Publié le 23 Août 2012
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Publié le 22 Août 2012
Lettre ouverte à Michèle Picard, maire de Vénissieux
Madame,
Je voulais réagir au courrier que vous avez adressé au préfet du Rhône
http://pcf.venissieux.org/lettre-ouverte-de-Michele-Picard,1248.html
Je tiens tout d’abord à vous préciser que j’ai grandi à Lyon 8e, pour vivre ensuite à Vénissieux que j’ai quitté depuis quelques années. Je ne suis pas membre du PCF , même si j’ai souvent voté pour les candidats de votre parti, en particulier aux municipales de Vénissieux et aux législatives de la 14e circonscription du Rhône.
J’ai relu plusieurs fois votre courrier auquel je fais allusion. Ce qui m’a fait réagir, c’est que je me suis dit qu’en le mettant tel quel sur internet, en changeant le nom de l’auteur et en disant qu’il s’agit d’un élu du Front National, beaucoup auraient été outrés, et que ceux qui se prétendent de gauche et qui ne seraient pas tombés dans le panneau lèvent le doigt ! Preuve en est : cette lettre a été rendue publique sur le blog de la section Vénissieux du PCF le 23 juin avec cette précision : «Par souci de ne pas laisser place aux récupérations politiciennes pendant la campagne électorale, celle lettre n’avait pas été rendue publique. » Ce que je considère comme un aveu d’hypocrisie.
Dans votre courrier, vous opposez dans un premier temps la quiétude de vos administrés à l’insalubrité et la délinquance latente des Roms. Je sais que Vénissieux est depuis longtemps une terre cosmopolite avec toutes les difficultés que cela peut engendrer. Toutefois, je vous opposerai le cas du quartier de la Guillotiére à Lyon, ou la cohabitation est loin d’avoir pris les proportions que vous décrivez, si j’en juge par les pancartes accrochées aux fenêtres des habitants de la rue Montesquieu lors de l’expulsion d’un squat occupé par des Roms : « Laissez-nous vivre ensemble » source : http://www.libelyon.fr/info/2012/08/les-roms-de-la-rue-montesquieu-%25C3%25A0-lyon-en-sursis.html . Ce qui prouve bien qu’une cohabitation est possible ! Le quartier de la Guillotière est un quartier populaire au même titre que Vénissieux. Pourquoi cette solidarité ne pourrait pas exister en terre Vénissiane ? Pourquoi un élu local défendant les idées de Marx, ne considère-t-il pas les Roms comme des victimes du capitalisme au même titre qu’un travailleur ou qu’un chômeur ? Les Roms cumulent les problèmes de patrie, de précarité, de logement de travail et de délinquence. Ils sont plus que tout autres les « damnés de la terre » que doivent défendre ceux qui se prétendent Communistes et fiers de l’être ! Lénine prônait la solidarité prolétarienne précisait : « la lutte de classe prolétarienne, exige que nous n’observions jamais une attitude purement formelle envers la question nationale, mais que nous tenions toujours compte de la différence obligatoire dans le comportement du prolétaire d’une nation opprimée (ou petite) envers la nation qui opprime (ou grande). » Le Problème est que les Roms n’appartiennent à aucune classe au sens Marxiste du terme et la question est : doit-on les intégrés dans le système capitaliste que nous combattons et sont-ils intégrables dans un système Marxiste qui prend le travail comme valeur ? La réponse n’est elle pas de les intégrer Humainement et socialement en respectant leurs différences. Le mot Humanité n’est il pas le titre du quotidien Communiste et donc une valeur du Communisme. Dans les camps de concentration, les prisonniers portaient des insignes suivant leurs origines et leurs appartenances, pendant que les communistes portaient un triangle rouge, les Tsiganes arboraient un triangle vert ! Pourquoi ces frères du passé sont ils devenus les expulsables d’aujourd’hui ? Car dans la suite de votre courrier vous exiger du préfet du Rhône qu’il fasse respecter l’arrêté d’expulsion rendu par le tribunal ! Faisant ainsi allegence à une autorité que vous devriez combattre. « Résister c’est créer, créer c’est résister » a dit Stéphane Hessel, cet homme pour qui désobéir avait un véritable sens. Vous dites que ce n’est pas aux collectivités locales de résoudre le problème des Roms mais à l’état en espérant des financements que vous n’aurez jamais. Voir cette lettre sur votre blog : http://www.michele-picard.com/la-politique-de-lautruche-doit-cesser-5934/ Et pourtant, ne serai-il pas révolutionnaire de trouver d’autres solutions. Un site, un local respectant des règles d’hygiène, un centre valorisant la culture Rom comme trait d’union entre population. Face aux rejets de cette société capitaliste, pourquoi ne pas opposer un véritable projet de résistance voir de désobéissance populaire comme Howard Zinn en aurait rêvé ? Les financements ? Le projet de réaménagement de la place jeanne d’Arc oû squataient les Roms va couter 900 000 euros à la collectivité, les concerts des Estivales à Vénissieux coutent 300 000 euros et pour un projet culturel ou autre des subventions peuvent être allouées.
Depuis votre courrier, les Roms de Grandclément ont été expulsés, leur problème n’est pas résolu mais simplement déplacé. Au lieu d’avoir montré un véritable visage révolutionnaire, vous avez maintenu cette volonté électoraliste qui vous éloigne de vos idéaux et néglige le Peuple. Vous vous entêté dans ce grand écart à vous en faire péter les adducteurs. Ce grand écart que vous avez commencé en baissant votre culotte devant Mitterrand lorsqu’il vous a trahi sur les nationalisations prévues au programme commun, que vous continuez aujourd’hui en demandant l’expulsion des Roms sans que cela vous fasse pour autant reprendre des voix au Front National. Ce grand écart qui fait que vos militants les plus convaincus, ceux qui sont sur le terrain, ont plus d’espoir dans leurs idées que dans la direction de leur parti. Ce grand écart qui fait qu’ils baissent les bras car ils se sentent trahis. Ce grand écart qui tourne le dos au peuple tandis que l’on bat des records d’abstention à chaque élection. Ce grand écart qui me fait penser à cette lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat : http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-perriraz/290412/lettre-jean-ferrat-par-philippe-torreton
Texte magnifique, mais écrit par quelqu’un qui soutien Ségolène Royal et la constitution Européenne de Giscard, qui fait référence à la Commune sans pouvoir donner la définition du mot révolte !
Vous aurez peut être trouvé certains mots un peu crus, mais c’est juste pour vous dire sans haine et sans crainte : « Michèle, réveilles toi ! »
Et si le prisme poètique de Paul Eluard peut vous aider, je dirai en le paraphrasant :
Sur le fronton de ma mairie
Sur les roulottes tsiganes
Sur les platanes des cours d’écoles
J’efface ton nom
Sur les avenues du Charéard
Sur la place de Parrilly
Sur le plateau des Minguettes
Au cœur du Moulin à vent
J’efface ton nom
Nous étions fait pour te chérir
Nous étions fait pour te nommer
Liberté
Amicalement
Serge
Publié le 20 Août 2012
Publié le 18 Août 2012
"Lord take my soul, but the struggle continues" sont les derniers mots de l'écrivain, professeur d'université, producteur de série télévisé et défenseur de l'environnement Kenule (Ken) Beeson Saro-Wiwa. Né en Octobre 1941 à Boré au Nigeria, on ajouta Saro à son nom parce qu'il était le premier garçon de sa famille.
En 1958 la compagnie Britannique Shell découvre du pétrole dans le delta du Niger. Ken encore jeune observe la destruction de l'environnement et l'exploitation des ressources de sa région natale. Après des années de protestation sans succès à travers ses articles dans la presse nigériane, Ken décide de fondé le MOSOP (the MOvement for the Survival of the Ogoni People) en 1990. Ce mouvement pacifique organise des protestions contre la dictature nigériane et la compagnie Shell.
Shell et ses associés du régime militaire s'inquiètent des activités du leader du MOSOP. Il sera arrêté à plusieurs reprises et relaxé.
Le 21 Mai 1994 Ken et huit de ses collègues du MOSOP sont arrêtés et accusés d'avoir tué quatre chefs Ogoni. Un des quatre chefs était son beau frère.
En Février 1995 après dix mois de torture, le régime militaire décide enfin de juger Ken.
Le 31 Octobre 1995 Ken et ses camarades sont condamnés à mort par la dictature Nigériane et exécutés par pendaison le 10 Novembre 1995.
Les Coquillages de la plage de Bridlington North
Ella haïssait tout ce qui était encagé, les poissons en particulier,
les poissons encagés dans des aquariums, des étangs, ou quoi que ce soit;
"Ca me rappelle les prisons et l'esclavage" disait-elle;
alors, quand pour la première fois sa vue embrassa la vaste verdeur
de la plage de Bridlington miroitant en ce
jour d'été anglais, elle salua le paysage comme
une fille du sahara aux pieds déssèchés, prenant l'eau, prenant l'eau,
dans le creux de sa main comme une démente, nettoyant ses paumes,
sautillant et riant, puis frottant ses mains
sur sa robe, elle jeta son derrière sur les sables de la
plage et laissa la mer inspirer et expirer sur elle
tandis qu'elle détendait ses jambes croisées - "Libre, enfin !"
annonça-t-elle aux foules inconscientes du rivage;
et comme le paysage marin se ralliait puis disparaissait
à ses pieds, elle dessina une carte du monde : "Les Pays-Bas
que nous avons visité doivent être ici ; la Norvège, la Suède, là,
"Au delà, La Russie !" Puis rassemblant plus de coquillages
et les choisissant un par un, elle se tourna vers lui :
"tu te souviens d'avoir mangé du porridge de
coquillages de mer une fois ?" Il hocha la tête, souriant
en songeant à un autre souvenir des lacs africains qu'ils avaient été contraints
d'abandonner. "Un jour, peut être, je prendrais cette maison
pour fêter ça !" Dit-elle en appesantissant son regard sur la profonde mer.
Aujourd'hui, ses galets en forme d'oeufs, ses perles de coquillages
brillent encore à l'appui fenêtre; ses voeux résonnent encore,
"Change régulièrement l'eau dans les récipients pour
que les galets et les coquillages continuent de briller - tu verras,
c'est bien plus sain que de nourrir des poissons dans un bocal !"
Jack Mapanje (1944 - ), poète malawien
traduit de l'anglais par E. Dupas
Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/
Publié le 17 Juillet 2012
Publié le 15 Juillet 2012
MADAME TAUBIRA, GEORGES ABDALLAH VA-T-IL ENFIN ÊTRE LIBÉRÉ ?
Vendredi 20 juillet 2012, à 18 heures, nous viendrons vous le demander
place Vendôme !
En ce mois de juillet 2012, Georges Ibrahim Abdallah, résistant communiste
libanais, est toujours en prison en France, où il est incarcéré depuis
près de 28 ans. Il est le plus ancien prisonnier politique détenu
actuellement dans notre pays. Depuis 1999 il a terminé la peine de sûreté
assortie à sa condamnation et il est donc légalement libérable. Madame
Taubira, allez-vous le garder indéfiniment captif de l'État français ?
En 2003, la juridiction régionale de Pau avait dailleurs ordonné sa
remise en liberté, à condition qu'il quitte définitivement le territoire
français. Mais, à la suite de pressions du gouvernement étatsunien, le
ministre de la Justice de l'époque est intervenu pour faire appel de la
décision de libération et maintenir ainsi Georges Abdallah en prison.
Madame Taubira, allez-vous continuer à céder aux ingérences étrangères
dans ce dossier ?
Le 6 juin dernier, le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim
Abdallah a écrit à Chritiane Taubira, nouvelle ministre de la justice,
demandant une entrevue afin de faire le point sur l'avancée du dossier de
libération de Georges Abdallah. Ce courrier rappelait entre autres
- comment une machination politico-policière avait abouti en 1987 à la
condamnation de Georges Abdallah à la réclusion criminelle à perpétuité
par la cour d'assises spéciale ;
- que le consul libanais de France a réaffirmé en novembre 2011 l'accord
des autorités libanaises autorisant la résidence de Georges Abdallah sur
son territoire, comme il l'avait déjà officiellement confirmé en juin
2007, et que le premier ministre libanais lui-même s'est entretenu sur ce
dossier avec Nicolas Sarkozy lors de sa visite officielle en France en
février 2012 ;
- qu'Yves Bonnet, directeur de la DST lors de l'arrestation de Georges
Abdallah, récemment entendu par le juge chargé du dossier, considère qu'il
est "anormal et scandaleux de maintenir Georges Ibrahim Abdallah en
prison".
Georges Abdallah a déposé en janvier dernier une nouvelle demande de
libération. Une fois de plus, il a subi les dispositions de l'inique loi
Sarkozy-Dati sur la rétention de sûreté (qu'un gouvernement réellement de
gauche devrait abolir, comme toutes les lois sécuritaires et répressives),
loi que le militant politique Georges Abdallah avait déjà expérimentée de
façon rétroactive en 2008, alors qu'elle avait été présentée comme devant
prévenir la récidive des seuls criminels sexuels.
En avril-mai 2012, il lui a donc été imposé, durant six semaines, un
nouveau séjour éprouvant au Centre national dévaluation de Fresnes, au
cours duquel administration pénitentiaire, médecins, psychologues et
psychiatres ont prétendu évaluer la "dangerosité" (notion absente du code
pénal et qui renvoie à la conception réactionnaire du "risque zéro") de
son engagement politique.
Deux mois plus tard, la commission pluridisciplinaire des mesures de
sûreté n'a toujours pas rendu son avis, indispensable pour la procédure de
libération. Nous dénonçons fermement ce blocage inadmissible. Madame
Taubira, allez-vous débloquer l'affaire Georges Abdallah ?
L'avancée du dossier de libération de Georges Abdallah ne doit pas être
suspendue à la décision de pseudo-experts en maladie mentale chargés de
vérifier si Georges Abdallah est guéri de son engagement politique.
Rappelons d'ailleurs que ces "experts" ont déjà été désavoués dans le cas
du militant d'Action directe, Georges Cipriani, lorsque la cour dappel
avait jugé en 2010 qu'ils avaient outrepassé leur mission en émettant un
avis défavorable à la libération conditionnelle en se fondant sur de
douteuses considérations dordre moral.
A son courrier du 6 juin à la ministre, envoyé de nouveau le 6 juillet, le
Collectif pour la libération de Georges Abdallah n'a pas reçu de réponse.
Vendredi 20 juillet 2012, à 18 heures, nous retournerons donc
accompagnés par tous les soutiens de Georges Abdallah qui pourront appuyer
cette démarche - au ministère de la justice, place Vendôme à Paris, où
nous avions été reçus par le prédécesseur de Madame Taubira, en décembre
2011, et nous protesterons contre le mépris affiché par la nouvelle
ministre dans ce dossier.
Nous demanderons des comptes à l'État français et au nouveau gouvernement,
nous exigerons des engagements concernant les prochaines échéances qui
doivent permettre à Georges Abdallah de quitter enfin la prison et de
retourner dans son pays.
Libérez Georges Ibrahim Abdallah !
Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Paris, le 14 juillet 2012
liberonsgeorges@no-log.org - http://liberonsgeorges.over-blog.com/
Publié le 7 Juillet 2012
Lynne Stewart : Une histoire américaine
Quand le système judiciaire se met au service de l'injustice pour nier les droits des citoyens...
par Claude Jacqueline Herdhuin
Il semblerait qu’en ce début du 21e siècle rien ne soit plus important que le secret. À une époque où la technologie permet de divulguer l'information en quelques secondes et d’un bout à l’autre de la planète, les pouvoirs ne cessent d’alléguer le droit au secret. L’argument massue des gouvernements pour empêcher l’information de circuler est la sécurité. Tous les moyens sont permis.
Le 11 septembre a marqué le point pivot qui a légitimé toutes les exactions. Le gouvernement des États-Unis, autoproclamé principale victime du terrorisme, a oublié ses exactions passées au Vietnam, dans des États d’Amérique latine, etc. pour brandir, une fois de plus, son étendard de la Démocratie. Comme si les États-Unis étaient le symbole et le bastion de la Démocratie.
La démocratie américaine est fondée sur la Constitution des États-Unis (17 septembre 1787) et sur The Bill of Rights (la Déclaration des droits) adoptée le 15 décembre 1791. La Déclaration des droits regroupe les dix premiers amendements à la Constitution. Le premier amendement garantit la liberté de parole ou de la presse : « Le Congrès ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice; ou restreignant la liberté de parole ou de la presse, ou le droit du peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des griefs. » (Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the government for a redress of grievances.) Le sixième amendement garantit le droit à tout accusé d 'être jugé promptement et publiquement par un jury impartial de l'État : « Dans toutes poursuites criminelles, l’accusé jouira du droit à un procès rapide et public par un jury impartial de l’État et du district dans lequel aura été commis le crime, district dont les limites auront été préalablement délimitées par la loi, et d’être informé de la nature et la cause de l’accusation, d’être confronté avec les témoins en sa faveur, et d’avoir l’assistance d’un avocat pour sa défense. » (In all criminal prosecutions, the accused shall enjoy the right to a speedy and public trial, by an impartial jury of the state and district wherein the crime shall have been committed, which district shall have been previously ascertained by law, and to be informed of the nature and cause of the accusation; to be confronted with the witnesses against him; to have compulsory process for obtaining witnesses in his favor, and to have the assistance of counsel for his defense.)
Je me concentre ici sur ces deux amendements, car deux exemples probants de violation de ces droits sont les cas de Lynne Stewart et de Julian Assange.
Jeudi, le 19 novembre 2009, le Juge John G. Koeltl a ordonné à Lynne Stewart, avocate spécialisée dans la défense des droits civils et militante de longue date, de se présenter immédiatement pour être incarcérée. Condamnée à 28 mois de prison le 16 octobre 2006 pour conspiration et soutien matériel au terrorisme, Lynne Stewart était en liberté conditionnelle. Le gouvernement américain a fait appel et a réclamé de 15 à 30 ans de prison. Le 15 juillet 2010, le juge Koetl a augmenté la peine de Lynne Stewart à dix ans. Il a retenu l’accusation de parjure et a reproché à Lynne Stewart de n’avoir manifesté aucun remords. Combattante de longue date, Lynne n’est pas restée silencieuse durant l’année qu’elle a passée en prison à New York. Elle n’a cessé de « travailler de l’intérieur », entre autres en écrivant des lettres pour différents évènements. Mais, le gouvernement a de nouveau frappé en transférant Lynne Stewart à la prison de Carswell, au Texas. En l’éloignant « brutalement » des siens et de ses supporters, il espère la faire taire et surtout qu’on l’oublie. Mais Lynne n’est pas facile à abattre et à réduire au silence. C’est une femme énergique et qui, de plus, connaît ses droits. Le 17 décembre, elle a envoyé le courriel suivant à son fils dans lequel elle décrit la brutalité d’un pouvoir qui ne respecte plus ses propres lois.
12/17/10. 10:45 am
Surreptitiously removed without my belongings or a chance to say good bye to anyone--I thought I was going to Beekman Hospital. Instead, I took a cold busride to newburgh, and was put on a plane --Brutally cold, no jacket etc. Went to Oklahoma City, overnight and then was driven to Dallas by van the next day.
It's not ideal but Ican make it. Will explain more next time. Much love to all.
Mom
Enlevée en cachette sans mes effets personnels ou la possibilité de dire au revoir à qui que ce soit- - Je pensais qu’on m’emmenait à l’hôpital Beekman. Mais, on m’a conduite en autobus à Newburg où on m’a fait monter dans un avion. Il faisait terriblement froid, pas de veste, etc. Suis allée à Oklahoma City pour la nuit, puis on m’a conduite en camionnette à Dallas le lendemain. Ce n’est pas idéal, mais je tiens le coup. Donnerai plus d’explication la prochaine fois. Je vous aime tous. Maman.
Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22464
Le 28 juin 2012, la cour d'appel des États-Unis pour le deuxième circuit (United States Court of Appeals for the Second Circuit), a maintenu la décision du juge Koeltl du 15 juillet 2010 d’augmenter à 10 ans la peine initiale de Lynne Stewart. Le 16 octobre 2006, ce même juge avait condamné Lynne Stewart à 28 mois de prison pour conspiration et soutien matériel au terrorisme.
Cette avocate, aujourd’hui radiée du barreau, a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d'un avocat pouvaient frapper à sa porte. Aujourd'hui, Lynne Stewart lutte non seulement pour sa liberté et ses droits, mais également pour la liberté et les droits de tous les Américains.
Âgée de 72 ans, elle est détenue à la prison de Carswell, au Texas depuis 32 mois. Il lui reste encore sept ans et demi avant de pouvoir espérer retrouver la liberté, à l’âge de 80 ans…
Si l'on fait un rapide retour sur le cas de Lynne Stewart, il ressort immédiatement qu'elle a servi de bouc émissaire au gouvernement des États-Unis. La justice américaine s’est intéressée à son cas seulement après le 11 septembre 2001. Rappelons que sa seule faute est d'avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnelles : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L'Administration Clinton n'a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et une traîtresse. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était une traîtresse à la nation.
Lynne Stewart est devenue un double symbole. Le gouvernement américain et ses partisans voient en elle une menace pour l'autorité et la sécurité des États-Unis, en langage clair : une menace pour leurs intérêts. En réalité, ses années de travail acharné comme militante pour la justice sociale et le respect des droits civils, sa brillante carrière d’avocate de la défense et sa connaissance sans faille de la loi et du système judiciaire sont ses seules fautes. Devenue un exemple pour de nombreux avocats plus jeunes, elle représentait un danger réel pour le gouvernement. Un danger que la justice et la loi soient respectées aux États-Unis. Pour ses partisans et les partisans des droits et liberté et du respect de la Constitution , elle est le modèle à suivre. La femme derrière laquelle on se range pour monter aux barricades et prouver au gouvernement qu’on existe, que les lois existent et qu’on n’abandonnera pas la lutte pour la justice et les droits et libertés. Elle est une héroïne.
En s’acharnant contre elle, l’Administration américaine contribue à en faire une héroïne encore plus grande. Lynne Stewart l’a déjà prouvé, elle n’abandonnera pas le combat. Et c’est ce que les juges lui reprochent. En sa qualité d'ancienne avocate, elle connaît tous les rouages du système judiciaires ainsi que ses droits. Elle n'est pas à la veille de se taire ou de baisser les bras. Et, advenant qu’elle ne sorte de prison qu’à l’âge de 80 ans, il est fort probable qu’elle sortira debout, le poing levé et que nombreuses seront les personnes qui l'attendront quand elle franchira les grilles.
Ce cas états-unien s'inscrit dans la logique mondiale d'aujourd'hui : instaurer la peur en votant et appliquant des lois contraires aux droits et libertés, cibler quelques figures pour en faire un exemple, Lynne Stewart, Julian Assange, entre autres. Tout cela au nom de la sécurité des citoyens. Le Québec ne fait pas exception comme en attestent la Loi 78 et les différentes mesures adoptées par le gouvernement Charest.
Claude Jacqueline Herdhuin
Auteure, réalisatrice, doctorante en Études et pratique des arts
Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31726
Quand on pense que le 4 juin 2009, dans un discours au Caire, Barack Obama déclarait :
"Mais j’ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s’exprimer et d’avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l’État de droit et l’application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s’agit pas simplement d’idéaux américains, il s’agit des droits de l’homme et c’est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier."
Dis donc Barack ? Tu serais pas en train de nous prendre pour des jambons ? Parce que ta justice, elle pue la loi d'exception, le Pétinisme frémissant et le totalitarisme en manque ! Et les grands médias donneurs de leçons et assoiffés de démocratie, qui ferment leur gueule. ça fait non seulement froid dans le dos, mais ça donne envie de gerber !
Vidéo-clip du documentaire sur Lyne Stewart et pétition :
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=16312 (en anglais)
Publié le 30 Juin 2012
Publié le 25 Juin 2012
En ce triste anniversaire, une pensée pour cet homme épris de liberté
Publié le 1 Mai 2012
Quelques mots de Paul Eluard pour dire à Angye Gaona que nous ne l'oublions pas !
Dit de la force de l’amour
Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère
Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal
La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe
Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert
Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d’être libre et je te continue.
Paul Eluard
http://angyegaona.blogspot.fr/