L’expulsion et l’éloignement des familles rroms empêchent la scolarisation

Publié le 7 Octobre 2013

Lu sur Rebellyon.info

 

 

L’expulsion et l’éloignement des familles rroms empêchent la scolarisation

 

 

 

 

                                                        

 

 

L’association C.L.A.S.S.E.S accompagne les familles vivant dans des cabanes, des tentes, des squats, sous des ponts, dans des jardins publics, qui souhaitent que leurs enfants aillent à l’école comme ils en ont le droit et l’obligation. Les formalités administratives ne sont pas simples lorsqu’on ne parle pas français, qu’on ne sait pas lire et surtout lorsqu’on ne peut pas présenter une quittance de loyer ou une facture EDF. Une fois les enfants inscrits nous nous efforçons de soutenir leur assiduité.

L’action de C.L.A.S.S.E.S a démarré il y a main­te­nant 7 ans et les béné­vo­les de l’asso­cia­tion connais­sent bien des famil­les vivant sur le ter­ri­toire du Grand Lyon, démé­na­geant au gré des expul­sions, évacuations, incen­dies, héber­ge­ments tem­po­rai­res.
Au 30 avril der­nier, 261 enfants suivis par C.L.A.S.S.E.S étaient ins­crits à l’école ce qui ne signi­fie pas qu’ils y étaient tous pré­sents car leurs condi­tions de vie per­tur­bent sou­vent la fré­quen­ta­tion sco­laire. Une cen­taine d’autres enfants, connus de C.L.A.S.S.E.S, n’étaient pas encore ins­crits, ou étaient en cours d’ins­crip­tion.

Qu’en est-il à cette ren­trée sco­laire ?

La majo­rité des enfants sco­la­ri­sés l’an der­nier ou en attente de sco­la­ri­sa­tion auraient dû faire leur ren­trée nor­ma­le­ment, en même temps que les autres enfants, soit envi­ron 350 enfants. Malheureusement ce n’est pas le cas.

Entre temps, les famil­les héber­gées dans le cadre du Plan Froid ont été mises à la rue. Les famil­les d’un grand squat de Saint-Priest ont dû partir ; beau­coup sont allées rejoin­dre le ter­rain de la rue Salengro à Vaulx-en-Velin. Lorsque qu’une partie de celui-ci a brûlé, puis que la tota­lité du ter­rain a été évacuée, les famil­les se sont une nou­velle fois dis­per­sées : cer­tai­nes sont allées gros­sir le ter­rain de Saint-Fons, d’autres errent encore dans l’agglo­mé­ra­tion, dor­mant dehors, une nuit ici, une nuit là. Celles héber­gées par la Préfecture l’ont été par­fois dans des hôtels isolés, à proxi­mité des auto­rou­tes, loin des écoles et des asso­cia­tions pou­vant leur venir en aide. Les famil­les d’un squat de Vaise dont nous avions réussi à sco­la­ri­ser à peu près tous les enfants, grâce à la coo­pé­ra­tion avec la mairie du 9e ont elles aussi été mises dehors sans solu­tion. Plusieurs d’entre elles se trou­vent en squat à Villeurbanne.

Ces mises à la rue, ces évacuations, ces dépla­ce­ments de popu­la­tion ont des consé­quen­ces néga­ti­ves évidentes sur la sco­la­ri­sa­tion : des enfants sco­la­ri­sés à Villeurbanne-nord vivent main­te­nant à St Fons ; des enfants sco­la­ri­sés à Givors se retrou­vent sous tente à Vénissieux, après un mois d’errance. Des enfants sco­la­ri­sés à Vaise ont été retrou­vés à Villeurbanne, et il faut cher­cher de nou­vel­les écoles pour les accueillir. Ceux-là ne seront sans doute pas dés­co­la­ri­sés, mais ils vont perdre un mois d’école, ils auront perdu leurs copains, leurs repè­res. D’autres, trop loin d’un établissement sco­laire ne pour­ront pas retour­ner à l’école.

Deux semai­nes après la ren­trée il est dif­fi­cile d’avan­cer des chif­fres précis, mais nous esti­mons que, pas plus de 70 à 80 des enfants suivis par C.L.A.S.S.E.S l’an der­nier ont fait leur ren­trée nor­ma­le­ment. Quel gâchis !

A contra­rio, on peut citer le ter­rain de La Feyssine, stable depuis main­te­nant 2 ans et demi, malgré des aler­tes pério­di­ques qui ali­men­tent l’inquié­tude. La ren­trée sco­laire a pu y être pré­pa­rée cor­rec­te­ment : 3 filles sont au col­lège, 15 enfants vont à l’école élémentaire, 8 enfants sont ins­crits à l’école mater­nelle. Ne sont pas sco­la­ri­sés : les petits de 3 et 4 ans et les jeunes de plus de 14 ans, non sco­la­ri­sés en pri­maire et qui n’ont pas trouvé de place en col­lège.

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Dans le même temps tous les poli­ti­ques répè­tent que la sco­la­ri­sa­tion des enfants est un impé­ra­tif, et que la « ges­tion » des bidon­vil­les doit en tenir compte et la faci­li­ter.
La seule avan­cée que nous cons­ta­tons cette année se trouve du côté de l’Education natio­nale : 3 clas­ses ont été ouver­tes en col­lège pour des enfants ne maî­tri­sant pas le fran­çais et ne sachant pas lire, c’est un pro­grès. Par ailleurs sur le ter­rain de Saint-Fons qui a consi­dé­ra­ble­ment grossi, l’Education natio­nale se préoc­cupe de repé­rer les enfants qui ne sont pas sco­la­ri­sés pour, nous l’espé­rons, leur trou­ver des solu­tions rapi­de­ment.

Le droit à l’éducation est un droit fon­da­men­tal pour chacun ; il ne suffit pas de le décla­rer, il faut pren­dre les mesu­res néces­sai­res pour le mettre en œuvre effec­ti­ve­ment. C’est ce que demande l’asso­cia­tion C.L.A.S.S.E.S au Préfet, repré­sen­tant de l’Etat sur notre ter­ri­toire.

A Lyon le 16 sep­tem­bre 2013
C.L.A.S.S.E.S

Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien aux Enfants des Squats
clas­ses069-at-gmail.com

P.-S.

Photos : Jean-Philippe Ksiazek

 

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

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C
Bonsoir Serge,<br /> <br /> Tout ceci évidemment ne va pas dans le bon sens, celui des gamins entre autre comme le dénonce très bien cet article et que complète fort bien la vidéo proposée par Anne-Marie.<br /> C'est révoltant mais ça va dans le sens d'un grand nombre de nos concitoyens, hélas.<br /> Bises et bon lundi soir<br /> <br /> caro
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C
Re bonsoir Serge,<br /> <br /> Je viens t'apporter ceci, que ton article et la vidéo m'inspirèrent car je fus bien touchée par ce devenir des petits gypsy. Leur petite vie qui part à vau l'eau mérite bien plus d'attention que cette haine qu'on leur impose, ce sont des enfants comme les nôtres, ils méritent la même attention que le fruit de nos chairs. Cette injustice immonde me mine.<br /> Voilà......<br /> <br /> Je t'embrasse, <br /> <br /> ********************<br /> <br /> Le petit gypsy<br /> rêvait d’apprendre sur un cahier d’écolier,<br /> la langue-hôtesse,<br /> celle qui en grand ouvrait ses portes<br /> et l’accueillait tel un enfant de la terre.<br /> <br /> Le petit gypsy<br /> rêvait que le français,<br /> un jour, couché sous ses doigts<br /> écrirait la poésie de sa vie,<br /> chanterait la bohême<br /> qui un jour se rangea<br /> pour souffler et voir le demain changer.<br /> <br /> Dans un écrin de satin<br /> le savoir brillait tel un diamant<br /> et dans le soleil couchant,<br /> un rai d’espérance<br /> brillait plus fort que de coutume.<br /> <br /> Il signait la fin d’une errance,<br /> la reconnaissance,<br /> la tendresse de l’accueil,<br /> la fin de l’exclusion<br /> et celle des expulsions.<br /> <br /> Le petit gypsy,<br /> petit grillon à la voix de velours,<br /> des efforts beaux et forts,<br /> un jour dans son petit cœur,<br /> chanteraient haut et fort :<br /> la gloire du nomade<br /> qui un jour prouva que dans ses veines<br /> le même sang que les autres coulait,<br /> abondamment,<br /> chaudement<br /> et sincèrement.<br /> <br /> <br /> caro
A
http://www.youtube.com/watch?v=85VHtC6X7zk
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