Publié le 23 Mai 2013

Ressortissant algérien, Nabil Hadjarab est maintenu arbitrairement à Guantanamo depuis douze ans. La France, où il a grandi, refuse de l’accueillir.

Parce qu’aucune charge n’a été retenue contre lui, Nabil Hadjarab a été déclaré « libérable » par les autorités américaines en 2007. Le 8 février 2013, désespéré face au mutisme des autorités américaines et françaises, Nabil Hadjarab décide de se joindre aux 84 détenus grévistes de la faim – chiffre avancé par les autorités militaires.

« Si j’ai entamé cette grève de la faim, c’est surtout parce que j’ai perdu tout espoir de sortir d’ici », déclarait-il le 17 avril, à son avocate américaine Tara Murray.

Depuis le 22 mars, 19 des grévistes sont placés à l’isolement et nourris de force par les gardiens au moyen d’un tube naso-gastrique. « C’est un processus extrêmement douloureux pouvant causer des saignements sévères », s’inquiète Ahmed l’oncle de Nabil Hadjarab.

Une situation qui préoccupe également Navy Pillay, la Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations-Unies. Pour elle, la perspective de détention illimitée « pousse les individus à des gestes de désespoir ». Elle rappelait par ailleurs le 5 avril que « l’incarcération indéfinie constituait une violation claire du droit international. »

« Aucune menace »

Le sort de Nabil Hadjarab, qui travaille dans une organisation humanitaire en Afghanistan, a été scellé en 2001. Après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis recherchaient activement au Pakistan tout homme arabe potentiellement lié à des groupes terroristes. Les informateurs percevaient jusqu’à 5000 $ par capture. Nabil, ayant fui l’Afghanistan en guerre pour le Pakistan, est arrêté. Rapidement, les interrogateurs américains s’aperçoivent que le jeune homme n’a pas suivi d’entraînement militaire et qu’il est probablement victime d’une erreur d’identité.

Six ans plus tard, en 2007, les autorités américaines s’accordent sur le fait qu’il ne représente « aucune menace ». En France, les gouvernements successifs, sollicités par sa famille et ses avocats, restent muets. Quatorze demandes ont été transmises par son oncle Ahmed afin que Nabil « regagne le pays qu’il aime et dans lequel il a grandi ». Une plainte pour torture est même déposée auprès des autorités françaises en septembre 2012. Sans effet.

La France refuse de d’accueillir Nabil Hadjarab

S’appuyant sur des arrêtés de la Cour européenne des droits de l’homme, en référence à l’article 3 de la Convention (CEDH), Maître Breham, l’avocat français de Nabil, dépose un référé-liberté le vendredi 26 avril. Le référé est rejeté par le Tribunal administratif de Paris au motif que Maître Breham n’a pu apporter « la preuve du stress et de la souffrance morale éprouvée par Ahmed, oncle de Nabil, du fait de la passivité de l’Etat français face à la détention de son neveu ». Preuve qui justifierait le transfert de Nabil en France.

Par ailleurs, la défense ne montrerait pas suffisamment que « les Etats-Unis seraient prêts à transférer Nabil en France si celle-ci acceptait de l’accueillir ». En clair, le juge estime que Nabil dépend des autorités américaines et que la France ne peut pas grand-chose. L’avocat envisage donc un nouveau recours, apportant des éléments supplémentaires de preuve sur les points contestés. Il saisira la Cour européenne des droits de l’homme en dernier lieu si cette démarche n’aboutit pas.

Pour le ministère des Affaires étrangères, contacté par Politis, la France a « déjà contribué à l’effort d’accueil de deux détenus de Guantanamo », deux ressortissants algériens Lakhdar Boumediene et Saber Lahmar en 2009, « et souhaiterait que les efforts soient partagés par l’ensemble des pays qui en ont les moyens ».

À l’époque, les autorités américaines auraient écarté l’idée de renvoyer dans leurs pays d’origine les détenus de Guantanamo au prétexte qu’ils y risquaient la torture. Version officielle. Nabil, lui, ne souhaitait pas vivre dans un pays qu’il ne connaissait pas. Quant au Conseil de l’Europe, il n’était pas prêt à donner son accord pour que des étrangers « potentiellement dangereux » gagnent l’espace Schengen.

166 détenus sont toujours incarcérés à Guantanamo

Depuis douze ans, la situation des prisonniers de Guantanamo Bay est dénoncée par les associations tout autant que par les Nations-Unies. Leurs conditions de vie sont non conformes au droit international. De plus, ils sont jugés par une commission militaire, mise en place sous l’ère George Bush, au lieu de bénéficier de procédures équitables devant des Cours de justice fédérales.

Or, parmi les 10 promesses du candidat Barack Obama en 2008, figurait la fermeture programmée du centre de détention en 2010. En 2009, l’administration Obama propose le transfert des 48 prisonniers considérés non jugeables ni libérables vers une prison de haute sécurité de l’Illinois. Pour les autres, majoritairement yéménites, il est préconisé un rapatriement vers le pays d’origine ou l’accueil humanitaire d’un pays tiers. Mais le Congrès à majorité républicaine refuse le transfert de prisonniers tant que le Secrétariat d’état ne peut garantir que ceux-ci ne reprendront pas les armes. Conclusion : statu quo. Et les priorités du président Obama sont ailleurs. En décembre 2012, il a même promulgué la NDAA (National Defense Authorization Act). Cette loi autorise la détention militaire sans limitation et sans procès de tout « ennemi combattant », perpétuant ainsi le concept de « guerre globale contre le terrorisme » préconisée par George Bush Jr.

En janvier 2013, le bureau chargé de la dissolution de Guantanamo, nommé par le président après son élection, a été supprimé. Aujourd’hui, 166 détenus sont toujours incarcérés. Dans son intervention récente, Navy Pillay, exhortait les Etats-Unis à œuvrer à la fermeture de Guantanamo Bay : « Nous devons être clair sur ce point : les Etats-Unis sont en violation flagrante non seulement de leurs propres engagements, mais aussi des lois et normes internationales qu’ils sont pourtant tenus de respecter ». L’administration Obama qui s’était engagée à œuvrer en ce sens prend note mais argue que le Congrès américain est toujours hostile à l’idée de fermeture.

Source : Politis : http://www.politis.fr/Guantanamo-Nabil-Hadjarab-sortira,21946.html

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 11 Mai 2013

Je suis celui qui vit dans la fumée et la brume

Quand le petit matin relance la manivelle

Des boulevards périphériques de Barbarie

Je suis celui qui est traqué par ses frères

Qui protègent les pandas aux palais de bambou

Je suis celui qui est privé de solidarité

Après l’ouragan et le séisme

Je suis celui que l’on combat avec les bulldozers,

A qui les corbeaux arrachent les maigres récoltes

Je suis celui que l’on flaire, que l’on déniche

Et que les robots obéissant à la nuit expulsent.

Je suis celui qui ne lave sa gamelle qu’une fois par jour,

Celui qui a froid pour les siens quand on détruit son abri

Je suis celui qui n’a pas assez de miel dans les mots

Pour faire fondre le sel de l’amertume

Qui coule sur les joues des ses enfants

Je suis celui qui n’a pas de haine

Celui qui a le regard vide

Celui dont les yeux retiennent l’océan

Je suis celui qui reconstruira son nid

Libre comme le rouge gorge

Les ailes complices au vent

Condamné à errer comme un hollandais volant

Hobo-Lullaby

je suis celui

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 10 Mai 2013

King Solomon Hill (1897 - 1949) de son vrai nom Joe Holmes, bien que son identité ai donné lieu à controverse, est un Bluesman du Mississippi qui n'a laissé comme héritage que quatre ou cinq enregistrements !

à savourer donc ...

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 9 Mai 2013

A travers le récit de trois "enfants de homes", anciens détenus de longues peines, ce film balaye le fonctionnement de la machine à enfermer. Dans un contexte où les problèmes sociétaux sont transformés en cas individuels, il refuse de parler en termes de cas personnels pour s’attacher aux parcours typiques dont ils peuvent témoigner. Même dehors, Marcus, Jean-Marc Mahy et Jean-François refusent d’oublier. L’un manifeste devant le Palais de justice lors d’un procès contre des matons, l’autre enchaîne débats et conférences... Pour eux, la prison ne sert à rien.

Source : L'Armurerie :

http://larmurerie.over-blog.com/article-qui-prier-pour-oublier-116909508.html

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 8 Mai 2013

1. LE SECOND BAPTEME

De pauvres mots

Mouillés de larmes, mouillés d’amertume

C’est là leur second baptême

Les oiseaux qui inventent leurs ailes

Se mettent à voler, se mettent à chanter

Et ces mots que l’on cache

Sont ceux de la liberté

Leurs ailes sont des épées

Qui déchirent le vent

2. CONVERSATION AVEC UNE FLEUR

Cyclamen des Cyclades, dans un creux de rocher

Où as-tu trouvé des couleurs pour fleurir

Où as-tu trouvé une tige

Pour te balancer

Dans le rocher j’ai recueilli le sang goutte à goutte

J’ai tissé un mouchoir de roses et maintenant

Je récolte du soleil.

3. ATTENTE

Ainsi avec attente les nuits sont devenues si longues

Que la chanson a pris racine et a grandi comme un arbre

Et ceux qui sont en prison, ô ma mère, et ceux qui sont en exil

Chaque fois qu’ils poussent un soupir… regarde!

Ici une feuille de peuplier tremble

4. PEUPLE

Petit peuple lutte sans épées ni balles

Pour le pain de tous, pour la lumière et pour le chant

Il garde dans sa gorge ses cris

De joie et de peine

Car s’il essaye de les dire

Les pierres se fendent

5. COMMÉMORATION

Dans un coin de la salle se tient le grand-père

Dans l’autre coin, dix petits-fils

Et sur la table neuf cierges sont enfoncés dans le pain

Les mères s’arrachent les cheveux et les enfants se taisent

Et par la lucarne la Liberté, la Liberté regarde et soupire

6. AURORE

Rayonnante et généreuse, petite aurore du printemps

Rayonnante et généreuse, te regarde de tous ses yeux

Rayonnante et généreuse, te souhaite la bienvenue

Deux charbons dans l’encensoir et deux grains d’encens

Rayonnante et généreuse, cette petite aurore

Trace une croix de fumée

Sur la porte de la Patrie

7. ÇA NE SUFFIT PAS

Pudique et sobre, il parlait peu

Il admirait la création

Mais quand l’épée l’a foudroyé

Il a rugi comme un lion

Maintenant la voix ne lui suffit pas

La malédiction ne lui suffit pas

Pour dire ce qui est juste

Il lui faut un fusil

8. JOUR VERT

Jour vert ardent, bonne pente parsemée

Clochettes et bêlements, myrtes et coquelicots…

La jeune fille tricote les objets de sa dot

Le jeune homme tresse des paniers

Et les boucs, le long du rivage

Lèchent le sel blanc.

9. LITURGIE (Célébration)

Sous les peupliers

Les oiseaux et les partisans

Se réunissent au mois de mai

Pour célébrer leur liturgie

Les feuilles brillent comme des cierges

Sur la terre du pays natal

Et dans le ciel, un aigle lit l’Evangile

10. L’EAU

Un peu d’eau sur le rocher

Un peu d’eau purifiée par le silence

Par le guet de l’oiseau, par l’ombre du laurier

Les partisans la boivent en secret

Comme l’oiseau ils relèvent la tête

Et bénissent leur mère misérable, la Grèce.

11. LE CYCLAMEN

Un petit oiseau rose lié par un fil

Avec ses petites ailes ondulées

Vole vers le soleil

Et si tu le regardes une seule fois

Il te sourira

Et si tu le regardes deux ou trois fois

Tu te mettras à chanter

12. FILLES GRÊLES

Des filles grêles

Sur le rivage

Récoltent le sel

Courbées, elles ne voient pas la mer

Une voile

Une voile blanche leur fait signe du large

Elles ne l’ont pas aperçue et la voile noircit de tristesse

13. LA CHAPELLE BLANCHE

La chapelle blanche sur la pente

Face au soleil

Fait feu

De sa fenêtre meurtrière

Et pendant toute la nuit

Sa cloche tinte doucement

Dans le feuillage des platanes

Pour la fête du Peuple Saint

14. EPITAPHE

Le brave qui est tombe la tête haute…

La terre humide ne le recouvre pas

Les vers ne le rongent pas

La croix est comme une aile sur son dos

II s’élève de plus en plus haut

II rencontre les aigles et les anges dorés.

15. ICI LA LUMIERE

La rouille ne peut rien contre le marbre

Ni les chaînes contre le vent

Ni les chaînes contre le Grec

Ici la lumière, ici le rivage

Lèchent l’or et l’azur

Sur les rochers, des cerfs gravent leur empreinte

Et mâchent des chaînes rouillées

16. LA CONSTRUCTION

« Comment va-t-on construire cette maison-là ?

Qui va poser les portes ?

Alors qu’il y a peu de bras

Et que les pierres sont insoulevables

Tais-toi! Les mains prennent de la force en travaillant

et leur nombre s’accroît

…Et n’oublie pas que toute la nuit

Les morts aussi nous aident.

(Traduction Mario Bois)

17. PROMIS À LA LIBERTÉ

Ici se taisent les oiseaux

et les carillons de la résurrection

dans le silence amer du Grec

qui veille ses morts –

aiguisant sur la pierre du silence

les griffes de sa vaillance

Seul et sans aide

promis à la Liberté.

18. NE PLEURE PAS LA GRÉCITÉ

Ne pleure pas la Grécité

lorsqu’elle est prête à fléchir

le couteau sur la gorge

la corde au cou

Ne pleure pas la Grécité –

voilà qu’elle reprend son envol

Son courage gronde

et harponne le fauve

avec la lance du soleil.

(Traduction Irène Droit)
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Yannis RITSOS

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 7 Mai 2013

Lu sur O.P.A. ( orchestre poètique d'avant guerre ) : http://www.opa33.org/lettre-d-un-fantome.html

Un article de Gideon Levy sur Haaretz

Issawi a écrit une lettre aux Israé­liens. C’est un document à vous glacer le sang

Un groupe de femmes israé­liennes d’exception a com­mencé à rendre visite à Samer Issawi à l’hôpital Kaplan à Rehovot il y a quelques jours. Elles ne sont pas auto­risées à entrer dans sa chambre mais elles ouvrent sa porte, les bras pleins de fleurs, et lui crient des encou­ra­ge­ments jusqu’à ce que les gardes les contraignent à partir.

Cela fait 8 mois qu’Issawi fait la grève de la faim. Son sort bou­le­verse la Cis­jor­danie et laisse Israël de marbre. Il fut relâché dans le cadre de l’accord Shalit mais ramené en prison par les auto­rités israé­liennes sous pré­texte qu’il n’avait pas res­pecté les clauses de sa libération.

En 2002 il fut condamné à 26 ans d’emprisonnement et main­tenant Israël veut le main­tenir en prison jusqu’à ce qu’il meure ou jusqu’au terme de sa condam­nation, selon ce qui arrivera en premier.

Mardi, Issawi a écrit une lettre aux Israé­liens. C’est un document à vous glacer le sang, l’un des pires que j’ai jamais lus. Poussé par un sens de pro­fonde iden­ti­fi­cation, et de honte tout aussi pro­fonde, je sou­haite uti­liser cette tribune pour publier une version abrégée de cette lettre.

"… j’ai choisi de vous écrire, à vous, les intel­lec­tuels, les uni­ver­si­taires, les écri­vains, les jour­na­listes et les mili­tants de la société civile israé­lienne. Je vous invite à venir me rendre visite à l’hôpital et à me voir, sque­lette menotté et enchaîné à mon lit. Trois gar­diens épuisés, qui mangent et boivent au pied de mon lit, m’entourent. Les gardes suivent ma souf­france, la perte de poids. De temps en temps ils regardent leurs montres et se demandent : comment ce corps peut-il encore survivre ?

Israé­liens, je cherche parmi vous quelqu’un d’éduqué qui a dépassé le stade du jeu d’ombres et de miroirs. Je veux qu’il me regarde alors que je perds conscience. Qu’il efface la poudre noire de son crayon, les bruits des tirs de son esprit et qu’il regarde les traits de mon visage esquissés dans ses yeux. Je le verrai et il me verra. Je verrai à quel point il est tendu quand il pense à l’avenir et il me verra moi, fantôme accroché à son côté, qui refuse de partir.

« Peut-être vous demandera-t-on d’écrire une his­toire roman­tique à mon sujet. Vous témoi­gnerez que j’étais une créature dont il ne restait rien qu’un sque­lette, res­pirant, s’étouffant de faim, perdant conscience par moments. Et après votre silence glacé, mon his­toire sera une réussite à ajouter à votre CV. Quand vos élèves gran­diront, ils pen­seront que le Pales­tinien était mort de faim… Alors vous pourrez célébrer votre supré­matie morale et cultu­relle dans un rituel de mort. »

« Je m’appelle Samer al-Issawi, l’un de ces Arabes, comme le dit votre armée. Ce Jéru­sa­lémite que vous avez enfermé sans aucune raison sauf qu’il avait décidé de quitter Jéru­salem pour la ban­lieue de la cité. Je suis passé en jugement deux fois parce que l’armée (IDF) et le service de sécurité inté­rieure (Shin Bet) dirigent votre Etat et que tout le reste de votre société se cache dans une forteresse…pour se dérober à l’explosion de mes os suspects. »Je n’ai pas entendu un seul d’entre vous inter­venir ou tenter de bâillonner la voix de la mort qui grandit, tandis que vous êtes tous devenus des fos­soyeurs, des por­teurs d’uniformes mili­taires –vous, le juge, l’écrivain, l’intellectuel , le jour­na­liste, le mar­chand, l’universitaire ou le poète. Je n’arrive pas à croire qu’une société entière a pu devenir le gardien de ma mort et de ma vie, défenseur des colons qui per­sé­cutent mes rêves et mes arbres.

"Israé­liens, je mourrai content. Vous ne me chas­serez pas de ma terre et de ma patrie…vous ne péné­trerez pas dans mon esprit qui refuse de renoncer… peut-être com­prendrez vous main­tenant que le sens de la liberté est plus fort que le sens de la mort. N’écoutez pas vos généraux et les mythes pous­siéreux. Les vaincus ne res­teront pas vaincus et le vain­queur ne restera pas vic­to­rieux. L’histoire ne se mesure pas seulement dans les batailles, les mas­sacres ou les prisons, mais en tendant la main, en paix, à soi même et à l’autre.

« Israé­liens, je m’appelle Samer al-Issawi. Ecoutez ma voix, la voix du temps qu’il reste – le mien et le vôtre. Libérez vous de la quête avide du pouvoir. N’oubliez pas ceux que vous avez enfermés dans des prisons et des camps, entre les portes d’acier qui empri­sonnent votre conscience. Je n’attends pas qu’un gardien vienne me libérer, j’attends celui qui vous libérera de ma mémoire. »

C’est là l’homme qu’Israël est déterminé à garder enfermé et qu’il laisse mourir. Israël est indif­férent, content de lui, per­sonne n’ouvre la bouche, per­sonne ne pro­teste sauf une poignée de femmes dont l’une, Dafna Banai, m’a fait passer cette lettre.

Lien pour accéder à l’article original de Gideon Levy [Ang] :
http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/a-letter-from-a-ghost.premium-1.514849

Complément d'info :

Mardi 23 avril 2013

Samer Issawi a enfin vaincu ses geôliers. Le gréviste de la faim, détenu en « Israël », a accepté de cesser son action en échange d'une promesse de libération anticipée, en vertu d'un accord signé mardi, a-t-on appris de sources concordantes.

Aux termes de cet accord, Samer Issaoui, accusé de soi-disant « activités terroristes » par l’entité sioniste, devait être libéré au bout de huit mois (le 23 décembre 2013 ) à compter de la fin de sa grève de la faim et autorisé à regagner son domicile familial à Issawiya, un quartier de l’Est de Jérusalem occupé.

Les autorités d’occupation israéliennes réclamaient qu'il effectue le reste de sa peine initiale, à savoir: 26 ans.

Arrêté en 2002 et condamné à 26 ans de prison pour "activités terroristes", Samer Issaoui avait été libéré en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit.

Mais il avait été de nouveau arrêté en juillet 2012, « Israël » l'accusant de s'être rendu de Jérusalem en Cisjordanie occupée pour y établir des "cellules terroristes" et réclamant qu'il effectue le reste de sa peine initiale, alors que le Palestinien affirmait y être allé pour faire réparer sa voiture.

Les autorités d’occupation israéliennes avaient d'abord accepté de libérer "immédiatement" le détenu sous condition de bannissement dans la bande de Gaza, ce que Samer Issaoui avait refusé.

« Israël » avait aussi proposé à l'Union européenne de l'expulser vers un de ses Etats membres, une initiative rejetée par le gréviste de la faim.

Hospitalisé près de « Tel Aviv » dans un état critique, Samer Issaoui, 33 ans, un militant du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), a commencé à reprendre des vitamines lundi soir à la suite de cet accord, selon un communiqué du club des prisonniers palestiniens, citant son avocat Jawad Boulos.

Rappelons que les forces d’occupation israéliennes détiennent près de 4.700 Palestiniens, la plupart pour des motifs de sécurité, dont environ 170 en détention administrative, c'est-à-dire sans inculpation ni procès, et 235 mineurs.

Source : http://www.palestine-solidarite.org/actualite.Al-Manar.230413a.htm

Lettre d’un fantôme

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Rédigé par hobo-lullaby