.
L’état du mouvement de solidarité
La décision prise par un tribunal français en novembre 2012 de libérer Abdallah, a déclenché une vague importante de sympathie et de solidarité entre les Libanais tant au niveau officiel que populaire. Les tentatives consécutives pour retarder sa libération ont revigoré ce mouvement naissant.
Les militants ont réagi rapidement au refus du gouvernement français d’expulser Abdallah par un sit-in devant l’ambassade de France à Beyrouth.
Un quasi-consensus est vite apparu entre les Libanais pour soutenir Abdallah, les syndicats, les organisations étudiantes, les municipalités et les élus décidant de se joindre à notre campagne de soutien. Ceci, à son tour, a incité le gouvernement libanais à prendre officiellement l’affaire en mains en nommant un comité ministériel de suivi avec le gouvernement français.
Points d’unité
Nous avons maintenant atteint un point où le mouvement de solidarité reflète un large éventail du spectre politique libanais d’aujourd’hui, allant de l’extrême-gauche aux islamistes. Au minimum, tous conviennent que la justice française doit appliquer sa décision de libérer et renvoyer Abdallah au Liban.
Afin de continuer à faire pression sur le gouvernement français, le mouvement a besoin d’élargir sa base de soutien pour les actions futures. Cela nécessite le respect de cette exigence fondamentale afin de ne s’aliéner personne.
En pratique, cela signifie que nos actions, nos slogans et nos prises de position doivent être larges et inclusifs, se maintenant à l’écart des appels à l’action violente. Abdallah ne fait partie d’aucune organisation politique et il est inacceptable qu’il soit réclamé par un parti ou une faction autre que la Campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah.
Nous exhortons tous ceux qui sont impliqués dans la campagne à tenir compte des observations ci-dessus, pour que nous puissions construire le mouvement le plus large possible.
Une telle approche est essentielle pour mobiliser le nombre de sympathisants dont nous avons besoin pour notre prochaine manifestation devant l’ambassade française à Beyrouth le 28 février 2013, date qui coïncidera avec l’audition prévue en France pour statuer définitivement sur l’expulsion d’Abdallah.
* Joseph Abdallah est membre de la Campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah
Source : http://www.info-palestine.net/spip.php?article13218
Publié le 13 Février 2013
Lu sur le blog de Floréal : http://florealanar.wordpress.com/
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le milieu du BTP. Comme le disent les journalistes, qui ont du vocabulaire, la profession est sous le choc.
Benoît Lambert, 59 ans, maçon-plâtrier, a commencé à travailler sur les chantiers à l’âge de 16 ans. Fatigué de devoir porter des sacs de ciment de cinquante kilos depuis plus de quarante ans, lassé de devoir exercer ce dur métier le plus souvent en extérieur, par tous les temps, découragé à l’idée de devoir continuer jusqu’à l’âge légal de la retraite, pourtant proche, Benoît a décidé de démissionner.
Unanimes, les médias, toujours aussi attentifs au monde du travail, ont salué cette décision, la qualifiant de courageuse et humble, bien que peu lucide dans la mesure où le montant de sa retraite s’en trouvera amoindri.
Benoît s’en ira donc à la fin du mois, pour un repos mérité qu’on espère le plus long possible, malgré la grave maladie
contractée, au cours de sa longue carrière professionnelle, au contact de produits dangereux comme l’amiante. Mais Benoît peut s’en aller soulagé, d’autant qu’aucune guerre de succession n’aura
lieu, ses patrons ayant unanimement décidé de ne pas avoir recours à l’embauche pour le remplacer.
Publié le 12 Février 2013
Vu sur O.P.A (Ochestre Poètique d'Avant-guerre) : http://www.opa33.org/
Prix du meilleur documentaire au Jerusalem Film Festival, Prix spécial à Rotterdam au Movies that Matter. 2006 - 52 min
Couronné au festival du film de Jérusalem, ce film retrace la résistance non-violente d’un petit village palestinien face à la construction du Mur de séparation.
En 2002, l’Etat d’Israël a décidé d’édifier une barrière dans les territoires occupés, officiellement pour protéger ses colonies d’éventuels attentats.
Mais pour Shai Carmeli Pollak, le réalisateur de ce documentaire, ce mur qui sépare les paysans palestiniens de leurs champs vise avant tout à créer de nouvelles implantations israéliennes.
Menacés par cette barrière qui avance, les habitants de Bil’in organisent chaque semaine des manifestations non-violentes pour tenter de faire reculer les bulldozers.
Ils ont gagné à leur cause des militants venus parfois de loin.
De plus en plus d’Israéliens en désaccord avec la politique de leur pays défilent, eux aussi.
Aux côtés des villageois, ils interpellent les patrouilles militaires de Tsahal. A chaque fois, celles-ci barrent la route aux manifestants et, en cas de résistance, dégainent leur arsenal : balles de caoutchouc, gaz lacrymogène, haut-parleur déversant des bruits stridents...
Bilan : environ un millier de blessés et 11 personnes tuées depuis 2004.
A cela, les habitants de Bil’in opposent leur détermination et une incessante créativité. Chaque semaine, ils tentent de trouver l’action qui surprendra les soldats : inscription sur des pierres, défilés de personnes handicapées à la suite de blessures infligées par l’armée israélienne, et même ballons remplis d’excréments !
Immergé dans cette lutte aux côtés des Palestiniens, Shai Carmeli Pollak la filme de l’intérieur et sur le vif, captant les oliviers centenaires qu’on déracine, les arrestations brutales en pleine nuit, les flambées de colère entre habitants et soldats.
Suivant le combat de plusieurs personnages - Rani, Wagee et Mohammed -, il nous montre les liens qu’il tisse avec eux et le visage quotidien de ce conflit.
Alors que la répression s’intensifie, le documentaire s’achève par une déclaration d’amitié de Rani à Shai et de Shai aux habitants du village, laissant espérer que ce début de rapprochement entre deux peuples permettra un jour d’en finir avec ce conflit.
Publié le 11 Février 2013