Le courage des meutes

Publié le 13 Mars 2013





Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés
 
Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
 
Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête
 
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
 
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.



Paul Eluard
Au rendez-vous allemand, "Comprenne qui voudra" (1944)
En ce temps là, pour ne pas châtierles coupables, on maltraitait des filles.On allait même jusqu’à les tondre.



 


 

 







 
 





 
 
 

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Commenter cet article
A
<br /> Reste à espérer que, si de telles ignominies devaient à nouveau se produire, nous aurions assez de courage pour nous y opposer.<br />
Répondre
H
<br /> <br /> Bonsoir Anne-Marie<br /> <br /> <br /> Je ne sais comment on peut réagir devant une foule en furie. Je me suis souvent posé la question et je crois que le seul moyen de stopper net de telles saloperies est de semer la terreur, encore<br /> faut-il le pouvoir. Mais c'est aussi répondre à la violence par la violence. Prévenir plutôt que de guerrir, alors ? La théorie est toujours simple. Le discours de Valls sur les roms, qui rejoint<br /> celui de l'extrème droite est un exemple de stygmatisation qui reçoit un écho favorable chez une majorité de la population, et qui peut aboutir à ce genre de phénomène. Notre socièté laisse<br /> l'humanité foutre le camp. Les graines de haines sont plantées dans le terreau fertile de la crise économique. Il est plus facile de trouver un bouc émissaire que de d'avoir le courage de<br /> désobéir à une autorité. Non, rien a changé ... ça fait peur !<br /> <br /> <br /> Merci de ton commentaire<br /> <br /> <br /> amitiés<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br />  <br /> <br /> <br /> Bonsoir Serge,<br /> <br /> <br /> le com' de Fanfan, m'a renseigné car bien qu'en ayant entendu parler, je ne savais pas qui s'étaient autorisé à de telles humiliations ! Il doit être difficile de vivre après une telle ignominie<br /> ! Attristant et ça fait bien cogiter !<br /> <br /> <br /> Ils t'ont fait sauter la vidéo ces malappris de youtube, mais on peut la regarder chez eux .<br /> <br /> <br /> Amicalement merci, très beau texte et belle association.<br />
Répondre
H
<br /> <br /> Salut Adam<br /> <br /> <br /> C'est comme un lynchage, mais il faut vivre avec le reste de ta vie. L'esprit de meute fait peur surtout quand les "humains" se l'approprie.<br /> <br /> <br /> Ces saloupiots de youtube et de l'ina nous oblige à faire une petite manip (visionner sur youtube)<br /> <br /> <br /> Mais j'ai rajouté une version espagnole de Brassens avec des images d'époque. C'est hard.<br /> <br /> <br /> Merci de ta visite<br /> <br /> <br /> @mitiés<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Un poème magnifique qui met en relief une infâmie qui m'a toujours horrifiée... voir ces femmes tondues et humiliées en public fut pour moi insupportable .. je n'ai pas connu bien sûr cette<br /> époque de règlement de comptes sans nuance mais j'y ai vu une lâcheté et un manque d'humanité d'autant que bien souvent ceux qui ont participé à ces actes de vengeance étaient parfois des<br /> résistants de dernière heure.. de toute façon je n'ai jamais supporté l'humiliation de quiconque.<br /> <br /> <br /> Bonne journée Serge.. ici la neige est magnifique. Bisous <br />
Répondre
H
<br /> <br /> Bonjour Fanfan<br /> <br /> <br /> Je suis comme toi, horrifié par ce comportement qu' on ne retrouve que dans les meutes. C'est comme un lynchage. Se lacher sur des innocentes inoffensives pour expiéer leur couardise, c'est à<br /> vomir. Difficile d'enrayer de tels mouvements de foule haineuse. Cela peut se reproduire à l'avenir dans d'autres circonstances, c'est pourquoi je crois qu'il faut en parler au delà de tout<br /> tabou.<br /> <br /> <br /> Quelques flocons sans plus, mais le frois qui revient !<br /> <br /> <br /> Bisoux<br /> <br /> <br /> Serge<br /> <br /> <br /> <br />