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Publié le 2 Septembre 2012

 

Madame,

 

  Je tiens tout d'abord à vous remercier de l'attention que vous avez bien voulue porter à mon courrier et d'avoir pris la peine de me répondre.

 

  Je suis conscient des efforts éffectués par l'équipe municipale de Vénissieux, la votre comme celles de vos prédécesseurs, Marcel Houel et André Gerin. Vénissieux est depuis longtemps le parent pauvre de l'agglomération Lyonnaise. Je me souviens  des années soixante dix, de la construction des Minguettes. L'arrivée d'une population immigrée, l'intégration qui se faisait tant bien que mal. Et petit à petit de cette explosion démographique qui a abouti à un phénomène de Ghetto avec pour point d'orgue les évènements du début des années 80, orchestrés par les médias qui stygmatisaient la mairie communiste, les journalistes qui glissaient un billet aux gamins pour qu'ils mettent le feu aux voitures, de cette image médiatique dont Vénissieux a mis longtemps à se débarrasser. Et pourtant, petit à petit, la municipalité a redressé la barre, en faisant preuve d'une politique volontaire, et d'une lutte quotidienne avec peu de moyens. Je me souviens aussi des premiers arretés municipaux contre les expulsions locatives, de l'opposition de la préfecture. des efforts incessants de la municipalité pour sauvegarder l'emploi au sein de la commune. Mais je me souviens aussi de ces bons riverains de Parilly comme d'autres quartiers pour qui les Roms sont les Bougnoules d'aujourd'hui. La mendicité agressive (bel oxymore aux accents de langue de bois) est le reflet d'une délinquance qui ne peut qu'exister dans un milieu social défavorisé. Je ne dis pas que la tâche de la municipalité est aisée, et il n'a pas à Vénissieux que des habitants qui soutiennent le Maire.

Vous avez déclaré le 10 novembre 2011 :

"Depuis 2 ans, je demande l’organisation d’une table ronde, placée sous l’égide du Préfet, avec toutes les villes de l’agglomération, le Conseil général et le Grand Lyon, afin d’apporter aux 800 personnes Roms, en errance dans l’agglomération, une réponse décente et digne. Aujourd’hui se renvoyer la patate chaude ne sert à rien, ne sert personne, ni les associations, ni les villes, ni l’État et encore moins ces familles."

Le problème, c'est que tout le monde dit exactement la même chose et personne ne fait rien. Donc les démantèlements de campements et autres squats ne servent à rien. On prend alors pour prétexte l'hygiène et la sécurité et on envoi la police. Ce que je voulais vous dire, et peut être n'avez vous pas saisi le sens profond de ma lettre, c'est que cette abberation n'est pas digne d'un Communiste. Je ne veux pas vous donner de leçon d'humanisme, mais simplement vous sensibiliser sur le fait qu'une expulsion constitue un remède pire que le mal !  Vous pourrez en prendre conscience en lisant ce tweet envoyé à Valèrie Trierweiller par un petit garçon rom de 7 ans : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article129416 , dont voici un extrait :

 

"Mardi matin, j’ai été expulsé « d’un campement insalubre » en application d’une décision de justice. Je ne sais pas pourquoi cette expulsion a eut lieu au mois d’août. Le jugement et le commandement de quitter les lieux ont été notifiés au mois de mai.

De mauvaises langues disent que monsieur Valls à attendu le milieu de l’été pour expulser tout le monde en même temps dans l’espoir que cela passerait inaperçu.

 

Toute la journée, nous avons dû marcher parce que la police nous empêchait de nous reposer et de poser nos affaires. « Ce sont les ordres » disait le chef de la police. Une voiture de policiers en civil nous a suivis partout. On s’est sentis traqués comme des bêtes.

Le soir, nous avons trouvé un endroit au milieu de nulle part. Il y avait déjà des Roms qui venaient d’un autre campement expulsé. Nous avons construit des abris de fortune avec des bouts de bois et des branches. La nuit je n’ai pas dormi. J’avais peur. Il y avait beaucoup de bruits étranges. Avant nous, il y avait d’autres animaux qui occupaient cet endroit. Ils ne devaient pas être très contents que nous soyons ici. Plus personne ne veut de nous.

 

Le lendemain matin, des policiers en civil sont venus nous dire de partir. Nous avons dit que nous avions le droit de rester parce que les premières personnes étaient arrivées ici il y a une semaine. Le chef de la police à appelé quelqu’un au téléphone et puis au bout d’une heure, il nous a dit que non, qu’il fallait partir tout de suite ou alors qu’il appellerait des renforts.

Nous avons refusé. Des dizaines de CRS sont arrivés. Ils nous criaient dessus : « Dégage », « Retourne dans ton pays », « Si ça ne tenait qu’à moi, je les mettrais tous dans un train et direction, la Roumanie ». Je ne comprends pas pourquoi ils nous parlent comme ça. Mon pays c’est la France, je vais à l’école, je parle français et je n’ai jamais mis les pieds en Roumanie."

 

Ce que je ne considère pas comme "Un combat Communiste, combat pour une digne vie" J'ajouterai que la seule façon d'intègrer cette population réside dans la scolarisation des enfants, chose irréalisable dans de telles conditions.

 

Je ne veux pas rejetter sur vous la responsabilité de cette situation. Il est évident que dans cette affaire, le gouvernement ne tient pas ses promesses électorales et que l'union Européenne néglige le problème. Est ce pour autant que les collectivités locales doivent fuir certaines responsabilités ? Vous avez mis à disposition des bungalows dans le cadre du plan grand froid; N'y a t'il pas quelques budgets à amputer pour une mise à disposition plus longue (en attendant mieux) ? Vous avez aussi un droit de réquisition de logements ou d'entrepots. Même s'il faut passer devant une commission, même si la réquisition concerne les personnes en situation régulière ( les roms ne sont pas tous en situation irrégulière) .  Vous avez aussi la possibilité de réquisitionner du matériel ( de btp en particulier). Cela n'empèche pas dans un même temps d'organiser une manifestation regroupant les populations locales solidaires et volontaires ( Lyon et agglo) le roms, les associations et d'investir le siège de la région, la préfecture ou le siège de la Courly ( le Grand Lyon comme on dit maintenant) . Vous réclamez une table ronde, peut être faut il que ce soit le peuple qui l'exige ! Ce sont peut être des solutions toutes faites, mais si de vraies solutions doivent être trouvées, elles ne peuvent l'être qu'avec un peu de volonté, en réveillant notre conscience humaine.

 

Fraternellement

 

Serge

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 30 Août 2012

Voici la réponse, recue par mail, de Michèle Picard Maire de Vénissieux à ma lettre ouverte ...

 

Monsieur,

 

 

 

A vous lire, je constate que vous parlez d’une situation que vous ne connaissez pas. D’une part, celle du squat qui a été démantelé à la demande d’un propriétaire privé, situé à proximité de la place Grand Clément (Parilly) à Vénissieux, de leurs occupants et des riverains, et d’autre part, celle qui concerne l’investissement du Maire et des services de la ville sur cette question.

 

 

 

Vénissieux mène, dans ce domaine, une politique volontaire et cohérente, dans la limite de ses compétences. Elle est la seule commune à avoir mis en place un dispositif pour prévenir les risques et mettre en sécurité les occupants de squats et les riverains. En 2010, nous avons eu un incendie à l’intérieur d’un squat avec, à proximité, des bouteilles de gaz qui aurait pu engendrer un drame. Dorénavant, les services municipaux font le tour quotidiennement des squats, le service communal d’hygiène et de santé, assure un suivi médical sur chaque site, en relai avec la Protection Maternelle Infantile et Médecins du monde, et les enfants sont vaccinés. Le service éducation veille à la scolarisation des enfants dans les différents groupes scolaires. Nous travaillons en lien avec les associations d’aide à ces populations. Quand les conduites d’eau ont gelées cet hiver, nous avons fourni aux occupants des bouteilles d’eau, répondant ainsi à l’urgence. Quand la ville a été sollicitée par le Préfet pour l’installation de mobil homes sur la commune dans le cadre du dispositif Grand froid, nous avons été une des premières communes à accepter et nous avons largement communiqué pour faire savoir que ce dispositif concernait également les Roms.

 

Nous traitons la question des squats, à notre niveau, avec humanité. L’Etat et l’Union européenne laissent les collectivités gérer seules les problèmes d’hygiène, de sécurité et les risques sanitaires encourus par les conditions de vies précaires de ces populations. L’errance des Roms est une question nationale qui doit être traitée au bon niveau, sinon nous en serons réduits à mettre des pansements sur une jambe de bois (+ de 1000 Roms errent sur l’agglomération). J’ai plusieurs fois alerté le Préfet et demander une table ronde avec tous les acteurs pour traiter avec dignité et décence ces populations.

 

 

 

Chaque squat a ses propres problématiques. Nous avons eu à gérer en même temps sur la ville jusqu’à cinq squats. Jamais nous n’avions connu autant de nuisances que celui de Parilly. Les agents de la ville ou du Grand Lyon se faisaient agresser lorsqu’ils géraient l’évacuation des déchets (15 mètres cubes étaient évacués par semaine). Les habitants et les voisins étaient confrontés à une mendicité agressive que nous n’avions connue sur aucun autre squat. Le trouble à l’ordre public à proximité du squat était permanent et la population était exaspérée. Le maire ne peut pas faire la sourde oreille et se doit de l’entendre. Il faut à la fois tout tenir, le droit à une vie digne pour ces populations et la sécurité et à la tranquillité pour les habitants. Je me refuse à accepter des bidonvilles et la misère, c’est le sens de mon engagement sur ma ville. Vénissieux comporte plus de 53 % de logements sociaux et nous sommes confrontés chaque jour aux difficultés de vie de nos administrés : difficultés à se loger, à se nourrir, à se soigner. La dernière étude Compas a révélé que Vénissieux se trouvait à la 14ème place sur cent communes, avec un taux de pauvreté de 32 %. Ce n’est pas une surprise pour nous qui voyons chaque jour l’aggravation du niveau de vie des vénissians (3912 foyers touche le RSA sur la ville). Si vous consultiez mon site, vous verriez toutes les actions, initiatives que je mène pour lutter contre la pauvreté sur la ville. Je pense notamment aux arrêtés contre les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’énergie, à la commission de lutte contre la grande pauvreté pour une vie digne, mise en place en 2008 et qui travaille avec les associations pour répondre à l’urgence sociale et au travail considérable des services sociaux de la ville (l’aide sociale a progressé de 20 % en un an, les réductions de cantine dans la même proportion). Mais accompagner la misère ne suffit pas, il faut aussi la combattre. C’est ce que je fais au quotidien, en dénonçant et en alertant sur une situation qui ne cesse de s’aggraver. Je n’ai donc en matière d’humanisme aucune leçon à recevoir.

 

 

 

Vous proposez un centre, un local pour installer des populations Roms et vous avez une solution toute faite : annuler des projets de la ville, des actions culturelles. Sachez que les vénissians ont élu l’équipe municipale sur un programme et que nous veillons à respecter cet engagement. Les vénissians ont aussi droit au « beau », à des équipements, à la culture…tant il est vrai que l’éducation la culture, le sport participent à la lutte contre l’exclusion et favorisent l’intégration. Dans un contexte où les budgets des collectivités sont restreints (dotations et subventions en baisse, transfert de charges sans contreparties financières), bien que nous soyons souvent confrontés à des choix cornéliens, nous gardons, à Vénissieux, le cap d’une politique sociale forte et ambitieuse.

 

 

 

Vous faites référence au communisme et à ses valeurs, il est évident que les Roms sont aussi des victimes du capitalisme. Mais le vrai sujet n’est pas de laisser les maires seuls gérer ces situations sur leurs territoires, mais bien de porter politiquement le débat au niveau national et européen, une union européenne ultra libérale plus soucieuse des capitaux que des peuples qui la compose. Dénoncer, agir, c’est le rôle du parti communiste et des forces de gauche. En tant que militante, je porte aussi ce débat dans mon parti. Il n’y a pas de fatalité à la misère. Le combat communiste, c’est le combat pour une vie digne.

 

 

 

J’espère que ces éléments vous permettront d’être un peu plus objectif sur l’action de la ville de Vénissieux et de son maire.

 

 

 

Recevez Monsieur mes salutations.

 

 

 

Michèle Picard

 

Maire de Vénissieux

 

 

 

 

 

http://www.michele-picard.com

Hôtel de Ville

5 avenue Marcel-Houël - 69200 VENISSIEUX

Tel : 04.72.21.45.20

Fax : 04.72.2145.15

 

 

Michèle, je vous remercie de l'attention que vous avez porté à mon courrier, je vais prendre le temps de vous répondre, car il y a deux trois ptites choses qui me turlupinent. Je souhaite le faire dans un état d'esprit constructif, tout simplement.

Amicalement

Serge

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 23 Août 2012

 
 
"Et je n’ai pas peur de vous. Je n’ai pas peur du mensonge, je n’ai pas peur de la fiction, je n’ai pas peur de cette mystification mal fagotée, je n’ai pas peur du verdict de ce soi-disant tribunal. Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté. C’est la seule qui existe sur le territoire de la Fédération de Russie. Ma liberté intérieure, personne ne pourra me l’enlever"
  
Maria Alekhina,  Pussy Riot,  8 août 2012
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 22 Août 2012

Lettre ouverte à Michèle Picard, maire de Vénissieux

 

Madame,

 

Je voulais réagir au courrier que vous avez adressé au préfet du Rhône

http://pcf.venissieux.org/lettre-ouverte-de-Michele-Picard,1248.html

Je tiens tout d’abord à vous préciser que j’ai grandi à Lyon 8e, pour vivre ensuite à Vénissieux que j’ai quitté depuis quelques années. Je ne suis pas membre du PCF , même si j’ai souvent voté pour les candidats de votre parti, en particulier aux municipales de Vénissieux et aux législatives de la 14e circonscription du Rhône.

J’ai relu plusieurs fois votre courrier auquel je fais allusion. Ce qui m’a fait réagir, c’est que je me suis dit qu’en le mettant tel quel sur internet, en changeant le nom de l’auteur et en disant qu’il s’agit d’un élu du Front National, beaucoup auraient été outrés, et que ceux qui se prétendent de gauche et qui ne seraient pas tombés dans le panneau lèvent le doigt ! Preuve en est : cette lettre a été rendue publique sur le blog de la section Vénissieux du PCF le 23 juin avec cette précision : «Par souci de ne pas laisser place aux récupérations politiciennes pendant la campagne électorale, celle lettre n’avait pas été rendue publique. » Ce que je considère comme un aveu d’hypocrisie.

Dans votre courrier, vous opposez dans un premier temps la quiétude de vos administrés à l’insalubrité et la délinquance latente des Roms. Je sais que Vénissieux est depuis longtemps une terre cosmopolite avec toutes les difficultés que cela peut engendrer. Toutefois, je vous opposerai le cas du quartier de la Guillotiére à Lyon, ou la cohabitation est loin d’avoir pris les proportions que vous décrivez, si j’en juge par les pancartes accrochées aux fenêtres des habitants de la rue Montesquieu lors de l’expulsion d’un squat occupé par des Roms : « Laissez-nous vivre ensemble » source : http://www.libelyon.fr/info/2012/08/les-roms-de-la-rue-montesquieu-%25C3%25A0-lyon-en-sursis.html . Ce qui prouve bien qu’une cohabitation est possible ! Le quartier de la Guillotière est un quartier populaire au même titre que Vénissieux. Pourquoi cette solidarité ne pourrait pas exister en terre Vénissiane ? Pourquoi un élu local défendant les idées de Marx, ne considère-t-il pas les Roms comme des victimes du capitalisme au même titre qu’un travailleur ou qu’un chômeur ? Les Roms cumulent les problèmes de patrie, de précarité, de logement de travail et de délinquence. Ils sont plus que tout autres les « damnés de la terre » que doivent défendre ceux qui se prétendent Communistes et fiers de l’être !  Lénine  prônait la solidarité prolétarienne précisait : « la lutte de classe prolétarienne, exige que nous n’observions jamais une attitude purement formelle envers la question nationale, mais que nous tenions toujours compte de la différence obligatoire dans le comportement du prolétaire d’une nation opprimée (ou petite) envers la nation qui opprime (ou grande). » Le Problème est que les Roms n’appartiennent à aucune classe au sens Marxiste du terme et la question est : doit-on les intégrés dans le système capitaliste que nous combattons  et sont-ils intégrables dans un système Marxiste qui prend le travail comme valeur ? La réponse n’est elle pas de les intégrer  Humainement et socialement en respectant leurs différences. Le mot Humanité n’est il pas le titre du quotidien Communiste et donc une valeur du Communisme. Dans les camps de concentration, les prisonniers portaient des insignes suivant leurs origines et leurs appartenances, pendant que les communistes portaient un triangle rouge, les Tsiganes arboraient un triangle vert ! Pourquoi ces frères du passé sont ils devenus les expulsables d’aujourd’hui ? Car dans la suite de votre courrier vous exiger du préfet du Rhône qu’il fasse respecter l’arrêté d’expulsion rendu par le tribunal ! Faisant ainsi allegence à une autorité que vous devriez combattre.  « Résister c’est créer, créer c’est résister » a dit Stéphane Hessel, cet homme pour qui désobéir avait un véritable sens. Vous dites que ce n’est pas aux collectivités locales de résoudre le problème des Roms mais à l’état en espérant des financements que vous n’aurez jamais. Voir cette lettre sur votre blog : http://www.michele-picard.com/la-politique-de-lautruche-doit-cesser-5934/ Et pourtant, ne serai-il pas révolutionnaire de trouver d’autres solutions. Un site, un local respectant des règles d’hygiène, un centre valorisant la culture Rom comme trait d’union entre population. Face aux rejets de cette société capitaliste, pourquoi ne pas opposer un véritable projet de résistance voir de désobéissance populaire comme Howard Zinn en aurait rêvé ? Les financements ? Le projet de réaménagement de la place jeanne d’Arc oû squataient les Roms va couter 900 000 euros à la collectivité, les concerts des Estivales à Vénissieux coutent 300 000 euros et pour un projet culturel ou autre des subventions peuvent être allouées.

Depuis votre courrier, les Roms de Grandclément ont été expulsés, leur problème n’est pas résolu mais simplement déplacé. Au lieu d’avoir montré un véritable visage révolutionnaire, vous avez maintenu cette volonté électoraliste qui vous éloigne de vos idéaux et néglige le Peuple. Vous vous entêté dans ce grand écart à vous en faire péter les adducteurs. Ce grand écart que vous avez commencé en baissant votre culotte devant Mitterrand lorsqu’il vous a trahi sur les nationalisations prévues au programme commun, que vous continuez aujourd’hui en demandant l’expulsion des Roms sans que cela vous fasse pour autant reprendre des voix au Front National. Ce grand écart qui fait que vos militants les plus convaincus, ceux qui sont sur le terrain, ont plus d’espoir dans leurs idées que dans la direction de leur parti. Ce grand écart qui fait qu’ils baissent les bras car ils se sentent trahis. Ce grand écart qui tourne le dos au peuple tandis que l’on bat des records d’abstention à chaque élection. Ce grand écart qui me fait penser à cette lettre de  Philippe Torreton  à Jean Ferrat : http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-perriraz/290412/lettre-jean-ferrat-par-philippe-torreton

Texte magnifique, mais écrit par quelqu’un qui soutien Ségolène Royal et la constitution Européenne de Giscard, qui fait référence à la Commune sans pouvoir donner la définition du mot révolte !

 

   Vous aurez peut être trouvé certains mots un peu crus, mais c’est juste pour vous dire sans haine et sans crainte : « Michèle, réveilles toi ! »

Et si le prisme poètique de Paul Eluard peut vous aider, je dirai en le paraphrasant :

 

Sur le fronton de ma mairie

Sur les roulottes tsiganes

Sur les platanes des cours d’écoles

J’efface ton nom

Sur les avenues du Charéard

Sur la place de Parrilly

Sur le plateau des Minguettes

Au cœur du Moulin à vent

J’efface ton nom

Nous étions fait pour te chérir

Nous étions fait pour te nommer

Liberté

 

Amicalement

Serge

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 20 Août 2012

 
 
 
 
C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout coeur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
 
Paroles et Musique: Georges Brassens 1972
 
 
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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 18 Août 2012

 
 

"Lord take my soul, but the struggle continues" sont les derniers mots de l'écrivain, professeur d'université, producteur de série télévisé et défenseur de l'environnement Kenule (Ken) Beeson Saro-Wiwa. Né en Octobre 1941 à Boré au Nigeria, on ajouta Saro à son nom parce qu'il était le premier garçon de sa famille.

 En 1958 la compagnie Britannique Shell découvre du pétrole dans le delta du Niger. Ken encore jeune observe la destruction de l'environnement et l'exploitation des ressources de sa région natale. Après des années de protestation sans succès à travers ses articles dans la presse nigériane, Ken décide de fondé le MOSOP (the MOvement for the Survival of the Ogoni People) en 1990. Ce mouvement pacifique organise des protestions contre la dictature nigériane et la compagnie Shell.

 Shell et ses associés du régime militaire s'inquiètent des activités du leader du MOSOP. Il sera arrêté à plusieurs reprises et relaxé.

 Le 21 Mai 1994 Ken et huit de ses collègues du MOSOP sont arrêtés et accusés d'avoir tué quatre chefs Ogoni. Un des quatre chefs était son beau frère.

 En Février 1995 après dix mois de torture, le régime militaire décide enfin de juger Ken.

 Le 31 Octobre 1995 Ken et ses camarades sont condamnés à mort par la dictature Nigériane et exécutés par pendaison le 10 Novembre 1995.

  

struggle 

 

La lettre de Ken Saro-Wiwa rédigée en prison, résume sa vie et son combat
 
Mai 1995
 
Une année s'est écoulée depuis que j'ai été brutalement réveillé de mon lit et détenu. Soixante-cinq jours enchaînés, des semaines affamés, des mois de torture psychologique et récemment, le parcours dans une voiture asphyxiante pour comparaitre devant une court de kangourou surnommé tribunal militaire spécial où les débats ne laissent aucun doute que le jugement a été écrit d'avance. Et il n'y aura certainement pas d'appel contre la condamnation à mort.
 
Peur affreuses? À peine. Les hommes qui décrètent et surveillent ce spectacle de honte, cette charade tragique, ont peur du message, du pouvoir des idées, le pouvoir du stylo; des demandes de justice sociale et des droits de l'homme. Ils n'ont pas le sens de l'histoire. Ils ont si peur du pouvoir du message, leurs obsèques.
 
Lorsque, après avoir écrit pendant des années, j'ai décidé de mobiliser le peuple Ogoni par le message dans la rue, et permettre à ce peuple de protester contre la dévastation de l'environnement par Shell, la deshumanisation de l'environnement par les dictateurs Nigérians, je n'avais aucun doute où cela pouvait se terminer. Cette connaissance m'a donné la force, le courage, la réjouissance et un avantage psychologique sur mes bourreaux.
 
Hier, comme par voie magique, l'esprit Ogoni a apparu dans ma cellule, un beau poème de Jack Mapanje, le vétéran des prisons de Kamuzu Banda: quatre années sans aucune charge. J'avais rencontré Jack à Potsdam en 1992 et je me suis demandé comment il avait survécu à tout cela.
 
Écrivant de Leeds University, son poème m'a conseillé de porter l'armure de l'humour. La note à la fin à également été signée par Chengerai Hove, le romancier primé du Zimbabwe. Cela fait plaisir de savoir que ces hommes excellents, les meilleurs cerveaux s'inquiètent de la souffrance de l'autre.
 
Finalement la faute se trouve chez le gouvernement britannique. C'est le gouvernement britannique qui fournit des armes et de l'argent aux dictateurs du Nigeria, sachant que ces armes seront utilisés contre les citoyens innocents, non armés.
 
C'est le gouvernement britannique qui fait des bruits au sujet de la démocratie au Nigeria et en Afrique mais soutient les dictateurs à fond. C'est le gouvernement Anglais qui supporte le viol et la dévastation de l'environnement par une Compagnie de grande valeur comme Shell qui possède des employés et paie ses impôts. Mon agonie, la destruction des Ogoni et des autre peuple du delta du Niger, sont la responsabilité du gouvernement britannique.
 
Finalement, la décision revient aux britanniques, l'électorat, d'arrêter, cette grande supercherie, ce double standard qui a prolongé le cauchemar de l'Afrique et dénigre l'humanité.
 
Vivre ou mourir est immatériel. C'est un comble pour moi de savoir qu'il y a des gens qui sacrifient du temps, de l'argent et de l'énergie pour lutter contre ce mal parmi tant d'autres à travers le monde. S'ils ne réussissent pas aujourd'hui, ils réussiront demain. Nous devons continuer à nous battre pour un monde meilleur pour tous les hommes - chacun contribuant un tout petit peu à sa manière. Je vous salue tous .
 
 
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Les Coquillages de la plage de Bridlington North

 

 Ella haïssait tout ce qui était encagé, les poissons en particulier,

 

les poissons encagés dans des aquariums, des étangs, ou quoi que ce soit;

 

 "Ca me rappelle les prisons et l'esclavage" disait-elle;

 

alors, quand pour la première fois sa vue embrassa la vaste verdeur

 

 de la plage de Bridlington miroitant en ce

 

jour d'été anglais, elle salua le paysage comme

 

 une fille du sahara aux pieds déssèchés, prenant l'eau, prenant l'eau,

 

dans le creux de sa main comme une démente, nettoyant ses paumes,

 

 sautillant et riant, puis frottant ses mains

 

sur sa robe, elle jeta son derrière sur les sables de la

 

 plage et laissa la mer inspirer et expirer sur elle

 

tandis qu'elle détendait ses jambes croisées - "Libre, enfin !"

 

 annonça-t-elle aux foules inconscientes du rivage;

 

et comme le paysage marin se ralliait puis disparaissait

 

 à ses pieds, elle dessina une carte du monde : "Les Pays-Bas

 

que nous avons visité doivent être ici ; la Norvège, la Suède, là,

 

 "Au delà, La Russie !" Puis rassemblant plus de coquillages

 

et les choisissant un par un, elle se tourna vers lui :

 

 "tu te souviens d'avoir mangé du porridge de

 

coquillages de mer une fois ?" Il hocha la tête, souriant

 

 en songeant à un autre souvenir des lacs africains qu'ils avaient été contraints

 

d'abandonner. "Un jour, peut être, je prendrais cette maison

 

 pour fêter ça !" Dit-elle en appesantissant son regard sur la profonde mer.

 

Aujourd'hui, ses galets en forme d'oeufs, ses perles de coquillages

 

 brillent encore à l'appui fenêtre; ses voeux résonnent encore,

 

"Change régulièrement l'eau dans les récipients pour

 

 que les galets et les coquillages continuent de briller - tu verras,

 

c'est bien plus sain que de nourrir des poissons dans un bocal !"

 

 

 Jack Mapanje (1944 - ), poète malawien 

traduit de l'anglais par E. Dupas

Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/

 

 

 

 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 17 Juillet 2012

Emprisonné dans des conditions inhumaines
Une nouvelle audience de son procès a débuter hier
Bradley Manning risque 52 ans de prison
Pour avoir dénoncé un crime de guerre
 
Des infos et une pétition ici :  http://www.bradleymanning.org/take-action
  
 
 
 
 
We are all Bradley Manning !
 
 
 
 
 
bradley manning 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 15 Juillet 2012

MADAME TAUBIRA, GEORGES ABDALLAH VA-T-IL ENFIN ÊTRE LIBÉRÉ ?

Vendredi 20 juillet 2012, à 18 heures, nous viendrons vous le demander

place Vendôme !

 

En ce mois de juillet 2012, Georges Ibrahim Abdallah, résistant communiste

libanais, est toujours en prison en France, où il est incarcéré depuis

près de 28 ans. Il est le plus ancien prisonnier politique détenu

actuellement dans notre pays. Depuis 1999 il a terminé la peine de sûreté

assortie à sa condamnation et il est donc légalement libérable. Madame

Taubira, allez-vous le garder indéfiniment captif de l'État français ?

 

En 2003, la juridiction régionale de Pau avait d’ailleurs ordonné sa

remise en liberté, à condition qu'il quitte définitivement le territoire

français. Mais, à la suite de pressions du gouvernement étatsunien, le

ministre de la Justice de l'époque est intervenu pour faire appel de la

décision de libération et maintenir ainsi Georges Abdallah en prison.

Madame Taubira, allez-vous continuer à céder aux ingérences étrangères

dans ce dossier ?

 

Le 6 juin dernier, le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim

Abdallah a écrit à Chritiane Taubira, nouvelle ministre de la justice,

demandant une entrevue afin de faire le point sur l'avancée du dossier de

libération de Georges Abdallah. Ce courrier rappelait entre autres

- comment une machination politico-policière avait abouti en 1987 à la

condamnation de Georges Abdallah à la réclusion criminelle à perpétuité

par la cour d'assises spéciale ;

- que le consul libanais de France a réaffirmé en novembre 2011 l'accord

des autorités libanaises autorisant la résidence de Georges Abdallah sur

son territoire, comme il l'avait déjà officiellement confirmé en juin

2007, et que le premier ministre libanais lui-même s'est entretenu sur ce

dossier avec Nicolas Sarkozy lors de sa visite officielle en France en

février 2012 ;

- qu'Yves Bonnet, directeur de la DST lors de l'arrestation de Georges

Abdallah, récemment entendu par le juge chargé du dossier, considère qu'il

est "anormal et scandaleux de maintenir Georges Ibrahim Abdallah en

prison".

 

Georges Abdallah a déposé en janvier dernier une nouvelle demande de

libération. Une fois de plus, il a subi les dispositions de l'inique loi

Sarkozy-Dati sur la rétention de sûreté (qu'un gouvernement réellement de

gauche devrait abolir, comme toutes les lois sécuritaires et répressives),

loi que le militant politique Georges Abdallah avait déjà expérimentée de

façon rétroactive en 2008, alors qu'elle avait été présentée comme devant

prévenir la récidive des seuls criminels sexuels.

 

En avril-mai 2012, il lui a donc été imposé, durant six semaines, un

nouveau séjour éprouvant au Centre national d’évaluation de Fresnes, au

cours duquel administration pénitentiaire, médecins, psychologues et

psychiatres ont prétendu évaluer la "dangerosité" (notion absente du code

pénal et qui renvoie à la conception réactionnaire du "risque zéro") de

son engagement politique.

 

Deux mois plus tard, la commission pluridisciplinaire des mesures de

sûreté n'a toujours pas rendu son avis, indispensable pour la procédure de

libération. Nous dénonçons fermement ce blocage inadmissible. Madame

Taubira, allez-vous débloquer l'affaire Georges Abdallah ?

 

L'avancée du dossier de libération de Georges Abdallah ne doit pas être

suspendue à la décision de pseudo-experts en maladie mentale chargés de

vérifier si Georges Abdallah est guéri de son engagement politique.

Rappelons d'ailleurs que ces "experts" ont déjà été désavoués dans le cas

du militant d'Action directe, Georges Cipriani, lorsque la cour d’appel

avait jugé en 2010 qu'ils avaient outrepassé leur mission en émettant un

avis défavorable à la libération conditionnelle en se fondant sur de

douteuses considérations d’ordre moral.

 

A son courrier du 6 juin à la ministre, envoyé de nouveau le 6 juillet, le

Collectif pour la libération de Georges Abdallah n'a pas reçu de réponse.

 

Vendredi 20 juillet 2012, à 18 heures, nous retournerons donc –

accompagnés par tous les soutiens de Georges Abdallah qui pourront appuyer

cette démarche - au ministère de la justice, place Vendôme à Paris, où

nous avions été reçus par le prédécesseur de Madame Taubira, en décembre

2011, et nous protesterons contre le mépris affiché par la nouvelle

ministre dans ce dossier.

 

Nous demanderons des comptes à l'État français et au nouveau gouvernement,

nous exigerons des engagements concernant les prochaines échéances qui

doivent permettre à Georges Abdallah de quitter enfin la prison et de

retourner dans son pays.

 

Libérez Georges Ibrahim Abdallah !

 

Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah

Paris, le 14 juillet 2012

 

liberonsgeorges@no-log.org - http://liberonsgeorges.over-blog.com/

 

liberte4-8c560 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 7 Juillet 2012

Lynne Stewart : Une histoire américaine

Quand le système judiciaire se met au service de l'injustice pour nier les droits des citoyens...

 

 

par Claude Jacqueline Herdhuin

Il semblerait qu’en ce début du 21e siècle rien ne soit plus important que le secret. À une époque où la technologie permet de divulguer l'information en quelques secondes et d’un bout à l’autre de la planète, les pouvoirs ne cessent d’alléguer le droit au secret. L’argument massue des gouvernements pour empêcher l’information de circuler est la sécurité. Tous les moyens sont permis.

 

Le 11 septembre a marqué le point pivot qui a légitimé toutes les exactions. Le gouvernement des États-Unis, autoproclamé principale victime du terrorisme, a oublié ses exactions passées au Vietnam, dans des États d’Amérique latine, etc. pour brandir, une fois de plus, son étendard de la Démocratie. Comme si les États-Unis étaient le symbole et le bastion de la Démocratie.

 

La démocratie américaine est fondée sur la Constitution des États-Unis (17 septembre 1787) et sur The Bill of Rights (la Déclaration des droits) adoptée le 15 décembre 1791. La Déclaration des droits regroupe les dix premiers amendements à la Constitution. Le premier amendement garantit la liberté de parole ou de la presse : « Le Congrès ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice; ou restreignant la liberté de parole ou de la presse, ou le droit du peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des griefs. » (Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the government for a redress of grievances.) Le sixième amendement garantit le droit à tout accusé d 'être jugé promptement et publiquement par un jury impartial de l'État : « Dans toutes poursuites criminelles, l’accusé jouira du droit à un procès rapide et public par un jury impartial de l’État et du district dans lequel aura été commis le crime, district dont les limites auront été préalablement délimitées par la loi, et d’être informé de la nature et la cause de l’accusation, d’être confronté avec les témoins en sa faveur, et d’avoir l’assistance d’un avocat pour sa défense. » (In all criminal prosecutions, the accused shall enjoy the right to a speedy and public trial, by an impartial jury of the state and district wherein the crime shall have been committed, which district shall have been previously ascertained by law, and to be informed of the nature and cause of the accusation; to be confronted with the witnesses against him; to have compulsory process for obtaining witnesses in his favor, and to have the assistance of counsel for his defense.)

 

Je me concentre ici sur ces deux amendements, car deux exemples probants de violation de ces droits sont les cas de Lynne Stewart et de Julian Assange.

 

Jeudi, le 19 novembre 2009, le Juge John G. Koeltl a ordonné à Lynne Stewart, avocate spécialisée dans la défense des droits civils et militante de longue date, de se présenter immédiatement pour être incarcérée. Condamnée à 28 mois de prison le 16 octobre 2006 pour conspiration et soutien matériel au terrorisme, Lynne Stewart était en liberté conditionnelle. Le gouvernement américain a fait appel et a réclamé de 15 à 30 ans de prison. Le 15 juillet 2010, le juge Koetl a augmenté la peine de Lynne Stewart à dix ans. Il a retenu l’accusation de parjure et a reproché à Lynne Stewart de n’avoir manifesté aucun remords. Combattante de longue date, Lynne n’est pas restée silencieuse durant l’année qu’elle a passée en prison à New York. Elle n’a cessé de « travailler de l’intérieur », entre autres en écrivant des lettres pour différents évènements. Mais, le gouvernement a de nouveau frappé en transférant Lynne Stewart à la prison de Carswell, au Texas. En l’éloignant « brutalement » des siens et de ses supporters, il espère la faire taire et surtout qu’on l’oublie. Mais Lynne n’est pas facile à abattre et à réduire au silence. C’est une femme énergique et qui, de plus, connaît ses droits. Le 17 décembre, elle a envoyé le courriel suivant à son fils dans lequel elle décrit la brutalité d’un pouvoir qui ne respecte plus ses propres lois.

 

12/17/10. 10:45 am

 

Surreptitiously removed without my belongings or a chance to say good bye to anyone--I thought I was going to Beekman Hospital. Instead, I took a cold busride to newburgh, and was put on a plane --Brutally cold, no jacket etc. Went to Oklahoma City, overnight and then was driven to Dallas by van the next day.

 

It's not ideal but Ican make it. Will explain more next time. Much love to all.

 

Mom

 

Enlevée en cachette sans mes effets personnels ou la possibilité de dire au revoir à qui que ce soit- - Je pensais qu’on m’emmenait à l’hôpital Beekman. Mais, on m’a conduite en autobus à Newburg où on m’a fait monter dans un avion. Il faisait terriblement froid, pas de veste, etc. Suis allée à Oklahoma City pour la nuit, puis on m’a conduite en camionnette à Dallas le lendemain. Ce n’est pas idéal, mais je tiens le coup. Donnerai plus d’explication la prochaine fois. Je vous aime tous. Maman.

 

lynne-stewart.jpg

 Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22464

 

 

Le 28 juin 2012, la cour d'appel des États-Unis pour le deuxième circuit (United States Court of Appeals for the Second Circuit), a maintenu la décision du juge Koeltl du 15 juillet 2010 d’augmenter à 10 ans la peine initiale de Lynne Stewart. Le 16 octobre 2006, ce même juge avait condamné Lynne Stewart à 28 mois de prison pour conspiration et soutien matériel au terrorisme.

 

Cette avocate, aujourd’hui radiée du barreau, a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d'un avocat pouvaient frapper à sa porte. Aujourd'hui, Lynne Stewart lutte non seulement pour sa liberté et ses droits, mais également pour la liberté et les droits de tous les Américains.

 

Âgée de 72 ans, elle est détenue à la prison de Carswell, au Texas depuis 32 mois. Il lui reste encore sept ans et demi avant de pouvoir espérer retrouver la liberté, à l’âge de 80 ans…

 

Si l'on fait un rapide retour sur le cas de Lynne Stewart, il ressort immédiatement qu'elle a servi de bouc émissaire au gouvernement des États-Unis. La justice américaine s’est intéressée à son cas seulement après le 11 septembre 2001. Rappelons que sa seule faute est d'avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnelles : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L'Administration Clinton n'a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et une traîtresse. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était une traîtresse à la nation.

 

Lynne Stewart est devenue un double symbole. Le gouvernement américain et ses partisans voient en elle une menace pour l'autorité et la sécurité des États-Unis, en langage clair : une menace pour leurs intérêts. En réalité, ses années de travail acharné comme militante pour la justice sociale et le respect des droits civils, sa brillante carrière d’avocate de la défense et sa connaissance sans faille de la loi et du système judiciaire sont ses seules fautes. Devenue un exemple pour de nombreux avocats plus jeunes, elle représentait un danger réel pour le gouvernement. Un danger que la justice et la loi soient respectées aux États-Unis. Pour ses partisans et les partisans des droits et liberté et du respect de la Constitution , elle est le modèle à suivre. La femme derrière laquelle on se range pour monter aux barricades et prouver au gouvernement qu’on existe, que les lois existent et qu’on n’abandonnera pas la lutte pour la justice et les droits et libertés. Elle est une héroïne.

 

En s’acharnant contre elle, l’Administration américaine contribue à en faire une héroïne encore plus grande. Lynne Stewart l’a déjà prouvé, elle n’abandonnera pas le combat. Et c’est ce que les juges lui reprochent. En sa qualité d'ancienne avocate, elle connaît tous les rouages du système judiciaires ainsi que ses droits. Elle n'est pas à la veille de se taire ou de baisser les bras. Et, advenant qu’elle ne sorte de prison qu’à l’âge de 80 ans, il est fort probable qu’elle sortira debout, le poing levé et que nombreuses seront les personnes qui l'attendront quand elle franchira les grilles.

 

Ce cas états-unien s'inscrit dans la logique mondiale d'aujourd'hui : instaurer la peur en votant et appliquant des lois contraires aux droits et libertés, cibler quelques figures pour en faire un exemple, Lynne Stewart, Julian Assange, entre autres. Tout cela au nom de la sécurité des citoyens. Le Québec ne fait pas exception comme en attestent la Loi 78 et les différentes mesures adoptées par le gouvernement Charest.

 

 

 

Claude Jacqueline Herdhuin

 

Auteure, réalisatrice, doctorante en Études et pratique des arts

 

 

 Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31726

 

 Quand on pense que le 4 juin 2009, dans un discours au Caire, Barack Obama déclarait :

"Mais j’ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s’exprimer et d’avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l’État de droit et l’application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s’agit pas simplement d’idéaux américains, il s’agit des droits de l’homme et c’est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier."

 

Dis donc Barack ? Tu serais pas en train de nous prendre pour des jambons ?  Parce que ta justice, elle pue la loi d'exception, le Pétinisme frémissant et le totalitarisme en manque ! Et les grands médias donneurs de leçons et assoiffés de démocratie, qui ferment leur gueule. ça fait non seulement froid dans le dos, mais ça donne envie de gerber !

 

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Vidéo-clip du documentaire sur Lyne Stewart et pétition :

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=16312  (en anglais)

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

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Publié le 30 Juin 2012

Hommage et soutien aux Peuples d'Amérique Latine en lutte, en cette période difficile.
 
Manifestation
 
 
 
Avec la rage dans le piment,
 
je sors mon condor sous le bras,
 
je traverse la rue une pierre à la main,
 
je chemine sous l'oeil d'un policier qui surveille ma faim,
 
je cherche l'oreille et l'oeil de la nuit,
 
je colle des affiches, je cours sur les places,
 
je crie avec une braise sur la langue,
 
je peins sur les murs : "Vive le Che"
 
on me balance de l'eau en tuyau d'arrosage,
 
je suis le feu
 
on me donne de l'éclair en fumée,
 
je suis la terre
 
on m'ouvre une blessure où qu'elle soit
 
je suis le peuple
 
on me persécute, on m'incarcère, on me torture.
 
Je chante ma liberté, je déplace des pavés,
 
je brise bois et cristaux, je chante,
 
je vais à la grève avec ma peur naturelle et une tasse de café chaud;
 
je vole à travers la ville, je déchire l'air, j'explose les vitrines,
 
je frappe les pages des journaux,
 
je renverse les portes, je vainc masques et massues,
 
je transperce les seuils de l'histoire,
 
je suis !!
 
 
Pedro Shimose (1940-), poète bolivien
 
 
 
 
 


 

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Rédigé par hobo-lullaby

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