Publié le 12 Novembre 2013

 

 

 

"La plus grande partie de chaque journée interminable à laquelle je me confronte est faite de pensées. Je n’ai rien d’autre pour faire passer le temps pendant les longues heures sans fin. L’ennui et la solitude sont des choses terribles, constantes et sans merci. Je n’ai qu’une arme unique pour les surmonter : mes propres pensées.

Pour passer le temps et maintenir ma température, je fais les cent pas. Parfois je reste devant la fenêtre de ma cellule à regarder les barbelés gris, ou alors je m’assieds sur mon matelas humide et sale, posé à même le sol dans le coin de ma tombe-donjon. Mais, toujours, je pense à quelque chose, à quelqu’un ou à quelque part. Parfois ce sont des pensées sérieuses et profondes, et parfois des rêveries pour échapper à la réalité de ma situation de cauchemar.

Parfois – en fait, le plus souvent – je m’inquiète de ce qui se passe autour de moi ou de ce qui m’attend. Nous sommes tous les jours confrontés, mes camarades et moi, à une lutte psychologique de survie. C’est une bataille très intense et l’ennemi est impitoyable.

Pour quelqu’un de satisfait, ou sans souci, qui mène une vie appelée banale, vous trouverez peut-être que ma situation psychologique est difficile à comprendre. Il y a deux raisons à cela : d’abord, mon incapacité à décrire la lutte psychologique que nous menons, moi et mes trois cent cinquante camarades; ensuite, c’est très dur, sinon impossible, de concevoir dans son imagination la douleur et le stress de la torture psychologique ou de connaître toutes ses formes, ou de comprendre ses effets variés.

Imaginez ce que vous ressentiriez si on vous enfermait nus en isolement total, vingt-quatre heures par jour, et qu’on vous privait de tout, pas seulement des choses de tous les jours, mais des besoins vitaux comme les habits, l’air frais et l’exercice, la compagnie d’autres êtres humains.

Bref, imaginez que vous vous retrouviez dans une tombe, nu et seul, une journée entière. Pouvez-vous imagnier cela, et pendant vingt terribles mois?

Maintenant, gardez tout cela en tête et essayez d’imaginer la même situation dans un endroit qui ressemble à une porcherie, et vous êtes accroupis nu dans un coin, complètement gelé, entouré d’ordures pourrissantes et puantes, avec des asticots blancs grouillant partout, des mouches énormes venant harceler votre corps nu, le silence qui rend fou, la tête en émoi.

Vous êtes là, assis à attendre que les matons viennent vous tirer brutalement de votre cellule pour vous traîner vers le bain forcé. Vous avez déjà vu l’effet horrible que çà fait sur de nombreux camarades à la Messe. Vous savez très bien ce que çà signifie : la peau sera arrachée de votre corps à coups de brosse à chiendent. Les matons vous ont dit que c’était à votre tour. Vous attendez toute la journée, à y penser. Votre esprit est démoli. Ils ont peut-être oublié, essayez-vous de vous dire; mais vous savez bien qu’ils n’oublient jamais.

Ils ne viennent pas. Le lendemain c’est pareil, et le jour après, et le jour après. Vous êtes de plus en plus déprimé. Depuis quelques jours, vous n’avez qu’une chose en tête : la peur, la peur de ce qui vous attend.

Imaginez cette peur, mais tous les jours! Savoir qu’on va vous tabasser jusqu’à deux doigts de la mort, vous baigner de force, vous immobiliser pendant qu’on vous fouille l’anus. C’est le quotidien des blocs H.

Il est impossible de concevoir ce que vit un jeune de dix-huit ans quand une douzaine de matons lui sautent dessus et le tabassent à coups de bâtons, de pieds et de poings, tout en le traînant par les cheveux le long du couloir, ou quand ils lui serrent les parties jusqu’à ce qu’il s’évanouisse, ou quand ils jettent de l’eau bouillante sur son corps nu. C’est tout aussi impossible pour moi de décrire – et pour vous, d’imaginer – notre état d’esprit quand on attend que tout ceci nous arrive. Je peux dire que cette torture physique et psychologique des blocs H a conduit beaucoup d’hommes au seuil de la folie.

Nous sommes dans une situation très, très mauvaise maintenant. Que serons-nous à la fin de la journée ou dans les années à venir? Mon esprit est profondément marqué. C’est une pensée tellement inquiétante que nous finirons peut-être incapables même de penser. Avec cela en tête, je vais vous laisser. Réfléchissez-y mais ne faites pas que cela."

Bobby Sands – Un jour dans ma vie, écrits de prison

 

 

Lutte pour la survie

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 11 Novembre 2013

Dis Papa, comment tu f'sais
Pour monter à l'assaut
Quand les balles sifflaient
Tirées par les feldgrau ?
Parc'que moi, quand y pleut,
J'hésite déjà à sortir,
Tous ces gros nuages bleus,
J'préfère rester dormir...

Les deux pieds dans la boue
Tout au fond de ton trou,
Tu récoltais des coups,
Tu trouvais ça relou.
D'temps en temps de l'arrière,
Quelqu'un criait "tiens bon !"
La gueule dans la poussière
Tu répondais "Pauv' con !"

Tout au fond de ta tranchée,
Complèt'ment déchiré,
Lentement tu cuvais
Entouré d'éclopés
Qui criaient tous très fort
"Maman y faut qu'tu viennes !"
Tu picolais plus fort
Et à la tienne, Etienne !...

Dis Papa, comment qu'tu f'sais
Pour monter à l'assaut
Quand ta jeunesse fondait
Brûlée par des salauds ?
Eux, ils faisaient la guerre
Sur cartes d'états major,
Toi, tu buvais d'la bière
Pour supporter la mort...

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique

Publié le 10 Novembre 2013

Cette semaine, la minéralité expliquée aux cailloux regarde la vie au travers d'un prisme d'opale ...

J’attendais le jour où la nature en son sein

accueillerait enfin ma joie d’aimer au rythme de ses jours

S’il est un chez moi, il n’est pas dans ce monde

Mais la vie et la terre ont domptés mon futur.....

La minéralité expliquée aux cailloux

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Publié le 6 Novembre 2013

Cet article est reposté depuis coco Magnanville.

Bienvenue dans la petite cuisine de Françoise Michel :

......

L'histoire armée d'une grande hache

Semble découper avec beaucoup de panache

Une ribambelle de petits bonhommes

..........

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Publié le 3 Novembre 2013

Chanson écrite en 1970 dans en Quebec en crise ...

 

 

L'alouette en colère

 

J'ai un fils enragé

Qui ne croit ni à dieu

Ni à Diable ni à moi

J'ai un fils écrasé

Par les temples de la Finance

Où il ne peut entrer

Et par ceux des paroles

D'où il ne peut sortir

 

J'ai un fils dépouillé

Comme le fut son père

Porteur d'eau, scieur de bois,

Locataire et chômeur

Dans son propre pays

Il ne lui reste plus

La belle vue sur le fleuve

Et sa langue maternelle

Qu'on ne reconnaît pas

 

J'ai un fils révolté

Un fils humilié

Un fils qui demain

Sera un assassin

 

Alors moi j'ai eu peur

Et j'ai crié "À l'aide

Au secours quelqu'un"

Le gros voisin d'en face

Est accouru armé,

Grossier, étranger

Pour abattre mon fils

Une bonne fois pour toutes

Et lui casser les reins

Et le dos et la tête

Et le bec et les ailes

Alouette ah..........

 

Mon fils est en prison

Et moi je sens en moi,

Dans le tréfonds de moi

Pour la première fois, malgré moi,

Entre la chair et l'os

S'installer la colère.

 

Félix Leclerc

(1914-1988)

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #musique, #poèsie

Publié le 2 Novembre 2013

La minéralité expliquée aux cailloux

Cette semaine, la minéralité expliquée aux cailloux apporte son inconditionnel soutien à m., chanteuse et poète du groupe O.P.A (orchestre poétique d'avant-guerre)

J’m. la petite cigale

Qui nourrit ventre et âme

D’une poésie d’opale

D’amour et puis de flamme

La suite

ici

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Publié le 1 Novembre 2013

Si je vous dis que sa mère, Carline ray, était bassiste et chanteuse de renom,

que son père, Luis Russell, était pianiste et directeur musical de Louis Armstrong,

ça vous étonne ?

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Blues