Publié le 17 Février 2013





Thomas Pitiot, une belle découverte faite récemment chez Cathy Garcia : http://delitdepoesie.hautetfort.com/






 

Ils vendent les coquillages de bord de mer
Comme ils ont vendu l’eau,
Prêts à troquer leurs mères
Ces salauds...
Ils vendent le sable fin, les algues
Et ils conviennent
Pour s’enrichir de brev’ter
Les couleurs et l’oxygène.
Ils vendent aux plus offrants
Mais n’offrent rien, jamais d’cadeaux,
Sauf pour un abonnement de bienvenu
A tous leurs idéaux.
Ils vendent les hymens de
Jeunes vierges sur la planète
Et les mains ouvrières
De jeunes enfants analphabètes.
Ils vendent tous les combats d’hier,
Les acquis des grands-pères ;
Ils vendent ce qu’ils rejettent
Et tous leurs déchets nucléaires.
Ils vendent des dictatures
Et de l’or noir dans les assiettes,
Des mètres cubes d’air pur
Ils ont décidé qu’ça s’achète !
Ils vendent même le sacré,
Le visage des guérilléros ;
Les slogans des révolutions
En période de promo.
Ils vendent les symphonies
Aux opérateurs de mobile ;
Aux pays du Tiers-Monde
Ils vendent leurs vieilles automobiles.
Ils vendent tous les progrès passés
Et leurs vieilles maladies,
Ne dévoilent jamais les secrets
De leurs vieilles pharmacies.
Ils vendent la solidarité,
Les pièces jaunes des grands-mères ;
Préfèrent la charité,
Ont inventé l’humanitaire.
Ils vendent coûte que coûte
Tout c’qui leur coûte et même l’écoute ;
Vendent tous les engagements
Même les mots, leur langage ment .
Ils vendent à coup d’publicité
Des espoirs sans lend’mains
Au public des cités
A qui ils ont lié les mains.
Ils vendent la peau de l’homme
Et bien avant de l’avoir tué ;
L’ours, le loup et l’orme
Sont des espèces du temps passé.
Ils vendent des marées noires
Et sacrifient les littoraux ;
Dans l’arène des gueulards
Ils vendent l’agonie des taureaux.
Ils vendent de vieilles constitutions
Aussi malades que leurs systèmes ;
Ils condamnent la contestation
Dans des tribunaux qu’ils enchaînent.
Ils vendent depuis toujours
Le travail des travailleurs ;
Ont vendu nos vieux jours,
Des mouroirs comme dernière demeure.
Ils vendent l’idée laïque
En dépeçant l’universel ;
Les clergés revanchards
Sont toujours une bonne clientèle.
Ils ont vendu la signification
Du mot public,
Celui qui s’oppose aux lois de l’argent
Est archaïque.
Ils vendent aux oreilles innocentes
Que des chansons sans âmes
Pourvu qu’elles soient divertissantes,
Ils endorment le quidam.
Ils vendent au grattage, au tirage
A la française des bœufs ;
On se gratte, ils nous tirent,
Jamais d’affaire c’est pas du jeu.
Ils vendent aux yeux bleus des mineurs
Des poussières sans charbon ;
Ils percent au fond des cœurs
Une existence sans fond.
Ils vendent aux sans papiers
Des grillages sans les griots ;
Les marchands d’barbelés
Déménagent tous les idéaux.
Ils vendent le devenir
Des grands primates en liberté ;
Les forêts séculaires
Y’a plus d’endroits où se cacher.
Ils vendent des armes
A des culs-de-jatte fanatisés ;
Ils vendent des larmes
A des orphelinats entiers.
Ils vendent aux élites corrompues
Le pouvoir d’informer,
Des bouquets satellites
Remplis d’épines empoisonnées.
Ils vendent l’esprit critique
A quelques philosophes mondains,
Les chiens de garde de la pensée unique
Aboient pour rien.
Ils vendent des étiquettes
Cousues à même la peau des gens ;
Leurs marques sont des tatouages
Que l’on refuse aux indigents.
Ils vendent à nos consciences
Un nouveau vocabulaire,
Ne disent plus « indigènes »
Mais parlent de main d’œuvre moins chère.
Ils vendent des rallyes arrogants,
Font l’pari du Dakar ;
A chaque édition
Des enfants écrasés par un char.
Ils vendent leurs sommets capitaux
En face des bidonvilles, c’est chic !
Transforment une capitale
Le temps d’un enjeu olympique.
Ils vendent, ils crient
« Soldons ! », « Cédons ! »,
Qu’importe les périodes,
Ils ont même vendu les saisons !
Ont vendu les organismes,
Les cellules et les planctons...
...
Ils ont même vendu les saisons !










Tous les gens que tu as connus
Sont rentrés au pays ou sont mourus,
Aujourd’hui ils appartiennent à l’ancien siècle.
Tout seul Mamadou tu es resté,
Dans la petite chambre au foyer ;
Là-dedans, tu te sens quand même un peu chez toi.
Là-dedans, tu te sens quand même un peu chez toi.
Tes enfants, tu les as connus
Tout petits mais si peu vus,
Aujourd’hui ils sont grands et toujours au village.
Ta femme qui était si belle
A de moins en moins de tes nouvelles ;
Pour elle et les autres, tu continues à envoyer de l’argent.
Pour elle et les autres, tu continues à envoyer l’argent.
Mamadou tu sais que beaucoup t’envient,
La France a tellement d’amis,
Tu aimerais conseiller de pas voyager ici ;
Mais Mamadou, tu es toujours grand et fier,
Ils ne sauront pas comme tu as pleuré
Et que depuis tout ce temps tu es toujours étranger.
Et que depuis tout ce temps tu es toujours étranger.
La femme de l’administration t’a dit :
« Comment ça, vous n’écrivez pas le Français ?
Pourtant vous êtes ici depuis les années soixante... ».
Mamadou tu parles toutes les langues de l’Afrique
Tu n’as jamais humilié personne,
Tu souris en disant « Madame attends je t’explique »
Tu souris en disant « Madame attends je t’explique ».
Comme les vieux ouvriers français t’as mis
Le costume bleu de travail comme un ami ;
Le soir tu te reposes dans le boubou de bazin.
Les gens sont moins curieux qu’avant,
Les petites françaises font des tresses,
Derrière ton grand sourire se cache ta détresse.
Derrière ton grand sourire se cache ta détresse.
Quand tu repasses près du chantier,
Tu repenses à toutes ces années ;
Le patron portugais était gentil, un peu...
Tu te disais qu’il a oublié
Que son père à lui même avait été
Autrefois Mamadou comme toi un étranger
Autrefois Mamadou comme toi un étranger.
Comme famille ici tu n’as plus qu’un frère
Marié à une fille de Montpellier ;
Il se fait appeler Zan-pierre, tu as bien rigolé.
Un jour quelqu’un t’as emmené
En Bretagne et tu as vu la mer,
L’eau était si froide sur tes pieds, tu ne t’es pas baigné.
L’eau était si froide sur tes pieds, tu ne t’es pas baigné.
Mamadou autrefois tu as connu
Une française qui t’aimait bien ;
Elle est partie pour un autre, tu as eu beaucoup de chagrin.
Les jeunes garçons au foyer,
Souvent ramènent des prostitués ;
Les yeux fermés, tu les entends rire sans pouvoir dormir.
Les yeux fermés, tu les entends rire sans pouvoir dormir.
Et quand tes rêves te conduisent
A la terre rouge de l’enfance,
Tu te dis qu’ils ont menti et en silence,
Tu déroules ta vie sans colère
Le front sur le tapis de prière,
Pour ton ancien colon, tu es resté l’étranger.
Pour ton ancien colon, tu es resté l’étranger.




 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 16 Février 2013





Excusez-moi de vous déranger...

 

 

Eduardo Galeano

 

 

Traduit par Thierry Pignolet

Edité par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

 

 

Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête.

 

 Elle est juste, la justice? Elle tient debout, cette justice du monde à l'envers? Le zapatista1 d'Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration? Qui est le terroriste? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé? N'est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l'appliquer ?

 Sont-ils coupables les paysans d'Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre? Si la terre est sacrée -même si la loi ne le dit pas-, ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi?

 Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent?

 Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un œil ? Wal Mart, l'entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald's aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ?

 Où sont les justes, et où sont les injustes? Si la justice internationale existait vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants? Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés ?

 Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n'est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ?

 Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles.

 Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s'arme jusqu'aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ?

 Pourquoi les fervents de la peine capitale n'exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu'être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n'a rien n'est rien ?

 Et pourquoi n'introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l'extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d'anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants.

 Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d'une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.

 Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d'avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l'ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l'unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu'il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l'Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?

Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ?

 Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ?

 Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l'avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints2 ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l'avortement ? Serait-ce parce qu'il cesserait alors d'être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ?

 Peut-être n'est-elle pas, comme l'avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l'héroïne consommée dans le monde provient d'Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N'est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s'attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu'elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d'offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?

 Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l'industrie prospère de l'automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n'est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?

 La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des Merveilles : -Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.

 Au Salvador, l'Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d'avance, par délit de naissance.

Le résultat des élections récentes au Salvador n'est-il pas, d'une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l'archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l'injustice ?

 Parfois les histoires de l'Histoire terminent mal; mais l'Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n'est qu'un au revoir.

 

NdT

 

[1] Par l'utilisation du terme zapatista, Eduardo Galeano réalise en espagnol un jeu de mots intraduisible en français. Par là, l'auteur adresse un clin d'œil à la filiation en espagnol du mot zapatista avec zapato, en français chaussure -le lancer de chaussures sur Bush-, tout se référant à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale -en espagnol Ejército Zapatista de Liberación National ou EZLN-, groupe révolutionnaire symbole de la lutte altermondialiste basé au Chiapas, Etat du Mexique.

 

[2] L'adjectif « enceint » semble ne pas exister en français. Serait-ce que la langue française est plus machiste que l'espagnole ?



Source  Tlaxcala  :  http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9187

 

 

 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 14 Février 2013




Construire la solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah


Le 21 novembre 2012, un tribunal français avait finalement ordonné la libération de Georges Abdallah et son retour immédiat dans son pays d’origine, le Liban. Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, avait jusqu’au 14 Janvier 2013 pour signer les papiers de la déportation de Georges, ce qu’il a refusé de faire jusqu’à ce jour.



GEORGES IBRAHIM
Rassemblement de solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah, devant l’ambassade de France à Beyrouth - Photo : Haytham al-Moussawi




Pour sa part, le ministère de la Justice avait fait appel le jour même, en demandant que la libération d’Abdallah soit annulée en raison du fait que toutes les conditions de sa libération ne seraient pas réunies. Le juge d’appel avait répondu le 10 janvier 2013, s’en tenant à la date de libération fixée au 14 janvier 2013.

 

Le ministre de la Justice a refait appel, cette fois devant le tribunal de grande instance, qui n’a pas encore fixé une date pour l’audience. Des sources diplomatiques et journalistiques pensent que l’audience aura lieu vers la mi-mars. Cela signifie que l’audience prévue pour statuer sur l’expulsion d’Abdallah, prévue pour le 28 février, est dénuée de sens.

 

Ce jeu d’appel et de report des audiences, combiné avec les interventions des ministères de l’Intérieur et de la Justice pourrait très bien prolonger la détention d’Abdallah.

 

L’état du mouvement de solidarité

 

La décision prise par un tribunal français en novembre 2012 de libérer Abdallah, a déclenché une vague importante de sympathie et de solidarité entre les Libanais tant au niveau officiel que populaire. Les tentatives consécutives pour retarder sa libération ont revigoré ce mouvement naissant.

 

Les militants ont réagi rapidement au refus du gouvernement français d’expulser Abdallah par un sit-in devant l’ambassade de France à Beyrouth.

 

Un quasi-consensus est vite apparu entre les Libanais pour soutenir Abdallah, les syndicats, les organisations étudiantes, les municipalités et les élus décidant de se joindre à notre campagne de soutien. Ceci, à son tour, a incité le gouvernement libanais à prendre officiellement l’affaire en mains en nommant un comité ministériel de suivi avec le gouvernement français.

 

Points d’unité

 

Nous avons maintenant atteint un point où le mouvement de solidarité reflète un large éventail du spectre politique libanais d’aujourd’hui, allant de l’extrême-gauche aux islamistes. Au minimum, tous conviennent que la justice française doit appliquer sa décision de libérer et renvoyer Abdallah au Liban.

 

Afin de continuer à faire pression sur le gouvernement français, le mouvement a besoin d’élargir sa base de soutien pour les actions futures. Cela nécessite le respect de cette exigence fondamentale afin de ne s’aliéner personne.

 

En pratique, cela signifie que nos actions, nos slogans et nos prises de position doivent être larges et inclusifs, se maintenant à l’écart des appels à l’action violente. Abdallah ne fait partie d’aucune organisation politique et il est inacceptable qu’il soit réclamé par un parti ou une faction autre que la Campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah.

 

Nous exhortons tous ceux qui sont impliqués dans la campagne à tenir compte des observations ci-dessus, pour que nous puissions construire le mouvement le plus large possible.

 

Une telle approche est essentielle pour mobiliser le nombre de sympathisants dont nous avons besoin pour notre prochaine manifestation devant l’ambassade française à Beyrouth le 28 février 2013, date qui coïncidera avec l’audition prévue en France pour statuer définitivement sur l’expulsion d’Abdallah.

 

* Joseph Abdallah est membre de la Campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah


Source  :  http://www.info-palestine.net/spip.php?article13218



 



 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 13 Février 2013


Lu sur le blog de Floréal :   http://florealanar.wordpress.com/



La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le milieu du BTP. Comme le disent les journalistes, qui ont du vocabulaire, la profession est sous le choc.

Benoît Lambert, 59 ans, maçon-plâtrier, a commencé à travailler sur les chantiers à l’âge de 16 ans. Fatigué de devoir porter des sacs de ciment de cinquante kilos depuis plus de quarante ans, lassé de devoir exercer ce dur métier le plus souvent en extérieur, par tous les temps, découragé à l’idée de devoir continuer jusqu’à l’âge légal de la retraite, pourtant proche, Benoît a décidé de démissionner.

Unanimes, les médias, toujours aussi attentifs au monde du travail, ont salué cette décision, la qualifiant de courageuse et humble, bien que peu lucide dans la mesure où le montant de sa retraite s’en trouvera amoindri.

Benoît s’en ira donc à la fin du mois, pour un repos mérité qu’on espère le plus long possible, malgré la grave maladie contractée, au cours de sa longue carrière professionnelle, au contact de produits dangereux comme l’amiante. Mais Benoît peut s’en aller soulagé, d’autant qu’aucune guerre de succession n’aura lieu, ses patrons ayant unanimement décidé de ne pas avoir recours à l’embauche pour le remplacer.

 

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Publié le 12 Février 2013




Vu sur O.P.A  (Ochestre Poètique d'Avant-guerre) : http://www.opa33.org/


Palestine « Le mur de la Colere »
 
Un documentaire de Shai Carmeli Pollak
 


 






Prix du meilleur documentaire au Jerusalem Film Festival, Prix spécial à Rotterdam au Movies that Matter. 2006 - 52 min

 

Couronné au festival du film de Jérusalem, ce film retrace la résistance non-violente d’un petit village palestinien face à la construction du Mur de séparation.

 

En 2002, l’Etat d’Israël a décidé d’édifier une barrière dans les territoires occupés, officiellement pour protéger ses colonies d’éventuels attentats.

 

Mais pour Shai Carmeli Pollak, le réalisateur de ce documentaire, ce mur qui sépare les paysans palestiniens de leurs champs vise avant tout à créer de nouvelles implantations israéliennes.

 

Menacés par cette barrière qui avance, les habitants de Bil’in organisent chaque semaine des manifestations non-violentes pour tenter de faire reculer les bulldozers.

 

Ils ont gagné à leur cause des militants venus parfois de loin.

 

De plus en plus d’Israéliens en désaccord avec la politique de leur pays défilent, eux aussi.

 

Aux côtés des villageois, ils interpellent les patrouilles militaires de Tsahal. A chaque fois, celles-ci barrent la route aux manifestants et, en cas de résistance, dégainent leur arsenal : balles de caoutchouc, gaz lacrymogène, haut-parleur déversant des bruits stridents...

 

Bilan : environ un millier de blessés et 11 personnes tuées depuis 2004.

 

A cela, les habitants de Bil’in opposent leur détermination et une incessante créativité. Chaque semaine, ils tentent de trouver l’action qui surprendra les soldats : inscription sur des pierres, défilés de personnes handicapées à la suite de blessures infligées par l’armée israélienne, et même ballons remplis d’excréments !

 

Immergé dans cette lutte aux côtés des Palestiniens, Shai Carmeli Pollak la filme de l’intérieur et sur le vif, captant les oliviers centenaires qu’on déracine, les arrestations brutales en pleine nuit, les flambées de colère entre habitants et soldats.

 

Suivant le combat de plusieurs personnages - Rani, Wagee et Mohammed -, il nous montre les liens qu’il tisse avec eux et le visage quotidien de ce conflit.

 

Alors que la répression s’intensifie, le documentaire s’achève par une déclaration d’amitié de Rani à Shai et de Shai aux habitants du village, laissant espérer que ce début de rapprochement entre deux peuples permettra un jour d’en finir avec ce conflit.

 


 


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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 11 Février 2013






 
 
 
De deux choses lune
 
l'autre c'est le soleil
 
les pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses
 
leur soleil c'est la soif la poussière la sueur le goudron
 
et s'ils travaillent en plein soleil le travail leur cache le soleil
 
leur soleil c'est l'insolation
 
et le clair de lune pour les travailleurs de nuit
 
c'est la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis
 
et quand le travailleur s'endort il est bercé par l'insomnie
 
et quand son réveil le réveille
 
il trouve chaque jour devant son lit
 
la sale gueule du travail
 
qui ricane qui se fout de lui
 
alors il se lève
 
alors il se lave
 
et puis il sort à moitié éveillé à moitié endormi
 
il marche dans la rue à moitié éveillée à moitié endormie
 
et il prend l'autobus
 
le service ouvrier
 
 
 
et l'autobus le chauffeur le receveur
 
et tous les travailleurs à moitié réveillés à moitié
 
endormis traversent le paysage figé entre le petit jour et la
 
nuit
 
le paysage de briques de fenêtres à courants d'air de corridors
 
le paysage éclipse
 
le paysage prison
 
le paysage sans air sans lumière sans rires ni saisons
 
le paysage glacé des cités ouvrières glacées en plein été comme au cœur de l'hiver
 
le paysage éteint
 
le paysage sans rien
 
le paysage exploité affamé dévoré escamoté
 
le paysage charbon
 
le paysage poussière
 
le paysage cambouis
 
le paysage mâchefer
 
le paysage châtré gommé effacé relégué et rejeté dans l'ombre
 
dans la grande ombre
 
l'ombre du capital
 
l'ombre du profit
 
Sur ce paysage parfois un astre luit
 
un seul
 
le faux soleil
 
le soleil blême
 
le soleil couché
 
le soleil chien du capital
 
le vieux soleil de cuivre
 
le vieux soleil clairon
 
le vieux soleil ciboire
 
le vieux soleil fistule
 
le dégoûtant soleil du roi soleil
 
le soleil d'Austerlitz
 
le soleil de
Verdun
 
le soleil fétiche
 
le soleil tricolore et incolore
 
l'astre des désastres
 
l'astre de la vacherie
 
l'astre de la tuerie
 
l'astre de la connerie
 
le soleil mort.
 
Et le paysage à moitié construit à moitié démoli
 
à moitié réveillé à moitié endormi
 
s'effondre dans la guerre le malheur et l'oubli
 
et puis il recommence une fois la guerre finie
 
il se rebâtit lui-même dans l'ombre
 
et le capital sourit
 
mais un jour le vrai soleil viendra
 
un vrai soleil dur qui réveillera le paysage trop mou
 
et les travailleurs sortiront
 
ils verront alors le soleil
 
le vrai le dur le rouge soleil de la révolution
 
et ils se compteront
 
et ils se comprendront
 
et ils verront leur nombre
 
et ils regarderont l'ombre
 
et ils riront
 
et ils s'avanceront
 
une dernière fois le capital voudra les empêcher de rire
 
ils le tueront
 
et ils l'enterreront dans la terre sous le paysage de
 
misère et le paysage de misère de profits de poussières et de
 
charbon ils le brûleront ils le raseront et ils en fabriqueront un autre en chantant
 
un paysage tout nouveau tout beau
 
un vrai paysage tout vivant
 
ils feront beaucoup de choses avec le soleil
 
et même ils changeront l'hiver en printemps.
 
 
 Jacques Prevert










  
 
 
 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 10 Février 2013




Un clip sympa qui rappelle les années vinyl ...
 









Et deux morceaux de Karpatt, la sélection a été dure ...








 
 










 






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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 9 Février 2013

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #errances

Publié le 8 Février 2013




Deux morceaux de Lonnie Johnson, guitariste de légende ...
Un extrait du American Folk Blues Festival de 1963
 
 






Et un morceau que je qualifirais de "Blues Manouche", qui donne un aperçu de sa technique ...







 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique