Publié le 5 Décembre 2014
Né en 1943, Jerry Portnoy a accompagné les plus grands bluesmen.
Donnez moi la vie que j'aime le long de ma route un ruisseau donnez moi le ciel joyeux et le chemin de traverse ...
Publié le 5 Décembre 2014
Né en 1943, Jerry Portnoy a accompagné les plus grands bluesmen.
Publié le 30 Novembre 2014
Ecrit par Jean Genet en 1942, à la mémoire de Maurice Pilorge, assassin de vingt ans.
Mis en musique par les Têtes Raides en 2013 ...
Le condamné à mort
Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglotte accroché dans un arbre,
La colonne d’azur qu’entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.
Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d’un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l’azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.
Ce visage plus dur et plus léger qu’un masque,
Et plus lourd à ma main qu’aux doigts du réceleur
Le joyau qu’il convoite; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.
Ton visage est sévère: il est d’un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d’une morte et tes yeux sont des roses,
Et ton nez d’un archange est peut-être le bec.
Le gel étincelant de ta pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d’acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l’a fondu si ton visage chante?
Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D’un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d’un sourire de deuil?
Ne chante pas ce soir les <>!
Gamin d’or sois plutôt princesse d’une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand’hune.
Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nus tête
L’ave maris stella. Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.
Et c’est pour t’emmancher, beau mousse d’aventure
Qu’ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m’ouvriront ce ciel où tremble la mature
D’où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L’épouvante, les morts dans les fleurs de violette….
La mort avec ses coqs; Ses fantômes d’amants…
Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu’on s’évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.
O la douceur du bagne impossible et lointain!
O le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes,
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,
O les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin!
Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l’Univers mais le corps taché d’ombres
Qui nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d’or, sur son ventre fumant,
Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d’œillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.
Tristesse dans ma bouche! Amertune gonflant
Gonflant mon pauuvre cœur! Mes amours parfumées
Adieu vont s’en aller! Adieu couilles aimées!
O sur ma voix coupée adieu chibre insolent!
Gamin ne chantez pas, posez votre air d’apache!
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n’as de peur l’enfant mystérieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.
Enfant d’honneur si beau couronné de lilas!
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute il te raconte,
Ton amant l’assassin sa geste en mille éclats.
Il chante qu’il avait ton corps et ton visage,
Ton cœur que n’ouvriront jamais les éperons
D’un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds!
Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge!
Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef d’œuvre avec les morts cueillies
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent…
Les matins solennels, le rhum, la cigarette…
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m’étreint
Le spectre d’un tueur à la lourde braguette.
«
La chanson qui traverse un monde ténébreux
C’est le cri d’un marlou porté par la musique.
C’est le chant d’un pendu raidi comme une trique.
C’est l’appel enchanté d’un voleur amoureux.
Un dormeur de seize ans appelle de bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé.
Un enfant reste droit contre le mur collé.
Un autre dort bouclé dans ses jambes noués.
«
J’ai tué pour les yeux bleus d’un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m’adorant.
Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime.
Apparaîtra sur terre un chevalier de fer,
Impassible et cruel, visible malgré l’heure
Dans le geste imprécis d’une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout, devant son regard clair.
Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l’amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d’étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.
Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t’allonge tranquille au bord de sa fontaine.
Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l’enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve,
Suce son membre dur comme on suce un glaçon.
Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise sa tête enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d’un seul coup.
Ètrangle-toi d’amour, dégorge, et fais ta moue!
Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu’aux larmes
Mon sexe qui te romp, te frappe mieux qu’une arme,
Adore mon bàton qui va te pénétrer.
Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme
Penches un peu la tête et le vois se dresser.
L’apercevant si noble et si propre à baiser
Tu t’inclines très bas en lui disant: « Madame »!
Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours, nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au Ciel, Dame de la merci!
Appelez le soleil, qu’il vienne et me console.
Étranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.
«
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Et les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.
O viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
O traverse les murs; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.
«
Les assassins du mur s’enveloppent d’aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.
Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s’est roulé sur ma paille pourrie
A l’instant du réveil d’amis se souvenant?
Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu’à la ceinture, et des frocs résédas
Tire d’étranges fleurs dont l’odeur me foudroie.
Arrache on ne sait d’où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.
O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.
Un clop mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d’être sacré l’époux.
Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dan le soir tirent d’un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus élégant et pur qu’une émouvante bite.
Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S’apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.
T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,
Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,
Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.
Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D’un évadé du bagne, au fond d’une vallée
Mort, sans penser à toi, d’une balle aux poumons.
Élève-toi dans l’air de la lune ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roûle de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.
Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D’enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t’enfile jusqu’au cœur.
Oh vise-le dresé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J’en ai pour peu de temps,
Si vous l’osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles
Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j’ai taillé dans la vie
Mais la beauté Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d’émoi.
Les coqs du poulailler, l’alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l’air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
C’est le luisant joyeux sur la prison d’ardoise.
Messieurs je n’ai pas peur! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche,
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet….
Attention! Roi tragique à la bouche entr’ouverte
J’accède à tes jardins de sable, désolés,
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés,
D’un voile de lin bleu ta tête recouverte.
Par mon délire idiot je vois ton double pur!
Amour! Chanson! Ma reine! Est-ce ton spectre mâle
Entrevu lors des jeux dans ta prunelle pâle
Qui m’examine ainsi sur le plâtre du mur?
Ne sois pas rigoureux, laisse chanter matine
A ton cœur bohémien; m’accorde un seul baiser…
Mon Dieu je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine!
«
Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m’envoler du beau pays de France,
N’est-ce pas assez monseigneur pour aller me coucher
Trébuchant d’espérance.
Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obcurs, je sais encore prier.
C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel, au dieu qui me protège
Hermès au tendre piéd!
Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Les chants des Séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d’immobiles landes.
Ce n’est pas ce matin que l’on me guillottine.
Je peux dormir tranquille. A l’étage au dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon jésus,
S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine
A mon crane tondu.
«
Il paraît qu’à côté vit un épilectique.
La prison dort debout au noir d’un chant des morts.
Si des marins sur l’eau voient s’avancer les ports
Mes dormeurs vont s’enfuir vers une autre Amérique.
Publié le 28 Novembre 2014
Petite leçon de "flappicking et "fingerpicking', entre folk et blues avec Doc Watson
décédé en 2012 à 89 ans
Publié le 23 Novembre 2014
Le massacre de Tlatelolco a eu lieu dans l'après-midi et la nuit du 2 octobre 1968 sur la place des Trois Cultures à Tlatelolco au Mexique, dix jours avant la célébration des Jeux olympiques d'été de Mexico.
Source Wikipédia ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Tlatelolco
Judith Reyes
Le deux octobre est arrivé tout pacifiquement
Lors d'un rassemblement à Tlatelolco
Ils étaient quinze mille
Dans cette année soixante-huit
Dont je me souviens à peine
La place était bondée
Vers six heures
Des groupes de travailleurs sont arrivés
Et les étudiants de l'enseignement conscient
Avaient atteint un beau contingent.
Tout à coup le ciel se raya de quatres feux de Bengale
Apparurent de nombreux visage de gant blanc
Et de mauvais hommes faisaient bourdonner les balles meurtrières
La panique se propagea rapidement
Cherchant refuge dans la foule
Levant les yeux au ciel
Ils virent un hélicoptère
Puis sur Tlatelolco
S’abattit une forte pluie de feu
Et une marée de chars
Armant les militaires
Désarmant les civils
Un gamin de douze ans
Tomba mort à mes côté
Et le ventre d’une femme enceinte
Fut pénétré d’une bayonette
Ils blessèrent Oriana Fallaci
Voix de la presse étrangère
parce qu'elle a rencontré la culture
Qui gouvernement cette terre.
Elle a bien vu que nous sommes unis
Les étudiants avec le peuple
Contre un système corrompu
Et la tromperie d'un gouvernement.
Que sanglante fut cette tuerie
Toutes ces belles créatures
Qui s’égouttèrent comme le sang
Sur la Place des Trois Cultures
Et parce qu'ils sont morts pour cela
Ces femmes et Ces hommes du peuple
Le président l'augmentera
Le salaire de l’armée
Tlatelolco 68
Il y a longtemps que l'histoire s'est passée,
Les gens qu'on ne peut pas oublier
Dans le sang de Tlatelolco
Reliant avocats qui savaient la vérité.
Et l'injustice envers le pays secoué,
Mais personne ne pourrait l'en empêcher
Les forces armées et le gouvernement
Contrôlent directement l'ordre de tirer pour tuer.
Ils étaient des avocats
Appelant à la justice pour tous
Qui se sont battus pour un idéal,
Mais le gouvernement a toujours été injuste
Et assassina la protestation.
Trois lumières rouges ont traversé le ciel
Portant la mort derrière elles
Les mains couvertes de gants blancs
Se démarquant pour commencer à tuer.
Le massacre s’est passé à Tlatelolco
Hommes et femmes tués par gouvernement,
Les illusions et les attentes de l'homme son vaines,
Il ont été tués et leur idéal a été perdu.
Ils étaient des avocats
Appelant à la justice pour tous
Qui se sont battus pour un idéal,
Mais le gouvernement a toujours été injuste
Et assassina la protestation.
Publié le 16 Novembre 2014
Deux angles de vue
la colère et l'humour noir teinté de poésie ...
Ce morceau est dédié à Mario, di Monte Mario Rom.
Un qui a vécu toute sa vie en travaillant et
Du haut de sa culture, comme libre penseur, a
Écrit deux livres :
Un contre ceux qui garrottaient les gens en Espagne
Et un autre contre ceux qui tiraient sur les ouvriers qui demandaient du pain.
La chanson du refus, du refus du système !
CLOCHARDS
Je vois les gens qui
Vêtus à la mode
Chaque jour qui passe
De neuf sont mis
Et je les vois dans le bus se pousser de côté
Quand monte un clochard
Ou un Gitan.
Qu'ont-ils à envier ?
Ou le dégoût
De soi
Pense le clochard
« Que vous n'êtes pas plus libres
D'avoir
Une maison avec un lit
Pour dormir
Vous travaillez, vous,
Esclaves des sous
Que ne sentez-vous pas la puanteur
De l'esclavage.
Avec une poussette
J'emmènerai mes emmerdes
Mes cartons et ma vie
Loin de vous
Qui mangez chaque jour
Et savez le pourquoi
Celui qui est trop pauvre
Ne parle pas d'amour. »
Qui sait, verra-t-on jamais
Le Peuple de l'Abîme
Se dresser pour lever le poing
Et renverser vos quartiers
Et vos villes.
Peut-être sera-ce le dernier
De nos rêves.
Publié le 14 Novembre 2014
Georges Higgs, agriculteur, charpentier et Bluesman !
disciple de Sonny Terry et Peg Leg Sam, mort à l'age de 82 ans en 2013
Publié le 11 Novembre 2014
Les Mutins de 1917
Vous n'êtes pas aux Monuments aux Morts
Vous n'êtes même plus dans les mémoires
Comme vos compagnons de la Mer Noire :
Vous êtes morts et deux fois morts.
A vos petits enfants l'on ne répète
Jamais comment finit leur grand-papa :
Il y a des chos's dont on ne parle pas,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Sur votre dos, les Joffre et les Nivelle
Faisaient carrièr' dans les états-majors,
Leur humeur décidait de votre sort :
Aujourd'hui qui se le rappelle ?
Au lieu de s'emmerder en garnison,
Au lieu de piétiner au même grade,
C'était le temps béni de l'empoignade,
Vous parlez d'un' belle occasion...
Vous aviez fait tant d'assauts inutiles,
Juste pour corser le communiqué,
Vous vous sentiez tellement cocufiés,
Telle'ment pris pour des imbéciles,
Que vous avez voulu que ça s'arrête,
Cet abattoir tenu par la patrie,
Cette nationale charcuterie,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Avant l'attaque arrivaient les cercueils
Et vous coupiez votre pain sur leurs planches,
Tout juste si le crêpe à votre manche
N'annonçait votre propre deuil.
Par malheur, la France n'était pas prête,
Se révolter lui paraissait énorme,
Ell' bavait encore devant l'uniforme,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
L'Histoir' vous a jetés dans ses égouts,
Cachant sous les flots de ses Marseillaises
Qu'un' bonne moitié de l'armée française
Brûlait de faire comme vous.
Un jour, sortirez-vous des oubliettes ?
Un jour verrons-nous gagner votre cause ?
J'en doute, à voir le train où vont les choses
Mutins de mil neuf cent dix-sept,
Mutins de mil neuf cent dix-sept
Paroles et musique de Jacques Debronckart 1967
Publié le 2 Novembre 2014
Entre berceuse et ballade, en compagnie des bergers et des troupeaux à travers le monde ...
Parfois ils nous arrivent avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s´allongent les jours
Ou brûlés par l´été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes s´arrêtent pour nous boire de l´eau
Se mettent à danser à l´ombre d´un pipeau
Les bergers
Entre eux l´en est de vieux, entre eux l´en est de sages
Qui appellent au puits tous les vieux du village
Les bergers
Ceux-là ont des histoires à nous faire telles peurs
Que pour trois nuits au moins nous rêvons des frayeurs
Des bergers
Ils ont les mêmes rides et les mêmes compagnes
Et les mêmes senteurs que leurs vieilles montagnes
Les bergers
Entre eux l´en est de jeunes, entre eux l´en est de beaux
Qui appellent les filles à faire le gros dos
Les bergers
Ceux-là ont des sourires qu´on dirait une fleur
Et des éclats de rire à faire jaillir de l´eau
Les bergers
Ceux-là ont des regards à vous brûler la peau
A vous défiancer, à vous clouer le cœur
Les bergers
Mais tous ils nous bousculent, qu´on soit filles ou garçons
Les garçons dans leurs rêves, les filles dans leurs frissons
Les bergers
Alors nous partageons le vin et le fromage
Et nous croyons une heure faire partie du voyage
Des bergers
C´est un peu comme Noël, Noël et ses trésors
Qui s´arrêteraient chez nous aux équinoxes d´or
Les bergers
Après ça ils s´en vont avec leurs grands chapeaux
Et leurs manteaux de laine que suivent leurs troupeaux
Les bergers
Ils montent du printemps quand s´allongent les jours
Ou brûlés par l´été descendent vers les bourgs
Les bergers
Quand leurs bêtes ont fini de nous boire notre eau
Se remettent en route à l´ombre d´un pipeau
Les bergers, les bergers, les bergers
Les tourbillons dansent dans la poussière
Le soleil joue dans l’éclat des pierres
Et, fasciné par la magie des chemins
Va le berger, va le berger
Son poncho dans le vent est un drapeau de brume
Les flûtes de la lande le saluent
Avec fierté, sur le sentier des collines
Les peines et les vachettes
S’en vont par le même sentier
Les peines sont à nous
Les vachettes sont à d’autres
Le crépuscule lui offre un soleil égorgé
Les lumières du pierrier se sont endormies
Entrainant le troupeau. Allez ! Allez !!
Va le berger, va le berger
Ah ! Si la nuit m’apportait le souvenir
Qui rendrait moins pesante ma solitude
Comme une ombre dans l’ombre de ces collines
Va le berger, va le berger
Les peines et les vachettes
S’en vont par le même sentier
Les peines sont à nous
Les vachettes sont à d’autres
Et, fasciné par la magie des chemins
Va le berger, va le berger
Comme j’étais à cheval, un matin, pour le plaisir,
J'ai remarqué un jeune cow-boy à cheval.
Son chapeau était jeté en arrière et ses éperons faisaient des cliquetis,
Et tout en chevauchant, il chantait cette chanson.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;
C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons
Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.
Quand le printemps arrive, nous regroupons les taurillons,
Nous les marquons et nous leur nouons la queue,
Nous ramenons les égarés, pour compter le troupeau,
Et dès le lendemain, nous sortons sur la piste.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;
C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons
Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.
Nous montons dans les prairies, traversant les larges rivières
Et à travers les plaines où il n'y a jamais de ville.
Nos chevaux sont las, nous sommes fatigués et nous avons faim;
Ne bougés plus taurillons, arrêtez de musarder.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;
C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons
Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.
La nuit est venue et les taurillons sont désorientés.
Ils sont loin de chez eux que ce qu'ils ont été.
Allez, ptits taurillons, il est temps de rouler.
Lorsque nous arriverons au Wyoming, nous ne roulerons plus.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons;
C'est votre malheur, mais ce n’est pas ma faute.
Whoopee, ti-yi-yo, allez, petits taurillons
Vous savez que le Wyoming sera votre nouvelle maison.
Merci Anne-Marie !
Un bâton à la main
Une herbe entre les dents
Un vieux reste de foin
Dans ses cheveux tout blancs
Il est redescendu
Parmi les étrangers
Il est redescendu
Hier, le vieux berger
Il nous a demandé
Et du pain et de l'eau
Mais il a refusé
De lire les journaux
Il a dit «Les étoiles
M'aident à m'endormir
Gardez votre journal
Ça peut toujours servir»
Quelqu'un lui dit alors
«Le temps doit être long
Prenez ce transistor
Pour la morte saison
Vous verrez, la musique
Ça fait passer le temps»
Il a dit «Magnifique !
Moi, j'écoute le vent»
«Berger, si vous aviez
Une petite auto
Plus vite vous iriez
Rejoindre le troupeau»
Mais lui, dans un grand rire
Puissant comme la mer
«Je ne veux pas finir
Si vite au cimetière»
On lui parla crédit
Gadgets et standing
De la mode maxi
Et même du bowling
Il écoutait tout ça
En plissant ses yeux bleus
La tête dans les bras
Le regard malicieux
Ses deux pains sous le bras
Sa cruche sur le dos
Les ayant plantés là
Il grimpa le plateau
Chacun se répandit:
«Mon Dieu, qu'il a changé !»
Seul un enfant a dit
«Moi, je serai berger»
Publié le 31 Octobre 2014
Né dans le Mississippi en 1915, il émigrera dans les années 1940 à Chicago. C'est un proche compagnon de Robert Johnson : Il était là le jour où Robert avala le whisky empoisonné qui entraîna sa mort. Il a accompagné Charlie Patton, Son House… Ses premiers enregistrements sont dus à John et Alan Lomax en 1941, dans la plantation où il travaille. Il tente ensuite sa chance au Texas, à Memphis et enfin à Chicago, où il enregistre quelques titres pour Sun. Il accompagnera également Fleetwood Mac et fera quelques enregistrements pour Chess Records. Il acquerra une certaine notoriété seulement dans les années 1970 où il enregistrera abondamment. Edwards continue de jouer et est l'un des derniers survivants des premiers musiciens du Delta blues (en 2009). Il apparait dans son propre rôle dans le film Walk Hard - L'Histoire de Dewey Cox. Il a donné sa dernière tournée à l'étranger en mai juin 2008 au Royaume-Uni. Il meurt à Chicago en 2011.
Publié le 26 Octobre 2014
Inspiré par les Black Panthers et Ernesto "Che" Guevara, formé en 1969, Las Negras Gorras (Les bérets noirs) étaient un groupe multi-ethnique qui a lutté pour la transformation sociale au milieu des mouvements de droits civils au Nouveau-Mexique. En 1972, après que deux de ses membres, Antonio Córdova et Rito Canales, ont été mystérieusement assassinés sur la West Mesa de Albuquerque, Nouveau-Mexique, Roberto Martínez, leader de Nuevo Mexicano mariachi Los Reyes de Alburquerque (Les Rois de Albuquerque) et corridista (compositeur de ballade), composé "El Corrido de Córdova y Canales" afin de réviser les rapports apparemment artificiels de l'incident et à honorer les bérets noirs tués.
La ballade de Córdova et Canales
Le vingt-neuvième jour de Janvier
Tôt le samedi matin
Au rythme de quinze balles
Leur sang a été versé.
Córdova a été tué le premièr
Canales a commencé à courir
Voilà ce que les fonctionnaires ont déclaré
Même si ils étaient déjà en train de mourir.
Leurs parents et amis
se souviennent avec une grande tristesse
Ils ont été laissés pendant neuf heures
Etendus sur la Mesa.
Un journaliste écrit
dans un éditorial lucide,
«Ils étaient seulement des bérets noirs.
Qui va les pleurer? "
Un groupe de notre peuple
alla lui répondre,
« regarde, pauvre malheureux,
nous sommes ceux qui vont pleurer pour eux! "
Jouer, jouer mes guitares
pleurer, pleurer mes violons
Et rappelez-vous la tragédie
de Córdova et Canales.