Publié le 20 Novembre 2015

Ballade pour Anne-Marie

La ville s’est endormie

Le ciel ne brule plus

Te souviens-tu mon jacques

Nous aimions le bâton

Ça revigore l’âme

Rend triste les lumignons

Te souviens-tu grand Jacques

Quand nous n’avions pas peur

Vendions à la sauvette

Quelques bras d’honneurs

Sur les parvis en fuite

Nous agrippions les brettelles du printemps

Complices aux défroqués

Tu parfumais l’amour

Pour les oiseaux perdus

Et offrais toutes tes dents

A notre liberté

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique

Publié le 18 Novembre 2015

Ombre maudite

Je suis sorti de mon corps

Après l’éclair

Je suis sorti de mon corps

Les oiseaux se sont tus

Coupure de son

J’étais sourd, même au sifflement du vent

L’image était aérienne

Toujours intacte

Comme gravée

Seulement les pleurs de ma mère

Les larmes de ceux que j’aimais

Seulement mes compagnons

Immobiles dans le sang

Puis retentit l’ombre des vautours

L’ombre des propagandes

L’ombre de la haine

L’ombre des vengeances

Cette ombre assourdissante

Qui détruit les boussoles

Je ne savais plus oû j’étais

Bagdad, Paris, Santiago, New York ou Gaza ?

Qu’importe, ce n’est plus mon affaire

Et puis qui s’en soucie ?

La peur sera toujours l’eau

Et le pouvoir un moulin

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 13 Novembre 2015

On the other hand Baby, chanson écrite en 1961 par Ray Charles

 

La version originale :

 

 

 

 

 

Et sa sublime reprise Par Etta Baker ;

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Blues, #musique

Publié le 11 Novembre 2015

CLOUÉ AUX VIEUX BARBELÉS

Si tu cherches le général
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le général

Moi je sais où il est
en train de se coller une autre medaille à la poitrine
je l'ai vu, je l'ai vu
en se collant une autre medaille à la poitrine
en se collant une autre medaille à la poitrine

Si tu cherches le colonel
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le colonel

Moi je sais où il est
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
je l'ai vu, je l'ai vu
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde

Si tu cherches le sergent
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le sergent

Moi je sais où il est
en train de se taper tout le rum de la compagnie
je l'ai vu, je l'ai vu
en se tapant tout le rum de la compagnie
en se tapant tout le rum de la compagnie

Si tu cherches le soldat
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le soldat

Moi je sais où il est
cloué aux vieux barbelés
je l'ai vu, je l'ai vu
cloué aux vieux barbelés
cloué aux vieux barbelés.

 

 

 

 

 

 

 

CHAIR À CANON

Dans ma rue, deux noms et deux fleurs ont un désir :
Oublier la traînée de l'injustice, faire naître une nouvelle pensée.
Chair à canon nous sommes, l'armée des manipulés
Sous l'effet de la grandeur des baratineurs bien entraînés.
Pour satisfaire l'envie des grands de conquérir sans retenue,
Nous avons souillé le champ de rouge et usé tout compromis.
Ils nous ont vendu pain et promesses en première ligne avec leur faux idéal,
Chaque fois envoyés au feu, abattus à peu à peu.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

La justice des puissants nous a volé le printemps
Sans se soucier de notre tristesse, de notre peur et de notre misère.
Et le peuple de Dieu a stipulé un tacite accord
Que pour chaque contrat de foi soit contemplé un soldat mort. 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.
Ils m'ont décrit l'ennemi comme un mauvais fétiche à trucider.
Mais je l'ai vu lutter dans la boue pour survivre et désespérer ;
Il avait deux yeux, deux bras, deux jambes, la même bouche pour parler.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

On peut nous voir voler en l'air avec peu d’envie de pardonner
Millions de voix en un grand cri, chanter dans le vent on peut nous entendre.
Le fleuve est grand, le fleuve est rouge, il tache la terre comme l'encre,
Tache la terre jusqu'à une mer emplie de voix à écouter.

Frappe la terre avec un bâton, ils peuvent toujours appeler mon nom
Frappe la terre avec un bâton, chair à canon.

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 8 Novembre 2015

 

UNE TRUELLE DANS LE CAFE

 

Les métaphores ont baissé leurs pantalons

Comme une lune impudique

Qui nous montre ses fesses

Juste pour dire merde aux moussaillons

Juste pour envoyer chier le juridique

Avec un ptit bras d’honneur à confesse

Les images ont pris la main des murs

Les aveugles ont levé les yeux

Mais quoi foutre d’une canne blanche

Pour triturer un caniveau

Si vous saviez ma révérence

Pour chier sur les réseaux sociaux

Au barbecue point de nuages

Quand les frères se tendent la main

Et quand dans les yeux d’un Youssef

Se trouve l’amour des matins

 

Hobo Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 25 Octobre 2015

 

El Poeta (Le Poète)

 

Toi qui te crois si différent

Parce qu'on t'appelle poète

Et que ton monde est bien à part

Par-delà les étoiles

 

De la tant regarder la lune

Tu ne sais plus rien regarder

Te voilà devenu pareil au pauvre aveugle

Qui a perdu sa route

Et ne sait plus vers où marcher

 

Va-t-en voir les mineurs

Va voir ceux qui labourent les champs de blé

Va t’en les voir et chante-les

Ceux qui s’arrachent la peau

Pour un quignon de pain

 

Toi le poète aux rimes fières

Va faire un tour dans la forêt

Et apprends donc un peu là-bas

Du bûcheron et de ses déboires

 

Va partager la vie du peuple

Va le regarder du dedans,

Va comprendre à quel point

Il te faudra devenir homme

Avant de prétendre à

Être un poète vraiment

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 23 Octobre 2015

Un Blues du vendredi dédié à mon camarade Georges Ibrahim Abdallah qui entamera demain sa 32è année de prison.

 

Les cerises et les figues



Les ministres et les juges ont gravés des rayures

Dans l’oubli des cachots et ses rêves d’Antigue

Sur un cèdre courbé aux blanches tavelures

Qui chantonne le temps, les cerises et les figues



Dans les silences de Sabra et Chatila

Il est des murs à la mémoire ensanglantée

Des rues où soudain la terreur résonna

Où le fantôme d’Oradour sembla déambuler



Il n’est de résistant que celui qui se dresse

Repousse la barbarie dans une colère de larmes

Il n’est de sentiment pire que la détresse

De rempart plus terrible que de prendre les armes



Et c’est suivant le lieu, l’époque et les vainqueurs

Que vos cendres reposent tranquilles au panthéon

Et c’est suivant le vœu des grands inquisiteurs

Que vos os croupissent au fond d’une prison



La justice est un mot aux allures de mensonge

Quand l’oncle d’Amérique intime ses vassaux

Le pantin de Beauvau la souffrance prolonge

Jetant le droit des hommes au fond du caniveau



Je sais un Abdallah aux yeux pleins de fatigue

Et un Georges qui chante les cerises et les figues 
 
 
 
 

 

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Publié le 20 Octobre 2015

 

 

A toi qui n’est pas d’accord

 

 

Quand tu cherches une main tendue

Dans la nuit d’un bistrot oû tu aimes bien te perdre

Pour conjurer ta peur

Pour saisir une chemise

Que tu n’oses déchirer

Pour conjurer les barques

Qui malgré toutes les houles

Arriveront à bon port

Pourquoi hurler  en vain

Si tu te prétends un homme

Pourquoi être un loup

Si tu n’es qu’un agneau

Pourquoi haîr ton frère

Si tu es incapable de le rassurer

Dis-moi ton son de cloche

Qui oublie les saisons

Tends-moi une simple main

Comme je te tends la mienne

Oublions les puissants et toutes leurs méprisances

Les valeurs sont des leurres divisantes qui ne cherchent qu’à régner

Et l’amour une bouée qu’on se rassure à crever

Alors toi qui n’est pas d’accord

Admets que tu aimes, respires, manges et meurs

Comme n’importe quelle étoile qui peuple l’univers

 

Hobo-Lullaby

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #humeur