Enfants forçats
Publié le 23 Mai 2012
Aujourd’hui dans le monde, environ 215 millions d’enfants travaillent, souvent à plein-temps. Ils ne vont pas à l’école et n’ont pas ou peu de temps pour jouer. Ils ne reçoivent souvent pas l’alimentation ni les soins qui leur conviennent. On les prive de leur enfance. Plus de la moitié de ces enfants sont exposés aux pires formes de travail des enfants: conditions de travail dangereuses, esclavage, ou autres formes de travail forcé; activités illicites, y compris le trafic de drogue et la prostitution; enrôlement dans un conflit armé.
Guidé par les principes inscrits dans la convention (n° 138) de l’OIT sur l’âge minimum et dans la convention (n° 182) sur les pires formes de travail des enfants, le Programme focal de l’OIT pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) s’emploie à obtenir l’éradication effective du travail des enfants
12 JUIN 2012
Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants mettra en lumière le droit de tous les enfants d’être protégés contre le travail des enfants et contre toutes violations des droits de l’homme fondamentaux. En 2010, la communauté internationale a adopté une Feuille de route en vue de l’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici 2016, laquelle souligne que le travail des enfants constitue une entrave aux droits de l’enfant et un obstacle au développement. La Journée mondiale de 2012 mettra l’accent sur le chemin qui reste à parcourir pour faire de la Feuille de route une réalité.
Source : http://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm
La convention sur les droits de l'enfant est claire :
"Les enfants ne doivent être astreints à aucun travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre leur éducation ou de nuire à leur développement."
Par ailleurs, le 29 mai à 20h45, sera diffusé sur Arte, un documentaire de Hubert Dubois : "Enfants forçats"
Dans ce film, Hubert Dubois recueille avec pudeur leurs témoignages, leurs espoirs — l’accès à l’éducation, la possibilité d’un travail —, soulignant leur lucidité, lorsque, interrogés sur la raison de leur embauche, ils répondent : « nous coûtons moins cher ».
Enlevés, vendus, ces enfants corvéables à merci et payés chichement sont les victimes de patrons mafieux et d’entreprises « non concernées » travaillant pour des marques telles que Calvin Klein, Kohinoor… L’unique issue hors du cycle de l’esclavage, pour cette enfance prise en otage, repose sur le concours d’organisations non gouvernementales (ONG) comme Global March Against Child Labour, dirigée par Kailash Satyarthi, fondateur de l’ONG indienne Bba, un des principaux leaders de la responsabilisation de grandes marques internationales qui est à l’initiative d’actions choc menées pour venir au secours de jeunes séquestrés par leurs employeurs. Ces interventions d’une rare violence, Hubert Dubois les a filmées en Inde : les activistes y sont lynchés à mort alors qu’ils tentent de soustraire les enfants à leurs patrons. « Chaque jour est important, dans la vie d’un enfant », précise Satyarthi : « Si on ne les libère pas, c’est autant de jours perdus dans leur vie. »
D’autres ONG, comme l’association Anape, au Burkina Faso, vont à la rencontre d’adolescents pour leur proposer une alternative au travail sur les sites aurifères ou à la mendicité. Ainsi ce petit Touareg, contraint de mendier dans les rues de Ouagadougou pour subvenir aux besoins de sa famille, et qui part de chez lui chaque matin comme s’il allait travailler : « Je gagne deux euros par jour. Mais parfois rien. » A la question : « Aimerais tu étudier ? », il répond : « Oui ! Mais cela n’est possible que si mes parents sont aidés ». Ou tel autre, âgé de dix ans, déclarant gagner huit euros par an à piler de la terre sur une mine d’orpaillage.
Source : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-05-15-Enfants-forcats
Un extrait saisissant sur ce lien : http://vimeo.com/38158523
Certains enfants sont astreints, parfois dès l’âge de 5 ans, à des tâches au-delà de leurs forces, compromettant leur santé et leur développement, et les exposant même à la mort. Ils constituent une main d’œuvre docile, exploitée à l’extrême et privée de tous ses droits. Certains sont enchaînés par une dette perpétuelle qui lie leurs parents à des employeurs véreux. D’autres, exclus de l’école par la pauvreté, n’ont d’autres solutions que de vendre leurs bras pour assurer leur survie ou celle de leur famille.
Pourtant la quasi-totalité des Etats en ratifiant la convention 182 du BIT se sont donné comme objectif d’éradiquer ce fléau d’ici 2016. Des progrès ont été réalisés, mais ils sont aujourd’hui compromis par la crise économique. Dans la continuité de «L’Enfance Enchaînée »qu’il réalisa en 1992 Hubert Dubois a mené une enquête dans plusieurs pays afin de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir.
Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/enfants-forcats,250844-note-97858