Publié le 19 Août 2012

 
  
Ballade vers la liberté
 
Ils t’on bien modelé, toi qui te dit humain
Flanqué de ton travail et de quelques crédits
Implorant le billet, les avant bras griffés
Mais tu es sans remords,  te dis civilisé
Mirage d’une conscience, tu te crois érudit
Sans terre sous les ongles, écolo sans lendemain
Lavant l’eau à coup de normes et défiant l’océan
Orgueilleux qui simule l’indignation en bêlant
Tandis qu’un Big Speaker bien docile et soumis
 Répand le pesticide aux oreilles rendues aveugles
Transfusant les révoltes qui coulent dans tes veines
Drapant ton printemps d’un pyjama rayé.
 Ton chant n’a plus d’odeur, ni d’amour ni de paix
Ta plainte devient lascive, ignorante et haineuse
Ton regard amnésique de curiosité et d’envie
Condamne la différence et glorifie le clone
Jetant pierres aux roulottes, écorchant l’autre peau
Esclave d’un esthétisme qui galvaude la beauté
Ton climat est bien loin de tout réchauffement
Arraches toi les yeux pour peindre la vérité
Crèves toi les oreilles pour entendre raison
Mutiles toi les mains et effleures l’essentiel
Toi qui n’est plus humain, mais pas encore robot
 Alors dans tes yeux brillera de nouveau
L’ailleurs de cette étoile, boussole du vagabond
De cette galaxie molécule de vie
Dont la terre n’est qu’atome, et toi semblant d’infime
Tu retrouveras  alors en suivant ce sentier
La verdure d’une vallée aux indiens habitée
La pureté d’une onde aux enfants partagée
Oû la chèvre des montagnes symbiose le châtaignier
Oû la nature allaite l’être humain retrouvé
Chantonnant simplement un air de Liberté
  
  
  
Hobo lullaby
  
  
  
  
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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 18 Août 2012

 
 

"Lord take my soul, but the struggle continues" sont les derniers mots de l'écrivain, professeur d'université, producteur de série télévisé et défenseur de l'environnement Kenule (Ken) Beeson Saro-Wiwa. Né en Octobre 1941 à Boré au Nigeria, on ajouta Saro à son nom parce qu'il était le premier garçon de sa famille.

 En 1958 la compagnie Britannique Shell découvre du pétrole dans le delta du Niger. Ken encore jeune observe la destruction de l'environnement et l'exploitation des ressources de sa région natale. Après des années de protestation sans succès à travers ses articles dans la presse nigériane, Ken décide de fondé le MOSOP (the MOvement for the Survival of the Ogoni People) en 1990. Ce mouvement pacifique organise des protestions contre la dictature nigériane et la compagnie Shell.

 Shell et ses associés du régime militaire s'inquiètent des activités du leader du MOSOP. Il sera arrêté à plusieurs reprises et relaxé.

 Le 21 Mai 1994 Ken et huit de ses collègues du MOSOP sont arrêtés et accusés d'avoir tué quatre chefs Ogoni. Un des quatre chefs était son beau frère.

 En Février 1995 après dix mois de torture, le régime militaire décide enfin de juger Ken.

 Le 31 Octobre 1995 Ken et ses camarades sont condamnés à mort par la dictature Nigériane et exécutés par pendaison le 10 Novembre 1995.

  

struggle 

 

La lettre de Ken Saro-Wiwa rédigée en prison, résume sa vie et son combat
 
Mai 1995
 
Une année s'est écoulée depuis que j'ai été brutalement réveillé de mon lit et détenu. Soixante-cinq jours enchaînés, des semaines affamés, des mois de torture psychologique et récemment, le parcours dans une voiture asphyxiante pour comparaitre devant une court de kangourou surnommé tribunal militaire spécial où les débats ne laissent aucun doute que le jugement a été écrit d'avance. Et il n'y aura certainement pas d'appel contre la condamnation à mort.
 
Peur affreuses? À peine. Les hommes qui décrètent et surveillent ce spectacle de honte, cette charade tragique, ont peur du message, du pouvoir des idées, le pouvoir du stylo; des demandes de justice sociale et des droits de l'homme. Ils n'ont pas le sens de l'histoire. Ils ont si peur du pouvoir du message, leurs obsèques.
 
Lorsque, après avoir écrit pendant des années, j'ai décidé de mobiliser le peuple Ogoni par le message dans la rue, et permettre à ce peuple de protester contre la dévastation de l'environnement par Shell, la deshumanisation de l'environnement par les dictateurs Nigérians, je n'avais aucun doute où cela pouvait se terminer. Cette connaissance m'a donné la force, le courage, la réjouissance et un avantage psychologique sur mes bourreaux.
 
Hier, comme par voie magique, l'esprit Ogoni a apparu dans ma cellule, un beau poème de Jack Mapanje, le vétéran des prisons de Kamuzu Banda: quatre années sans aucune charge. J'avais rencontré Jack à Potsdam en 1992 et je me suis demandé comment il avait survécu à tout cela.
 
Écrivant de Leeds University, son poème m'a conseillé de porter l'armure de l'humour. La note à la fin à également été signée par Chengerai Hove, le romancier primé du Zimbabwe. Cela fait plaisir de savoir que ces hommes excellents, les meilleurs cerveaux s'inquiètent de la souffrance de l'autre.
 
Finalement la faute se trouve chez le gouvernement britannique. C'est le gouvernement britannique qui fournit des armes et de l'argent aux dictateurs du Nigeria, sachant que ces armes seront utilisés contre les citoyens innocents, non armés.
 
C'est le gouvernement britannique qui fait des bruits au sujet de la démocratie au Nigeria et en Afrique mais soutient les dictateurs à fond. C'est le gouvernement Anglais qui supporte le viol et la dévastation de l'environnement par une Compagnie de grande valeur comme Shell qui possède des employés et paie ses impôts. Mon agonie, la destruction des Ogoni et des autre peuple du delta du Niger, sont la responsabilité du gouvernement britannique.
 
Finalement, la décision revient aux britanniques, l'électorat, d'arrêter, cette grande supercherie, ce double standard qui a prolongé le cauchemar de l'Afrique et dénigre l'humanité.
 
Vivre ou mourir est immatériel. C'est un comble pour moi de savoir qu'il y a des gens qui sacrifient du temps, de l'argent et de l'énergie pour lutter contre ce mal parmi tant d'autres à travers le monde. S'ils ne réussissent pas aujourd'hui, ils réussiront demain. Nous devons continuer à nous battre pour un monde meilleur pour tous les hommes - chacun contribuant un tout petit peu à sa manière. Je vous salue tous .
 
 
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Les Coquillages de la plage de Bridlington North

 

 Ella haïssait tout ce qui était encagé, les poissons en particulier,

 

les poissons encagés dans des aquariums, des étangs, ou quoi que ce soit;

 

 "Ca me rappelle les prisons et l'esclavage" disait-elle;

 

alors, quand pour la première fois sa vue embrassa la vaste verdeur

 

 de la plage de Bridlington miroitant en ce

 

jour d'été anglais, elle salua le paysage comme

 

 une fille du sahara aux pieds déssèchés, prenant l'eau, prenant l'eau,

 

dans le creux de sa main comme une démente, nettoyant ses paumes,

 

 sautillant et riant, puis frottant ses mains

 

sur sa robe, elle jeta son derrière sur les sables de la

 

 plage et laissa la mer inspirer et expirer sur elle

 

tandis qu'elle détendait ses jambes croisées - "Libre, enfin !"

 

 annonça-t-elle aux foules inconscientes du rivage;

 

et comme le paysage marin se ralliait puis disparaissait

 

 à ses pieds, elle dessina une carte du monde : "Les Pays-Bas

 

que nous avons visité doivent être ici ; la Norvège, la Suède, là,

 

 "Au delà, La Russie !" Puis rassemblant plus de coquillages

 

et les choisissant un par un, elle se tourna vers lui :

 

 "tu te souviens d'avoir mangé du porridge de

 

coquillages de mer une fois ?" Il hocha la tête, souriant

 

 en songeant à un autre souvenir des lacs africains qu'ils avaient été contraints

 

d'abandonner. "Un jour, peut être, je prendrais cette maison

 

 pour fêter ça !" Dit-elle en appesantissant son regard sur la profonde mer.

 

Aujourd'hui, ses galets en forme d'oeufs, ses perles de coquillages

 

 brillent encore à l'appui fenêtre; ses voeux résonnent encore,

 

"Change régulièrement l'eau dans les récipients pour

 

 que les galets et les coquillages continuent de briller - tu verras,

 

c'est bien plus sain que de nourrir des poissons dans un bocal !"

 

 

 Jack Mapanje (1944 - ), poète malawien 

traduit de l'anglais par E. Dupas

Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/

 

 

 

 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #Liberté

Publié le 18 Août 2012

 

 

Dans notre pays, les balles commencent à fleurir

 

 

 

Viens, frère, et dis moi ta vie

 

viens, montres moi les marques de révolte

 

que les ennemis ont laissé sur ton corps

 

 

 

viens, et dis-moi "Ici

 

mes mains ont été écrasées parce qu'elles

 

défendaient

 

la terre qui leur appartenait"

 

 

 

Ici mon corps a été torturé

 

parce qu'il refusait de ployer devant

 

les envahisseurs"

 

 

 

Ici ma bouche a été blessée

 

parce qu'elle osa chanter

 

la liberté de mon peuple"

 

 

 

Viens frère et dis-moi ta vie,

 

conte-moi les rêves de révolte

 

dont toi et tes pères et tes ancêtres

 

rêvaient

 

en silence

 

à travers des nuits sans ombre faites pour l'amour

 

 

 

viens me dire que ces rêves vont devenir la

 

guerre,

 

la naissance des héros,

 

la reconquête de la terre,

 

des mères qui, sans crainte,

 

envoient leurs fils au combat.

 

 

 

Viens et dis moi tout cela, mon frère.

 

 

 

Après cela je forgerai des mots simples

 

que les enfants même pourront comprendre

 

des mots qui entreront dans chaque maison

 

comme le vent

 

et qui tomberont comme de rouges braises ardents

 

sur les âmes de notre peuple.

 

 

 

Dans notre pays,

 

les balles commencent à fleurir.

 

 

 Jorge Rebelo (1940 -), poète mozambicain

traduit du portugais par E. Dupas

 

 Source : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/

 

 

 

 Mozambique-MtNamuli

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie

Publié le 5 Août 2012

 Le concert n’a pas été réussi
 
 
Compagnons des mauvais jours
Je vous souhaite une bonne nuit
Et je m’en vais.
La recette a été mauvaise
C’est de ma faute
Tous les torts sont de mon côté
J’aurais dû vous écouter
J’aurais dû jouer du caniche
C’est une musique qui plaît
Mais je n’en ai fait qu’à ma tête
Et puis je me suis énervé.
Quand on joue du chien à poil dur
Il faut ménager son archet
Les gens ne viennent pas au concert
Pour entendre hurler à la mort
Et cette chanson de la Fourrière
Nous a causé le plus grand tort.
Compagnons des mauvais jours
Je vous souhaite une bonne nuit
Dormez
Rêvez
Moi je prends ma casquette
Et puis deux ou trois cigarettes dans le paquet
Et je m’en vais…
Compagnons des mauvais jours
Pensez à moi quelquefois
Plus tard…
Quand vous serez réveillés
Pensez à celui qui joue du phoque et du saumon fumé
Quelque part…
Le soir
Au bord de la mer
Et qui fait ensuite la quête
Pour acheter de quoi manger
Et de quoi boire…
Compagnons des mauvais jours
Je vous souhaite une bonne nuit…
Dormez
Rêvez
Moi je m’en vais.
 
 
Jacques PRÉVERT
 
 
 
 

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Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie