Publié le 23 Avril 2012
Dsk ? Hollande ? Sarko ? ou Marine ?
Pour plus de reflexion ... un lien salvateur : http://www.pierrecarles.org/
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Donnez moi la vie que j'aime le long de ma route un ruisseau donnez moi le ciel joyeux et le chemin de traverse ...
Publié le 23 Avril 2012
Dsk ? Hollande ? Sarko ? ou Marine ?
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Publié le 31 Mars 2012
Publié le 25 Mars 2012
Il m'a semblé interresssant de mettre en parallèle des extraits de 1984 de Georges Orwell, et un passage de la socièté des vagabonds de Harry Martinson, tant on y trouve, dans des styles et des approches différentes, une analyse identique de notre socièté. Il est aussi troublant de constater que les auteurs ont eu un parcours similaire faits de boulots de trimardeurs, de vagabondages et de prise de conscience politique. De plus, ces deux oeuvres ont été écrites à la même époque ( 1948 et 1949 )
Dans cet extrait de la Socièté des vagabonds, Martinson s'interroge au travers de son héros Sandemar sur la vraisemblance de notre socièté. Cette socièté que les "cruels officiels" deshumanisent par le langage, d'une part, et par une négation, un éloignement de la réalité et de l'objectivité à l'état naturel, d'autre part. Le mythe de Cassandre ( Elle reçut d'Apollon le don de prédire l'avenir, mais elle se refusa à lui, et le dieu décréta que personne ne croirait à ses prédictions) prend alors tout son sens. Quiconque tentant de sortir de ce piège, n'est plus crédible.
"Un des nombreux et étranges raisonnements de Sandemar portait sur le vraisemblable. La vraisemblance est toujours quelque chose de systématique, disait-il. C’est toujours un art ou un système. C’est une formule, mais ce n’est pas la vérité. La vérité sur tout ce qui existe embrasse toujours la totalité. C’est la nature entière. Et seule la nature entière est vraie. Le reste, ce ne sont que des consolations que l’homme se confectionne. Et quand il ne convertit pas les autres à son choix, il les persécute, devient chasseur d’hommes, chevalier d’intolérance, fanatique.
Et Sandemar parlait d’une espèce d’hommes qu’il qualifiait de "cruels officiels". Il désignait par là ceux qui avaient choisi une vraisemblance glaciale, au-delà des nerfs et du coeur, et qui, par conséquent, demeuraient consciemment aveugles devant la nature dans sa totalité, s’appuyant sur un choix de formule qui rendaient les hommes aveugles et sourdes aux souffrances de millions d’autres.
L’homme de la vraisemblance officielle dissimule la souffrance du monde comme dans un bloc de glace, en lui donnant des noms aussi neutres et insignifiants que possible et en employant des mots de papier à caractère officiel qui ne saignent ni ne tremblent.
C’est la forme fallacieuse et diabolique de la circonspection, la forme glacée et insensible de la maîtrise de soi.
Et Sandemar donnait quelques exemples pour expliquer ce qu’il entendait en parlant de glace et de mots de papier.
Le mot représailles n’est pas plus affreux à entendre que celui de réparation. Odieux est très proche d’adieu, conflit de confit. Délinquant est le nom qu’on donne à celui qui est pendu, guillotiné ou condamné au supplice de la "pousse de bambou", de "l’encens" ou des "mille coupure" qui entament d’abord la musculature incroyablement (invraisemblablement !) sensible des épaules : le deltoïde.
Ce sont des cruautés incroyables et par conséquent invraisemblables qui provoquent chez la victime ou le délinquant une douleur incroyable ou invraisemblable. Mais le mot délinquant ne diffère pas beaucoup de délicat.
L’imagination des personnes auxquelles on s’adresse avec de tels mots n’est pas mise en branle. Elle ne s’éveille même pas. Elle reste sensée, insensible, proprette et froide.
La majorité des gens savent conserver et protéger la vraisemblance pour laquelle ils ont opté. Rien ne peut nous troubler. Nous refusons de croire cela !
C’est pourquoi l’histoire de Cassandre est la plus cruelle et la plus véridique de toutes. Car elle met en jeu ce qui est le plus normalement vraisemblable : on ne veut pas croire Cassandre.
Il en va de même quand il s’agit de nous, les vagabonds, disait Sandemar. Qu’y a-t-il de vraisemblable dans la vie du vagabond poussé par son instinct d’errance, de jour en jour et d’année en année, ou dans les ménages malheureux jusqu’à l’irréalité quotidienne, ou dans la participation exaltée des solitaires aux souffrances lointaines, ou dans la vie à bord de navires étonnants, ou dans les abattoirs d’une irréalité féroce dans lesquels les couteaux routiniers fonctionnent du matin au soir, ou derrière les guichets d’information de l’immense salle de rédaction d’un journal où seul l’habitué peut trouver réelle la réalité - celle-ci étant invraisemblable pour tous les autres - ou dans le travail du médecin, du garde-malade ou de l’infirmière d’un service d’agités, ou dans le monde irréels des laboratoires spécialisés où les appareils compliqués n’ont un nom et une fonction sur lesquels la pensée puisse se fixer que pour quelques rares initiés ?
Bref : le monde est un archipel infini d’invraisemblances. Et il faut une lutte et un malaxage inouïs des mots pour que l’homme indifférent à tout, ancré dans son arrogance par sa fallacieuse véracité froide et insensible, puisse prendre confiance. C’est pourquoi il faut toujours se garder des mots glacés, couchés sur le papier, récités par ceux qui se sont emparés des trônes de vraisemblances officielles. Se garder de ceux qui falsifient l’objectivité omniprésente de la nature.
Sandemar aimait l’invraisemblable, c’est-à-dire la réalité telle qu’elle se présente le plus souvent, hors du monde où s’agitent les professionnels de la vraisemblance. Il préférait la division dans le vrai à l’union mensongère autour des symboles chargés de tout exprimer - l’amour, la souffrance, qui n’expriment en réalité que le mensonge sur soi-même, la fausse vérité.
C’est pour cela que Sandemar faisait le tour du monde à pied."
Pages 83-85, in La Société des vagabonds, chez Agones, 2004. La première édition suédoise est de 1948. source http://www.naturalwriters.org/
Dans 1984, Owell décrit avec une minutie terrorisante le mécanisme qui aboutit à la soumission.
La hierarchisation
« Dans un monde dans lequel le nombre d'heures de travail serait court, où chacun aurait suffisamment de nourriture, vivrait dans une maison munie d'une salle de bains et d'un réfrigérateur, posséderait une automobile ou même un aéroplane, la plus évidente, et peut-être la plus importante forme d'inégalité aurait déjà disparu. Devenue générale, la richesse ne confèrerait plus aucune distinction. Il était possible, sans aucun doute, d'imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d'une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance. » (p.270)
Le pouvoir
« Il est temps que vous ayez une idée de ce que signifie ce mot pouvoir. Vous devez premièrement réaliser que le pouvoir est collectif. L'individu n'a de pouvoir qu'autant qu'il cesse d'être individu. […] Le second point que vous devez comprendre est que le pouvoir est le pouvoir sur d'autres êtres humains. Sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière, sur la réalité extérieure, comme vous l'appelez, n'est pas important. Notre maîtrise de la matière est déjà absolue. » (p.372-373)
Le langage
« Vous croyez, n’est-ce pas, que notre travail principal est d’inventer des mots nouveaux ? Pas du tout ! Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. La onzième édition ne renfermera pas un seul mot qui puisse vieillir avant l’année 2050. (...) C’est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c’est dans les verbes et les adjectifs qu’il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d’exister y a-t-il pour un mot qui n’est que le contraire d’un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot. Et si l’on désire un mot plus fort que « bon », quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme « excellent », « splendide » et tout le reste ? « Plusbon » englobe le sens de tous ces mots, et, si l’on veut un mot encore plus fort, il y a « doubleplusbon » Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive du novlangue, il n’y aura plus rien d’autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six mots seulement, en réalité un seul mot. Voyez-vous, Winston, l’originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l’idée vient de Big Brother." (p. 80)
L'ignorance
« Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s'occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d'astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur » (p.67)
Et la soumission
« Aujourd'hui, il y avait de la peur, de la haine, de la souffrance, mais il n'y avait plus aucune dignité dans l'émotion. Il n'y avait aucune profondeur, aucune complexité dans les tristesses. » (p.49)
« L'idée lui vint que la vraie caractéristique de la vie moderne était, non pas sa cruauté, son insécurité, mais simplement son aspect nu, terne, soumis. » (p.109)
Sources : http://www.asso-chc.net/article.php3?id_article=158
http://sur-la-rive.over-blog.com/article-5629619.html
Chomsky a écrit que « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures. » De quoi regarder notre socièté avec un oeil plus que jamais critique.
Et clamer haut et fort qu'un "ailleurs" est non seulement possible mais nécéssaire !
Publié le 22 Janvier 2012
LE ROI DEVENU FOU....Extrait
« Ce que l’on appelle la crise de l’environnement est tout simplement le résultat d’une violation sans cesse aggravée des lois de l’écologie, fondées sur l’interdépendance des êtres vivants entre eux et avec leur milieu physique. Dans une première phase, l’homme reste un prédateur parmi d’autres, occupant une modeste place dans la biocénose originelle. Mais avec le perfectionnement de ses techniques, avec le biface, le flèche, le feu, son efficacité s’accroît sensiblement. Tandis que se développe la révolution néolithique, la structure sociale se modifie ; la ville va naître, et par conséquent, le palais, le temple, la boutique, la caserne, le bordel et la prison : la civilisation est en marche.
« Si, à l’origine, un certain équilibre pouvait subsister entre le potentiel de destruction de l’homme et les capacités de récupération du milieu naturel, la balance, désormais, penchera de plus en plus du côté de l’agresseur. Une idéologie belliqueuse et orgueilleuse, la mythologie d’un « roi de la création » chargé de conquérir, de domestiquer, de dominer, sans souci ni des conséquences pour lui-même ni, bien sûr, des droits des autres être vivants devaient nous permettre de ravager la planète en toute bonne conscience. Et d’autant plus facilement que la religion du profit allait rendre licite n’importe quel méfait du moment que l’assurance d’un gain venait l’absoudre, voire le sanctifier. Dès lors, quoi d’étonnant si la production, l’industrialisation, le gigantisme humain, la croissance économique, sont tenus pour des vertus axiomatiques ?
« Les aberrations écologiques qu’entraîneront ces beaux et lucratifs principes, on ne les connaît que trop. La grosse industrie, les grands pollueurs, devant l’émotion enfin soulevée dans le public par leur excès, se trouvent désormais sur la défensive et réagissent de plusieurs façons. On condamne en bloc les rousseauistes, les passéistes, les amateurs de rêve bucolique ou de pureté champêtre, bref tous ceux qui ont l’impertinence, ces impies, de refuser d’adorer le Veau d’or, le Fric-Jéhovah ou Sainte production. Au besoin on les accusera de vouloir revenir à l’ère pré-industrielle alors qu’ils osent à l’avance penser l’ère postindustrielle. Puis on tente de minimiser les faits ou d’en émasculer la signification : n’y a-t-il pas eu, de tout temps, une érosion naturelle ? Des espèces animales n’ont-elles pas déjà disparu sans intervention de l’homme ? On va d’ailleurs plus loin, en tentant de vastes opérations de « dédouanement » publicitaire. A en croire certaines de ces firmes puissantes, c’est tout juste si leur souci majeur, essentiel, primordial, ne serait pas devenu la protection de l’environnement. L’écologie, l’environnement, les équilibres biologiques, etc., deviennent une tarte à la crème : de hauts personnages en ont, sans rire, plein la bouche, de ces mots qu’ils ignoraient il y a six mois.
« On ne luttera plus désormais, pour incarner une véritable conscience écologique, sans se heurter aux puissants. On n’y insistera jamais trop : le combat pour la qualité de la vie débouchera nécessairement sur des questions de principes et de finalités, donc de choix. Après tout, qu’est-ce qui compte vraiment ? Continuer à saccager allègrement la planète, ou bien accepter d’entrer dans une troisième phase de l’histoire des relations homme-nature, celle de la réconciliation ? »
THEODORE MONOD
Poignets ensanglantés, dents serrées, pieds nus,
et cette terre qui est un tapis en soie,
Cet enfer, ce paradis, sont les nôtres.
Que les portes des maîtres se referment pour ne plus jamais s'ouvrir,
supprimez l'esclavage de l'homme par l'homme,
cette invitation est la nôtre...
Vivre seul et libre comme un arbre,
et fraternellement comme une forêt,
cette nostalgie est la nôtre.
NAZIM HIKMET
Publié le 15 Janvier 2012
Publié le 26 Novembre 2011
Le capitalisme est une forme économique de l'esclavage
Le titre est certainement assez osé, et je ne doute pas qu'il sera jugé excessif. Il y a malgré tout des considérations utiles à tirer d'une comparaison entre l'esclavage et le capitalisme; et j'espère vous le montrer. Précisons tout de suite que cette comparaison n'a de sens que d'un point de vue économique, puisque le capitalisme est un système économique, et que l'esclavage lui-même a connu des justifications économiques. La comparaison ne portera donc pas sur les droits qui sont reconnus à l'esclave ou à l'ouvrier : ces droits sont, dans un cas comme dans l'autre, extrêmement variables, selon les époques et les cultures.
Qu'est-ce que l'esclavage? C'est la possession d'un homme à qui on est sensé donner nourriture, logis, bien de nécessité et quelques autres en fonction des services rendus et des relations que le maître entretient avec son esclave. Dans l'antiquité, certains s'occupaient même de la formation technique, voire intellectuelle, de leurs esclaves : c'est ainsi que l'esclave Epictète fut formé à la philosophie.
Qu'est-ce que posséder des moyens de productions? C'est acheter les conditions de travail d'un homme, afin de tirer ensuite profit de son travail.
Dans un cas, on achète un homme et on tire profit de son travail.
Dans l'autre cas, on achète les conditions de possibilité du travail, et donc, dans des conditions ordinaires, de la survie d'un homme, et on tire profit de son travail.
Le but est donc le même : tirer profit du travail d'autrui (ce qui est le propre du capitalisme, puisque son but est d'accroitre le capital en faisant les bons investissements).
Le moyen diffère. Mais nous devons souligner qu'il diffère surtout pour ce qui concerne des conditions extérieures au capitalisme et au domaine économique proprement dit. Heureusement, l'employeur n'a pas le droit de châtier corporellement son employé, par exemple, mais cet interdit ne relève pas de la définition même du capitalisme, qui n'a pas toujours eu ces scrupules. Et l'honnêteté oblige à dire que les droits reconnus aux travailleurs ne sont pas assurés par l'idéologie capitaliste, mais par la vigilance de l'Etat ou par les luttes et la surveillance syndicales.
Aussi bien pourrions-nous imaginer un pays où l'esclavage serait toujours permis, mais où cette pratique aurait été finalement plus "humanisée", par l'imposition de certaines règles de conduites : le maitre ne doit pas tuer son esclave, il ne doit même pas le blesser physiquement, ni lui interdire de se marier, etc.. Mais tout le travail de l'esclave restera possession du maître, qui, en retour, lui donnera de quoi vivre.
L'esclave vit ainsi directement sous la dépendance de son maître. L'employé ne vit pas directement sous la dépendance du capitaliste ; il a d'abord l'impression de vivre par son travail. Mais il faut avouer que la différence paraît moins nette. Car, à cause de la relation de dépendance qui existe malgré tout entre le capitaliste et l'employé, c'est au premier qu'appartient d'abord toute la richesse produite. Et ce n'est qu'en un second temps qu'il donne une part de cette richesse à son employé. Et l'on sait que ces dernières décennies la part de richesse reversée au travail n'a cessé de diminuer - ce qui est tout à fait dans la logique du capitalisme.
Nous nous demandons franchement quelle différence fondamentale existe alors entre les deux systèmes du point de vue économique. Dans les deux cas, la somme de travail et surtout la somme de richesse produite est la propriété du maître ou du capitaliste. Et celui-ci en redistribue une part à son esclave ou à son employé.
On me dira : mais tout de même, l'employé peut partir de son entreprise s'il n'est pas content! L'esclave, lui, ne le peut pas. Certes, mais cette objection prend appui sur une considération qui sort du domaine économique : il ne peut donc servir pour montrer que d'un point de vue économique il y a une différence. En outre, il faut observer que le capitalisme tend naturellement à empêcher la contestation des employés : en favorisant les grands regroupements, il conduit à niveler les conditions de travail, et même à les détériorer si cela permet des profits supplémentaires. Et il ne trouve pas intérêt à investir dans les zones où les exigences sociales sont jugées excessives, et préférera donc s'installer là où les employés seront plus "concurrentiels", c.-à-d. là où le profit sera meilleur. Dans un environnement de libre échange, les emplois ne pourront donc pas être viables si les employés ne se plient pas à la nécessité d'offrir du profit.
L'employé peut donc certes partir de son entreprise, mais que trouvera-t-il ailleurs? Rien de mieux, voire pire : le chômage. Il y a donc bien une sorte de chantage, qui n'est plus strictement "travaille pour moi ou meurs", mais qui s'en rapproche étrangement.
Il me semble ainsi que, du point de vue économique, le système capitaliste n'est rien d'autre qu'un système d'esclavage décentré et donc déguisé. Au lieu d'annoncer clairement que l'on possède un homme, on s'arrange pour qu'un homme soit obligé de venir nous offrir son travail. De la sorte, il y a pour lui, en fait, du point de vue économique, les mêmes contraintes et les mêmes résultats.
Sans doute ce rapprochement paraitra encore excessif, même après ces explications. Mais nous avons voulu montré que, pour ce qui concerne la logique économique de fond, le capitalisme était idéologiquement parent de l'esclavagisme.
Il est toujours un peu surprenant de constater comment les capitalistes, pour défendre leur position, renvoient leurs adversaires aux crimes du communisme, comme si être anticapitaliste impliquait forcément de revenir à de tels modèles. Il sera tout de même bon, alors, de leur rappeler qu'autrefois le capitalisme a bel et bien été esclavagiste, au sens le plus fort et le plus douloureux du terme. Pourquoi donc n'en ont-ils pas déduit qu'il fallait l'abandonner?