Souviens toi l'été dernier ...

Publié le 17 Septembre 2015

 

 

 

S’il suffisait d’une photo

 

Je marche dans le jour

Eclairé par un soleil minuté

Sur un sentier que je creuse moi-même

Un sentier quotidien qui finit par m’user

 

Ivre de fatigue je me déleste en chemin

De mon enfance d’abord

De mes rêves petit à petit

De mon amour, sans remords

De ma liberté inexorablement

 

Qu’importent mes pensées

Je brade mes espérances

Pour consommer des promesses

Pour prêcher les experts

Pour renier mes remords

 

Je me surprends à bêler

Sans pourtant m’affoler

Et je noie dans la masse

Ma culpabilité

 

Est-ce parce qu’il est mort

Qu’un enfant sur la plage

Me sort de ma torpeur ?

Que ne m’a-t-on suggéré

De clamer mon horreur

Quand sur une plage de Gaza

Un autre enfant est mort ?

 

Hobo-Lullaby

Gaza 16 juillet 2014

Gaza 16 juillet 2014

Rédigé par hobo-lullaby

Publié dans #poèsie, #Palestine

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caroleone 25/10/2015 11:28

Sur la plage, une fillette. La fillette a des parents, ses parents ont une maison, la maison a une porte et deux fenêtres.
En mer, un bâtiment de guerre joue
à la chasse aux piétons sur la plage :
quatre, cinq, sept personnes
tombent sur le sable mais la fillette en réchappe de justesse.
Une main de brume,
une main providentielle, l’a secourue. Elle crie : Papa !
Papa ! Lève-toi et rentrons. La mer n’est pas pour nos semblables !
Gisant sur son ombre dans le tourbillon de l’absence,
le père ne répond pas.

Sang dans les palmiers, sang dans les nuages.

Sa voix l’emporte plus haut et plus loin que la plage.
Elle crie dans la nuit des landes,
mais nul écho à l’écho.
Elle devient alors le cri éternel dans une dépêche urgente
qui perd de son urgence lorsque les avions
reviennent bombarder une maison qui a une porte et deux fenêtres !

La fillette, le cri de Mahmoud Darwich.

Bisous

Hobo-Lullaby 26/10/2015 22:01

Bonsoir Caro

Quand la vie d'un enfant prend une valeur médiatique, la barbarie du 3è reich n'a rien a envier à la propagande de nos "démocraties", il nous ne nous reste plus que le coeur et la lucidité du poète ...
Merci à toi

Bises

Serge