Publié le 22 Décembre 2011

 
 
Si nous le voulons

« Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n’est pas l’apanage des autres.
Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d’action de grâces à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner.
Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan sans être jugés.
Nous serons un peuple lorsque le poète pourra faire une description érotique du ventre de la danseuse.
Nous serons un peuple lorsque nous oublierons ce que nous dit la tribu..., que l’individu s’attachera aux petits détails.
Nous serons un peuple lorsque l’écrivain regardera les étoiles sans dire : notre patrie est encore plus élevée... et plus belle !
Nous serons un peuple lorsque la police des mœurs protégera la prostituée et la femme adultère contre les bastonnades dans les rues.
Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement.
Nous serons un peuple lorsque le chanteur sera autorisé à psalmodier un verset de la sourate du Rahmân dans un mariage mixte.
Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et que nous respecterons l’erreur. »
Mahmoud Darwich
 
 Et lorsque le monde du partage remplacera le partage du monde ...
 
 
 
 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 10 Décembre 2011

 
 
Depuis  1976, Léonard Peltier est incarcéré sous le matricule n° 89637 - 132
 
 Condamné à perpétuité suite à un procès politiquement manipulé ...
... Un communiqué de presse d'Amnesty International sur ce lien :  link    
 
 et un documentaire :
 
résument très bien l'affaire
 
 
leonard-peltier-1.jpg
 
Son seul crime est d'être un défenseur de la cause Indienne et membre de l'Américan Indian Movement.
Alors pour ne pas l'oublier ni lui ni sa cause ...
 
 !
 
Ceux qui désirent adresser une pétition au Prix Nobel de la Paix et néanmoins Président des Etats unis d'Amérique, Monsieur Obama, peuvent le faire ici : link
Suivant le droit Américain, Barack Obama est en effet le seul à pouvoir débloquer la situation en accordant la grâce présidentielle !
Comment ce poême écrit en prison par Léonard Peltier ne fait pas prendre conscience à un Prix Nobel de la Paix, noir américain ( avec tout les souvenirs douloureux que cela évoque )  que la cause Indienne est juste et que de maintenir Peltier en prison est non seulement un acte barbare, mais ne grandit pas ni ne sert les Etats Unis ... Bien au contraire !

 

 

Péché« aboriginel »

Nous naissons tous innocents.
Nous devenons tous coupables.
Dans cette vie tu deviens coupable d’être toi.
Être soi-même, c’est ça le Péché « aboriginel »,
Le pire de tous les péchés.
C’est un péché que l’on ne te pardonnera jamais.
Nous les Indiens sommes tous coupables,
Coupables d’être nous-mêmes.
On nous enseigne cette culpabilité dès la naissance.
Nous l’apprenons consciencieusement.
A chacun de mes frères et à chacune de mes sœurs
Je dis,
Sois fier de cette culpabilité.
Tu n’es coupable que de ton innocence,
D’être toi-même,
D’être indien,
D’être humain.
Être coupable te rend sacré.

Leonard Peltier
    
 
  Aors Barack, si tu nous lis ...

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 4 Décembre 2011

        
Modeste Hommage à ce Folksinger épris de Liberté ...
« Toute personne prise en flagrant délit en train de chanter une de mes chansons sans ma permission
deviendra sûrement un de mes bons amis, parce que c’est la raison principale pour laquelle je l’ai
écrite » Woody Guthrie (1912-1967)
 
 
Influencé par Joe Hill, chanteur et syndicaliste sur lequel on peut trouver un article très intérresssant ( ainsi que sur la contre culture ouvrière ) sur ce lien :     link 
               
 
Cisco Houston vieux compagnon de route de Woody Guthrie interprètant une chanson de Joe Hill :
 
Comme quoi la propagande date d'avant 1984 ...
Woody a également influencé nombre de chanteurs ...
L'un des plus célèbres, Bob Dylan qui lui dédia ce morceau :
I'm out here a thousand miles from my home,
Je suis perdu ici à un millier de milles de chez moi,
Walking a road other men have gone down.
Marchant sur une route que d'autres hommes ont foulés.
I'm seeing your world of people and things,
Je vois ton monde de gens et de choses,
Your paupers and peasants and princes and kings.
Tes pauvres, tes paysans, tes princes, tes rois.
Hey, hey Woody Guthrie, I wrote you a song,
Hey, Woody Guthrie, je t'ai écrit une chanson,
About a funny old world that's a coming along,
Sur un drôle de vieux monde qui suit son chemin.
Seems sick and it's hungry, it's tired and it's torn
Il semble malade et affamé, il est fatigué et déchiré,
It looks like it's a dying and it's hardly been born.
Il est comme mourant et vient à peine de naître.
Hey, Woody Guthrie, but I know that you know,
Hey, Woody, mais je sais que tu connais,
All the things that I'm saying, and many times more,
Toutes les choses que je dis et beaucoup plus encore.
I'm a singing you the song, but I can't sing enough,
Je te chante cette chanson, mais je ne peux pas chanter assez,
Cause there's not many men that done the things that you've done
Car il n'y a pas beaucoup d'hommes pour faire ce que tu as fait.
Here is to Cisco and Sonny and Leadbelly too,
C'est pour Cisco et Sonny et aussi Leadbelly,
And to all the good people that traveled with you,
Et pour tous ces braves gens qui voyagèrent avec toi,
Here is to the hearts and the hands of the men,
C'est pour le coeur et les mains des hommes
That come with the dust and are gone with the wind.
Qui sont venus avec la poussière, et sont partis avec le vent.
I'm leaving tomorrow, but I could leave today,
Je partirai demain, mais je pourrais partir aujourd'hui,
Somewhere down the road someday.
Quelque part sur la route, peu importe quand.
The very last thing that I'd want to do
La toute dernière chose que je voudrais faire,
Is to say I've been hitting some hard traveling too.
C'est te dire : J'ai, moi aussi, fait un dur voyage.
 

 
Pour les amoureux de Dylan, rendez vous sur ce blog : link
D'autres pointures lui doivent beaucoup :
 
 Ainsi que des artistes plus récents qui perpétuent l'hommage, dans sa chanson la plus célèbres et dans une version qui donne une intemporalité à ce morceau :
 

 
 
Alors merci à Woody Guthrie qui continue à arpenter son chemin, en espèrant que d'autres continue sa lutte
 
 

 
 
 
 

I ain’t got no home/Woody Guthrie

Je n’ai plus de maison. « A présent je vagabonde et vois

ce que je peux voir… ce méchant monde immense est un

bien drôle d’endroit : le joueur est riche, le travailleur

est pauvre, et dans ce monde-là je n’ai plus de

maison… »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 26 Novembre 2011

   
            
En lisant l'éthymologie du mot travail ...
 
"Selon Alain Rey, le mot travail (apparu vers 1130) est un déverbal  de travailler, issu (vers 1080) du latin populaire tripaliare, signifiant « tourmenter, torturer avec le trepalium »."
Source Wikipédia
 
Et en la comparant à la définition du capitalisme dans dictionnaire Larousse ...
 
« statut juridique d'une société humaine caractérisée par la propriété privée des moyens de production et leur mise en œuvre par des travailleurs qui n'en sont pas propriétaires. »
 
Un légers rictus commença à relier mes deux oreilles !
 
Mais commençons par le commencement et plantons le décor :
 
 
    
    
Et pourtant que ne fait on pas pour nous vanter les mérites du travail ?             
   
"Tout salaire mérite travail"  Yvon Gattaz
  
Voire pour le glorifier ?
    
  
  
  
Nietzsche, reconnu comme un des plus grands penseurs, parlait de la glorification du travail en ces termes :  
   
«  Dans la glorification du “ travail ”, dans les infatigables discours sur la “ bénédiction du travail ”, je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous :à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. – Et puis ! épouvante ! Le “ travailleur ”, justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d’ “ individus dangereux ” ! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum ! » 
Nietzsche. .Aurores (1881), Livre III, § 173 et § 206, trad. J. Hervier, Gallimard, 1970.
 
   
  
 
La sécurité parlons en, ne serai-ce pas plutôt la peur du chômage ?  
      
D'après Marx :
"L’excès de travail imposé à la fraction de la classe salariée qui se trouve en service actif grossit les rangs de la réserve, et, en augmentant la pression que la concurrence de la dernière exerce sur la première, force celle-ci à subir plus docilement les ordres du capital. "
  
Que l'on rapprocher d'une certaine manière à cette analyse de  Marc Lefrere :
 

Le capitalisme est une forme économique de l'esclavage

Le titre est certainement assez osé, et je ne doute pas qu'il sera jugé excessif. Il y a malgré tout des considérations utiles à tirer d'une comparaison entre l'esclavage et le capitalisme; et j'espère vous le montrer. Précisons tout de suite que cette comparaison n'a de sens que d'un point de vue économique, puisque le capitalisme est un système économique, et que l'esclavage lui-même a connu des justifications économiques. La comparaison ne portera donc pas sur les droits qui sont reconnus à l'esclave ou à l'ouvrier : ces droits sont, dans un cas comme dans l'autre, extrêmement variables, selon les époques et les cultures.

Qu'est-ce que l'esclavage? C'est la possession d'un homme à qui on est sensé donner nourriture, logis, bien de nécessité et quelques autres en fonction des services rendus et des relations que le maître entretient avec son esclave. Dans l'antiquité, certains s'occupaient même de la formation technique, voire intellectuelle, de leurs esclaves : c'est ainsi que l'esclave Epictète fut formé à la philosophie.

Qu'est-ce que posséder des moyens de productions? C'est acheter les conditions de travail d'un homme, afin de tirer ensuite profit de son travail.

Dans un cas, on achète un homme et on tire profit de son travail.

Dans l'autre cas, on achète les conditions de possibilité du travail, et donc, dans des conditions ordinaires, de la survie d'un homme, et on tire profit de son travail.

Le but est donc le même : tirer profit du travail d'autrui (ce qui est le propre du capitalisme, puisque son but est d'accroitre le capital en faisant les bons investissements).

Le moyen diffère. Mais nous devons souligner qu'il diffère surtout pour ce qui concerne des conditions extérieures au capitalisme et au domaine économique proprement dit. Heureusement, l'employeur n'a pas le droit de châtier corporellement son employé, par exemple, mais cet interdit ne relève pas de la définition même du capitalisme, qui n'a pas toujours eu ces scrupules. Et l'honnêteté oblige à dire que les droits reconnus aux travailleurs ne sont pas assurés par l'idéologie capitaliste, mais par la vigilance de l'Etat ou par les luttes et la surveillance syndicales.

Aussi bien pourrions-nous imaginer un pays où l'esclavage serait toujours permis, mais où cette pratique aurait été finalement plus "humanisée", par l'imposition de certaines règles de conduites : le maitre ne doit pas tuer son esclave, il ne doit même pas le blesser physiquement, ni lui interdire de se marier, etc.. Mais tout le travail de l'esclave restera possession du maître, qui, en retour, lui donnera de quoi vivre.

L'esclave vit ainsi directement sous la dépendance de son maître. L'employé ne vit pas directement sous la dépendance du capitaliste ; il a d'abord l'impression de vivre par son travail. Mais il faut avouer que la différence paraît moins nette. Car, à cause de la relation de dépendance qui existe malgré tout entre le capitaliste et l'employé, c'est au premier qu'appartient d'abord toute la richesse produite. Et ce n'est qu'en un second temps qu'il donne une part de cette richesse à son employé. Et l'on sait que ces dernières décennies la part de richesse reversée au travail n'a cessé de diminuer - ce qui est tout à fait dans la logique du capitalisme.

Nous nous demandons franchement quelle différence fondamentale existe alors entre les deux systèmes du point de vue économique. Dans les deux cas, la somme de travail et surtout la somme de richesse produite est la propriété du maître ou du capitaliste. Et celui-ci en redistribue une part à son esclave ou à son employé.

On me dira : mais tout de même, l'employé peut partir de son entreprise s'il n'est pas content! L'esclave, lui, ne le peut pas. Certes, mais cette objection prend appui sur une considération qui sort du domaine économique : il ne peut donc servir pour montrer que d'un point de vue économique il y a une différence. En outre, il faut observer que le capitalisme tend naturellement à empêcher la contestation des employés : en favorisant les grands regroupements, il conduit à niveler les conditions de travail, et même à les détériorer si cela permet des profits supplémentaires. Et il ne trouve pas intérêt à investir dans les zones où les exigences sociales sont jugées excessives, et préférera donc s'installer là où les employés seront plus "concurrentiels", c.-à-d. là où le profit sera meilleur. Dans un environnement de libre échange, les emplois ne pourront donc pas être viables si les employés ne se plient pas à la nécessité d'offrir du profit.

L'employé peut donc certes partir de son entreprise, mais que trouvera-t-il ailleurs? Rien de mieux, voire pire : le chômage. Il y a donc bien une sorte de chantage, qui n'est plus strictement "travaille pour moi ou meurs", mais qui s'en rapproche étrangement.

Il me semble ainsi que, du point de vue économique, le système capitaliste n'est rien d'autre qu'un système d'esclavage décentré et donc déguisé. Au lieu d'annoncer clairement que l'on possède un homme, on s'arrange pour qu'un homme soit obligé de venir nous offrir son travail. De la sorte, il y a pour lui, en fait, du point de vue économique, les mêmes contraintes et les mêmes résultats.

Sans doute ce rapprochement paraitra encore excessif, même après ces explications. Mais nous avons voulu montré que, pour ce qui concerne la logique économique de fond, le capitalisme était idéologiquement parent de l'esclavagisme.

Il est toujours un peu surprenant de constater comment les capitalistes, pour défendre leur position, renvoient leurs adversaires aux crimes du communisme, comme si être anticapitaliste impliquait forcément de revenir à de tels modèles. Il sera tout de même bon, alors, de leur rappeler qu'autrefois le capitalisme a bel et bien été esclavagiste, au sens le plus fort et le plus douloureux du terme. Pourquoi donc n'en ont-ils pas déduit qu'il fallait l'abandonner?

 
    1er Février 2009 par Marc Lefrere - blog Médiapart  
  
  
Et l'on voit que le piège est au point
    
travail-a-la-chaine0     poules batterie

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Publié le 11 Novembre 2011

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Sur la grand'route
Nous sommes les crève-de-faim
Les va-nu-pieds du grand chemin 
Ceux qu'on nomme les sans-patrie
Et qui vont traînant leur boulet 
D'infortunes toute la vie, 
Ceux dont on médit sans pitié 
Et que sans connaître on redoute 
Sur la grand'route.

Nous sommes nés on ne sait où 
Dans le fossé, un peu partout, 
Nous n'avons ni père, ni mère, 
Notre seul frère est le chagrin 
Notre maîtresse est la misère 
Qui, jalouse jusqu'à la fin 
Nous suit, nous guette et nous écoute 
Sur la grand'route.

Nous ne connaissons point les pleurs 
Nos âmes sont vides, nos coeurs 
Sont secs comme les feuilles mortes. 
Nous allons mendier notre pain 
C'est dur d'aller (nous refroidir) aux portes. 
Mais hélas ! lorsque l'on a faim 
Il faut manger, coûte que coûte, 
Sur la grand'route.

L'hiver, d'aucuns de nous iront 
Dormir dans le fossé profond 
Sous la pluie de neige qui tombe. 
Ce fossé-là leur servira 
D'auberge, de lit et de tombe 
Car au jour on les trouvera 
Tout bleus de froid et morts sans doute 
Sur la grand'route.
 
Gaston Couté
gromaire va nu pied

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Rédigé par hobo-lullaby

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Publié le 11 Novembre 2011

 

 

DIMANCHE

 

Entre les rangées d’arbres de l’avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins
Les oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m’embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.

Jacques Prévert

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #errances