Une terre capable de pluies justes

Publié le 5 Octobre 2012




ARRETEZ LES RIVIERES
 
arrêtez les rivières pour que vienne la mer
c'en est fait du retard pris sur les équinoxes
je sens grandir en moi un monde inachevé
où la vigne grandit jusqu'au sertao rouge
 
car je n'ai pas fini de naître
tous mes yeux sont en cendre mon sang
est noir de monde
mais j'ai ouvert le feu ma chair est insurgée
et ce n'est qu'un début
des milliers de brasiers avancent par le monde
partout la marée monte
partout les poings se lèvent
voici que toutes choses vont devenir nouvelles
 
ARRETEZ LES RIVIERES
ne bercez plus vos enfants morts
il est grand temps d'ouvrir les digues
à cette terre en marche dans nos rêves
 
ne bercez plus vos enfants morts
l'eau venait à manquer dans vos maisons
imaginaires
mais voici une terre capable de pluies justes
et puis voici qu'il neige à la pointe des blés
des chevaux gris déjà s'abreuvent dans la mer
et les moissons déferlent dans l'or
des avalanches
 
ARRETEZ LES RIVIERES
la colonne était vide qui marchait devant vous
mais les feux de la plaine
ouvrent au monde qui vient le chemins des eaux
libres
et ce sera la fin des évidences présentes
 
VOUS ! VOUS TOUS !
 
vous qui courbez la tête accroupis dans vos temples
sortez !
levez vos têtes millénaires
vous ne devez plus rien
votre regard est matinal
déjà les chaînes tombent de vos actes anciens
les routes insoumises ont la peau
des Communes
 
Il vous viendra des bras si vous prenez
les armes
et des champs de sang libre
à chaque meurtre nécessaire !
 
alors c'en sera fait de vivre sous la terre
et de vivre emmurés dans la paix des usines
de ses nuques ployées sur des champs
étrangers de ces mains enchaînées
au rythmes des cadences
de ces hommes couchés sur des croix
passagères
le peuple marchera sur les plus hautes routes
 
alors les oiseaux morts quitteront mon regard
et tous mes yeux pourront s'ouvrir
j'aurais assez de terre pour y creuser un puits
avec toutes les chances qu'on y vienne s'asseoir
et sous la cendre chaude du pain multiplié
 
alors je briserai les tables de la loi
j'irai en titubant sur la montagne sainte
le corps à découvert et les armes à la main
ma tête éclatera de la gloire interdite
et le torse troué de paroles futures
je verrai dans le feu les vautours s'abattre !
 
ce n'était donc que ça !
le feu en qui je parle ne se consume pas
mais qui m'appellera de ce buisson
de cendres ?
 
TRISTAN CABRAL






 
 
 

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

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C
<br /> Merci tout simplement Serge.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bises épatées de caroleone<br />
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H
<br /> <br /> Certaines poèsie mériteraient un blog à elle toute seule !<br /> <br /> <br /> Bisoux mon amie<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Bonjour Serge,<br /> <br /> <br /> Je suis revenue relire la poésie et réécouter la chanson, j'peux pas commenter les deux en commun.<br /> <br /> <br /> Alors la chanson des Combo : ça c'est une chanson pour quelqu'un qui en marre du boulot et qui est bien content d'être en WE <br /> <br /> <br /> Non, c'est bien, mais il faut y revenir ne pas rester sur une écoute....et puis, m'as pas échappée l'image des capotes de la CGT étendues sur un fil, ça m'a bien plu tiens !!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour le texte, c'est celui d'un auteur contemporain je pense, je ne le situe pas, je veux dire au niveau des engagements. Je comprends le message en partie, j'ai le sentiment qu'il veut que la<br /> terre soit mieux irriguée à tous les niveaux, source de vie, mais aussi appel à l'insurrection révolutionnaire, brisons nos chaînes pour faire vite.<br /> <br /> <br /> Pourquoi dis t-il arrêtez les rivières, alors que juste après il parle que l'eau manque , il parle d'eau juste ? Ou alors c'est une rivière de sang ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ca me perturbe, il y a un truc qui m'échappe mais tu dois avoir la réponse <br /> <br /> <br /> Chuis nulle pour déchiffrer les poètes que je ne connais pas, je suis trop cantonnée aux miens par facilité.<br /> <br /> <br /> Bises et bon samedi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> caro<br /> <br /> <br />  <br />
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H
<br /> <br /> Bonjour Caro,<br /> <br /> <br /> La première fois que j'ai écouté Combo Quilombo, je suis tombé sur le cul ! Le partage est une chose naturelle, chez eux, chez Woody Gutherie, et chez n'importe quel être humain digne de ce<br /> nom. Il existe des musiciens qui ne revendiquent pas de droits d'auteur, ainsi que des paysans qui partagent leurs récoltes. Mais tu vois Caro, des gens qui en ont marre de leur boulot, qui sont<br /> contents de partir en week end, j'en connais un paquet, et en général, ce sont ceux qui préfèrent stygmatiser les Rroms que d'avoir le courage de faire grève, même s'ils sont persuadés au fond<br /> d'eux même que leur patron est une grosse ordure d'exploiteur ! Concernant la CGT, je reste persuadé que que le syndicat reste la meilleure arme de défense d'un exploité, mais il faut bien<br /> reconnaitre que le mot exploité ne fait plus, depuis trop longtemps, parti du vocabulaire de cette organisation, à laquelle il est arrivé de "mettre de l'eau dans son vin", expérience que<br /> j'ai cruellement vécue à titre personnel !<br /> <br /> <br /> Concernant Tristan Cabral, et pour avoir lu quelques écrits de lui, je pense qu'il faut appréhender sa métaphore en pensant plus à la conséquence qu'à la cause, plus à l'embouchure qu'à la source<br /> ! Une majorité de gens sont opprimés par le système, mais n'osent pas se révolter en se résignant, en se disant que cela ne changera rien, que la mer est est assez grande pour absorber nos<br /> misères.( voire toute les misères du monde !) Lorsqu'il dit :"J'aurai assez de terre pour y creuser un puits", on comprend que les rivières qu'il veut arreter sont autant d'entonnoirs, de<br /> maelstroms qui nous absorbent contre notre gré. Lorsqu'il ajoute : "et avec toute la chance qu'on y vienne s'asseoir" je le ressent comme un sentiment sousjacent et étouffé chez chacun de nous ;<br /> "sous la cendre chaude du pain multiplié" putain que c'est beau, le partage est une chose humaine, naturelle, nous naissons comme cela, n'importe quel enfant ne porte pas de jugement, mais la<br /> socièté nous oblige à rentrer dans une putain de case hierarchique, nous obligeant à piètiner notre nature profonde, obligeant certains à marcher sur la tête des autres, et à trouver dans la<br /> masse un alibi qui les soulagent de se regarder en face dans un miroir, chose qu'un singe fait sans problème car il respecte ses congénères.<br /> <br /> <br /> Eh bé, Caro, j'me suis un peu laché sur ce coup là !<br /> <br /> <br /> Ta sincérité et ton amitié méritent bien plus que ces quelques lignes.<br /> <br /> <br /> Bisoux mon amie<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />