Pour rendre au crépuscule la beauté des aurores

Publié le 23 Septembre 2012




Lettre à Che Guevara entre lune froide et fusil
 
 
Il n’est pas de jour Ma fleur de sang
que je ne touche
dans le temps froid de la contemplation
tes os généreux ton sourire de sierra assassinée
 
Ici, en Europe, nous continuons à vivre. Nous
faisons mille et mille gestes
nous aimons des femmes nous les blessons parfois
et parfois elles laissent des cadavres dans nos chairs
Ici en Europe nous continuons à discuter
nous écrivons des tas d’articles
des manifestes pour la révolution violente
nous signons des protestations.
Tu sais depuis que tu es de l’autre côté de la montagne
sur le versant le moins éclairé
on torture toujours on tue et des guerres succèdent aux guerres
Guerres locales disent les commentateurs pour rassurer le peuple
 
Parfois un garçon Il s’appelle Andreas Baader
grand cœur et mauvais marxiste
las saisit l’arme et frape à la tête le mal
et toutes les rues aboient contre sa jeune lumière
Ici, en Europe, nous continuons. Nous
grimpons des étages. Nous regardons les marchandises
dans les vitrines des magasins. Nous lisons des revues
des bandes dessinées Nous allons au cinéma voir
le dernier Godard, le dernier Fellini
et à l’entracte nous achetons des glaces car
c’est l ‘été maintenant et Paris est irrespirable.
Pendant ce temps toi tu t’enfonces plus profondément
Dans la terre Tes yeux s’enfoncent et tes lèvres moqueuses
Et ton flanc et tes mains et tes organes morts
Pendant ce temps toi tu épouses lentement la terre
 
Une part de toi dans la terre Une part de toi dans mes entrailles
et tu t’enfonces ici et là
Mais dans nos pays on ne t’oublie pas :
Sur les posters tu as l’air terriblement vivant
Fleur de sang
Fleur de sang.
 
André Laude
 
 



Comme un éclat de rire

Vient consoler tristesse

Comme un souffle avenir

Viens raviver les braises

Comme un parfum de souffre

Qui fait naître la flamme

Jeunesse lève toi

 

Contre la vie qui va qui vient

Puis qui s'éteint

Contre l'amour qu'on prend, qu'on tient

Mais qui tient pas

Contre la trace qui s'efface

Au derrière de soi

Jeunesse lève toi

 

Moi contre ton épaule

Je repars à la lutte

Contre les gravités qui nous mènent à la chute

Pour faire du bruit encore

A réveiller les morts

Pour redonner éclat

A l'émeraude en toi

 

Pour rendre au crépuscule

La beauté des aurores

Dis moi qu'on brûle encore

Dis-moi que brûle encore cet espoir que tu tiens

Parce que tu n'en sais rien de la fougue et du feu

Que je vois dans tes yeux ?

Jeunesse lève toi !

 

Quand tu vois comme on pleure

A chaque rue sa peine

Comment on nous écoeure

Perfusion dans la veine

A l'ombre du faisceau

Mon vieux tu m'aura plus !

Ami dis quand viendra la crue

 

Contre courant toujours sont les contre-cultures,

Au gré des émissions leurs gueules de vide-ordures ?

Puisque c'en est sonné la mort du politique,

L'heure est aux rêves

Aux Utopiques !

 

Pour faire nos ADN

Un peu plus équitables,

Pour faire de la poussière

Un peu plus que du sable

Dans ce triste pays

Tu sais un jour ou l'autre

Faudra tuer le père

Faire entendre ta voix

Jeunesse lève toi !

 

Au clair de lune indien

Toujours surfer la vague

A l'âme

Au creux des reins

Faut aiguiser la lame

Puisqu'ici il n'y a qu'au combat qu'on est libre

De ton triste sommeil, je t'en prie libère-toi !

 

 

Puisqu'ici il faut faire des bilans et du chiffre

Sont nos amours toujours au bord du précipice,

N'entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts

Ne vois tu pas le ciel à la portée des doigts ?

Jeunesse lève toi !

 

Comme un éclat de rire

Vient consoler tristesse,

Comme un souffle avenir

Vient raviver les braises

Comme un parfum de souffre

Qui fait naître la flamme

Quand plongé dans le gouffre on sait plus où est l'âme

Jeunesse lève toi !

 

Contre la vie qui va qui vient

Puis qui nous perd,

Contre l'amour qu'on prend qu'on tient

Puis qu'on enterre

Contre la trace qui s'efface

Au derrière de soi ?

JEUNESSE LÈVE-TOI !

 

Au clair de lune indien

Toujours surfer la vague

A l'âme

Au creux des reins

Faut aiguiser la lame

Puisqu'ici il n'y a qu'au combat qu'on est libre

De ton triste coma, je t'en prie libère-toi !

Puisqu'ici il faut faire des bilans et du chiffre

Sont nos amours toujours au bord du précipice,

N'entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts

A la mémoire de ceux qui sont tombés pour toi

Jeunesse lève toi

 

Damien Saez




 
 

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Commenter cet article

caroleone 23/09/2012 16:59


Bonjour Serge,


 


J'ai écrit aussi une lettre au Che une fois mais c'était moins bien....je n'ai pas un gros réservoir de vocabulaire.


Damien est super, je l'aime beaucoup et il nous accompagne avec ses chansons dans les manifs. J'aime les jeunes artistes engagés (et aussi les vieux....et les morts).


Bises et merci pour ces deux très beaux textes.


caro

hobo-lullaby 23/09/2012 17:20



Bonjour Caro


L'essentiel est de continuer à lui écrire, peu importe les mots.


Concernant Damien Saez je trouve qu'il y a quelque chose de Ferré chez lui !


Merci de ta visite


Bises


Serge