Eurostat : les politiques d'austérité augmentent les dettes publiques

Publié le 8 Août 2013

Lu sur le blog de Julien Salingue : http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/

Un article net, propre et sans bavures, une preuve par neuf impeccable pour un constat sans concession de l'echec des politiques européennes. L'alternative au capitalisme et à son valet qu'est la sociale-démocratie devient non seulement une évidence, mais une urgence absolue !

 

Publié le 24 juillet 2013. 
 

 
Voilà des chiffres qui n'ont guère été commentés par les thuriféraires des politiques d'austérité. Ils ont pourtant été publiés ce lundi par Eurostat, le très officiel organe de statistiques européen, rattaché à la Commission. Qu'y apprend-on ? Que les politiques d'austérité creusent les dettes des États. Un scoop ? Pas vraiment. Mais lorsque ce sont les statisticiens de l'UE eux-mêmes qui les disent, autant ne pas laisser passer l'info, d'autant plus qu'elle n'a guère été relayée par les "grands médias".
 
La Tribune, quotidien peu suspect d'anticapitalisme, le reconnaissait hier : "Les données publiées par l'institut européen des statistiques Eurostat lundi soir sont éloquentes en ce qui concerne l'échec de la gestion de la crise des dettes européennes. Elles montrent en effet que les pays qui ont appliqué les mesures de restrictions budgétaires les plus drastiques ont vu leurs dettes publiques augmenter de manière très importante".
 
C'est le moins que l'on puisse dire.
 
Eurostat précise ainsi que "par rapport au premier trimestre 2012, vingt-quatre États membres ont enregistré une hausse du ratio de leur dette publique par rapport au PIB à la fin du premier trimestre 2013, et trois une baisse. Les plus fortes hausses du ratio ont été observées en Grèce (+24,1pp), en Irlande (+18,3pp), en Espagne (+15,2pp), au Portugal (+14,9pp) ainsi qu’à Chypre (+12,6pp)".
 
Voici le tableau illustratif fourni par Eurostat (EL = Grèce, IE = Irlande) :
 
 
Soit, exprimée en pourcentage du PIB, une dette qui passe, en un an, de 136.5 à 160.6 en Grèce, de 106.8 à 125.1 en Irlande, de 73 à 88.2 en Espagne, de 112.3 à 127.2 au Portugal, et de 74.3 à 86.9 à Chypre.
 
Ce qui donne ce graphique, moins austère que celui d'Eurostat, réalisé par La Tribune :
 
 
Si l'on s'arrête sur le cas emblématique de la Grèce, le constat est simple : au premier trimestre 2013, la dette publique atteint le même taux qu'avant les restructurations, tandis que la pauvreté et le chômage ont explosé, avec par exemple le taux hallucinant de plus de 60% de chômeurs chez les jeunes de moins de 25 ans. En attendant la suite ?
 
En janvier dernier, deux économistes du FMI affirmaient que l'échec des politiques d'austérité était dû à une... erreur de calcul, qui aurait amené l'institution à surestimer la croissance des pays menant des politiques d'austérité. Une manière commode de se dédouaner de l'échec cuisant des politiques conduites en Europe sous la houlette de la Troïka (UE, BCE, FMI), en les réduisant à une simple erreur dans un tableau Excel, sans évidemment remettre en question la logique générale de l'austérité budgétaire.
 
Les derniers chiffres d'Eurostat montrent qu'en réalité l'austérité produit des résultats qui sont à l'inverse des objectifs annoncés et que les seuls bénéficiaires en sont les banques elles-mêmes. Et, au-delà des chiffres, ce sont des pays entiers qui sont en train d'être broyés, avec des conséquences dramatiques et inquiétantes, comme le rappelait récemment Stathis Kouvelakis, après la fermeture autoritaire de l'audiovisuel public en Grèce :
 
 
 
Sans être sous le joug des militaires, ou d’une armée étrangère, la Grèce a cessé d’être un pays "normal". Depuis maintenant trois ans, elle a, en effet, pris congé de ce qui, ici ou ailleurs dans notre continent, est considéré comme relevant de la "normalité".
 
Car il ne saurait bien entendu y avoir de "normalité", de vie en commun tolérable, dans un pays dévasté, où la récession et le chômage atteignent des niveaux inconnus depuis les années 1930. Dans un pays où la discussion ordinaire des lycéens est la destination vers laquelle elles ou ils comptent émigrer.
 
Il ne saurait y avoir de "normalité" avec des écoles, des universités, des hôpitaux qui partent à la dérive, quand la population est confrontée à ce qu’on peut qualifier de désastre humanitaire.
 
Il ne saurait y avoir de "normalité" quand, comme nous l’enseigne l’expérience historique, le désespoir et la colère impuissante d’une société paupérisée et humiliée se tournent contre les groupes les plus fragiles, dont la vie devient un enfer et qui replongent dans une horreur  que, là aussi, on croyait oubliée dans nos pays depuis les années 1930.
 
Non, le pire n'est jamais certain. Mais il peut advenir, beaucoup plus vite que d'aucuns le pensent, si la marche actuelle des événements n'est pas stoppée.
 

Rédigé par hobo-lullaby

Commenter cet article
C
Re bonjour Serge,<br /> <br /> C'est au sujet de M...<br /> J'M cette petite activiste, être actif à notre époque est un crime : on en a encore la preuve aujourd'hui.<br /> Tout ceci pour dire que je soutiens notre camarade bien entendu et que j'ai copié sur toi en lui écrivant un petit texte. Puis j'ai reposté ton poème comme on ne peux pas le commenter, ce vieux bouzin d'OB commence vraiment à me prendre la tête. Ils ont encore modifié des choses et pas dans le bon sens.<br /> <br /> Ça me bouffe depuis hier cette histoire qui arrive à M.., je ne comprends plus rien à rien dans ce monde où nous vivons tels des zombies qui attendent leur sentence.<br /> Si la poésie peut adoucir les peines et faire couler les jours mauvais en attendant les meilleurs, alors, allons-y !! De toute façon, la poésie est d'utilité publique, j'aimerais que tout le monde en fasse, tiens.<br /> <br /> Bisouxx Serge-Hobo<br /> <br /> caro
Répondre
H
Merci Caro, tu as tout dit !<br /> <br /> Bises<br /> Serge
C
Bonjour Serge,<br /> <br /> C'est fou ce que le capital est capable d'inventer pour s'en foutre plein les poches : en gros, plus tu rembourses tes dettes plus tu t'endettes !! La vache, fallait oser quand même.<br /> J'avais trouvé l'année dernière, sûrement sur un petit truc du parti, une explication bien claire avec une baignoire qui se vide et se remplit sans cesse, on comprenait bien alors ce que ce système a de pervers et combien ont eu raison ceux qui ont refusé de payer cette dette odieuse ou bien comme le fait l’Équateur, ne rembourser que la part réelle qui revient au peuple, une presque broutille comparé à la dette totale.<br /> La Grèce, cette malheureuse, évidemment qu'elle n'a plus rien qui semble dans la norme, d'ailleurs cette norme elle-même est anormale mais quand le pays en arrive à cette sorte de folie dévastatrice qui fait penser que les fachos peuvent donner du pain aux affamés, on voit bien où tout ceci va aboutir. Et comment d'autres pays suivront l'exemple irrémédiablement si l'on ne stoppe pas le système très rapidement. J'ai bien une solution pour ma part mais je n'ai pas trop d'adeptes et de partisans, hélas !!<br /> <br /> Bisous, je suis bavarde décidément<br /> <br /> caro
Répondre
H
Bonjour Caro<br /> <br /> comme il est dit au début de l'article, eurostat est un organe très officiel. Le fait que ce constat ne soit commenter dans aucun média de masse est une preuve de plus que ces pseudos journalistes sont à la botte de la propagande des dominants. Oû sont les soient disant journalistes d'investigation, oû est leur esprit critique, qu'en pensent leurs soient disant spécialistes de l'économie ? Quand le peuple comprendra-t-il cette mascarade ?<br /> <br /> Bises<br /> Serge
F
Impossible de mettre un commentaire sous M.....<br /> j'ai connu O.P.A sur myspace et j'admire leur boulot.. j'ai relayé ton article sur tweeter.<br /> Bisous Serge
Répondre
H
Bonjour Fanfan<br /> <br /> Caro m'a déjà signalé le problème. Les caprices de l'informatique restent pour moi des mystère. Merci pour m et le DAL33 d'avoir relayé l'info.<br /> Bisou<br /> Serge