Publié le 18 Novembre 2015

Ombre maudite

Je suis sorti de mon corps

Après l’éclair

Je suis sorti de mon corps

Les oiseaux se sont tus

Coupure de son

J’étais sourd, même au sifflement du vent

L’image était aérienne

Toujours intacte

Comme gravée

Seulement les pleurs de ma mère

Les larmes de ceux que j’aimais

Seulement mes compagnons

Immobiles dans le sang

Puis retentit l’ombre des vautours

L’ombre des propagandes

L’ombre de la haine

L’ombre des vengeances

Cette ombre assourdissante

Qui détruit les boussoles

Je ne savais plus oû j’étais

Bagdad, Paris, Santiago, New York ou Gaza ?

Qu’importe, ce n’est plus mon affaire

Et puis qui s’en soucie ?

La peur sera toujours l’eau

Et le pouvoir un moulin

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 13 Novembre 2015

On the other hand Baby, chanson écrite en 1961 par Ray Charles

 

La version originale :

 

 

 

 

 

Et sa sublime reprise Par Etta Baker ;

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Blues, #musique

Publié le 11 Novembre 2015

CLOUÉ AUX VIEUX BARBELÉS

Si tu cherches le général
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le général

Moi je sais où il est
en train de se coller une autre medaille à la poitrine
je l'ai vu, je l'ai vu
en se collant une autre medaille à la poitrine
en se collant une autre medaille à la poitrine

Si tu cherches le colonel
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le colonel

Moi je sais où il est
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
je l'ai vu, je l'ai vu
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde

Si tu cherches le sergent
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le sergent

Moi je sais où il est
en train de se taper tout le rum de la compagnie
je l'ai vu, je l'ai vu
en se tapant tout le rum de la compagnie
en se tapant tout le rum de la compagnie

Si tu cherches le soldat
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le soldat

Moi je sais où il est
cloué aux vieux barbelés
je l'ai vu, je l'ai vu
cloué aux vieux barbelés
cloué aux vieux barbelés.

 

 

 

 

 

 

 

CHAIR À CANON

Dans ma rue, deux noms et deux fleurs ont un désir :
Oublier la traînée de l'injustice, faire naître une nouvelle pensée.
Chair à canon nous sommes, l'armée des manipulés
Sous l'effet de la grandeur des baratineurs bien entraînés.
Pour satisfaire l'envie des grands de conquérir sans retenue,
Nous avons souillé le champ de rouge et usé tout compromis.
Ils nous ont vendu pain et promesses en première ligne avec leur faux idéal,
Chaque fois envoyés au feu, abattus à peu à peu.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

La justice des puissants nous a volé le printemps
Sans se soucier de notre tristesse, de notre peur et de notre misère.
Et le peuple de Dieu a stipulé un tacite accord
Que pour chaque contrat de foi soit contemplé un soldat mort. 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.
Ils m'ont décrit l'ennemi comme un mauvais fétiche à trucider.
Mais je l'ai vu lutter dans la boue pour survivre et désespérer ;
Il avait deux yeux, deux bras, deux jambes, la même bouche pour parler.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

On peut nous voir voler en l'air avec peu d’envie de pardonner
Millions de voix en un grand cri, chanter dans le vent on peut nous entendre.
Le fleuve est grand, le fleuve est rouge, il tache la terre comme l'encre,
Tache la terre jusqu'à une mer emplie de voix à écouter.

Frappe la terre avec un bâton, ils peuvent toujours appeler mon nom
Frappe la terre avec un bâton, chair à canon.

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 8 Novembre 2015

 

UNE TRUELLE DANS LE CAFE

 

Les métaphores ont baissé leurs pantalons

Comme une lune impudique

Qui nous montre ses fesses

Juste pour dire merde aux moussaillons

Juste pour envoyer chier le juridique

Avec un ptit bras d’honneur à confesse

Les images ont pris la main des murs

Les aveugles ont levé les yeux

Mais quoi foutre d’une canne blanche

Pour triturer un caniveau

Si vous saviez ma révérence

Pour chier sur les réseaux sociaux

Au barbecue point de nuages

Quand les frères se tendent la main

Et quand dans les yeux d’un Youssef

Se trouve l’amour des matins

 

Hobo Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 25 Octobre 2015

 

El Poeta (Le Poète)

 

Toi qui te crois si différent

Parce qu'on t'appelle poète

Et que ton monde est bien à part

Par-delà les étoiles

 

De la tant regarder la lune

Tu ne sais plus rien regarder

Te voilà devenu pareil au pauvre aveugle

Qui a perdu sa route

Et ne sait plus vers où marcher

 

Va-t-en voir les mineurs

Va voir ceux qui labourent les champs de blé

Va t’en les voir et chante-les

Ceux qui s’arrachent la peau

Pour un quignon de pain

 

Toi le poète aux rimes fières

Va faire un tour dans la forêt

Et apprends donc un peu là-bas

Du bûcheron et de ses déboires

 

Va partager la vie du peuple

Va le regarder du dedans,

Va comprendre à quel point

Il te faudra devenir homme

Avant de prétendre à

Être un poète vraiment

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 23 Octobre 2015

Un Blues du vendredi dédié à mon camarade Georges Ibrahim Abdallah qui entamera demain sa 32è année de prison.

 

Les cerises et les figues



Les ministres et les juges ont gravés des rayures

Dans l’oubli des cachots et ses rêves d’Antigue

Sur un cèdre courbé aux blanches tavelures

Qui chantonne le temps, les cerises et les figues



Dans les silences de Sabra et Chatila

Il est des murs à la mémoire ensanglantée

Des rues où soudain la terreur résonna

Où le fantôme d’Oradour sembla déambuler



Il n’est de résistant que celui qui se dresse

Repousse la barbarie dans une colère de larmes

Il n’est de sentiment pire que la détresse

De rempart plus terrible que de prendre les armes



Et c’est suivant le lieu, l’époque et les vainqueurs

Que vos cendres reposent tranquilles au panthéon

Et c’est suivant le vœu des grands inquisiteurs

Que vos os croupissent au fond d’une prison



La justice est un mot aux allures de mensonge

Quand l’oncle d’Amérique intime ses vassaux

Le pantin de Beauvau la souffrance prolonge

Jetant le droit des hommes au fond du caniveau



Je sais un Abdallah aux yeux pleins de fatigue

Et un Georges qui chante les cerises et les figues 
 
 
 
 

 

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Publié le 20 Octobre 2015

 

 

A toi qui n’est pas d’accord

 

 

Quand tu cherches une main tendue

Dans la nuit d’un bistrot oû tu aimes bien te perdre

Pour conjurer ta peur

Pour saisir une chemise

Que tu n’oses déchirer

Pour conjurer les barques

Qui malgré toutes les houles

Arriveront à bon port

Pourquoi hurler  en vain

Si tu te prétends un homme

Pourquoi être un loup

Si tu n’es qu’un agneau

Pourquoi haîr ton frère

Si tu es incapable de le rassurer

Dis-moi ton son de cloche

Qui oublie les saisons

Tends-moi une simple main

Comme je te tends la mienne

Oublions les puissants et toutes leurs méprisances

Les valeurs sont des leurres divisantes qui ne cherchent qu’à régner

Et l’amour une bouée qu’on se rassure à crever

Alors toi qui n’est pas d’accord

Admets que tu aimes, respires, manges et meurs

Comme n’importe quelle étoile qui peuple l’univers

 

Hobo-Lullaby

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #humeur

Publié le 18 Octobre 2015

 

 

 

 

 

EVIDENT 

Nous autres ne sommes que des poèmes
composés à 90% de métaphores
avec un sens très mince
à la limite de la quintessence
et jadis
nous étions la pâle lueur de la lune
nous précipitant
au fond de la gorge d'une girafe
oui, descendant le long couloir
malgré ce que pouvaient annoncer les haut-parleurs
oui, nous précipitant dans ces longs escaliers
avec le whisky de l'éternité fermenté et distillé
en 18 minutes
nous brûlant la gorge 
le long des halls
le long des escaliers
dans un immeuble si haut
qu'il sera là éternellement
oui, c'est la partie d'un duo
là, sur la proue de l'arche de Noé,
le couple le plus prestigieux
garé contre un ciel parfaitement bleu
en un matin de pure béatitude 
sous une légère brise d'été indien
ce jour même où l'Amérique
tomba à genoux
après s'être pavanée
pendant un siècle
sans jamais un merci
ou un s'il vous plaît

Et le choc fut supersonique
la fumée étourdissante
entre l'installation et le lieu d'impact
car nous étions tous à l'heure au travail en ce jour
nous avions tous embarqué dans cet avion
et tandis que les flammes faisaient rage
nous avons escaladé les rebords des fenêtres
et nous nous sommes donnés la main
avant de sauter dans le ciel

Et tous les passants ont levé les yeux
quand retentit le premier choc
et tous les stupides films d'actions à 2 balles
furent sommairement surpassés
et l'exode depuis le centre ville, à pied ou en voiture
ressemblait alors plus à une guerre
que tout ce que j'avais pu voir jusqu'à présent
jusqu'à présent
jusqu'à présent
Tellement féroce et ingénieux
un spectre poétique parti tellement loin
que tous ces trouducs de présentateurs TV furent réduits
au silence et aux bégaiements
répétant inlassablement "oh mon dieu" et "c'est incroyable"
et tant qu'on y est, je vais vous dire
vous pouvez garder le pentagone
garder la propagande
garder toutes les TV
qui ont essayé de me convaincre de participer
à un plan de punk de maternelle pour perpétuer la punition
perpétuer la punition
alors même que les toxiques vapeurs bleutées
de notre leçon de réparation flottent toujours dans les airs
et qu'il y a des cendres sur nos chaussures
des cendres dans nos cheveux
et qu'une fine poudre recouvre nos cheminées
depuis Hell's Kitchen jusqu'à Brooklyn*
et les rues abondent d'histoires
de revirements soudains et de ratages à un cheveu
et rapidement, chaque bar ouvert est bondé
surchargé de contes sur des désastres évités de peu
et le whisky coule à flot comme jamais auparavant
tandis qu'à travers le pays les gens secouent la tête
et versent

Alors je lève mon verre à tous les gens qui vivent en Palestine
Afghanistan
Irak

Salvador 

A la santé des gens vivant dans la réserve de Pine Ridge
sous le froid regard de pierre du Mont Rushmore

Un toast à la santé des infirmières et médecins
qui offrent quotidiennement un choix aux femmes
qui résistent à une menace de la taille de la ville d'Oklaoma
juste pour écouter la voix d'une jeune femme

Alors, à la santé de tous les gens actuellement
dans les couloirs de la mort
attendant la guillotine du bourreau
enchaînés là avec leur terreur
et pouvant seulement s'échapper dans leurs pensées
pour y trouver la paix sous forme d'un rêve

Enlevez-nous nos playstations
et nous sommes un pays du tiers monde
sous la coupe d'un fils de roi au sang bleu
qui a volé le bureau ovale lors de ces élections bidon
je veux dire
on n'a pas besoin d'un monsieur météo
pour regarder aux alentours et savoir quel temps il fait
Jeb a dit qu'il libèrerait la Floride**,
les gars et, bon sang, l'a-t'il fait ? 

Alors nous tenons ces vérités comme évidentes
1 - George W Bush n'est pas président
2 - l'Amérique n'est pas une vraie démocratie
3 - les média ne me dupent pas
parce que je suis un poème obéissant à la quintessence
et que je n'ai pas de place pour un mensonge tellement verbeux
je contemple ma famille l'humanité
et lève mon verre pour un toast

Alors, à la santé de notre dernière gorgée d'énergies fossiles
promettons de nous sortir de cette sauce
effrayons ces essaims d'avions de banlieue
et retrouvons le billet de train que nous avons égaré
car, jadis, la ligne longeait la rivière
et lorgnait les jardinets des maisons
et la lessive étendue la saluait de la main
et les graffitis nous narguaient
de murs de briques en ponts
nous roulions par-dessus les crêtes
au travers des vallées sous les étoiles
et je rêve de voyager pour mes concerts
comme Duke Ellington
dans mon propre wagon
je rêve d'attendre sur les grands bancs de bois blonds
dans une vaste gare irradiant de grâce
et de me lever sur la plateforme
et sentir la brise sur mon visage

Rendez à la nuit son lointain sifflet
rendez son âme à l'obscurité
et envoyez les grandes entreprises pétrolières se faire foutre
et réapprenez le rock n' roll
oui, les leçons nous entourent et un changement est latent
alors il est temps de trier les gravats et de nettoyer les rues
et d'éclaircir l'atmosphère
de faire se rhabiller notre gouvernement
qu'il sorte sa grosse queue
d'un désert qui n'est pas le sien
et cesse ses clameurs hypocrites
sur la liberté éternelle

Car lorsqu'un seul téléphone sonna
en 2001
à 9h10

le 11/9
date qui était aussi le numéro composé***
quand ce dernier téléphone mural sonna
jusqu'à notre bureau et le long du long hall
descendant les longs escaliers
d'un immeuble si haut
que le monde entier s'est retourné
pour le regarder choir

Et tant qu'on y est
vous vous souvenez de la première fois ?
la bombe ? le camion ? le garage ?
la princesse qui n'a même pas senti le petit pois ?****
vous vous souvenez de nos plaisanteries
dans l'appart sur l'avenue D ?

Pouvez-vous imaginer combien de gobelets de café
vont devoir modifier leur logo 
pour suivre le fantastique retournement
de la ligne d'horizon de New York ?

C'était une plaisanterie bien sûr
c'était une plaisanterie
alors 
et c'était juste il y a quelques années
alors montrons au grand jour
que le FBI en avait fini avec ce dossier
que le complot était évident et crevait les yeux de tous
et examinant la scène
religieusement
la CIA
ou bien est-ce le KGB ?
commettant d'innombrables crimes contre l'humanité
avec ce genre d'éventualité
comme prétexte
pour commettre abus sur abus
alors qu'il ne comprenait rien
regardez, une autre fenêtre à travers laquelle on peut voir
là-haut
au 104ème étage
regardez !
une autre clé
une autre porte
10% réelle
90% métaphorique
3000 et quelques poèmes déguisés en êtres humains
en ce jour presque trop parfait
devraient être plus que des pions
dans le jeu favori de quelque trouduc
alors maintenant c'est votre boulot
et c'est mon boulot
de faire ainsi
de m'assurer qu'ils ne sont pas morts en vain
Chuuuut... 
baby, tends l'oreille
entends-tu le train ?

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie