Publié le 19 Août 2012
Donnez moi la vie que j'aime le long de ma route un ruisseau donnez moi le ciel joyeux et le chemin de traverse ...
Publié le 19 Août 2012
Publié le 18 Août 2012
"Lord take my soul, but the struggle continues" sont les derniers mots de l'écrivain, professeur d'université, producteur de série télévisé et défenseur de l'environnement Kenule (Ken) Beeson Saro-Wiwa. Né en Octobre 1941 à Boré au Nigeria, on ajouta Saro à son nom parce qu'il était le premier garçon de sa famille.
En 1958 la compagnie Britannique Shell découvre du pétrole dans le delta du Niger. Ken encore jeune observe la destruction de l'environnement et l'exploitation des ressources de sa région natale. Après des années de protestation sans succès à travers ses articles dans la presse nigériane, Ken décide de fondé le MOSOP (the MOvement for the Survival of the Ogoni People) en 1990. Ce mouvement pacifique organise des protestions contre la dictature nigériane et la compagnie Shell.
Shell et ses associés du régime militaire s'inquiètent des activités du leader du MOSOP. Il sera arrêté à plusieurs reprises et relaxé.
Le 21 Mai 1994 Ken et huit de ses collègues du MOSOP sont arrêtés et accusés d'avoir tué quatre chefs Ogoni. Un des quatre chefs était son beau frère.
En Février 1995 après dix mois de torture, le régime militaire décide enfin de juger Ken.
Le 31 Octobre 1995 Ken et ses camarades sont condamnés à mort par la dictature Nigériane et exécutés par pendaison le 10 Novembre 1995.
Les Coquillages de la plage de Bridlington North
Ella haïssait tout ce qui était encagé, les poissons en particulier,
les poissons encagés dans des aquariums, des étangs, ou quoi que ce soit;
"Ca me rappelle les prisons et l'esclavage" disait-elle;
alors, quand pour la première fois sa vue embrassa la vaste verdeur
de la plage de Bridlington miroitant en ce
jour d'été anglais, elle salua le paysage comme
une fille du sahara aux pieds déssèchés, prenant l'eau, prenant l'eau,
dans le creux de sa main comme une démente, nettoyant ses paumes,
sautillant et riant, puis frottant ses mains
sur sa robe, elle jeta son derrière sur les sables de la
plage et laissa la mer inspirer et expirer sur elle
tandis qu'elle détendait ses jambes croisées - "Libre, enfin !"
annonça-t-elle aux foules inconscientes du rivage;
et comme le paysage marin se ralliait puis disparaissait
à ses pieds, elle dessina une carte du monde : "Les Pays-Bas
que nous avons visité doivent être ici ; la Norvège, la Suède, là,
"Au delà, La Russie !" Puis rassemblant plus de coquillages
et les choisissant un par un, elle se tourna vers lui :
"tu te souviens d'avoir mangé du porridge de
coquillages de mer une fois ?" Il hocha la tête, souriant
en songeant à un autre souvenir des lacs africains qu'ils avaient été contraints
d'abandonner. "Un jour, peut être, je prendrais cette maison
pour fêter ça !" Dit-elle en appesantissant son regard sur la profonde mer.
Aujourd'hui, ses galets en forme d'oeufs, ses perles de coquillages
brillent encore à l'appui fenêtre; ses voeux résonnent encore,
"Change régulièrement l'eau dans les récipients pour
que les galets et les coquillages continuent de briller - tu verras,
c'est bien plus sain que de nourrir des poissons dans un bocal !"
Jack Mapanje (1944 - ), poète malawien
traduit de l'anglais par E. Dupas
Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/
Publié le 18 Août 2012
Dans notre pays, les balles commencent à fleurir
Viens, frère, et dis moi ta vie
viens, montres moi les marques de révolte
que les ennemis ont laissé sur ton corps
viens, et dis-moi "Ici
mes mains ont été écrasées parce qu'elles
défendaient
la terre qui leur appartenait"
Ici mon corps a été torturé
parce qu'il refusait de ployer devant
les envahisseurs"
Ici ma bouche a été blessée
parce qu'elle osa chanter
la liberté de mon peuple"
Viens frère et dis-moi ta vie,
conte-moi les rêves de révolte
dont toi et tes pères et tes ancêtres
rêvaient
en silence
à travers des nuits sans ombre faites pour l'amour
viens me dire que ces rêves vont devenir la
guerre,
la naissance des héros,
la reconquête de la terre,
des mères qui, sans crainte,
envoient leurs fils au combat.
Viens et dis moi tout cela, mon frère.
Après cela je forgerai des mots simples
que les enfants même pourront comprendre
des mots qui entreront dans chaque maison
comme le vent
et qui tomberont comme de rouges braises ardents
sur les âmes de notre peuple.
Dans notre pays,
les balles commencent à fleurir.
Jorge Rebelo (1940 -), poète mozambicain
traduit du portugais par E. Dupas
Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/
Publié le 5 Août 2012