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Publié le 30 Septembre 2013

Communiqué de La Bande Passante :

 

 

 

 

Roms : la commune humanité bafouée
 
 

 

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.
 
Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.
 
Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?
 
Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.
 
Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.
 
La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.
 
En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.
Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.
 
Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.
 
Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.
 
Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :
Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.
 

N'hésitez pas à diffuser largement cet appel.

 

 


 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 10 Septembre 2013

Il parait que notre cher prix nobel de la paix a versé un ptite larme après avoir vu Le Majordome (film dégoullinant à la gloire de l'Amérique toute puissante)

lire : http://www.lepoint.fr/cinema/le-film-qui-a-fait-pleurer-obama-05-09-2013-1721246_35.php

Mais qu'en est il de celui-ci, si bien sur il l'a vu !

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 31 Août 2013

Après onze années passées enfermé à Guantanamo, les autorités Américaines l'ont enfin fait sortir de cet enfer; il a atterri sur le sol algérien avant hier soir. Et ceci n'aurait pas pu arriver sans vos 18000 signatures sur ma pétition.

J'ai passé tant d'années à attendre ce moment, où Nabil ne serait plus emprisonné à Guantanamo, que j'ai du mal à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. J'espère pouvoir le revoir très bientôt, même si je sais qu'il est très affaibli après la longue grève de la faim qu'il a entamée il y a six mois, avec la plupart de ses autres codétenus, faute d'espoir de pouvoir sortir de là un jour.

Je vous remercie infiniment d'avoir signé et diffusé ma pétition, lancée deux jours après le début de sa grève de la faim. Tous vos messages nous ont énormément aidé, ma famille, mes proches et moi-même, à passer cette période difficile et obtenir cette première victoire. Ma pétition m'a permis d'obtenir l'attention des médias et des autorités. Et je n'y serais pas arrivé sans votre mobilisation et le soutien de ses avocats et d'organisations telles que l'ACAT ou Change.org.

Je suis très reconnaissant aux autorités de mon pays d'avoir bien voulu l'accueillir et de soutenir le Président Obama dans sa volonté de vider ce centre de détention de la baie de Guantanamo. Mais c'est en France que toute la famille de Nabil vit aujourd'hui. Pour que Nabil se remette de toutes ces années de souffrances inexpliquées, il a besoin d'être entouré des personnes qu'il aime. Pour que mon calvaire prenne fin, j'ai besoin de m'occuper de Nabil comme de mes autres enfants, comme ça a toujours été depuis qu'il est orphelin. Aussi, nous continuerons à nous battre et à vous solliciter, pour que Nabil puisse très bientôt rentrer dans le pays où réside toute sa famille, la France.

Pourriez-vous continuer à faire signer la pétition autour de vous? Nos chances sont encore plus grandes de voir Nabil revenir en France maintenant : n'abandonnons pas, chaque signature compte.

Cliquez ici pour partager la pétition sur Facebook, ou envoyez ce lien court à vos amis : www.change.org/nabilhadjarab

Avec tous nos plus sincères et chaleureux remerciements pour votre soutien dans cette première étape importante pour toute la famille,

Ahmed

Nabil Hadjarab, renvoyé en Algérie après onze ans à Guantanamo

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 29 Juin 2013

Lu sur rebellyon

En qualifiant la France de « réactionnaire », Monsieur Barroso, Président de la Commission Européenne a provoqué un concert de protestations dans toute la France. Les politiques de gauche comme de droite se lèvent tous comme un seul homme pour protester contre cette attaque insupportable qui vise la patrie des droits de l’homme, de Johnny Hallyday et de la baguette

Dans une inter­view à l’International Herald Tribune, Barroso déclare : « Certains (de ceux qui défen­dent l’excep­tion cultu­relle) disent être de gauche, mais ils sont en fait extrê­me­ment réac­tion­nai­res » [1]. La France n’est pas citée nom­mé­ment, mais tout le monde aura com­pris. La classe poli­ti­que fran­çaise est en état de choc. « Ces propos sont abso­lu­ment cons­ter­nants. Ils sont inac­cep­ta­bles » déclare la minis­tre de la culture. « Je ne veux pas croire que le pré­si­dent de la Commission euro­péenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi for­mu­lés » déclare François Hollande.
Même la fille Le Pen bondit sur l’occa­sion : « Les insul­tes du pré­si­dent de la Commission euro­péenne contre la France, qua­li­fiée de réac­tion­naire par José Manuel Barroso, confir­ment la vio­lence du sys­tème euro­péen qu’on impose aux Français et aux peu­ples d’Europe contre leur gré ». Marine Le Pen qui défend les rap­peurs fran­çais, on aura tout vu.

Monsieur Barroso est donc sourd, sauf pour la musi­que. Il s’offus­que de la volonté de la France de pro­té­ger ses artis­tes et leurs CD, mais le sort de cer­tains êtres humains lui importe moins. Depuis des mois, il est pour­tant alerté par dif­fé­rents orga­nis­mes sur le trai­te­ment dis­cri­mi­na­toire que la France inflige aux Roms, la plus grande mino­rité eth­ni­que euro­péenne. En sep­tem­bre 2010, après la cir­cu­laire illé­gale contre les Roms, l’Europe avait fait sem­blant de taper du poing sur la table avec la sortie de Viviane Reding, qui elle aussi avait pro­vo­qué une vague d’indi­gna­tion en France.
Elle décla­rait à propos des expul­sions à répé­ti­tion : « j’ai été per­son­nel­le­ment cho­quée par des cir­cons­tan­ces qui don­nent l’impres­sion que des per­son­nes sont ren­voyées d’un État membre uni­que­ment parce qu’elles appar­tien­nent à une cer­taine mino­rité eth­ni­que. Je pen­sais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situa­tion après la Seconde Guerre mon­diale » [2]. Depuis, plus rien. Pas un mot, pas une pro­tes­ta­tion.

Au pre­mier tri­mes­tre 2013, d’après un rap­port de l’AEDH [3], le nombre d’expul­sions de Roms de leur lieu de vie a aug­menté de plus de 30 % par rap­port à la même période de 2012.
En 2012, le nombre d’expul­sions d’étrangers du ter­ri­toire fran­çais a lui aussi battu tous les records : 36 822, parmi les­quels plus de 12 000 Roms. En mars 2013, Manuel Valls qui pense se donner une sta­ture pré­si­den­tielle en pour­chas­sant des ter­ro­ris­tes fan­tô­mes et en tapant sur les Roms, mul­ti­plie les décla­ra­tions racis­tes contre cette mino­rité en toute impu­nité : « les occu­pants de cam­pe­ments ne sou­hai­tent pas s’inté­grer dans notre pays pour des rai­sons cultu­rel­les ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la men­di­cité ou la pros­ti­tu­tion » . [4]
La poli­ti­que ségré­ga­tion­niste de la France socia­liste contre les Roms touche également les enfants et se tra­duit par des clas­ses ghetto, comme à Ris-Orangis où des enfants vont en classe dans un gym­nase. A Saint-Fons, la séna­trice-maire socia­liste, madame Demontès, innove en créant une classe eth­ni­que spé­ciale réser­vée aux enfants Roms d’un bidon­ville. La salle de classe se situe dans le même bâti­ment que la police natio­nale et la police muni­ci­pale. Là, au moins, ils sont bien gardés, ces futurs délin­quants. En revan­che, ils n’ont pas fait beau­coup de pro­grès en fran­çais et pour la mixité, on repas­sera. [5]

La répres­sion poli­cière contre les Roms atteint elle aussi des som­mets. A Saint-Fons encore, la police orga­nise une expé­di­tion puni­tive pour se venger d’un jet de pierre et va gazer des enfants, sac­ca­ger des caba­nes, jeter des chiens poli­ciers contre des vieillards. [6]
La police s’amuse également à placer en garde-à-vue des nour­ris­sons, ne sachant ni parler, ni mar­cher en les accu­sant … de men­dier… [7]

Chaque jour, les arres­ta­tions au faciès se mul­ti­plient, les expul­sions vers la Roumanie conti­nuent et la chasse aux Roms va repren­dre de plus belle avec la tor­peur de l’été enfin ins­tallé.

Alors M. Barroso qua­li­fie la France de réac­tion­naire et il a raison. Le score du Front National aux der­niè­res élections, notam­ment celles de Villeneuve-sur-Lot prouve que de plus en plus de fran­çais, pour des rai­sons mul­ti­ples, se tour­nent désor­mais sans com­plexe vers l’extrême droite et se reconnais­sent dans le dis­cours de haine de Le Pen.

En qua­li­fiant aussi dure­ment la France pour sa poli­ti­que cultu­relle, Barroso montre clai­re­ment les prio­ri­tés de cette Europe qui met à genoux des popu­la­tions entiè­res afin de pré­ser­ver les ban­ques, mais qui est inca­pa­ble de pro­té­ger une mino­rité per­sé­cu­tée dans tous les pays où elle croit trou­ver refuge.
Pour mon­sieur Barroso, on peut stig­ma­ti­ser une popu­la­tion toute entière, pour­chas­ser des femmes, des enfants et des vieillards en raison de leur appar­te­nance eth­ni­que, lais­ser la police se livrer impu­né­ment aux pires vio­len­ces, pas de pro­blème. Vous pouvez comp­ter sur son silence. En revan­che, pas touche au busi­ness.

Tapez sur vos Roms, Barroso se tait, pro­té­gez vos CD, Barroso pro­teste.

Bienvenue dans l’Europe des mar­chan­di­ses et des ban­quiers.

Philippe Alain

Après l’exception culturelle, sauvons la chasse aux Roms, une autre tradition française

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 10 Juin 2013

Karl Heinz Roth, né en 1942, a été un militant du de l''Opposition extraparlementaire dès le milieu des années 60. Parallèlement à ses activités de médecin, il s’est consacré à l’histoire de « l’autre mouvement ouvrier », celui des ouvriers non qualifiés, des immigrés, des travailleurs forcés, et à la résistance au capitalisme sous le nazisme. Le 9 mai 1975, Karl Heinz Roth est arrêté avec Roland Otto sur un parking de Cologne après avoir été grièvement blessé par un policier. Au cours de l’incident, Werner Philipp Sauber, un militant clandestin du Mouvement du 2 Juin et un policier sont tués. Le 26 juin 1977, Roland Otto et Karl Heinz Roth sont acquittés de l’accusation de meurtre et retrouvent la liberté au terme d’un procès exemplaire au cours duquel le montage policier s’est lamentablement écroulé. Pendant les deux années qui venaient de s’écouler, Roth avait mené un combat exemplaire pour la survie. C’est ce qu’il raconte dans ce texte, auquel nous lui avons demandé d’écrire une présentation, à l’usage des lecteurs qui n’ont pas vécu de manière consciente « l’automne allemand »

 

 

 

Extrait ...

 

Des flocons de neige imaginaires

Avez-vous déjà souffert de troubles du sommeil ? En cas contraire, vous devriez tout de même vous soucier que ceux qui en torturent d’autres en les privant de sommeil, ne restent pas totalement impunis. Et il y en a beaucoup. Je pense à ceux, au cœur de l’État de droit, mettent en œuvre des sanctions pénales aggravées.
 
Durant diverses phases de ma détention, j’ai fait connaissance avec les tempêtes de neige imaginaires. Je vais parler de la plus longue et de la plus dévastatrice, qui a duré onze mois. Lorsqu’en août 1976 je fus définitivement transféré à l’infirmerie de la prison de Bochum, des électriciens étaient justement occupés à installer deux projecteurs supplémentaires en face de ma cellule. Les lampes étaient dirigées droit sur la fenêtre de celle-ci, à cinq mètres environ, et à la hauteur du troisième étage, où se trouve la cellule pour terroristes 3/38. Elles flanquaient ma cellule, faisaient 500 watts chacune, étaient séparées de quelques mètres. Tard dans la soirée du 1er   août, j’en bénéficiai pour la première fois. Trois projecteurs - le troisième, plus éloigné, était déjà installé en face, sur le mur du bâtiment administratif - illuminèrent ma cellule a giorno. Au début je n’avais rien contre. Car jusqu’ici on éteignait les lumières à 22 heures. À partir du mois d’août, je pus lire sans interruption. Grâce aux projecteurs, il faisait grand jour en permanence dans ma cellule.
 
Au bout de deux ou trois jours l’euphorie s’était dissipée. Quand je m’aperçus que je ne pouvais pas dormir sous la lumière des projecteurs, je m’habituai à lire jusqu'au matin. J’étais tiré du sommeil qui suivait à six heures tapantes, car la journée carcérale commençait, et ce sommeil se fit de plus en plus superficiel. Au bout d’une semaine, ce n’était plus qu’une somnolence apathique avec de très courtes pointes de sommeil, littéralement quelques minutes. Je perdis la capacité de me concentrer et donc l’envie de lire la nuit. Une angoissante perte de repères s’instaura. Je perdis le sens du temps et de l’espace. Quand les surveillants utilisaient l’interphone, le son creux de leur voix me rendait inquiet. Je devins instable, incapable de lire longtemps, de fixer mes pensées et de les noter. Quand je recevais des visites, il me fallait un certain temps pour m’habituer à la situation. Pendant un certain temps, on me donna des somnifères. Ils perdirent vite leur efficacité. Le médecin du service me proposa de suspendre tout simplement une couverture devant la fenêtre ; le résultat fut mauvais, l’obscurité soudaine dans ma cellule me fit encore plus peur, me tint éveillé et me donna l’illusion que les 20 m3 de la cellule fondaient sur mon corps. En outre les surveillants qui faisaient la nuit me criaient d’enlever la couverture. Fin août je vis les premières tempêtes de neige. Des fils blancs qui passaient de haut en bas, dans les espaces libres des doubles barreaux de ma lucarne. On aurait dit un film quand la bande se déchire. Peu à peu les fils s’aggloméraient. Ils se transformaient en taches dansantes, dont les mouvements ralentissaient peu à peu.
 
Je ne voulais pas voir tout cela. Je me cramponnai au grillage et observai l’extérieur. Les contours du mur, du toit qui s’inclinait au-dessus, de la cour des transferts et du bâtiment administratif qui se trouvait derrière s’étaient estompés. On avait l’impression de regarder à travers un verre dépoli. Je passai la main à travers les barreaux. Était-ce bien une grille supplémentaire ou l’avait-on remplacée, comme à Ossendorf, par une moustiquaire qui produit le même effet quand on regarde à travers ? Non, tout était comme avant. Plus je regardais attentivement, et plus ce que je voyais s’estompait et se faisait statique. Si je cessais de me concentrer, la vitre dépolie se dissolvait en taches isolées et recommençait à bouger.
 
Cela devint dangereux quand la tempête de neige entra dans ma cellule. Je fermai les yeux et me mis à chanter. Les yeux fermés je marchai de long en large dans la cellule, quatre pas dans un sens, quatre dans l’autre. Je chantai tout mon répertoire. Puis je me mis à parler avec moi-même. Des dialogues fictifs à une personne, où les partenaires utilisaient deux langues étrangères différentes. Moi-même devins ces deux personnes. Les exercices de concentration que j’avais entre-temps terminés, glissaient à l’hallucination. Ayant perdu tout sens du temps et poussé par la nécessité de le cacher aux verts et aux blancs [surveillants et personnels médical, NdT], je me ramenais à la réalité. Ces luttes duraient parfois des jours entiers. Finalement j’inversai le rythme circadien. Je travaillais et lisais la nuit, le jour je somnolais, avec de temps en temps deux phases brèves de sommeil, vers 9 heures et 17 heures. Je commençai à trouver un modus vivendi avec la privation de sommeil. Je m’abandonnai sans résister aux illusions d’optique. Les combats avec les hallucinations qui s’ensuivirent furent très durs. Je cédai quelques pouces de terrain, m’y habituai, pour ensuite les discipliner et les éliminer. Ce fut une lutte contre la folie. La ligne de crête que je suivais était souvent très étroite. J’avais une maladie chronique, des problèmes circulatoires. Je brûlai mes dernières réserves pour éviter ce que la privation de sommeil visait : faire du délinquant condamné d’avance un fou nécessitant un traitement psychiatrique. Je pus interdire aux surveillants médicaux d’entrer dans ma cellule - ils avaient violé de façon flagrante mes droits de prisonnier en détention préventive en empêchant une expertise médicale relative à une contre-indication de placement en détention et en me déclarant pour un temps pratiquement illimité en état de comparaître- - ce qui m’aida fortement. Je ne reçus plus qu’un médecin agréé extérieur pour la visite du matin. Le matin j’étais relativement en forme. En outre je pouvais compter sur le fait que ce médecin n'éprouvait aucun intérêt particulier à informer la police politique sur de nouveaux possibles points faibles sur lesquels m'attaquer.
 
Je n’ai pas été le seul pour qui les projecteurs firent de Bochum un enfer. À l’automne 76, alors que j’étais encore à l’isolement, Guillaume [Günter Guillaume, conseiller personnel du chancelier Willy Brandt, condamné en 1975 à 13 ans de prison pour espionnage au profit de la RDA, NdT]  passa devant moi en se rendant au laboratoire. Nous échangeâmes quelques mots, comme à Ossendorf, avant d’être poussés plus loin par les matons. Guillaume  avait un besoin urgent de soins médicaux. Il était à deux cellules de la cellule pour terroristes 3/38, les cellules directement voisines sont toujours vides. Les projecteurs l’empêchaient de dormir lui aussi. Voyant que ses plaintes restaient sans effet, il obtint d’être renvoyé à la prison de Rheinbach. Il n’avait passé que quelques jours à Bochum. Par la suite il refusa tout traitement médical.
 

 

Source TLAXCALA

L'intégralité du texte ici

 

 

 

 

 

Dans le ventre de la baleine

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 16 Avril 2013



En invoquant la différence culturelle des Roms, le ministre de l’Intérieur a franchi un cap. Xénophobie d’Etat ? Entretien avec le sociologue Eric Fassin.




Regards.fr. En déclarant récemment que les Roms « ne souhaitent pas s’intégrer », notamment « pour des raisons culturelles », Manuel Valls a-t-il franchi un cap ?

 

Eric Fassin. Il faut d’abord rappeler que le ministre socialiste choisit de donner cet entretien au Figaro : c’est pour mieux valider les thèses de la droite. Il est vrai que le terrain a été préparé, en 2010, par l’essai très médiatisé d’un sociologue qui se dit de gauche, Hugues Lagrange : contre ceux qui rappellent l’importance de la classe, mais aussi de la discrimination raciale, Le déni des cultures prétendait en effet expliquer la délinquance par la culture d’origine. Manuel Valls part des mêmes prémisses. Invoquer l’explication culturelle, c’est écarter toute autre explication des problèmes que connaissent les populations roms – comme la misère et la stigmatisation, l’une renforçant l’autre dans un terrible cercle vicieux. C’est une manière de dire que les problèmes sont de leur fait, et de leur faute – nous n’y sommes pour rien. C’est sans doute en raison de leur culture que les Roms vivent dans des bidonvilles à ciel ouvert, en bordure des routes… Le ministre de l’Intérieur affirme ainsi que les Roms « sont à l’origine de problèmes de cohabitation » avec les habitants des quartiers populaires ; et quand il ajoute que ces problèmes « prennent des formes parfois inquiétantes, comme en témoignent les incendies constatés la semaine dernière à Aubervilliers et Sarcelles », il néglige de dire que ce sont les Roms qui en sont les victimes !

 

Le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy en 2010 constitue-t-il un tournant politique dont nous continuons à sentir les effets, malgré le changement de présidence ?

 

La chasse aux Roms lancée par Manuel Valls pendant l’été 2012 faisait écho à celle lancée par l’ancien président de la République pendant l’été 2010. Le plus troublant, c’est peut-être aujourd’hui le retour d’une même rhétorique : d’un côté, on stigmatise, en faisant l’amalgame entre Roms et délinquance ; de l’autre, on prétend que c’est pour leur bien qu’on démantèle leurs camps « insalubres ». Le Figaro reprend d’ailleurs à son compte cette logique de persécution humanitaire : « Plusieurs camps, où des dizaines d’occupants se mettaient en danger en vivant sur le bord d’axes routiers, ont encore été évacués. » Mieux, Manuel Valls emprunte à Nicolas Sarkozy son expression favorite, en matière d’immigration – et il l’exporte au-delà de nos frontières : « Je partage les propos du premier ministre roumain quand ce dernier dit “Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner”. » L’euphémisme est remarquable : il permet de refouler la coercition ; tout se passe comme si la reconduite à la frontière n’était qu’une manière d’aider les Roms à accomplir leur vocation. L’expulsion choisie, c’est ce qu’on pourrait appeler un destin de choix. N’allons surtout pas demander ce qui leur a fait quitter la Roumanie, au risque d’être traités comme ils le sont ailleurs en Europe. Et ne nous soucions pas non plus de la contradiction : s’ils ne souhaitent pas s’intégrer, nous dit-on, c’est du fait de leur culture nomade ; aussi doivent-ils rester chez eux, nous explique-t-on ensuite, plutôt que de circuler librement !

 

A l’époque, la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, s’insurgeait contre la « politique du bouc émissaire » révélée par une circulaire ministérielle qui demandait aux préfets de démanteler en priorité les camps de Roms. L’Europe peut-elle être aujourd’hui un rempart ?

 

En 2010, c’est l’Europe qui avait reculé. Depuis, on ne l’entend plus guère. Sans doute est-elle, en théorie, la garante des droits humains. Mais en pratique, c’est aussi la directive « retour » de 2008, dite « directive de la honte ». Et l’on peut se demander si le ciment de la politique européenne, aujourd’hui, ce n’est pas la politique d’immigration : à défaut de protéger contre les marchés, l’Union protège contre les étrangers. Aujourd’hui, l’Europe est donc une forteresse xénophobe plutôt qu’un rempart démocratique.

 

L’ouvrage publié par le collectif Cette France-Là en 2012 s’intitulait Xénophobie d’en haut. Le choix d’une droite éhontée. La gauche fait-elle mieux que la droite sur ce sujet ?

 

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. On instrumentalise la question rom pour distraire d’autres enjeux – en particulier économiques. Pourtant, la crise n’est pas à proprement parler la cause de cette xénophobie d’État ; elle en est plutôt l’occasion. Il n’est pas surprenant que la gauche s’inscrive dans cette continuité : elle ne remet nullement en cause les formulations de droite, qu’il s’agisse du « problème de l’immigration » ou de la « question rom ». On se souvient de la fameuse phrase : le Front national apporterait de mauvaises réponses à de bonnes questions. Elle date de 1984, mais, pour la gauche, elle est toujours d’actualité, hélas. Toutefois, la nouveauté concerne les Roms : le problème, si l’on peut dire, c’est qu’ils sont européens ; il devient de plus en plus injustifiable de leur imposer un statut différent. En principe, il n’est donc pas possible de les traiter aussi mal que les non-Européens (en particulier, les Africains) – sauf à racialiser ce groupe, comme s’il était d’une nature différente. Mais la République française ne parle évidemment pas de race : aussi nous parle-t-on d’une différence culturelle. Il est d’ailleurs intéressant que ceux qui ont dénoncé les slogans différencialistes de SOS Racisme dans les années 1980 (« vive la différence ! »), comme Pierre-André Taguieff ou Alain Finkielkraut, ne protestent pas aujourd’hui contre le différencialisme d’État. Les ennemis du multiculturalisme d’inclusion n’auraient-ils rien à redire à ce culturalisme d’exclusion ?


Source : http://www.regards.fr/migrations/eric-fassin-manuel-valls-valide,6402



 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 9 Avril 2013



Quand la justice revêt enfin un visage humain, ne nous privons pas de cette bonne nouvelle ...

Lu sur Rebellyon info : http://rebellyon.info/Le-prefet-du-Rhone-condamne-par-la.html





Le préfet du Rhône condamné par la justice

 

Jean-François Carenco, préfet du Rhône, a été condamné par un juge à héberger les familles de Villeurbanne qu’il venait d’expulser. Il disait appliquer les décisions de justice en expulsant. On attend maintenant qu’il applique les décisions de justice en hébergeant.

 

 

Au cours de la cam­pa­gne pré­si­den­tielle, François Hollande, avait écrit que lors des déman­tè­le­ments des cam­pe­ments de Roms, il sou­hai­tait que des solu­tions alter­na­ti­ves soient pro­po­sées. Depuis jeudi 4 avril 2013, c’est chose faite. Un juge a condamné le préfet du Rhône à pro­po­ser un héber­ge­ment à des famil­les Roms qu’il venait d’expul­ser d’un ter­rain.

 

Les familles revendiquent l’accès au droit commun

 

Le 28 mars 2013, des famil­les Roms expul­sées de leur bidon­ville sont recueillies par un prêtre qui les abrite dans une salle parois­siale . Aidées par le MRAP et Enfant Sans Toit, les famil­les mon­tent des dos­siers afin de saisir le juge des réfé­rés sur la base de la juris­pru­dence du Conseil d’État du 2 février 2012 qui estime que le refus d’un héber­ge­ment d’urgence à une per­sonne en situa­tion de détresse cons­ti­tue une atteinte grave à une liberté fon­da­men­tale.  Et oui, même les ani­maux ont des droits alors les Roms qu’on jette à la rue comme des chiens en ont aussi, n’en déplaise à mon­sieur Valls.

 

Les 12 famil­les expul­sées sai­sis­sent donc le Tribunal Administratif de Lyon et lui deman­dent de leur assu­rer un héber­ge­ment adapté à leur situa­tion puis­que la police les a jetés à la rue et qu’on a cassé leur bara­que. Manuel Valls pré­tend que les Roms des cam­pe­ments ne veu­lent pas s’inté­grer ? Et bien ils vont lui prou­ver le contraire en deman­dant au juge l’accès au droit commun. Le droit commun, c’est l’arti­cle L 345-2-2 du code de l’action sociale et des famil­les : « Toute per­sonne en situa­tion de détresse médi­cale, psy­chi­que et sociale à accès, à tout moment à un dis­po­si­tif d’héber­ge­ment d’urgence ».

 

L’audience se déroule devant une salle comble. Le préfet cou­ra­geux ne se pré­sente pas et n’envoie per­sonne. Les débats durent plus d’une heure trente. Au terme de l’audience, les famil­les, sans solu­tion, vont passer la nuit devant le tri­bu­nal avec le prêtre qui les a accueillis et les asso­cia­tions en atten­dant le ver­dict.

 

Le len­de­main à 16 heures, après de lon­gues heures d’attente, le résul­tat tombe. C’est gagné… Le préfet est condamné. Hollande avait raison, on ne peut pas expul­ser sans pro­po­ser de solu­tions alter­na­ti­ves.

 

Dans son ordon­nance, le juge sou­li­gne que le préfet à jeté à la rue des famil­les avec des enfants en bas âge alors qu’il connais­sait par­fai­te­ment leur situa­tion. Il ajoute qu’une fois à la rue, les ser­vi­ces de l’État qui ont été contac­tés n’ont rien fait pour appor­ter une solu­tion. Le juge estime donc qu’il y a une carence de l’État qui n’a pas assumé son rôle : « La carence de l’État dans son obli­ga­tion d’assu­rer un héber­ge­ment d’urgence à des per­son­nes sans abri est carac­té­ri­sée et cons­ti­tu­tive d’une atteinte grave et mani­fes­te­ment illé­gale à une liberté fon­da­men­tale des requé­rants ».

 

La conclu­sion est sans appel (sauf devant le Conseil d’État…). Il est enjoint au préfet de pro­po­ser un lieu d’héber­ge­ment sus­cep­ti­ble de les accueillir dans un délai de 4 jours et sous astreinte de 75 € par jour de retard.

 

Une décision qui fait jurisprudence

 

La déci­sion du juge est un véri­ta­ble séisme selon les asso­cia­tions. Dorénavant, toutes les expul­sions de cam­pe­ments prô­nées par Valls vont pou­voir être contes­tées devant les tri­bu­naux. La chasse aux Roms devrait sérieu­se­ment se com­pli­quer pour le gou­ver­ne­ment. Terminé les stands de tir à la foire où on gagne à tous les coups. Terminé les sem­pi­ter­nel­les lita­nies de Valls sur ces Roms qui vivent dans des condi­tions épouvantables et qu’on met à la rue pour leur plus grand bien. Terminé ces vio­la­tions inces­san­tes du droit. Enough is enough a dit le juge. Contrairement à Viviane Reding qui n’a fait que parler, le juge, lui tape du poing sur la table en rap­pe­lant le droit et en met­tant une astreinte en cas de non res­pect du juge­ment.

 

Cette his­toire démon­tre qu’à force de taper sur ceux qu’on croit les moins capa­bles de se défen­dre et bien on obtient l’effet contraire. Le gou­ver­ne­ment veut expul­ser les Roms en cas­sant leurs cam­pe­ments, et bien le voilà obligé de les héber­ger. Retour à l’envoyeur. Elle montre ensuite qu’à force de taper sur les plus fai­bles, on pro­vo­que la réu­nion, l’alliance et la mise en commun de dif­fé­ren­tes forces qui ensem­ble, font bouger les lignes. A Lyon, c’est grâce à des famil­les volon­tai­res et dignes, des asso­cia­tions indé­pen­dan­tes, des avo­cats dis­po­ni­bles et, fait nou­veau, grâce à un prêtre sou­tenu par son Cardinal que ce résul­tat a été obtenu. Cette his­toire montre enfin qu’en France, il y a des juges indé­pen­dants qui pren­nent des déci­sions au nom de la République et que per­sonne ne peut les igno­rer, pas même un préfet ou un minis­tre qui se croient au dessus des lois .

 

Il y en a marre de ces situa­tions scan­da­leu­ses où des pré­fets, censés assu­rer l’ordre et la tran­quillité, cau­sent des trou­bles à l’ordre public en jetant à la rue, par cen­tai­nes, des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants en bas âge sim­ple­ment parce qu’ils sont Roms. Il y en a marre de ces vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal, du droit euro­péen et du droit fran­çais de ces pré­fets qui se croient, comme leurs hommes poli­ti­ques de tutelle, au dessus des lois. Il y en a marre de cette concep­tion pour­rie de la répu­bli­que où les lois sont vio­lées par ceux là mêmes qui les votent et par ceux qui ont la charge de les faire appli­quer.

 

Finalement, elle n’était pas si bête l’idée de François Hollande de ne plus expul­ser les cam­pe­ments sans pro­po­si­tions alter­na­ti­ves. Elle cor­res­pon­dait pile poil à ce que dit la loi. C’est juste un peu dom­mage qu’il ait mis au minis­tère de l’inté­rieur un homme qui ignore la loi et qui érige en grande cause natio­nale la vio­la­tion des liber­tés fon­da­men­ta­les des plus dému­nis. C’est un peu comme si il avait mis au minis­tère du budget un homme qui pos­sède un compte en Suisse et qui fraude le fisc.

 

On vit dans un monde de din­gues, vous ne trou­vez pas ?

 

Philippe Alain

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 23 Mars 2013





Nous n’entendons



Nous n’entendons plus les routes des verdines
Nous ne voyons plus au ciel nos oiseaux
Ni même sur les chemins les traces des Rroms
Et nos chansons ne résonnent plus au fond des âges
Nous ne savons plus voir les larmes des enfants
Ni discerner notre destin – seule la douleur est bien là.
Nous ne courrons plus puiser à la source d’eau claire
Et toi tu ne cours plus vers moi comme avant.
Mais un vent puissant s’est levé, qui souffle sur l’herbe
Il nous apporte des chants, ce ne sont plus les mêmes.
Nous n’y entendons plus les arbres deviser entre eux
Ni toutes leurs histoires sur leurs amis les Rroms.
Passé, passé, ce qui fut ne reviendra pas
Qui parle encore des mille routes des Rroms ?
Nos chansons – elles disaient pourtant bien quelque chose
De ce qui était alors et maintenant n’est plus.


traduction du rromani par Marcel Courthiade


Alexandre Stankiewicz
(Pologne, né en 1947)



 

 

 

 


 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 21 Mars 2013





 

LES GROSSES FICELLES DU CRIF

 

mercredi 20 février 2013par le Bureau National de l’UJFP

 

 

Le CRIF de Marseille Provence s’offusque dans une tribune [1] du 18 février du fait que la Cimade PACA ait décliné son invitation à une cérémonie en mémoire des victimes juives du nazisme qu’il organisait [2] .

 

 

Tout est dans le titre de la tribune : antisionisme et boycott versus mémoire victimes juives et nazisme.

La Cimade n’a rien à démontrer au CRIF ou à quiconque sur sa relation à la Résistance pendant l’occupation et à la déportation des Juifs de France, de Chambon sur Lignon aux filières de sauvetage organisées, son action parle pour elle. Et c’est à ce titre d’ailleurs que le CRIF de Marseille Provence l’a invitée.

Ce qu’a dit courageusement la Cimade PACA c’est qu’elle n’était pas prête à participer à une manifestation de ce type AVEC LE CRIF. Et nous, UJFP, partageons son point de vue.

Pourquoi ?

Parce que nous ne reconnaissons pas la « représentativité » d’un collectif d’associations communautaires qui ne représente guère qu’une très petite fraction de la « communauté » des 600 000 Juifs français.

Parce que cette représentativité a consisté pour ces organisations juives communautaires, qui ont dérivé vers un néo-conservatisme redoutable, à confisquer la parole de 600 000 personnes au profit d’une cause détestable, celle de l’occupation et de l’oppression du peuple palestinien, et cela avec des outils encore plus détestables : la manipulation et l’instrumentalisation de la mémoire juive et l’amalgame entre critique politique et racisme antisémite, au risque de provoquer ce que l’on prétend vouloir éviter. Le CRIF se distingue par son attaque systématique de toute parole critique contre Israël qu’il étiquette comme antisémite. Il demande, exige, fait pression pour que toute intervention publique sur la question du dit « conflit israélo palestinien » cherchant à soutenir la cause palestinienne, c’est à dire celle de l’opprimé, soit attaquée jusqu’à obtenir que soit interdite toute parole dans des universités, des grandes écoles, etc. Gageons que cela ne vous attire pas que des sympathies. Le CRIF a ainsi réussi la redoutable opération de transformer le statut de l’antisémitisme en France : de racisme dangereux et contre lequel chacun doit se mobiliser, en arme de guerre anti-palestinienne au service d’Israël. Or c’est précisément cette mutation qui ouvre les vannes et libère la parole antisémite quand et là où elle existe. En ce sens le CRIF fait un sale boulot. Nous l’avions déjà dit [3] .

Mais aussi parce que nous non plus nous n’accepterions pas de manifester pour le souvenir de nos morts déportés victimes du Nazisme ou même contre l’antisémitisme avec ceux qui ont soutenu les opérations meurtrières sur la population civile désarmée et assiégée de Gaza. Cela nous semble un détournement ignoble de notre héritage. Pour nous la seule « mémoire » est celle des devoirs conférés par l’horreur nazie : plus jamais ça pour personne, solidarité avec tous les opprimés, lutte contre toutes les formes de racisme.

 

Messieurs du CRIF,

Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière de vous, et nous vous plaignons d’avoir perdu tout sens éthique et toute sensibilité à la douleur d’autrui.

Mais nous vous le disons : Il est trop tard ! pour traiter la Cimade PACA d’antisémite, trop tard et ridicule. Les ficelles sont devenues trop grosses. Il suffit de consulter votre site, lire vos écrits pour comprendre où sont les appels à la haine. Une attitude qui ne mérite à nos yeux que mépris. Pourtant ne vous leurrez pas, et ouvrez les yeux. Dans votre dos, ceux-là même qui vous soutiennent en apparence, par crainte d’être traités d’antisémites, vous haïssent en réalité à cause de votre attitude menaçante, arrogante et insultante ; et ils vous haïssent avec des termes antisémites : « Ils sont les plus forts,... ils sont partout... !! »

Nous luttons avec la Cimade et beaucoup d’autres dans ce pays, contre tous les racismes l’islamophobie, le racisme anti-noir, anti-Rrom, pour les droits des sans-papiers, pour un avenir partagé entre Israéliens et Palestiniens sur la base de l’égalité des droits. Cela fait sans doute aussi de nous aussi des antisémites à vos yeux.

 

Pourtant l’Egalité c’est la devise de la République que vous invoquez si souvent.

 

Bureau national de l’UJFP le 20-02-2013



Source : Union Française Juive Pour La Paix

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 20 Mars 2013





Vivre sans électricité, une réalité quotidienne en Grèce [reportage de Docu Praxi]

  

Par Okeanos

10 mars 2013 - 9:38
 

En Grèce, la compagnie publique d'électricité grecque coupe le courant chaque mois à près de 30.000 foyers et entreprises en raison de factures impayées. Des groupes de soutien reconnectent l’électricité, même si ce type d'action est répréhensible.

Docu Praxi a réalisé ce court documentaire que nous vous proposons en français. Vous pouvez retrouver nos amis de Docu Praxi sur leur site Internet et les contacter à l'adresse docupraxi (at) gmail.com.











à voir également : Catastroïka




Source : OKEANEWS . http://www.okeanews.fr/#axzz2O1BJd7lL



 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté