Publié le 10 Décembre 2015

Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 

Le bateau ivre - Arthur Rimbaud

Je m'appelle personne

 

Je n'ai pas de nom. Je m'appelle Personne.

Les riches ont l'or,

mes maigres mains creusent le rio.

Mes maigres mains creusent un sillon de mort.

 

J'ai enterré tant d'enfants que ma mémoire

est une encre sauvage.

 

Je n'ai plus de mains. Je n'ai plus d'âge.

J'ai la sagesse des grands arbres brisés par les Américains.

 

Je suis un Peau-Rouge. Jamais je ne marcherai

dans une file indienne.

 

J'ai très mal au cœur, au sexe, aux entrailles.

Je prie. Je suis Sioux.

Je prie. Je crois à la revanche.

Je suis celui qu'on ne peut pas tuer au cœur de la bataille.

 

André Laude

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié le 1 Décembre 2015

Les urgences de l'état

Un matin comme les autres dans l’État d’urgence françoishollandiste. Hier 317 personnes convaincues du crime contre l’État de manifestation interdite ont été embarquées par les glorieux bataillons des forces de l’ordre, qui font un travail remarquable : le danger, c’est l’hydre anarcho-autonome des « divers groupes anarchistes », « des militants d’extrême gauche, écolos, anarchistes et libertaires (sic) », pour reprendre les gazettes préférées de la préfecture de Police de Paris, également connues sous le nom de Libération ou Le Figaro. On pourrait croire que l’urgence était plutôt de traquer les assassins de Daech fournis en armes par les réseaux d’extrême droite et financés par les amis de la France que sontl’Arabie Saoudite et le Qatar. Ben non : l’urgence, c’est bien de profiter de l’état d’exception pour remettre à jour les fiches sur les militants qui n’ont pas compris que le droit de réunion –article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques– était désormais réservé aux chefs d’État et de lobbies énergétiques, réunis au Bourget pour reporter aux calendes grecques toute perspective d’accord sur la question climatique. On met d’abord la main sur le pétrole et le gaz des pôles et on discute.

En attendant, en interne, on s’occupe de faire rentrer tout le monde dans le rang. Après les assignations à résidence aux quatre coins de la France de suspects –du délit de zadisme aigu ou de manifestite contagieuse– et les convocations au commissariat de promeneurs du dimanche 22 filmés dans leur balade dominicale par les cameramen de la maison poulaga, ce sont hier des centaines de personnes qui ont été invitées à visiter les riants commissariats de la région parisienne. La leçon de Rémi Fraisse a été retenue : il est plus facile de se défouler sur des manifestants de gauche que d’empêcher des réseaux criminels internationaux se balader dans Paris armés jusqu’aux dents et tirer dans la foule. Rien n’a été laissé au hasard, la communication est elle aussi au rendez-vous : la préfecture fournit même gracieusement à la presse des photos pour leur permettre de relayer le message. Les chiens de garde de l’état d’urgence assureront donc le service après-vente.

Les urgences de l'état

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #propagande

Publié le 30 Novembre 2015

 

 

Ne parle pas aux soleils gris

 

Ne parle pas d’amour

aux oiseaux des murs

 

Tiens-toi tranquille

ne dérange pas l’horizon du silence

 

Sois secret comme l’île

peuplée de totems et de lances

 

Retiens ce qu’il reste de nuit

sous tes paupières

 

En cas de détresse danse

danse danse

 

Jusqu’à ce que Mère Terre

écoute ta blessure

 

Danse jusqu’à ce que tes dents

blanches rient

 

Mais ne parle pas d’avenir infini

aux soleils gris

aux lunes de tristesse et d’errance.

 

***

 

André Laude (1936-1995) – Feux, cris et diamants (1993)

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique

Publié le 27 Novembre 2015

James Son Thomas, né le 14 Octobre 1926, il gagna sa vie comme marchand de meuble, fossoyeur, mais reste un bluesman hors pair et un sculpteur renommé !

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Blues, #musique

Publié le 20 Novembre 2015

Ballade pour Anne-Marie

La ville s’est endormie

Le ciel ne brule plus

Te souviens-tu mon jacques

Nous aimions le bâton

Ça revigore l’âme

Rend triste les lumignons

Te souviens-tu grand Jacques

Quand nous n’avions pas peur

Vendions à la sauvette

Quelques bras d’honneurs

Sur les parvis en fuite

Nous agrippions les brettelles du printemps

Complices aux défroqués

Tu parfumais l’amour

Pour les oiseaux perdus

Et offrais toutes tes dents

A notre liberté

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #musique

Publié le 18 Novembre 2015

Ombre maudite

Je suis sorti de mon corps

Après l’éclair

Je suis sorti de mon corps

Les oiseaux se sont tus

Coupure de son

J’étais sourd, même au sifflement du vent

L’image était aérienne

Toujours intacte

Comme gravée

Seulement les pleurs de ma mère

Les larmes de ceux que j’aimais

Seulement mes compagnons

Immobiles dans le sang

Puis retentit l’ombre des vautours

L’ombre des propagandes

L’ombre de la haine

L’ombre des vengeances

Cette ombre assourdissante

Qui détruit les boussoles

Je ne savais plus oû j’étais

Bagdad, Paris, Santiago, New York ou Gaza ?

Qu’importe, ce n’est plus mon affaire

Et puis qui s’en soucie ?

La peur sera toujours l’eau

Et le pouvoir un moulin

Hobo-Lullaby

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 13 Novembre 2015

On the other hand Baby, chanson écrite en 1961 par Ray Charles

 

La version originale :

 

 

 

 

 

Et sa sublime reprise Par Etta Baker ;

 

 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Blues, #musique

Publié le 11 Novembre 2015

CLOUÉ AUX VIEUX BARBELÉS

Si tu cherches le général
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le général

Moi je sais où il est
en train de se coller une autre medaille à la poitrine
je l'ai vu, je l'ai vu
en se collant une autre medaille à la poitrine
en se collant une autre medaille à la poitrine

Si tu cherches le colonel
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le colonel

Moi je sais où il est
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
je l'ai vu, je l'ai vu
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde
assis confortablement en se goinfrant son ventre de merde

Si tu cherches le sergent
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le sergent

Moi je sais où il est
en train de se taper tout le rum de la compagnie
je l'ai vu, je l'ai vu
en se tapant tout le rum de la compagnie
en se tapant tout le rum de la compagnie

Si tu cherches le soldat
moi je sais où il est
moi je sais où il est
moi je sais où il est
si tu cherches le soldat

Moi je sais où il est
cloué aux vieux barbelés
je l'ai vu, je l'ai vu
cloué aux vieux barbelés
cloué aux vieux barbelés.

 

 

 

 

 

 

 

CHAIR À CANON

Dans ma rue, deux noms et deux fleurs ont un désir :
Oublier la traînée de l'injustice, faire naître une nouvelle pensée.
Chair à canon nous sommes, l'armée des manipulés
Sous l'effet de la grandeur des baratineurs bien entraînés.
Pour satisfaire l'envie des grands de conquérir sans retenue,
Nous avons souillé le champ de rouge et usé tout compromis.
Ils nous ont vendu pain et promesses en première ligne avec leur faux idéal,
Chaque fois envoyés au feu, abattus à peu à peu.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

La justice des puissants nous a volé le printemps
Sans se soucier de notre tristesse, de notre peur et de notre misère.
Et le peuple de Dieu a stipulé un tacite accord
Que pour chaque contrat de foi soit contemplé un soldat mort. 

Bienvenus dans la tranchée où l'absurde massacre animal est perpétré.
Ils m'ont décrit l'ennemi comme un mauvais fétiche à trucider.
Mais je l'ai vu lutter dans la boue pour survivre et désespérer ;
Il avait deux yeux, deux bras, deux jambes, la même bouche pour parler.

Je ne serai pas au rendez-vous.
Ils peuvent toujours appeler mon nom.
Je ne serai complice de personne.
Je ne serai pas chair à canon.
Les siècles sont passés
Des gars tués sans raison.
Pour des gouvernants sans conscience,
Nous sommes chair à canon.

On peut nous voir voler en l'air avec peu d’envie de pardonner
Millions de voix en un grand cri, chanter dans le vent on peut nous entendre.
Le fleuve est grand, le fleuve est rouge, il tache la terre comme l'encre,
Tache la terre jusqu'à une mer emplie de voix à écouter.

Frappe la terre avec un bâton, ils peuvent toujours appeler mon nom
Frappe la terre avec un bâton, chair à canon.

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique