Publié le 2 Janvier 2013




 
Mort s.d.f
 
 
 
 
 
 
 
 
Un mort
 
S.D.F.
 
m’accoste :
 
 
 
On ne m’accepte
 
dans aucun cimetière
 
sans passeport ni visa
 
ni visage
 
légitime
 
pour franchir ta frontière.
 
Je suis délocalisé
 
délégalisé
 
mort démoralisé
 
moi qui espérais qu’on m’accorde
 
l’hospitalité des racines
 
depuis longtemps pourries
 
de mes parents
 
sous l’aile dévastée mais secourable
 
de mon origine perdue.
 
 
 
Or ne pas habiter Paris
 
de mon vivant
 
au terme de la loi
 
qui scalpe les affects
 
m’exclut d’y vivre ma mort
 
m’interdit cette escale
 
de l’au-delà.
 
 
 
Il est tant de lieux affectés à l’inhumanité
 
quand les lieux d’inhumation affichent complet
 
pour les cadavres
 
non enregistrés au cadastre
 
et l’on ne prévoit aucune séance
 
de rattrapage mortuaire
 
dans ce cinéma sans quartier
 
où l’on travaille au noir
 
 
 
la finition du deuil.
 
Pas un strapontin libre pour
 
les retardataires les réfractaires.
 
 
 
Ça passe ou ça casse
 
moi je me casse
 
dans les exils d’avant les juifs
 
dans les ailleurs d’avant les os
 
dans les eaux d’avant le déluge
 
où je demanderai droit de passage à Noé
 
si son Arche n’est pas encore surbookée
 
d’animaux humains
 
et d’humains écorchés de leur humanité.
 
 
 
Que lui répondre
 
moi l’accueillante
 
à tous les mots à tous les morts ?
 
Mais il lui reste
 
la solution finale :
 
se changer en poignée de cendres
 
et l’urne funéraire
 
lui servira d’arche
 
pour voguer vers l’éternité.
 
 
 
 
 
Charles DOBZYNSKI





 






 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 2 Janvier 2013




"LA POÉSIE DOIT AVOIR POUR BUT LA VÉRITÉ PRATIQUE"

 

À mes amis exigeants

 

 

 

Si je vous dis que le soleil dans la forêt

 

Est comme un ventre qui se donne dans un lit

 

Vous me croyez vous approuvez tous mes désirs

 

 

Si je vous dis que le cristal d’un jour de pluie

 

Sonne toujours dans la paresse de l’amour

 

Vous me croyez vous allongez le temps d’aimer

 

 

Si je vous dis que sur les branches de mon lit

 

Fait son nid un oiseau qui ne dit jamais oui

 

Vous me croyez vous partagez mon inquiétude

 

 

Si je vous dis que dans le golfe d’une source

 

Tourne la clé d’un fleuve entr’ouvrant la verdure

 

Vous me croyez encore plus vous comprenez

 

 

Mais si je chante sans détours ma rue entière

 

Et mon pays entier comme une rue sans fin

 

Vous ne me croyez plus vous allez au désert

 

 

Car vous marchez sans but sans savoir que les hommes

 

Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter

 

Pour expliquer le monde et pour le transformer

 

 

D’un seul pas de mon coeur je vous entraînerai

 

Je suis sans forces j’ai vécu je vis encore

 

Mais je m’étonne de parler pour vous ravir

 

 

Quand je voudrais vous libérer pour vous confondre

 

Aussi bien avec l’algue et le jonc de l’aurore

 

Qu’avec nos frères qui construisent leur lumière

 

 

 

Paul Eluard.

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 1 Janvier 2013




lettre de janvier à Obama

 

 

 

 

Monsieur le Président Obama

 

The White House

 

1600 Pennsylvania Avenue N.W.

 

Washington DC 20500

 

Monsieur le Président,

 

La Statue de la Liberté à l’entrée du port de New-York tourne le dos aux Etats-Unis. Si sa torche avait éclairé votre pays, Monsieur le Président, les cinq cubains Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino, et René González seraient déjà à Cuba auprès des êtres qui leur sont chers, et Alan Gross serait auprès de son épouse aux Etats-Unis.

 

Pour marquer la nouvelle année, je vous envoie ce poème écrit le 20 décembre dernier par Antonio Guerrero, l’un des Cinq.

 

Pour la liberté

 

« Pour la liberté

 

Je saigne, je me bats, et je persiste à vivre. »

 

Miguel Hernández


 

Pour la liberté

 

Je persiste à vivre, je saigne et je me bats.

 

Pour la liberté

 

Le cœur à nu.

 

Pour la liberté

 

Avec le peu que j’ai, j’ai beaucoup.

 

Pour la liberté

 

Ce qui est mien est tien.

 

Pour la liberté

 

Je pointe mes yeux vers le soleil `

 

Et mes pupilles reflètent

 

Toute la lumière du monde.

 

Pour la liberté

 

La poitrine comme un mur

 

Les mains comme des ailes,

 

La bouche comme des poings.

 

Pour la liberté

 

L’essence du crépuscule,

 

La cohésion du rêve,

 

L’histoire du lendemain.

 

Pour la liberté,

 

D’un présage confus

 

Un vers qui se réveille

 

Par un cri dans la nuit.

 

Pour la liberté,

 

Dans un tunnel obscur

 

Savoir reconnaître

 

Et défendre ce qui est juste.

 

Nous attendons avec impatience, Monsieur le président, d’autres relations entre Cuba et les Etats-Unis, et espérons le dénouement heureux de cette interminable saga des Cinq. II est entre vos mains.

 

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.

 

Jacqueline Roussie

 

Copies envoyées à : Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Kathryn Ruemmler, Janet Napolitano, à Messieurs. John F. Kerry, Harry Reid, Eric Holder, Pete Rouse, Rick Scott, et Charles Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France.

 

Source : http://bellaciao.org/fr/


les-cinq.JPG




 

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 1 Janvier 2013





L’injustice aujourd’hui s’avance d’un pas sûr.

 

Les oppresseurs dressent leurs plans pour dix mille ans.

 

La force affirme: les choses resteront ce qu’elles sont.

 

Pas une voix, hormis la voix de ceux qui règnent,

 

Et sur tous les marchés l’exploitation proclame: c’est maintenant que je commence.

 

Mais chez les opprimés beaucoup disent maintenant :

 

Ce que nous voulons ne viendra jamais.

 

 

 

Celui qui vit encore ne doit pas dire : jamais!

 

Ce qui est assuré n’est pas sûr.

 

Les choses ne restent pas ce qu’elles sont.

 

Quand ceux qui règnent auront parlé,

 

Ceux sur qui ils régnaient parleront.

 

Qui donc ose dire: jamais ?

 

De qui dépend que l’oppression demeure? De nous.

 

De qui dépend qu’elle soit brisée? De nous.

 

Celui qui s’écroule abattu, qu’il se dresse!

 

Celui qui est perdu, qu’il lutte !

 

Celui qui a compris pourquoi il en est là, comment le retenir?

 

Les vaincus d’aujourd’hui sont demain les vainqueurs

 

Et jamais devient: aujourd’hui.

 

.

 

BERTHOLD BRECHT  extrait de Eloge de la dialectique

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 31 Décembre 2012



Une pensée pour eux en ce dernier jour de 2012









Hobo’s  lullaby – Berceuse de vagabond

 

Va dormir, toi le vagabond fatigué 
laisse les villes dériver lentement  
n'entends-tu pas les rails en acier murmurer
c'est la berceuse du vagabond

Je sais que tes vêtements sont déchirés et en lambeaux 
et tes  cheveux sont grisonnants 
lève la tête et souris à la difficulté 
tu trouveras calme et repos un jour

Maintenant, ne t’inquiète pas pour demain 
laisse demain aller et venir 
ce soir tu es dans un wagon bien chaud 
à l’abri du vent et de la neige

Je sais que la police te cause des ennuis
ils causent des problèmes partout 
mais quand tu mourras et iras au ciel 
tu ne trouveras pas de policiers là-bas

Va dormir, toi le vagabond fatigué 
laisse les villes dériver lentement  
n'entends-tu pas les rails en acier murmurer
c'est la berceuse du vagabond

 



 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 31 Décembre 2012



Pour finir l'année sur une note d'espoir, un documentaire sur Cuba qui brise les stéréotypes de la propagande, mais qui surtout nous donne un exemple pour un avenir plus ou moins proche .







 

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Publié le 30 Décembre 2012





Petite douceur Brésilienne pour finir l'année ...








 

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Publié dans #musique

Publié le 29 Décembre 2012



 Il y 122 ans jour pour jour, le 29 Décembre 1890 ...




La 7e de cavalerie a reçu l'ordre du commandant du département de la Platte, le général John Brooke, de désarmer le clan de Big Foot avant le transfert vers le Nebraska. La veille au soir, après avoir été escortés au camp et avoir été encerclés de toute part, les Lakota sont considérés comme des prisonniers virtuels. Forsyth choisit de ne pas essayer de les désarmer dans la soirée.
Au matin, les hommes Lakota sont rassemblés et informés qu'ils doivent remettre toutes leurs armes à feu. Les soldats, craignant que des armes restent cachées, commencent à fouiller les tentes, provoquant la colère des Lakota qui, selon l'armée, sont sous l'influence d'un chaman Miniconjou, Yellow Bird.
Lorsque les soldats tentent de désarmer un Lakota nommé Black Coyote, un coup de feu part. Une fusillade générale s’ensuit. La plupart des hommes Lakota, encerclés par les soldats, sont abattus. Les survivants se dégagent. C’est alors que les canons bombardent le village des femmes et des enfants.
On a longtemps prétendu que 146 Lakota avaient été tués ainsi que 25 soldats de la cavalerie des États-Unis qui comptait également 35 blessés, Big Foot figurant parmi les morts.
En fait, l'armée américaine reconnaît aujourd'hui que c'est 300 à 350 Amérindiens qui périrent lors de ce « massacre »1, terme utilisé par le général Nelson A. Miles dans une lettre du 13 mars 1917 au commissaire aux affaires indiennes. Les soldats tirant de tous les côtés, on pense que certains d'entre eux ont été tués par leur propre régiment mais aucune enquête n'a permis de connaître la vérité.
 
Source Wikipedia




Nature morte à Wounded Knee

Roses !
Pollen sur mon mât ivre,
Dessinant des nuées de mouettes,
Dans les tracés brumeux de mes mille pôles sans repères.
Les poissons ont mangé la boussole,
Christophe n’a plus rien à découvrir !
Rien !
Seulement un mensonge !
Le culte ensanglanté d’une erreur !
Naturalisation de la mort en sèves de vie.
Le carbone roi et la poudre ivre
Déplument mon poème à Wounded Knee !
Poudre ivre, images brisées des faces tatouées de squaws !
L’aventure du tic-tac de verre,
Cette laisse royale qui a traversé l’océan de mon histoire
Pour être mise à mon cou de libre Sioux !
Ce voyage, expédition financée de gras pesetas !
Bien avant moi, il y a les Aztèques
Et cet astronome bourré de chimie, dans l’asile !
Avant moi, il y a moi crevant sous mes propres flèches
Et le sang vert de la fleur sauvage.
Natures mortes,
Mort de l’usage,
Mort du fou rire
Qui abattait bisons et volcans.
Il y a mon totem qui vomit au musée,
Ma femme dénudée à coups de crosses,
A coups de pistolets,
Devant les caméras des touristes excités.
Têtes d’hyènes,
Palais et bureaux des grammaires indigènes !
Il y a moi, dans ma mort,
Au creux de leurs miroirs zoologiques,
De leurs livres trafiqués craquant de contre-vérités,
De leurs geôles, de leurs colonnes de guêpes
Aux dards de métal
Eclatant la peau rose de mon étalon soleil !
Il y a moi cadenassé dans les réserves
De leurs banquets d’impitoyables banquiers
Il y a moi,
Mon aube incendiée, dans les tentes
Et l’aigle délogé
Qui s’enivre dans de boueux clapiers !
L’aigle déplumé, chassé
Des montagnes d’or
Qui dort, ivre-mort, dans cette réserve,
Loin des réservoirs de pétrole,
Ma desénergie !
Moi qui me saoulait de soleil,
Moi qui lisait l’ardeur multicolore
De mon rouge carquois, mon poème !


Mokhtar El Amraoui -  "Arpèges sur les ailes de mes ans"

Le site de Mokhtar El Amraoui  ;  http://mokhtarives.blogspot.fr/










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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 28 Décembre 2012




Vu sur le blog de Cathy Garcia - Délit de poèsie  :  http://delitdepoesie.hautetfort.com/






 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #apprentis sorciers

Publié le 28 Décembre 2012




Voyage au confluent du Mali et du Mississippi ... les racines du Blues














 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique