Vous ne comprendrez jamais car vous ne le voulez pas !

Publié le 9 Mars 2013





Monsieur le président,

Le 7 mars, vous avez rendu hommage à stéphane Hessel, rappelant son parcours de résistant, de diplomate, de militant et d'écrivain. Toutefois, lors de ce discours, vous avez déclaré :

"Il pouvait aussi, porté par une cause légitime comme celle du peuple pales­tinien, sus­citer, par ses propos, l’incompréhension de ses propres amis. J’en fus. La sin­cérité n’est pas tou­jours la vérité. Il le savait. Mais nul ne pouvait lui dis­puter le courage."

Comment peut-on, monsieur le président, ne pas comprendre une cause légitime ?

à l'heure oû vous envoyez l'armée combattre au Mali pour défendre les intérêts financiers français en Afrique sous couvert de défense des droits élémentaires humains contre une poignée de fanatiques islamistes, permettez moi de vous rappeller ce qu'est l'horreur quotidienne vécue par le peuple Palestinien au travers d'un extrait de 4 heures à Chatila de jean Genet :

 

« Il sera très facile à Israël de se dégager de toutes les accusations. Des journalistes dans tous les journaux européens s’emploient déjà à les innocenter : aucun ne dira que pendant les nuits de jeudi à vendredi et vendredi à samedi on parla hébreu à Chatila. » C’est ce que me dit un autre Libanais.

La femme palestinienne - car je ne pouvais pas sortir de Chatila sans aller d’un cadavre à l’autre et ce jeu de l’oie aboutirait fatalement à ce prodige : Chatila et Sabra rasés avec batailles de l’Immobilier afin de reconstruire sur ce cimetière très plat - la femme palestinienne était probablement âgée car elle avait des cheveux gris. Elle était étendue sur le dos, déposée ou laissée là sur des moellons, des briques, des barres de fer tordues, sans confort. D’abord j’ai été étonné par une étrange torsade de corde et d’étoffe qui allait d’un poignet à l’autre, tenant ainsi les deux bras écartés horizontaux, comme crucifiés.

Le visage noir et gonflé tourné vers le ciel, montrait une bouche ouverte, noire de mouches, avec des dents qui me semblèrent très blanches, visage qui paraissait, sans qu’un muscle ne bougeât, soit grimacer soit sourire ou hurler d’un hurlement silencieux et ininterrompu. Ses bas étaient en laine noire, la robe à fleurs roses et grises, légèrement retroussée ou trop courte, je ne sais pas, laissait voir le haut des mollets noirs et gonflés, toujours avec de délicates teintes mauves auxquelles répondaient un mauve et un violet semblable aux joues. Etaient-ce des ecchymoses ou le naturel effet du pourrissement au soleil ?

Est-ce qu’on l’a frappée à coups de crosse ?

Regardez, monsieur, regardez ses mains.

Je n’avais pas remarqué. Les doigts des deux mains étaient en éventail et les dix doigts étaient coupés comme avec une cisaille de jardinier. Des soldats, en riant comme des gosses et en chantant joyeusement, s’étaient probablement amusés en découvrant cette cisaille et en l’utilisant.

Regardez, monsieur.

Les bouts des doigts, les phalangettes, avec l’ongle, étaient dans la poussière. Le jeune homme qui me montrait, avec naturel, sans aucune emphase, le supplice des morts, remit tranquillement une étole sui le visage et sur les mains de la femme palestinienne, et un carton rugueux sur ses jambes. Je ne distinguai plus qu’un amas d’étoffe rose et gris, survolé de mouches.

...

Comment dire à leurs parents, qui sont partis avec Arafat, confiants dans les promesses de Reagan, de Mitterrand, de Pertini, qui les avaient assurés qu’on ne toucherait pas à la population civile des camps ? Comment dire qu’on a laissé massacrer les enfants, les vieillards, les femmes, et qu’on abandonne leurs cadavres sans prières ? Comment leur apprendre qu’on ignore où ils sont enterrés ?


La condition du peuple Palestinien est connu de tous, et vous êtes le garant des valeurs de la République : Les hommes naissent libres et égaux, Liberté, Egalité et Fraternité.

C'est pourquoi, je crois que le mot incompréhension est un terme choisi et vous l'opposez dans une subtile antithèse au mot sincérité. Voilà pourquoi ,monsieur le président, vous ne changerez ni maintenant, ni jamais, car votre incompréhension n'est pas sincère !


Si celui qui ne sais rien est un imbécile, alors celui qui sais et ne dis rien est un criminel.
Nier le génocide du peuple Palestinien, c'est vous rendre complice d'un crime contre l'humanité !




   

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

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M
<br /> toujours un plaisir de lire ta documentation<br /> <br /> <br /> Amicalement<br /> <br /> <br /> Françoise<br />
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H
<br /> <br /> toujours un plaisir de partager !<br /> <br /> <br /> Bise<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> hello Serge,<br /> <br /> <br /> Depuis que j'ai lu ce texte,  il y a quelques jours, des mots traînent dans ma tête  :<br /> <br /> <br />   Il est des mains qui ne peuvent plus se tendre<br /> <br /> <br />   Aussi tendres soient-elles, faute de doigts<br /> <br /> <br />   Qui est-tu, toi, pour me les prendre ?<br /> <br /> <br />   Et ainsi morte, qu'ai-je avoir avec tout cela ?<br /> <br /> <br />   Tu sembles avoir bu de la guerre, l'absinthe<br /> <br /> <br />   Qui entérine toutes les violences<br /> <br /> <br />   Mais, en effaçant mes empreintes<br /> <br /> <br />   Tu laisses les tiennes en évidence<br /> <br /> <br /> Je ne connais pas l'histoire de ces affrontements, je ne veux pas intervenir au delà du récit de Jean Genet mais j'ai lu le livre "indignez-vous" et je pense que chaque être humain doit avoir une<br /> place dans ce monde car la planète n'appartient à personne en particulier.<br /> <br /> <br /> Bonne journée et à bientôt<br /> <br /> <br /> Françoise<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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H
<br /> <br /> Bonjour Françoise,<br /> <br /> <br /> Merci pour ce poème qui résume en peu de mots la folie d'une guerre. Je n'ai pas lu "indignez vous" ( révoltez vous aurait été plus approprié ? ) .  Bien sur que cette planète est un bien commun, c'est pourquoi le pacifisme est salvateur. Un lien vers un<br /> admirable discours de Jean Rostand ;<br /> <br /> <br /> http://florealanar.wordpress.com/2013/03/10/discours-de-jean-rostand/<br /> <br /> <br /> " Etre pacifiste, c’est ne prêter qu’une oreille méfiante à ceux qui recommandent aujourd’hui le massacre, sous prétexte qu’il en préviendra un plus copieux demain ; c’est, sans méconnaître les<br /> droits de l’avenir, donner la priorité à la vie des vivants ; c’est vouloir la paix, même si elle n’a pas tout à fait la couleur qu’on préfère "<br /> <br /> <br /> Le discours est long et je connais un belge qui va pédaler ferme pour le lire ! <br /> <br /> <br /> Merci de ta visite en poèsie<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Bonjour Serge,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C'est une immonde hypocrisie politicarde qui ne fait pas honneur à son auteur.<br /> <br /> <br /> Il est complice du crime alors et le revendique.<br /> <br /> <br /> Quand à dire que la sincérité n'est pas la vérité dans ce cas précis d'un engagement qui défend une cause juste et reconnue (certes pas par les défenseurs de l'état d'israel), je trouve cela tout<br /> simplement pervers, voilà, je cherchais le mot approprié.<br /> <br /> <br /> Je n'arrive même plus à trouver de l'indignation en ce moment avec toutes ses injures que l'on prend à travers la figure ses derniers temps, mais ça va revenir je le sais, un coup de fatigue, et<br /> hop, Marx et ça repart.<br /> <br /> <br /> En tout cas, je te remercie pour cela, j'avais lu en effet cet affront mais je l'avais occulté.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> caro<br /> <br /> <br />  <br />
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H
<br /> <br /> Bonjour Caro<br /> <br /> <br /> Comme disait Audiard : "Si l'hypocrisie se mesurait, Hollande servirai de mètre étalon, il serait à Sèvre !"<br /> <br /> <br /> Lui ce n'est pas de l'incompréhention qu'il sucite, mais du dégout et de la colère.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Beau dimanche<br /> <br /> <br /> Bisoux<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />